CANTON DE BISKRA

BISKRA

Est la dernière commune de plein exercice dans le Sud Constantinois. C'est ; aussi, le point terminus de la voie ferrée
Il fut jadis l'Ad Piscinam bâtie au milieu d'une oasis très fertile, ne fut guère dans l antiquité, qu'une cité assez effacée sorte de caravansérail, de poste avancé.

Ad Piscinam, Eut à subir des assauts divers, elle changea maintes fois de maîtres mais demeura assez longtemps pourtant sous la domination berbère et arabe.

En 666 le guerrier Okba qui avait conquis tout le Maghreb et s'en retournait vers Kairouan, assiégea Biskra et trahi, y fut massacré avec sa troupe à quelque distance ; à Tchoudat (sidi Okba)
Puis les turcs qui s'emparèrent de toutes les oasis du M'Zab dont Biskra, était la capitale l'occupèrent quelques temps, et, le fameux Ben Salah bey, ce bon administrateur, fit pratiquer à Biskra, vers la fin du 18 siècle , le partage proportionnel des eaux , qui nous le verrons plus loin, constituent la vraie richesse du fellah des oasis

En 1844, les français de la colonne du Duc d'Aumal s'emparèrent, sans grandes difficultés, de Biskra .
Confiant dans la tranquillité apparente de la région, l'armée y laissa seulement une garnison de soldats indigène sous le commandement de chefs français. Hélas , la sécurité n'était que fictive ; et, bientôt ces malheureux furent exterminés et massacrés par les habitants ses oasis.
Cette perfidie ne tarda pas à être châtiée et quelques semaines plus tard, nos troupes revenaient assiéger la ville et y firent des représailles terribles et exemplaires. Ce fut définitif

BISKRA. - La statue du cardinal' Lavigerie, page 168 cliché Maure) En 1849, le fort Saint-Germain fut édifié à quelque distance de Biskra, par les soins du commandant de Saint Germain, qui mourut dans cette ville peu de temps après.
C'est dans ce fort, restauré, que sont actuellement concentré tous les services militaires'.
L'oasis de Biskra possède, outre d'innombrables arbres fruitiers d'un grand rapport, des palmeraies admirables qui produisent des degglas (dattes confites), d'une saveur exquise et d'autres qualités de dattes recherchées.
Le commerce des dattes est la principale richesse de ce pays. Leur exportation se fait par quantités considérables vers tous les points du globe.

Évidemment une grande partie de ces fruits passant sous le nom de datte de Biskra viennent du Djrid, de Tozeur et les Oasis voisines.
Pour que le palmier dattier produise' il faut, dit le proverbe arabe qu'il ait" son pied dans' l'eau et a tête dans le feu ! "

Ainsi l'eau qui est la condition absolument nécessaire pour l alimentation de cet arbre précieux y est elle chèrement possédée. Il est curieux de voir cet élément transformé en une richesse immobilière pouvant s'hypothéquer, s'antichréser, s'aliéner diversement; et, devenir l'objet de licitation et de saisies judiciaires !
A Biskra passent l'Oued-Biskra; et l'Oued-Djeddi ; ce dernier va se jeter dans le Chott Mfelg hir. L'Oued-Djeddi est un des oueds souterrains qui en Orient s'appellent Ouadi et qui percent les sables du désert à quelque distance des chotts des grands lacs. Dans tous les oasis existe une nappe d'eau considérable à une faible profondeur.

Biskra est en bordure du désert. C'est de là que partent les caravanes pour toutes les directions de l'Afrique.
C'est aussi la route d'Ouargla, de Touggourt, de Berian, de Ghardaïa: (capitale du M'zab Algérien) et de Ghadamès (Sud Tunisien).Cette dernière étape fut rejointe pendant l'hiver 1856-57, par l'intrépide capitaine de spahis Bonnemain qui déguisé en arabe , atteignit el Oued et renseigna l'armée des manœuvres des touaregs, avec qui fut conclu un traité

Population en 1909 est de 7600 habitants, dont 660 français ou naturalisés
Le maire est monsieur le docteur Couilland, l'adjoint est M Brulebois

Extrait de ORIENTAL GUIDE ILLUSTRE 1909, copyright

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