Bonjour la famille,

Votre Site "Guelma France" est formidable, surtout la rubrique Village, principalement Petit dont je suis originaire.
L'immeuble de la Gendarmerie, sur la photo, n'a pas du tout changé depuis, par contre la ferme de M. Julia (ex Maire de Petit) a été, totalement, modifiée.
Je vous signale que le Colonel Petit est mort lors de la bataille de Zaatcha en 1849. Je vous transmets à toute fin utile, ci-joint, un de mes écrits sur sa mort.
Je profite pour vous souhaiter de belles fêtes de Noël et de nouvel An ; que la santé et le bonheur vous soient offerts.
Que ces fêtes soient la paix de l'indulgence et de la charité entre tous les peuples.
H. Cherfa

LA MORT DU COLONEL PETIT

(Commandant du Génie)

LE 09 OCTOBRE 1849, A ZAATCHA

Le général Herbillon, à la tête de son armée, s'achemine vers l'Oasis. Il se présente devant Zaatcha, au matin du 07 Octobre 1849, à la tête d'une expédition de 4.500 hommes, emmenant avec lui, outre 04 pièces de campagne et toutes sortes de munitions, un convoi de chameaux portant un parc de siège composé de plusieurs bouches à feu et des approvisionnements pour plusieurs jours de vivres.

Dés son arrivée, il fait procéder à l'installation du camp sur la colline "d'El Meïda", jouxtant la Cité Zaatcha et à portée des balles mortes des fusils des insurgés.

L'installation du camp et des batteries d'artillerie opérées, massés en haut de la colline El Meïda, hors de portée de tirs, les soldats Français de la colonne d'attaque observaient, graves et recueillis, cette Cité lugubre, cette immobilité, d'où la mort sortait.

Après l'installation de la première batterie de brèche contre la Cité et sans perte de temps, le général ordonna à ses officiers de bombarder les remparts, afin d'y provoquer une percée.

Le colonel Petit, officier de la Légion Etrangère et commandant du génie, admirait cette Cité avec frémissement : -
Comme c'est bâti, une véritable forteresse en tôb ! Disait-il, à un de ses collègues :
- Les lâches ! Disait-on, -
Mais qu'ils se montrent donc avec leurs vieux fusils ! Qu'on les voie ! Ils se cachent, mais ils ne savent pas qu'avec nos canons qu'ils en n'ont pas pour longtemps !

Alors, la ruse des spahis se mêle au combat, ils se mettent à injurier les insurgés et même à envoyer quelques balles dans leur direction pour les décider à sortir de la Cité : -- Les voilà donc ceux qui se croient les plus braves, ils sont comme des femmes qui n'osent pas se montrer devant les hommes ; ce ne sont que des lâches, des poltrons ; que Dieu les maudisse !

Le colonel Carbuccia avait pour mission de reprendre la Zaouïa proche de la colline, objet de son insuccès du mois de juillet, et les maisons attenantes au milieu desquelles se trouve une fontaine, indispensable à l'alimentation du camp.

Sa mission fut menée sans trop de difficulté ; la Zaouïa et les maisons attenantes furent prises ; chassés, ses défenseurs et les habitants se sont retranchés dans la Cité.

Un premier coup de canon partit, la détonation éclata. Le boulet s'était perdu dans une terrasse de maison. Il avait tout au plus brisé le toit et fait un fouillis de décombres. Ce que voyant, Etahar se mit à rire ; il cria : -- Avec vos canons, vous ne nous faites pas peur ! L'éclair aveuglant sur les cimes altières de nos fières montagnes des Aurès produit plus de tonnerre et de foudre !

A chaque coup de canon, Si Saïd et Si Echrif se gonflaient leur joue avec leur langue, signe de haute fierté. Si Aly, au guet, vit le chef de pièce changer le pointage et incliner légèrement la bouche du canon vers la bonne direction, puis les canonniers se mirent à charger la pièce. Le chef de pièce saisissait lui-même le boutefeu et exécuta l'allumage.

- Baissez la tête, ralliez les murs ! cria Si Aly, - Tous à l'abri !

Les défenseurs se ruèrent pêlemêle vers différents abris ; mais avant que l'ordre de Si Aly fût exécuté, la décharge se fit avec un râle effrayant. C'en était un en effet. La charge avait été dirigée sur la tour de l'entrée de la Cité, y avait ricoché sur un mur, et ce ricochet épouvantable avait fait plusieurs morts et blessés.

Si cela continuait, la Cité ne serait plus impénétrable :

Essayons toujours d'empêcher d'autres coups, dit Si Aly.
Il change de place pour être le plus proche possible et à portée de la batterie de canons.

Et, abaissant son fusil à long canon, Si Aly ajusta le chef de pièce qui, en ce moment, penché sur la culasse du canon, rectifiait et fixait définitivement le pointage.

Ce chef de pièce était le colonel Petit, officier de la Légion Etrangère qui, à force de se perfectionner dans l'horreur, avait fini par être tué dans cette bataille.

Si Echrif, peu distant, debout observait la scène de cet officier ; en même temps, Si Aly pressa la détente de son fusil. L'éclair jaillit ; l'officier tourna deux fois sur lui-même, les bras étendus devant lui et la tête levée comme pour aspirer l'air, puis se renversa le flanc sur la pièce et y resta sans mouvement.

On voyait son dos du centre duquel sortait tout droit un flot de sang. La balle lui avait traversé la poitrine de part en part. Il était mort. Il fallait l'emporter et le remplacer. C'étaient, en effet, quelques minutes de gagnées pour les défenseurs de la Cité.

La mort de l'officier des canonniers ayant exaspéré la troupe, les soldats, depuis quelques instants, s'étaient couchés à plat ventre derrière la ligne protectrice de palmiers qu'ils avaient élevée, et, pour suppléer au silence forcé de la pièce qui se taisait en attendant que son service fût réorganisé ; quelques uns avaient ouvert le feu contre la Cité. Les insurgés, pour épargner leurs munitions, ne répondaient pas à cette mousquèterie. La fusillade se brisait aux murs de la Cité qu'elle remplissait de balles. C'était terrible !

Dans les batailles on s'intrigue comme aux fêtes. Il est probable que ce silence de la Cité commençait à inquiéter les forces ennemies et à leur faire craindre quelques surprises inattendues ; ils sentirent le besoin de savoir ce qui se passait à l'intérieur de cette Cité qui reste impassible, qui recevait les coups sans y répondre. Subitement, on aperçoit un képi rouge qui dévalait au soleil sur le toit d'une maison. En effet, un légionnaire s'était introduit et semblait là en sentinelle. Son regard plongeait à pic dans la Cité.

-- Voilà un ennemi gênant, dit Si Aly.

Sans dire un mot, Etahar l'ajusta, et, une seconde après, le légionnaire, frappé d'une balle, tombait bruyamment dans une ruelle. Un deuxième légionnaire prit sa place ; celui-ci était un officier. Si Saïd ajusta le nouveau venu, et envoya l'officier rejoindre son prédécesseur. Cette fois l'avis fut compris. Personne ne reparut sur les toits ; et l'on renonça à espionner la Cité.

Après plusieurs tirs sporadiques, sans réel affrontement, l'ordre de retraite fut donné. Le colonel Petit, commandant en chef du génie, le capitaine d'artillerie Besse et tant d'autres officiers succombent dans cette attaque.

Par décret, le gouvernement Français avait consacré, en souvenir de la mort de cet héros, le nom de village de Millesimo N°2.

DÉCRET. Au nom du peuple Français, le Président de la République, voulant consacrer en Algérie le souvenir de la mort glorieuse du colonel Petit, tué sous les murs de Zaatcha,
Décrète : Art. 1er. A dater de la promulgation du présent décret, le village de Millesimo N°2 (province de Constantine) prendra le nom de Petit ; Art. 2. Le ministre de la Guerre est chargé de l'exécution du présent décret.
Fait à l'Elysée-National, le 23 juillet 1850.
LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE.
Le ministre de la Guerre, D'HAUTPOUL.

Mais les bouleversements de l'histoire, les longues chaines de luttes pour la libération de l'Algérie, ont fait que ce village, à l'indépendance, perd son nom et s'appelle aujourd'hui, Boumahra Ahmed.
…………………………….Fin du Sous-Chapitre

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