MILLESIMO

ANDRE GUIRAUD

MAIRE DE MILLESIMO


Commune de plein exercice
Ressort de la justice de paix de Guelma.
Station de chemin de fer à 4 Km de Guelma
Port le plus proche : Bône, à 85 Km
Population : 932 habitants
Français : 190 Indigènes musulmans : 691.
Etrangers : 51.
Superficie : 3342 hectares.
Cours d'eau : La Seybouse
Cultures maraîchères et fruitières. Céréales, maïs, vigne. Elevage de bestiaux. Minoterie.

Administration communale et services publique.

Maire : Samuel Henri.
Adjoint : Gerbaulet.
Secrétaire de mairie : Pelissier.
Architecte communal : Lejeune.
Culye catholique : Curé ; Levet.
Instruction publique : Pellissier instituteur ; Mme Houot institutrice.
Ecole maternelle : Mme de Roussillon.

Commerce et industrie.

Agriculteurs : Dubas ; H. Gerbaulet J ; Gerbaulet P ; Housset H ; Samuel J ; Serre ; Lepinette ; Merchand.
Aubergiste : Samuel ; Schillinger.
Boulanger : Lagrange.
Charrons Forgerons: Hana, Nicolas; Hann; Parisel; Lagrange, Elie.
Maçons : chevalier; Hoffmann.
Médecin : de Labrousse.
Meunier : Zamith.
Propriétaires : Sère ; Dubas ; Gerbaulet.
Culte catholique : Julia Didier, curé.
Instruction publique : Ecole communal mixte Reboul instituteur. Ecole maternelle Mademoiselle Reboul.
Facteur-Boitier : Bourgade. Chef de gare : Praleits.


         A l'origine, en 1848, alors qu'on s'occupait activement de peupler l'Algérie de colons concessionnaires, ce centre fut tout d'abord choisi comme l'annexe du village de Petit, éloigné de lui de 4 kilomètres environ par la route de Guelma. De là lui vint son nom de Millesimo II, tandis que Petit portait celui de Millesimo I. Ce dernier ayant perdu son ancienne appellation, le nom du premier seul subsista pour rappeler une des brillantes victoires de Napoléon Ier en Italie.

       Placé à l'endroit même où la fertile vallée de la Seybouse s'étend sur sa plus grande largeur, entre deux montagnes, la Mahouna au sud, le Djebel Aouara au nord, lui envoyant, par de nombreux ruisselets, "oueds", "chabetts" ou "aïns", une quantité d'eau bien suffisante pour irriguer ses terres, ses prairies, ses jardins, enfin à quatre kilomètres et demi seulement de Guelma, le chef-lieu de l'arrondissement, Millésimo était destiné à prendre, parmi les villages voisins de Guelma, une importance qui ne s'est pas démentie et qui ne fait que croître et prospérer.

       Ses débuts, pourtant, ne furent pas des plus heureux. L'état marécageux du sol, comme il apparaît encore aux deux petits étangs sans importance qui sont sur le territoire des Ouleds-Senan, tribu récemment (1885) annexée à la commune, avait inspiré quelques craintes confirmées plus tard, en 1851, par le départ de plusieurs colons, à tel point que l'on fut obligé de repeupler le centre en 1855. Mais, depuis, grâce aux efforts persévérants des nouveaux colons et des anciens qui ne se rebutèrent point, petit à petit les cultures, la canalisation des eaux, les nouvelles plantations parvinrent à assainir complètement la région, et ce ne fut pas la moindre des victoires remportées par les courageux pionniers de notre civilisation en ce pays.Aujourd'hui le village étale ses habitations au bord de la route de Guelma à Petit, avec des boulevards tous verts enserrant sur chaque côté des maisons presque toutes accompagnées de gais et pimpants jardins, où les genres les plus variés d'arbres fruitiers, de plantes d'ornement et de légumes croissent à merveille. Il emprunte à son voisinage direct de Guelma une tournure de petite cité campagnarde agrémentée encore par la présence à deux de ses extrémités de bastions crénelés. Et il recrée le regard lorsqu'on le voit tout à coup saillir, à un détour de la voie ferrée, derrière un rideau de grands arbres, où le soleil met des scintillements, les brises d'agréables froissements de feuilles et les oiseaux de joyeux frémissements d'ailes. Mais, on ne fait que l'entrevoir, car un repli de terrain le cache aussitôt aux yeux et, à la halte même, on ne le revoit pas, éloigné qu'il est de quelques 300 mètres sur la rive droite de la Seybouse, d'où la voie, en ce lieu, s'écarte notablement.

       Dans l'intérieur du village, au beau milieu de la route de Guelma, les colons se sont ménagés une superbe place plantée d'arbres magnifiques et, au centre de laquelle, on a élevé une coquette église, le principal monument de la localité. De ce point central rayonnent les principales rues : de Zaatcha, de Galbois, du 43ème de ligne, de Saint-Vincent de Paul, qui ressemblent à autant de venelles fleuries, avec le luxe de frondaisons dont chaque colon aime à orner sa modeste demeure.

       C'est à des canaux dérivés de l'Oued-Zimba qui, avec l'Oued-Maïs, à l'ouest, irriguent la plus grande partie du territoire de la commune.

       A ces ressources dues à leur labeur opiniâtre, vient se joindre la vigne, puis viennent les céréales dont, entre autres, le blé dur n'occupe pas moins de 1 250 hectares, sans compter l'élevage, auquel participe surtout l'indigène.

       Comme on le voit, sur une superficie totale de 8 736 hectares, dans laquelle les prairies entrent pour 3 205 hectares et les bois et forêts pour 1 063 hectares, les colons de la région de Millésimo ont su, par des prodiges de courage et de persévérance, dignes d'éloges, utiliser les 4 468 hectares de bon terrain qu'il leur restait à mettre en valeur.

       Malgré son excellente situation, la commune de Millésimo n'a qu'une population française très restreinte. Elle est à peine de 178 colons, habitant presque tous le village, et dont 63 Européens, tandis que la population indigène atteint le chiffre relativement énorme de 2 914 individus disséminés entre plusieurs tribus et douars, parmi lesquels nous citerons les Beni-Ouzzedine, les Ouled-Senan, le Bou-Guerguar, l'Oued-Maïs et l'Aouara.

       Il est tel des ravins pittoresques sillonnant cette portion la plus féconde du territoire de Millésimo, comme ainsi l'Aïn-Cheik, où l'oued-Zimba prend sa source, qui vaut la peine d'une excursion.

Source : M. Proust, ancien maire de Millésimo, et par la monographie de M. Pellissier, instituteur.



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