Considérations générales. - Population.
Nationalités diverses. - Topographie. - Météorologie
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Nous croyons qu'il n'est pas sans utilité de relater les maladies qui nous ont paru affecter le plus communément les Européens dans notre circonscription médicale; nous pensons en outre qu'Il ne peut être non plus inutile de faire connaitre les traitements auxquels nous avons cru devoir recourir pour combattre ces maladies; ce sont ces différentes considérations, puisées dans un but d'intérêt public, qui nous ont amené à concevoir et à rédiger le présent mémoire. Puisse notre modeste travail ne pas paraitre trop au-dessous de la tâche que nous nous sommes imposée Là est notre seul désir, là est toute seule ambition

POPULATION ET NATIONALITES

La circonscription médicale de Penthièvre se compose d'une commune formée de deux villages: Penthièvre, le chef-lieu, et Nechmeya, l'annexe, D'après le dernier recensement, celui du mois de juin 1865, Penthièvre compte 213 habitants, se décomposant de la sorte: Hommes, 76; femmes, 39; garçons, 46; filles, 32; total: 213.

D'après le même recensement, Nechmeya a 178 habitants, qui se répartissent de la manière suivante: Hommes, 4O; femmes 39; garçons, 52; filles, 47 ; total: 178.

La population européenne de la commune entière est par conséquent de 391 habitants. La population indigène est composée d'Arabes, de kabyles et de nègres qui, au nombre de 5 à 6000 environ, habitent dans des gourbis ou sous des tentes dans la campagne dans toute l'étendue du territoire formant la circonscription, Nous n'avons pas à nous en occuper ici et, nous l'enfermant dans notre programme-, nous ne traiterons que des maladies qui règnent le plus communément chez les européens. Les affections que nous avons remarquées chez les indigènes ont chez eux un tel degré de fréquence, et affectent des formes tellement tranchées, tellement invariables que nous avons jugé leur étude bien digne de faire l'objet d'un traitement à part

LES MALADIES DES VOIES RESPIRATOIRES

Je passerai très légèrement sur les maladies des voies respiratoires, parce qu'elles sont ici ce qu'elles que sont partout et n'offrent rien de particulier. J'ai dû toutefois les ranger dans un chapitre spécial et leur consacrer une place à part, vu l'extrême degré de fréquence, expliquée suffisamment par les brusques changements de température. Pendant la saison des pluies les gens qui travaillent sur la route. ou dans les champs sont, étant en sueur, surpris par la pluie. Ils se mettent imprudemment à l'abri sous un olivier ou sous un pont et y contractent 1 soit un rhume, soit une fluxion de poitrine. Je citerai, entre beaucoup d'autres; à l'appui de ce fait, et pour exemple: un colon et un cantonnier de Penthièvre qui ont ensemble contracté une fluxion de poitrine de cette manière. Le colon, nommé Armand Warley, âgé de vingt huit ans étant en pleine convalescence et menant boire ses chevaux à cinq heures du matin à l'abreuvoir, a eu l'inconcevable imprudence de se mettre la tête nue sous le robinet de la fontaine. Une rechute s'est immédiatement déclarée et ce colon, qui n'avait pas encore repris complètement ses forces, n'a pas pu la supporter el a succombé. Son camarade, le cantonnier, Emmanuel Gago, ancien lieutenant de Don Carlos, a parfaitement guéri. Je n'ai pas à décrire ici la marche de la maladie, pas plus pour eux que pour les autres personnes atteintes, puisqu'elle n'a rien offert de particulier à noter.

Pour les tuberculeux ils ne paraissent pas plus nombreux ici qu'ailleurs, il n'en ai mort que deux à ma connaissance un nommé Bergasse sous chef de musique est allé s'éteidre à Bône à l'âge de 31 ans, l'autre d'origine allemande, fille d'un colon de Nechmeya et nommée Eve Morriot est morete le dimanche 3 septembre de la phthisie pulmonaire

MALADIES DES VOIES DIGESTIVES.

Nous nous étendrons plus longuement, sur les maladies des voies, digestives, parce qu'elles sont spéciales aux pays chauds et qu'elles y ont de, tout temps pris droit decité. Nous les rangerons sous les quatre chefs suivants:

1° Embarras-gastriques; - 2 Embarras intestinal; 3 Diarrhée intestinales; 4° dysenterie

L'embarras gastrique: l'embarras gastrique est ici on ne peut plus commun, surtout pendant les chaleurs. Autrefois, pour vider l'estomac, je recourais toujours à la formule suivante, du docteur Legroux, professeur agrégé de la Faculté de médecine de Paris et médecin de l'hôtel Dieu :
Emétique
Ipéca pulvérisé
Sirop d'ipéca

J'ai depuis longtemps renoncé il cette préparation, qui constitue un sirop très épais, horriblement mauvais à boire et d'une vue et d'une odeur tellement repoussantes et désagréables que la plupart du temps les malades refusent de la prendre.

Embarras gastrique. L'embarras intestinal coïncide fréquemment avec l'embarras gastrique et fréquemment aussi il revêt la forme typhoïde, Des matières dures et échauffées, renfermées dans l'intestin occasionnent le ballonnement du ventre, du météorisme et de la sonorité, et produisent en outre soit de la constipation, soit une diarrhée d'un jaune noirâtre qui, sans sa coloration et son odeur infecte, pourrait en imposer pour une dysenterie. Toujours l'aspect des matières fécales; de l'urine rare, jaune et huileuse, de la coloration jaune sale de la peau, de l'état saburral de la langue m'ont mis sur la voie. Même étiologie que pour l'embarras gastrique. Les brusques variations de température, l'ingestion de boissons froides, le corps étant en sueur, ou d'aliments indigestes ou de fruits insuffisamment murs, voilà quelles sont la plupart du temps les causes de la maladie

Diarrhée intestinale et dysenterie. Examinées à un point de vue générale, ces deux affections peuvent à la rigueur être traitées sous le même chef, car leur traitement est le même et elles ne sont guère que des degrés différents d'une entérite que par l'absence de douleur, et de fièvre

MALADIES DES YEUX.

De toutes les maladies des yeux nous n'avons à nous occuper que d'une seu1e la Blépharite soit conjonctivale, soit ciliaire. Avant d'étudier ces deux, blépharites de dire' le traitement que nous leur opposons, rappelons en quelques lignes l'anatomie de la couche muqueuse des paupières, ou conjonctive palpébrale, qui est le siège de la maladie. C'est une membrane muqueuse qui tapisse la face postérieure des paupières et l'hémisphère antérieur du globe de l'œil. Cette membrane étant supposée partie du bord libre de la paupière supérieure, recouvre toute l'épaisseur de ce bord libre revêt la face postérieure du cartilage tarse, se rend sous l'arcade orbitaire, se réfléchit sur la partie antérieure du globe de l'œil.

Ce mémoire est extrait du journal La médecine contemporaine, numéros Avril et Mai 1866

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