KELLERMANN

Le nom du vainqueur de Valmy a été donné à ce village, primitivement appelé "Oued-Touta" du nom de l'affluent de la Seybouse, qui parcourt la commune du nord au sud et coule à une cinquantaine de mètres seulement du petit plateau, où se sont juchées les maisons de ce centre de colonisation, dont la fondation remonte à l'année 1853.

Comme à Guelaât-bou-Sba, village des environs, situé à l'est de Kellermann, au delà d'Héliopolis, les lots de colonisation furent ici distribués à des familles bavaroises chassées de leur pays d'origine par une crise économique
De Guelma, éloigné de dix kilomètres à peine, sur l'autre rive de la Seybouse, le village de Kellermann apparaît, perché sur une petite hauteur domine la plaine entre deux collines élevées
Par sa situation sur l'un des revers septentrionaux de l'énorme cuvette allongée placée, entre les chaînes du Petit Atlas, depuis les gorges du Taya, à l'ouest, jusqu'à celles du Nador, à l'est, et qui forme l'immense plaine de Guelma, à travers laquelle serpente la Seybouse en s'augmentant sans cesse des apports de nouveaux affluents, Kellermann se présente comme un des principaux belvédères de cette magnifique région.

Il y souffle, en outre, un air pur et sain arrivant des grands sommets voisins, le Djebel-Arara à l'ouest, du côté d'Hammam-Meskoutine, le Fedjoudj, au nord-est, et capable de lutter avec quelques chances de succès contre l'énervant et torréfiant siroco. Il faut un début à tout. Kellermann en est encore à cette phase embryonnaire. Il vient à peine, depuis 1886, de conquérir son rang au milieu des communes environnantes : Enchir-Saïd, au nord, Héliopolis, à l'est, Clauzel et Jemmapes, à l'ouest, enfin Guelma, au sud, dont il ne fut pendant bien longtemps qu'une annexe.

Le village, tel qu'il est aujourd'hui, s'étend tout de son long sur la route départementale, qui va de Guelma à Philippeville en passant par Jemmapes.

Au milieu, sa large place plantée d'arbres, mais veuve encore de tout monument villageois, semble encore attendre l'église qui lui manque et dont une toute petite chapelle, trop étroite pour contenir le nombre déjà grand des fidèles, occupe timidement l'emplacement.

La commune de Kellermann compte cependant une population de 112 Européens et quelques grandes fermes comme celle du Bou-Far, exploitation agricole et huilerie importantes sur la rive gauche de l'oued Bou-Far, un affluent de la Seybouse.Les principales ressources agricoles de cette commune sont les céréales, les oliviers, le bétail et la vigne. Celle-ci, quoique plantée depuis peu, occupe déjà une superficie de 50 hectares produisant, bon an, mal an, 1 500 hectolitres de vin de côteau de bonne qualité.

C'est dans cette commune, non loin de Bou-Far, qu'un colon de Guelma, M. Magnier, a eu l'excellente idée d'irriguer les terres de son petit domaine à l'aide d'un réservoir naturel, formé par un barrage dans un petit ravin, où viennent s'accumuler les eaux de pluie descendant des collines avoisinantes. Il a, de la sorte, transformé en terre très fertile un sol ravagé, en hiver, par les torrents, brûlé, en été, par la sécheresse, et duquel personne jusqu'à lui n'avait su tirer partie.

Des affluents de la Seybouse, l'oued Bou-Far, l'oued Enchem et l'oued Touta arrosent en grande partie le territoire de Kellermann, où de belles prairies naturelles se prêtent à merveille à l'élevage du bétail.

Le pays, couvert de lentisques, de bruyères, de genêts et d'oliviers, presque tous centenaires, dans les parties hautes, est très abondant en gibier de poil et de plume de toute sorte, depuis la panthère même, jusqu'au vulgaire sanglier, dont la viande jeune est très estimée.

1) Tous les documents statistiques ont été puisés dans la monographie de M. l'instituteur de Kellermann.

KELLERMAN est aussi une commune de plein exercice, de 2 868 habitants, dont le maire est M. Benjamin Poggi. Ce village est situé à 6 km de Guelma. C'est un centre agricole et vinicole assez important.



Collectif GUELMA FRANCE 2005