POEMES DEDIES A GUELMA

GUELMA FIDÈLE

La haine et le malheur défigurent ton visage
Les traits tirés, cruels et le regard amer
Un cauchemar a poussé sur la fleur d'un mirage.
Tu étais notre terre, un pays de lumière,
Un rêve, un grand amour qui n 'aurait su mourir,
Si le destin n 'avait fait de toi un cimetière
Où sur les corps sans vie tes enfants vont gémir.
T'ai-je perdu à jamais, es-tu mort pour toujours ?
Tes étés de violence ont-ils tué l'amour ?
Ma patrie, mon trésor, mon âme, ma vérité,
La vie sans toi n 'est plus qu 'un immense regret.
Algérie dans mon sang, non l'amour n 'est pas mort
Ma vie pour un seul jour, quelques instants encore.
Guelma te faire revivre, te revoir comme avant,
La musique du kiosque, les rues, les cris d'enfants...
Parce qu 'il n 'est d'autre amour que celui d'un pays,
véritable et sincère, il ne trahira pas
Pas un autre soleil que celui de Guelma
Où mon cœur se brûle d'espoirs infinis.


TON NOM

Comme une soie tendue au ciel d'un autre temps,
Comme voile gonflée au gré d'un autre vent,
Ton nom claque et s'envole m'emportant avec lui,
Comme lame acérée, il me tue et s'enfuit.
Gravées dans l'or du ciel, six lettres, et dans mon cœur,
Entre larmes et joies, entre espoir et malheur,
Ton nom m'obsède encore au creux des nuits sans lune
Quand le soleil m'ignore et que revient la brume.
GUELMA quand tu me parles, rien n 'a plus d'importance,
Le froid n 'a plus de prise sur mon corps engourdi,
Le vide de mon âme s'emplit d'une autre enfance,
Celle dont je fus privée au début de ma vie.
GUELMA, terre chérie où je n'ai pas grandi
GUELMA inachevée mais qu 'ont-ils fait de toi ?
Reviens-moi comme avant, redonne moi la foi.
GUELMA ton nom se chante au-delà de l'oubli.


MA VILLE

Un pays de lumière, une ville, un grand Amour,
Voluptueusement sous un ciel si lourd,
Un rêve qui éclate et fuit comme l'éclair,
Tu es passé trop vite mon Pays, mon mystère.
Grand Amour cette terre au désir insatiable,
Avide de tourments, de malheurs et de haines;
Je te confie mes larmes, mes regrets et mes peines,


MON ARBRE

Olivier de Port-Leucate, tu as bien grandi depuis deux ans et je suis certaine que tes racines ont poussé loin sous la Méditerranée et qu'elles ont rejoint les racines de l'arbre qui était à côté de la maison où je suis née. Qu 'est-ce que c 'était comme arbre ?
Je l'ai vu sans le reconnaître, j'étais une toute petite fille. C'était mon arbre, celui qui grandissait à côté de la maison où je suis née, dans mon pays, là-bas. Mon arbre. Où es-tu mon arbre ? Es-tu vivant au soleil brûlant de nos après-midi ? J'aurais voulu te connaître, mon arbre et grandir avec toi, dans mon pays là-bas. Quelqu 'un t'a-t-il coupé ? La foudre t 'a-t-elle fracassé ? Je ne veux pas que tu sois mort, mon arbre, j'ai besoin de savoir que quelque chose quE j 'ai connu là-bas est toujours là, vivant, à attendre, comme aux premiers jours de ma vie. Je voudrais te toucher mon arbre, te parler, ne jamais t'avoir quitté.
Qui étais-tu, un olivier, un figuier, ... ? Te souviens-tu de moi ? Mes yeux de toute petite fille te voyaient sans comprendre. Où es-tu mon arbre ? Je pense à toi souvent, là-bas, à Guelma, plus haut, plus fort qu 'avant. Mais je ne suis plus là pour te regarder. Je voudrais caresser ton écorce et rire. Mais tu es loin, mon arbre. Alors je pleure, je ris, je ne sais plus.
Nous avons planté un olivier. Qu'il devienne grand effort comme toi et que ses racines amies qui s'étirent vers les tiennes te disent que tu étais et resteras toujours mon arbre, planté là-bas, près de la maison où je suis née, mon arbre haut et fort qui frémit dans le vent chaud de Guelma.


GUELMA CE BLED DE MON ENFANCE

J'ai cette grande chance, de connaître Paris
De connaître la France, et d'autres beaux Pays
Que n'ai-je de chemins, parcourus en ce monde
Pour assouvir en vain, mon âme vagabonde

J'ai vu la tour de pisé, Grenade l'andalouse,
J'ai vu Rio, Venise , l'indolente Naplouse.
Sur des ciels embrasés, de soleil qui se meurt
Mes yeux se sont usés, à voir tant de couleurs

Et toutes ces splendeurs et tous ces beaux rivages
N'effacent en mon cœur, l'attrait de mon village
0 village inconnu, berceau de mon enfance,
Tel un amour perdu, souvent à toi je pense.

A ta place ombragée, où le kiosque à musique
Résonnait des accents de la philharmonique.
Et tes vieux bancs du square, d'initiales gravée
Où nous venions souvent, nous asseoir et rêver

Le plaisir du matin, la joie de travailler,
Passaient par le chemin, du marchand de beignets
Du haut du minaret, à l'approche du soir,
Le muezzin rappelait la prière d'espoir.

Mystérieuses beautés, au regard de velours,
Les mauresques voilées, cheminaient sans détours
Dans la rue d'Announa, d'épices parfumées,
Fleurait bon des gargotes, l'oriental fumet.

s'il en est des amours, qui jamais ne reviennent
il n'est de mot plus doux, dont mon cœur se souvienne
Ce mot que je prononce, toujours avec émoi :
Ce bled de mon enfance, c'est simplement

"GUELMA"

Jean Sebbag

Collectif des Guelmois GUELMA-FRANCE