TRAVAUX HYDRAULIQUES ANCIENS SUR LA COMMUNE DE REMCHI. (ORAN)
Etudes éffectuées par des ingénieurs français

NOTE DE L'ADMINISTRATEUR.

La commune mixte de Remchi ne contient que peu de vestiges de travaux hydrauliques anciens; l'époque romaine n'a, pour ainsi dire, pas laissé de traces à cet égard.
Le cours de la Tafna ne permet de relever aucun ouvrage de la sorte.
Celui de la Sikkak présente au moulin Gérard, douar-commune des Zenata, des restes d'un ancien barrage, mais à peine apparents et consistant en quelques blocs de pisé. Ce barrage, de faible importance, servait à l'alimentation
d'un moulin dont on voit aussi quelques traces de murailles. Ces constructions ne peuvent être attribuées qu'aux Arabes et remontent certainement à une époque relativement peu éloignée. L'Isser seul possède des ouvrages de quelque importance, appartenant à la période musulmane.

Ils consistent en une suite de barrages, disposés pour arroser les terrains des bords de la rivière depuis la ferme européenne d'El Féhoul, située dans le douar-commune de ce nom, jusqu'au confluent de cette rivière avec la Tafna.
1° Barrage placé en amont d'El Féhoul.
- Ce barrage a été réparé par les propriétaires de la ferme et sert encore à arroser les terrains du domaine.

Les vestiges anciens comprennent un fragment de mur d'une épaisseur de 2 mètres sur 25 mètres de longueur dans le lit de la rivière, et un tronçon de canal, soutenu dans la traversée d'une dépression de terrain par un mur de 2< mètres de haut et de 30 mètres de long.

Tous ces ouvrages sont bâtis en pisé. Cette digue servait à irriguer la rive gauche de l'Isser sur une étendue d'un millier d'hectares environ, depuis l'emplacement de la ferme jusqu'au lieu dit des Trois Marabouts. Elle alimentait également un moulin distant de 2 kilomètres et dont les ruines sont encore debout.

Elle est désignée par les indigènes sous le nom de barrage des Ouled Saïd; le territoire qu'elle arrosait comprend le territoire des douars partiels des Ouled Amrane, Ouled Ben Yahia, Azzaïza et Ouled ben Adjadj.

Second barrage.
- Un second barrage a été construit à 1 kilomètre en aval du premier; il servait à l'irrigation de la rive droite. La surface arrosée devait être de 600 à 700 hectares. Il existe encore dans le lit de l'Isser un mur de 2 mètres d'épaisseur et d'une longueur de 10 à 15 mètres. Des traces de canal s'aperçoivent sur une longueur de 10 mètres, tout près d'un minaret en ruines, le minaret de Sidi el Azz.
Les Arabes attribuent la construction des deux barrages précités à un grand chef arabe, nommé Youcef ben Adjfil, avant la domination turque.

3° Battage situé au lieu dit Korsi, douar-commune des Zouata.
- Lés vestiges apparents se composent de blocs en pisé de 10 ou 16 mètres de long et de 2 mètres de large. Ce barrage servait à arroser la partie de la plaine située sur la rive droite de Tisser. On ne voit pas de traces de canaux. La Construction daterait de l'époque arabe.

4° Barrage connu sous le nom de Remacha, douar-commune des Zenata.
- Les ruines consistent eu un mur d'une longueur de 15 mètres, d'une épaisseur de 2 mètres, d'une hauteur de 1 m. 50. Cet ouvrage permettait d'arroser la partie de la plaine située sur la rive gauche jusqu'au confluent de la Tafna. Il semble être de la même époque que le précédent,

L'oued Bou Messaoud, dans le douar-commune des Zenata, offre des ruines d'un barrage, connu sous le nom de Dey ben Yarou. Il remonte au temps de la domination turque.
Les vestiges de cet ouvrage consistent, dans le lit de la rivière, en un mur de 10 mètres environ de longueur, d'une épaisseur de 2 mètres et d'une hauteur dé 1 m. 50.
A 1 kilomètre sur la rive droite ne trouve un bassin de 12 mètres sur 10 mètres, entièrement comblé de terre. De plus, on remarque, en aval, des traces à peine visibles d'anciens aqueducs qui étaient destinés a transporter les eaux d'une rive à l'autre, de manière à arroser les deux bords de la rivière jusqu'à l'Oued Zitoune.

En dehors de ces ouvrages, je n'ai pas relevé, de travaux hydrauliques anciens méritant d'être signalés. On peut citer seulement les restes d'une citerne dans les ruines de l'ancienne ville de Siga au bord de la Tafna.
Elle paraît avoir été construite pour recevoir les eaux de source provenant des montagnes avoisinantes.
La destruction presque complète des ouvrages que je viens de décrire ne permet pas d'en donner de dessins figuratifs.

Site internet GUELMA FRANCE