LA PRESSE DANS LE DEPARTEMENT

LES JOURNAUX DE "DEFENSE DES INTERETS LOCAUX"


TROIS ECHECS DANS TROIS PETITS CENTRES.

Forcioli

L'AVENIR DE LA CALLE,
LE BASTION DE FRANCE,
L'AVENIR DE MILA,
L'ECHO DE JEMMAPES

DES VILLES QUI SE DOTENT DE JOURNAUX POUR LA DEFENSE DE LEURS INTERETS.

L'AURES: LES LETTRES DE L'AURES
LE SUD
L'ECHO DU SAHARA
LE PETIT SOUK AHRAS
LE PROGRES de GUELMA
LE PETIT GUELMA
LE PROGRES DE SETIF
LE COURRIER DE SETIF
LE REVEIL DE SETIF

Eugène Vallet

DES VILLES OU LA PRESSE DE DEFENSE DES INTERETS LOCAUX EST RENFORCEE DE NOUVELLES CREATIONS

LA KABYLIE
L'OUED SAHEL
LA SEYBOUSE
LE COURRIER DE BONE
LA DEMOCRATIE ALGERIENNE

LA DEFENSE DES INTERETS LOCAUX

LE ZERAMNA
L'INDEPENDANT
LE REPUBLICAIN DE CONSTANTINE
LE PROGRES DE L'ALGERIE
LE CONSTANTINOIS

               Dans le petit port de la Calle, isolé à l'extrémité orientale de l'Algérie près de la frontière tunisienne, la presse locale fait son apparition en 1883 avec L'AVENIR DE LA CALLE. Fondé le 2 juin à l'initiative d'un imprimeur de la ville, A. Dumont, il s'agit d'un "journal d'intérêt local", hebdomadaire. Cette tentative tourne court. Dès le 50 juin, après son quatrième numéro, le journal cesse de paraître car son fondateur part s'installer à Bône où il deviendra, en 1885 et 1886 un des principaux organisateurs de la presse opportuniste (1). Il faut attendre l'année 1886 pour qu'apparaisse un journal de quelque importance, LE BASTION DE FRANCE dont le premier numéro est daté du 5 mai. Le nom de ce nouvel organe a été choisi pour "rappeler que La Calle est terre française depuis près de trois siècles" (2) ce qui rend encore plus scandaleux l'état de délaissement et d'oubli dans lequel la ville est maintenue par - les autorités d'Alger (5). C'est pour remédier à cette situation que le journal est lancé, grâce à une souscription lancée parmi les Cal-lois. LE BASTION DE FRANCE, "comme tous les journaux d'essence algérienne, prend rang dans la presse républicaine, mais sa mission n'est pas de discuter des problèmes politiques. Il est un organe d'intérêt purement local et se doit, avant tout, d'attirer Le 3 novembre le journal "LE BONOIS" désigne A. Dumont comme le fondateur des "journaux opportunistes-bertagneux" : LE PHARE DE L'EST et LA DEMOCRATIE ALGERIENNE.

              L'attention de l'administration supérieure sur les problèmes urgents qui se posent à la région. Parmi ces problèmes, LE BASTION relève trois priorités : créer des centres de colonisation, notamment à El Aioun, Roum el Souk, Ain Assel et Le Tarf ; améliorer les installations du port et construire une voie ferrée pour relier La Calle à Souk-El-Arba sur le réseau tunisien. Il s'engage donc a défendre ces projets et à tout mettre en oeuvre pour obtenir leur réalisation rapide. Le journal est placé sous la direction d'Antoine Anqeli qui en est également l'imprimeur. La rédaction en chef est confiée à un notable : Simon Gauthé, dont la famille venant d'Angoulême s'est installée à La Calle. A sa sortie de l'école, son père l'a placé chez un armateur de la ville. Ayant continué seul son instruction, il est remarqué par un courtier maritime, qui le prend à son service ; à la mort de ce monsieur, Simon Gauthé est choisi pour le remplacer et il occupe l'office de courtier maritime à La Calle jusqu'à sa mort. Sous l'impulsion de ces deux hommes, LE BASTION DE FRANCE tient une place honorable dans la presse régionale durant un peu plus de deux ans. Une série d'améliorations lui sont apportées. Il devient bihebdomadaire en juin 1887. A la même époque, il se dote d'un supplément illustré. Enfin, il agrandit son format. Fidèle a son programme initial, il consacre la plupart de ses articles à l'économie régionale, traitant tour à tour de l'implantation des villages de colonisation, de la pêche au corail, des voies ferrées, de l'exploitation des forêts de chêne-lièqe ou de la contrebande à la frontière tunisienne. En mai 1886 à l'occasion du passage à La Calle des Antoine Angéli (1859-1914), né à Bône, il poursuit une carrière de journaliste à Bône, Guelma, Philippeville, Alger et Constantine. LA DEPECHE DE CONSTANTINE, ce jour-là paraît la seule manchette de l'histoire du journal : les membres du Parlement à La Calle.

              Malgré les efforts qu'il déploie pour s'intégrer à la vie régionale et s'en faire l'écho, ce petit journal semble avoir rencontré de grandes difficultés à surmonter la concurrence des organes de la presse de Constantine. Il doit suspendre sa publication et donne comme raison la réorganisation de son imprimerie. Puis en 1889 il reparaît sur une simple demi-feuille. Cette nouvelle tentative ne rencontre pas plus de succès que la précédente. Le journal disparaît définitivement après son 52 ème numéro.
             Il faut attendre 1912 pour voir reparaître à Mila un journal local dont la vie fut d'ailleurs tout aussi éphémère que celle de 1'AVENIR de Jemmapes . Après La Calle et Mila, Jemmapes est la troisième petite ville du département où est tenté le lancement d'un organe de défense des intérêts locaux.
              L'ECHO DE JEMMAPES, tel est son nom, paraît le 13 novembre 1884. Il rejette d'emblée toute étiquette politique et se définit simplement "journal des intérêts cantonaux". Les manoeuvres politiques ne semblent pas pour autant avoir été totalement absentes de sa fondation. En effet, depuis 1883, sous la direction de H. Torterue, une feuille locale "L'AVENIR DE JEMMAPES" fait dans la région une intense propagande en faveur des thèses du parti radical. Le nouveau journal, dès son apparition, lui manifeste une vive hostilité, et arguant du fait que son adversaire est imprimé à Philippeville, lui dénie le droit de se poser en authentique défenseur des intérêts locaux. Il revendique ce rôle en assurant qu'il est le seul à pouvoir 1'assumer sincèrement car il est imprimé è Jemmapes et rédigé par des habitants du canton qui sont le mieux à même de connaître leurs intérêts et de les défendre. Le fondateur de l'ECHO DE JEMMAPES, est en effet, installé dans ce centre depuis plusieurs années. Ancien greffier-notaire, il dirige la sous-agence de la compagnie d'assurances l'"Abeille" et remplit la fonction de correspondant de la banque "Le Crédit Français". Il est également propriétaire

             L'AVENIR DE JEMMAPES, le 9 novembre annonce la prochaine apparition à Jemmapes d'un journal indépendant "LA CIGALE" dont le rédacteur en chef sera désigné ultérieurement.

Le collectif Guelmois GUELMA FRANCE : www.collectif-guelma@wanadoo.fr.
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De notre correspondant à Constantine Agence-Lec-Populaire