GASTU.

Gastu un nid de verdure

Photo copyright- JL Marrazzani

GASTU

Commune de plein exercice, d'une population de 2118 habitants, dont 158 Français. Le maire est M. d'Auribau. C'est un village de colons au milieu de forêts d'essence diverses, qui est à peu près à mi-trajet de Bône (57 km) et de Philippeville (53 km).

Jean-Louis Marazzani dans des bottes de sept lieues photographié devant la poste


Toponyme

              Gastu (Godéric-André-Joseph), général de division, né le 27 novembre 1802 à Banyuls-des-Aspres, près Perpignan. Après avoir terminé ses études au collège de cette ville, il entra au service le 1er août 1823 comme engagé volontaire. Sous-lieutenant de cavalerie en 1830, il prit part, à l'expédition d'Alger et fut employé au 1er régiment de chasseurs d'Afrique à la formation de ce corps. Lieutenant le 21 juin 1833, et lieutenant trésorier le 5 août suivant, il devint capitaine aux spahis réguliers d'Alger le 31 décembre 1834. Cité à l'ordre de l'armée le 11 octobre 1835, puis le 4 janvier 1836, il le fut encore à la suite du combat du 31 mars de la même année au col de Mouzaïa, où il eut un cheval tué sous lui et fut grièvement blessé à la joue. Quatre mois plus tard il reçut la croix de la Légion d'honneur. Passé, le 20 novembre 1839, au 1er régiment de chasseurs d'Afrique, il se fi t particulièrement remarquer le 28 mai 1840 pendant l'expédition de Médéah, le 1er juillet 1842 ; dans un combat livré aux Arabes sur les Hauts Plateaux, au sud de l'Ouarensenis.

              Major le 22 juillet 1812 du corps de cavalerie indigène, le 3 octobre 1814 du 1er régiment de chasseurs d'Afrique, chef d'escadron, le 9 janvier 1845 au 2e régiment de l'arme, lieutenant-colonel le 28 août 1846 au 5e régiment de lanciers, colonel le 1er mai 1849 du 3e régiment de dragons, et le 19 juillet 1819 de la garde républicaine, Gastu fut promu offi cier de la Légion d'honneur le 6 mai 1850, et général de brigade le 28 décembre 1852. Commandant la subdivision d'Oran le 6 février 1853, chargé de l'inspection de la légion de gendarmerie d'Afrique pendant les années 1853, 1854, 1855, 1856, et commandeur de la Légion d'honneur le 14 août 1853, sa brillante conduite pendant l'expédition de Kabylie en 1857 lui mérita une nouvelle citation à l'ordre général de l'armée ; il assura, en effet, par les bonnes dispositions qu'il avait prises, le succès du combat du 24 mai contre les Beni-Raten, et eut un cheval tué sous lui le 25 juin à l'attaque du village d'Aït-el-Hassem. Le 24 mai, le général Gastu avait été chargé d'aborder de front Ighil-Guefri avec sa colonne. Il arriva assez facilement au pied de la montagne. A ce moment, des champs de fi guiers qui en couvraient la base partit un feu très vif; mais la charge sonne, nos soldats se précipitent en avant, les champs de figuiers sont balayés. Au-dessus de ces plantations, les pentes de la montagne dénudées et abruptes laissaient nos soldats exposés directement au feu des villages. Cependant ils les gravissent en bon ordre, profi tant adroitement du plus léger pli de terrain pour se couvrir et prendre haleine, et avancent toujours. Arrivés au sommet, ils pénètrent à la baïonnette dans le village et en dispersent les défenseurs.

             Maitre d'Ighil-Guefri, le général Gastu lance sa troupe sur Taguemount ou Gadfeld et l'enlève d'autant plus aisément que le général Deligny débouchait de son côté sur ce même point, dont les défenseurs se trouvaient ainsi pris entre deux feux. De là à Tighiltel-Hadj-Ali, la distance est peu considérable ; les têtes de colonne, des deux brigades y entrèrent au pas de course et opérèrent leur jonction avec la division Mac-Mahon déjà maîtresse d'Affensou.

           Général de division le 12 août 1857, Gastu fut placé le 13 novembre à la tête de la division de Constantine, où il se révéla administrateur aussi actif qu'éclairé, aussi bienveillant que ferme et adroit. Il y favorisa l'extension du territoire civil. " Fait digne de remarque, a dit M. Horace Giraud, l'accroissement considérable de l'autorité civile dans la province de Constantine fut sollicitée, encouragée, défendue contre les timides hésitations de quelques conseillers par le représentant de l'autorité militaire, le général Gastu.

              Il est mort à Constantine, dans son commandement, le 9 août 1859. Un centre de population créé le 23 juin 1860, sur la route de Guelma à Philippeville, a reçu le nom de Gastu pour perpétuer la mémoire de l'honorable général.

Sources : Archives du ministère de la guerre. - Moniteur de l'armée. - Mémoires du maréchal Randon. - Récits de la Kabylie.

Site Internet du collectif des Guelmois GUELMA-FRANCE