Le foot en Algérie

Albert Camus écrivait :
Ce que je sais de plus sûr, sur la morale et les obligations des hommes, c'est au football que je le dois

Ce futur prix Nobel a appris à jouer comme beaucoup dans la rue.

A Guelma, je parle des années après la guerre, nous n'étions pas assez riches pour pratiquer le cyclisme, il fallait un vélo! du tennis ; les raquettes coûtaient chères et les cours rares, pour " faire " du basket des poteaux étaient nécessaires ! restait le foot.
Le foot était le sport des pauvres, on jouait avec des chaussures dites de Tennis, malodorantes et vite déchirées, ce qui nous valait d'être réprimandé sévèrement, ou les plus courageux nus pieds. Les stades étaient toujours improvisés, il suffisait de quelques mètres carrés et le miracle apparaissait. Ils pouvaient se situer devant l'usine électrique ou derrière chez Roux, sur les côtés de l'église ou au bab souk, le principal était de taper dans un balle. Le ballon trop onéreux pour nos poches était fabriqué. C'était souvent une pelote de chiffons compressée par de la ficelle de moissonneuse batteuse, ou une balle de tennis ou une simple boite de " Neffa " tabac à priser de fabrication locale. Les meilleurs, les doués, finissaient dans un club : J S G ou l'E S M G.
Dans les vestiaires ou sur le terrain il n'y avait aucune discrimination raciale entre le juif, le musulman, le catholique, il n'y avait qu'un seul Dieu : le foot.
Guelma, quelque soit l'équipe vainqueur savait fêter ses joueurs.
Un livre d'or du football algérien relate les succès des grandes équipes, on y trouve les résultats de la Jeunesse Sportive Guelmoise et de l'Etoile Sportive Franco Musulmane Guelmoise en championnat de l'Afrique du Nord.

Gilles Martinez