BONJOUR !

Est une Revue satirique, littéraire, théâtrale, cinématographique et sportive
CHRONIQUE SPORTIVE
" A propos du match J. S. G. contre J. B A. C. qui s'est mal terminé.
Nous avons reçu la lettre suivante : qui émane des dirigeants de la Jeunesse Sportive de Guelma :

Guelma., le 2 Avril 1935..
Monsieur Marodon, Ce n'est pas en vain, pensons-nous, - .que nous ferons appel à votre courtoisie professionnelle, à seule fin de voir insérer en bonne place dans votre plus prochain numéro, la mise au point suivante, en réponse au surprenant article que vous avez cru devoir consacrer cette semaine dans " Bonjour ", aux incidents de la rencontre a Bône JBAG - JSG.
Les commentaires inconsidérés de votre récente rubrique sportive, ont soulevé dans les milieux régionaux du football, et notamment au sein de notre Comité, un mouvement de profonde et légitime surprise.
Les vieux adeptes aux sports que nous sommes, n'avons nullement le goût de la polémique cher M. Marodon, mais de taire notre amertume et notre étonnement après incroyable réquisitoire Que vous n'avez pas hésité à prononcer contre notre club, et en particulier contre Zuretti l'un de ses plus actifs et brillants représentants, cela convenez-en,, ne pourrait que contribuer davantage à nous émouvoir.
Permettez donc aux représentants - qualifiés du club champion Guelmois, de s'élever contre la publicité de faits en tous points inexacts et inspirés, nous n'en doutons pas, par un informateur directement intéressé à la question, et qui ne s'embarrasse pas de scrupules pour mieux travestir la vérité présente et passée.
"Votre bonne foi' de journaliste avant été apparemment abusée, souffrez de prêter une oreille attentive aux protestations de notre JSG, dont la plupart des dirigeants n'étaient pas insensibles à la cordiale sympathie que vous avez eu personnellement et souvent fois l'occasion de leur manifester

Bonjour ! " Revue satirique, littéraire, théâtrale, cinématographique et sportive
Or d'une personnalité de notre joueur et ami Toto Zuretti, ne nous semblait jamais pouvoir être mise en cause dans de telles conditions, et sous quelque forme que ce soit, le palmarès de sa vie sportive donné fréquemment en exemple, pouvant s'affirmer à l'occasion, le sûr garant de l'excellente mentalité au Capitaine Guelmois.
C'est pourquoi nous ne croyons pas utile de faire à nouveau aujourd'hui état des multiples éloges qu'il a su mériter au cours de sa carrière, mais qu'il nous soit permis cependant de les résumer en leur donnant force vérité, par cette simple constatation, à savoir que :
" Le CapitaineToto Zuretti a toujours été honnête, parce que toujours sans reproches " qu'il mérita très souvent, vous le savez, l'honneur du Capitanat des équipes sélectionnées du Département. -
Et pour en revenir aux prétendues agressions dont auraient été victimes certains joueurs de la J BAC et de l'ASB, sur le terrain de Guelma, nous répondrons sans hésiter :
" que ces faits rapportés bien à tort n'ont jamais existé que dans l'imagination de votre inconscient informateur ".
Ceci dans le but évident, mais inavouable de transposer les responsabilités étant donné l'urgente nécessité de dissiper aux frais du voisin, le bien vilain effet produit dans le monde sportif, par une récidive d'incidents graves, à même le terrain de la JBAC. -
Vous ne pouvez pas, Cher Monsieur, ne pas partager ce sentiment trop conforme hélas à la réalité.
En ce qui nous concerne nous pouvons sans crainte mettre au défi un quelconque joueur, à quelque club qu'il appartienne, d'avoir le front de venir, reprocher des voies de faits sur sa personne, par notre galerie locale, au cours d'un match de football !
- Mais à la réflexion, nous comprenons fort bien par ailleurs qu'il a été fait une allusion démesurément grossie dans le cas du joueur Pack, survenu à l'occasion de la première venue officielle de la JBAC à Guelma. - nous regrettons, croyez-le, pour ce joueur la fâcheuse mésaventure dont il n'a dû qu'à lui seul ,la très flagrante provocation étant donnée la chicane absurde pas du tout en rapport avec l'esprit de son âge, qu'il a eue avec un inoffensif yaouled, accusé disait-on, d'une futile
gaminerie, qui eut tout au plus méritée un pincement d'oreille.
Mais sans doute, pour satisfaire un brutal instinct, le sieur Pack a préféré le rosser de la plus verte façon.

A un agent de police qui intervenait dans l'attroupement provoqué par la scène, -le joueur bônois drôlement surexcité, se prit tout d'abord à lui manquer de respect, et de surcroit lui jeter à la face, un très coléreux " Cochons de Français ! "
il eut certainement moins indisposé les témoins de l'incident s'il avait pensé ne pas limiter sa bouillante et incompréhensible colère, aux seules frontières de France.
Nous connaissons certains pays, pour qui l'injure était de mise.
En bref, des paroles aussi mal vécues qu'une partie de foot-ball perdue ne suffit pas excuser, ont été nettement entendues par des notabilités municipales locales, qui sont immédiatement intervenues pour mettre un terme à l'insupportable attitude du Tchécoslovaque, emmené à grand peine au bureau de police par M. le Commissaire en personne.
Il va sans dire qu'après intervention de l'autorité légale satisfaite, nous nous sommes fait un pressant devoir (nous en appelons au digne témoignage de M. Louis Labianca de la JBAC) de multiplier nos interventions dans le but de faire tout d'abord relaxer l'insulteur, et ne pas permettre ensuite à l'incident - d'avoir les suites - ennuyeuses qu'il pouvait comporter pour le joueur du club reçu ce jour-là. De tout cela, en quoi serions-nous répréhensibles ?

Les excès d'humeur de l'équipier déçu du résultat d'une partie, parce qu'ayant fait profession de sa virtuosité sur la balle, nous sont-ils imputables il convient aussi en toute équité, - de bien situer l'incident Pack, là où il a pris naissance, c'est à dire au cœur même de la ville (place St Augustin) et non pas sur le terrain de jeu. Cette précision n'est pas, conviendrez-vous, sans importance, (notre autorité ne pouvant seulement s'exercer sur notre stade, la responsabilité qui s'attache à nos
qualités de dirigeants, ne saurait pouvoir s'étendre en ville, et empiéter de ce fait, sur des attributions de police municipale, qui ne sont plus nôtres: Vous ne pouvez songer à réfuter une si juste conception, de la limite de nos devoirs.
Pour ce qui est de l'ASB, il nous est déjà parvenu certains échos, désavouant de courageuse façon, les affirmations énoncées pour son compte, à notre encontre.
Nous ne pouvons remercier aussi, certains représentants du club " ASBISTE ", pour de spontanés témoignages de loyauté, à savoir que nous ne devions tenir aucun compte de leur mise en cause, dans les griefs qui nous étaient si généreusement prodigués. n'est nul besoin alors de nous attarder sur le pathétique appel aux clubs Bônois, invités par votre plume à ne plus venir jouer à Guelma..

Ou ne peut inverser les rôles avec plus d'habileté. Nous vous demandons la permission d'en sourire, en songeant avec vous à l'histoire de la fable.
Et pour terminer ce modeste plaidoyer, tout. à la faveur de la vérité, vous aurez la sagesse, croyons nous, de partager nos sincères regrets, en, songeant aux conséquences, probables que risqueraient d'entrainer au préjudice de notre Capitaine Zuretti, qui se double de la respectable dualité de père de famille, les propos existants et désobligeants tenus sur son compte.
Ils ne pourront certes rien auprès de la majorité de sportifs éprouvés, mais ils pourraient par contre, ameuter contre lui, la partie malsaine de certaines galeries, toujours hostile à un capitaine de valeur, qui n'a pour
lui (a l'instar du populaire Zuretti) que l'aliénable défaut de ne pas savoir renoncer sur un terrain adverse, au gain d'une partie, autrement que par des moyens de pure sportivité.
- Merci de l'accueil réservé à ce mot nous estimons être notre devoir de dirigeants, et en vous assurant, de notre reconnaissance anticipée, Veuillez croire cher Monsieur Marodon, aux meilleurs sentiments.b Pour les membres du Comité Directoriale de la J S G :

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