UN BEAU VOYAGE A TRAVERS L'ALGERIE

     L'imprévu avec tout son cortège fantaisiste, hasards de la route, rencontres inopinées, surprises agréables, incidents et profits, le ou accueil parfait de l'hôtelier, riches aubaines et souvenirs, voilà ce qu'évoquent l'idée et le mot de voyage. C'est aussi e qui en fait le charme et la poésie. Aimer à voyager, c'est l'esprit curieux, c'est vouloir se pencher, se recueillir, rêver devant ce qui fut la légende et l'histoire, c'est s'attarder, e plaisir à retrouver la grâce native, les coutumes d'un peuple, l' enchantement des lieux sur lesquels, avant nous, des voyageurs se sont extasiés en beautés naturelles, parée de trésors d'art, peuplée d'indigènes qui sont tous chanteurs et poètes nés, sillonnée de voies nombreuses et bien entretenues, l'Algérie offre au touriste d'inoubliables de quoi satisfaire largement, sous des aspects multiples, son goût du pittoresque. Dès le premier contact avec ce coin méditerranéen où s'inscrivent deux civilisations, le voyageur s'étonne de pouvoir retrouver ce tumulte encore non apaisé des races s'entrechoquant avant de fusionner, ces ruines, ces décombres où sont restés gravés les visages émouvants de Rome et de l'Islam.

       Latine, l'Algérie révèle au pèlerin les desseins de la Ville éternelle; Cherchell Tipasa, Djemila Timgad, Madaure, Tebessa lui marquent les étrapes de la voie impérial. A l'image de Rome, ces cités africaines avaient reçu mission d'éblouir, de dominer et d'imposer la loi aux barbares de la campagne De là leur opulence et leur superficie, cette splendeur et cette profusion de temples de thermes , d'arcs de triomphes retrouvés, exhumés par les archéologues. Dans chaque ville d'or encore toute imprégnée de génie latin, le voyageur aura loisir de méditer. il pourra retrouver dans toute son ampleur, la ferveur de l'Islam.

PHOTO 1930

CASCADE HAMMAM-MESKOUTINE

       L'architecture et la décoration de très beaux monuments lui " rappelleront " le peuple industrieux qui avant l'arrivée des corsaires avait fourni des architectes à l'Alhambra ", aux édifices de Fès et de Séville.
A l'intérieur et hors l'enceinte de vieux remparts, le passant rencontrera les tombeaux de saints vénérés, des mosquées, des medersas, des minarets témoignant d'un art délicat, fastueux, mais, hélas ! éphémère. A Alger, les palais et les maisons mauresques des deys et des raïs renseigneront sur la vie familiale des barbaresques. Leur seuil franchi, de fines colonnes, des escaliers de marbre, des faïences polychromes, des fresques naïves filles de l'imagination orientale, des portes sculptées, de minuscules chambres, des plantes, un jet d'eau, de la fraîcheur, de l'ombre, des rais de soleil entre les branches d'un figuier, du silence, des chants d'oiseaux diront la félicité de ces riches demeures où gazouillèrent, elles aussi, les sœurs de Schéhérazade. Avant tout, ce qui fait que l'Algérie est la contrée bénie du grand tourisme, c'est qu'elle est le pays du soleil, du ciel profond et bleu, des paysages, des fêtes où la piété, l'allégresse populaire se donnent libre cours, selon des rites et des usages bien faits pour laisser au voyageur émerveillé d'inoubliables souvenirs comme la cascade d'eau chaude de .Hammam Meskoutine (le bain des damnés).
      Chréah, aux portes d'Alger, avec ses cèdres millénaires, l'Ouarsenis fermant l'horizon de la plaine du Chéliff, l'Aurès, citadelle rocheuse dressée. à l'orée du désert, le Djurdjura enfin, colosse étendu parallèlement à la mer, dont les contreforts forment au nord l'agreste, curieuse et si vivante Kabylie, sont propices à l'excursion. Des routes en lacet, traversant ou bordant des forêts aux frais ombrages, permettent d'atteindre les cols où séjourne la neige, de découvrir, accrochés à toutes les cimes, au flanc des ravins, des vergers de figuiers et d'oliviers, une infinité de menus et de gros villages plus pittoresques les uns que les autres, de gagner des plateaux d'où l'on domine tous les pays environnants, de redescendre dans des vallées verdoyantes vers lesquelles ruissellent cascades et torrents. Ailleurs, ce sont les gorges de la Chiffa, et des hordes de singes effrontés venant mendier une gourmandise, Bou Saada et ses danseuses ouled naïls, le Guergour, le Chabet el Akra. Reliant Sétif au littoral, ce passage n'a, pour la sévérité sauvage et la grandeur funèbre, de comparable que les canons ouverts, dans les Montagnes Rocheuses, par les neuves du Nouveau Mexique. Proche du défilé, c'est la route en corniche de Bougie à Djidjelli qui, comme celles de Cherchell à Mostaganem et de Bône à Stora, passe en lisière, borde à pic des golfes et des caps, des criques et des plages où vient roder la mer voluptueuse….

Ce voyage se terminera en juillet

Extrait du journal "l'Illustration" spécial centenaire de l'Algérie, envoyé par courriel J-R

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