MARIE MYRIAM
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      La Vierge Marie vue par les musulmans, article paru dans "connaître les missions" d'avril 1959 .
Cette revue a disparu depuis. Le père Abd-El-Jalil est-il encore en vie ? Je ne le sais pas. Son nom signifie : Serviteur du Majestueux .

Je pense que peu de Pieds Noirs connaissent la tradition coranique concernant Marie. Je pourrais vous envoyer d'autres articles de cette vieille revue si vous le désirez. On m'a offert aussi le second livre des poésies Touarègues traduites par le père de Foucauld (vieux livre rapporté du Maroc par l'oncle d'un professeur de français).

LA VIERGE MARIE
vue par les musulmans
(Textes transmis par Maurice GRAVIER)

Dieu pourvoit sans compter

Le nom Maryam signifie pour les musulmans soit "la pieuse, la dévote" soit "la servante", soit encore "la femme forte".

Dans le Coran il faut surtout remarquer l'insinuation relative à la préservation de Marie et de sa postérité de toute influence de Satan. Ce texte a été explicité par une "traduction" (enseignement extra-coranique attribué à Mohammed) : la voici : "Tout enfant d'Adam, nouveau-né est touché par Satan, sauf le Fils de Marie et sa Mère". C'est le privilège exclusif de Marie et de son Fils ; tous les êtres humains - Mohammed lui-même n'est pas excepté - sont soumis à cette loi : ils sont "touchés" (ou bien "pressés" ou "aiguillonnés") par Satan ; seuls Marie et son Fils ont eu cet extraordinaire privilège d'en être préservés. Et son Seigneur lui fit un accueil favorable et lui donna une croissance agréable. Zacharie eut soin d'elle. Chaque fois qu'il entra auprès d'elle, dans le sanctuaire, il trouva auprès d'elle une "provende" (des aliments miraculeux). "D'où te vient cela ?" demanda-t-il. "Cela vient de Dieu", répondit-elle, "II pourvoit qui II veut, sans compter" (III, 37). Ainsi Marie, enfant, vivait au temple ; et son oncle Zacharie veillait sur elle. Celui-ci fut donc le témoin étonné du miracle des aliments extraordinaires que Dieu envoyait à Marie. Et ce fut même la réponse que fit celle-ci et qui était remplie de sa foi en la Providence toute-puissante de Dieu qui détermina Zacharie à prier Dieu de lui donner un héritier malgré son grand âge et la stérilité de sa femme, Elisabeth (Coran III, 38-41). Ce passage joue un rôle important, même encore maintenant, dans la piété musulmane. Et ce n'est pas une des moindres émotions du pèlerin de Sainte-Sophie à Istambul que de le lire, partiellement transcrit en beaux caractères arabes sur le mihrab (la niche murale qui donne la direction de la Mekke) de cette mosquée, autrefois basilique chrétienne, et maintenant désaffectée et transformée en musée d'arts religieux bysantin. Ce texte évoque pour les musulmans pieux l'exemple de foi que Marie donna à Zacharie et stimule chez eux le sens de la prière et de la confiance en Dieu.

Le texte arabe reproduit celui d'une tablette murale trouvée à Istambul. Le même texte est reproduit à Sainte-Sophie et dans plusieurs mosquées. Le père Abd-El-Jalil, franciscain, d'origine musulmane, a consacré un beau livre aux traditions de l'Islam sur Marie.
Voici, entre autres, deux de ces traditions dont nous pouvons aussi faire notre profit. Dieu pourvoit sans compter JL-Je nom Maryam signifie pour les musulmans soit "la pieuse, la dévote" soit "la servante", soit encore "la femme forte". Dans le Coran il faut surtout remarquer l'insinuation relative à la préservation de Marie et de sa postérité de toute influence de Satan. Ce texte a été explicité par une "traduction" (enseignement extra-coranique attribué à Mohammed) : la voici : "Tout enfant d'Adam, nouveau-né est touché par Satan, sauf le Fils de Marie et sa Mère". C'est le privilège exclusif de Marie et de son Fils ; tous les êtres humains - Mohammed lui-même n'est pas excepté - sont soumis à cette loi : ils sont "touchés" (ou bien "pressés" ou "aiguillonnés") par Satan ; seuls Marie et son Fils ont eu cet extraordinaire privilège d'en être préservés. Et son Seigneur lui fit un accueil favorable et lui donna une croissance agréable. Zacharie eut soin d'elle. Chaque fois qu'il entra auprès d'elle, dans le sanctuaire, il trouva auprès d'elle une "provende" (des aliments miraculeux). "D'où te vient cela ?" demanda-t-il. "Cela vient de Dieu", répondit-elle, "II pourvoit qui II veut, sans compter" (III, 37). Ainsi Marie, enfant, vivait au temple ; et son oncle Zacharie veillait sur elle. Celui-ci fut donc le témoin étonné du miracle des aliments extraordinaires que Dieu envoyait à Marie. Et ce fut même la réponse que fit celle-ci et qui était remplie de sa foi en la Providence toute-puissante de Dieu qui détermina Zacharie à prier Dieu de lui donner un héritier malgré son grand âge et la stérilité de sa femme, Secoue le tronc du palmier pour les musulmans, conformément d'ailleurs au Coran (XIX, 21) la Nativité eut lieu au pied d'un tronc de palmier.

La vierge, prise par les douleurs de l'enfantement était surtout saisie d'angoisse à cause du sort que les siens et le peuple juif devaient logiquement lui réserver ainsi qu'à son enfant. Dieu fit alors un grand miracle pour redonner confiance à sa servante. Une voix - celle de l'enfant nouveau-né - s'adressa ainsi à Marie : "Ne t'attriste point ! Ton Seigneur a fait couler un ruisseau à tes pieds ; et secoue vers toi le tronc du palmier : sur toi tomberont des dattes fraîches et mûres. Mange et bois et sois dans l'allégresse !..." De cette manière Dieu manifestait sa particulière Providence à l'égard de Marie et de son Fils ; c'était le signe évident qu'il était assez puissant pour les protéger contre les accusations et malveillances des juifs. Il semble intéressant de revenir sur "le miracle du palmier" pour souligner, un trait de la dévotion musulmane à la Mère de Jésus. Bien des musulmans cultivés et pieux aiment à citer ce texte du Coran : "Secoue de tronc du palmier", soit pour se donner du courage, soit pour stimuler l'activité de ceux qui s'abandonnent à la passivité ou à la paresse. Pour eux, ce tronc de palmier était sec ; Dieu fit le miracle de lui redonner vie instantanément et de lui faire porter sans délai des dattes "fraîches et mûres". En comparaison avec cette merveille ce n'était rien de faire tomber d'elles-mêmes ces dattes sur Marie. Or Dieu demanda à celle-ci une certaine coopération à son activité, en lui ordonnant de secouer elle- même le tronc du palmier, et cela à un moment où elle était faible et accablée. "Secoue le tronc du palmier" signifie donc à peu prés ce qu'exprime le proverbe : "Aide-toi, le ciel t'aidera". Et il est remarquable que dans cette coopération avec Dieu, sans doute limitée mais aussi voulue par lui, une certaine présence et une certaine imitation de Marie se rencontrent chez les musulmans.