ROUTE DE BONE A GHARDIMAOU
(FRONTIÉRE TUNISIENNE), PAR SOUK-AHRRAS.

A. 167 kil. Chemin de fer. 55 kil. de Bône à Duvivier. V. R. 62. De Duvivier, station du chemin de fer de Bône à Guelma, se détache le chemin de Souk-Ahrras dans une direction générale S.-E. La ligne de Duvivier à Souk-Ahrras a été ouverte au public le 30 juin 1881 ; elle avait déjà, par les soins de la Compagnie de Bône à Guelma, pu être mise en état de transporter les troupes et le matériel de guerre dès le 14 avril.
Cette ligne, d'une longueur de 52 kil., a présenté de très considérables difficultés d'exécution, tant à cause de la nature argileuse du sol qu'à cause du relief accidenté du terrain et de l'altitude à atteindre au col de Fedj-Makta; 703 met; au-dessus de Duvivier. 55 kil. 1/2. Pont sur la Seïbouse. 56 kil. Duvivier (F. p. 453). 63 kil. Après la traversée de la Seïbouse, la voie ferrée s'engage dans la vallée de Youed-Melah, affluent de la Seïbouse, qu'elle traverse deux fois, sur des ponts de 40 met d'ouverture.
B. 64 kil. Pont sur l'oued-Melah, affluent de la Seïbouse. 64 kil 1/2. Station de Medjez-Sfa, au croisement de la voie ferrée avec la route départementale de Bône à Souk-Ahrras.
C'est à partir de cette station que commence la longue rampe de 25 millim par mètre sur 27 kil de longueur pour atteindre le col de Fedj-Makta.
C. 66 kil. Medjez-Sfa, annexe de Duvivier, à la jonction des routes de Guelma et de Bône à Souk-Ahrras. Le village est situé à dr du chemin de fer dans un crochet que ce dernier fait entre le 66° et le 69° kil.
Après avoir traversé un tunnel, on arrive à 73 kil. Aïn -Tahamimin, hameau dépendant de Duvivier.
Le chemin de fer monte et s'engage dans deux petits tunnels de 196 et 80 met, puis, s'infléchissant sur la g., traverse Youed-Cherfsur un magnifique viaduc en courbe de 8 arches en maçonnerie, sur 28 met. de hauteur.
D. 78 kil. Halte forestière. Le chemin de fer, montant toujours, fait dans la direction E., pour revenir à l'O., un crochet de 12 kil. Tunnel de 720 met., au 83° kil. et de 200 met
E. au 86e kil. A mesure que la voie va en s'élevant, le panorama qui se déroule sur la dr. devient magnifique.' La vue domine les vallées de l'oued Melah et de la Seïbouse, ainsi que les montagnes de la rive opposée. On aperçoit à ses pieds, à plus de 600 met de profondeur, le tracé que vient de parcourir la voie ferrée et les villages de Medjez-Sfa et AïnTahamimin. Le coup d'oeil est splendide
F. 90 kil. 1/2. La Verdure, village de 25 feux, devant son nom à un cantinier qui s'était fixé sur ce point il y a une vingtaine d'années.
G. 92 kil. Tunnel de 485 met sous le col de Fedj-Makta.
H. 93 kil. Tunnel de 140 met. La gorge dite du Colimaçon, que vient , de parcourir la voie ferrée, est des plus sauvages et des plus pittoresques.
I. 98 kil. Àin-Seïnour, où l'on arrive à après avoir traversé une belle forêt de chênes-lièges; village de 50 feux en création. Les eaux gazeuses froides d'Aïn-Senour sont utilisées pour la table à Souk-Ahrras.
Après avoir atteint, au 100° kil., 1e la plus grande altitude de la route, est à 778 met au-dessus du niveau
J. SOUK-AHRRAS. 467 Situation. L'heureuse et exceptionnelle position de Souk-Ahrras, sur la jonction des routes de Tunis à Constantine et de Tebessa à Bône, et sur la jonction du chemin de fer de Tunis avec le chemin de fer de l'Algérie, l'importance du commerce qui s'effectue avec la régence de Tunis, dont : il est distant de 35 kil en droite ligne, les immenses quantités de grains et les nombreux bestiaux, bœufs et moutons, que fournit cette contrée, l'étendue des forêts environnantes, bois de construction et liège, un marché très important, des terres de qualité supérieure, de grandes facilités pour l'élevage du bétail, des cours d'eau abondants et un climat des plus salubres forment une réunion d'avantages qu'on chercherait difficilement ailleurs, et expliquent le développement rapide dû à la seule initiative des colons.
K. Souk-Ahrras, chef-lieu de commune de l'arrondissement de Guelma, compte 3,065 hab dont 842 Français, 121 Israélites, 822 indigènes et 1,980 étrangers. La commune indigène est 52,865 hab., dont 255 Français, 52,370 indigènes et 240 étrangers. Église; écoles des deux sexes.
L. Histoire. La ville de Souk-Ahrras, située par 36° 15' de latitude et 5". 37' de longitude E.à 4 kil. O. de l'oued-Medjerda, Liagradas des anciens, et 35 kil. O. de la Tunisie, s'élève sur un petit plateau mamelonné, à 630 met. d'altitude.
Des ruines, couvrant un périmètre de 19 hectares sur ce plateau, attestent l'existence d'un établissement romain important, d'où l'on rayonnait dans les bassins de la Seïbouse, de la Medjerda et de la Mellaya.
M. Diverses inscriptions, découvertes principalement par M. le capitaine J Lewal, permettent d'assurer la synonymie de Souk-Ahrras avec Thagaste, siège d'un évêché.
N. Voici les fragments essentiels de l'une d'elles : MAMVLION - Ki ORDO SPLENDI DISSIMVS THA GASTENSIVM " A Marius Amulliùs, fils de Marius le très splendide corps municipal des citoyens de Thagaste. " Saint Augustin, que nous retrouverons plus loin, est né le 13 novembre 334, à Thagaste, dont Patrice, son père, était décurion. Souk-Ahrras, le Marché du Bruit, est le nom qui a prévalu pour l'appellation de la ville actuelle.
O. D'après M le capitaine J. Lewal, l'origine de ce mot vient de Souk, marché, et d'Ahrras, nom d'un cordonnier qui possédait une petite boutique établie dans des ruines romaines, prés de la fontaine nommée Aïn-el Bouïra, à 2 kil. E. de la ville actuelle
P. . " Le marché, qui avait pris le nom du cordonnier, dut se déplacer, parce que les sources ne fournissaient presque plus d'eau. Il fut transféré aux ruines de Thagaste, que les indigènes nommaient Sidi Messaoud; mais on conserva au marché le nom d'Ahrras, et avoir traversé un dernier tunnel au 106° kil., on arrive à Souk-Ahrras
Q. Quoi qu'il en soit, Souk-Ahrras, ancien centre de commandement d'une puissante tribu fut, lors de la révolte de ces derniers, en 1852, érigé en poste militaire, annexe de Guelma, et en cercle militaire dépendant de Bône, à la fin de 1855

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