La presse dans le département de Constantine

Dans le reste du département de Constantine, le clivage entre "radicaux antijuifs" et "opportunistes judaïsant" marque également la presse locale de chaque centre.

LES JOURNAUX QUI SUIVENT LE REPUBLICAIN DE CONSTANTINE
S'abstiennent de critiquer trop ouvertement: le Gouverneur Général Cambon, manifestent une certaine arabo-philie, s'indignent du râle joué par les juifs en Algérie mais également en France et sont farouchement anti-dieyfusardes. Lors des différentes consultations électorales, elles apportent leur soutien au Colonel Corps en 1893, au docteur A. Treille en 1897 et surtout à E. Morinaud en 1898 et 1902.

LE PROGRES DE GUELMA
est dirigé par Henri Chautard pour améliorer l'urbanisme guelmois. En 1889, l'imprimerie est mise en vente par Léon Rouyer. E. Fons achète l'imprimerie en janvier et quelques mois plus tard, en juillet, le journal devient la propriété de B. Robaglia. Ancien élève de l'Ecole centrale, celui-ci a débuté dans le journalisme en 1888 comme rédacteur au COLON de Philippeville. En désaccord avec les idées boulangistes de Finat, il quitte rapidement ce journal et, après avoir collaboré au REPUBLICAIN DE CONSTANTINE sous le pseudonyme de Tic-Toc (2) Il signe une chronique et une "lettre de Philippeville". et vient se fixer à Guelma. Sous sa direction, l'ancien journal de Rouyer prête, comme par le passé, une attention particulière aux revendications des colons, se fait volontiers l'écho de leurs doléances et appuie les efforts de la municipalité (3) B. Robaglia siège au conseil municipal de guelma.

Dans le reste du département le clivage entre "radicaux antijuifs" et "opportunistes judaïsant" marque également la presse locale de chaque centre.

Les antijuifs trouvent l'appui presque inconditionnel du PROGRES DE GUELMA, de LA KABYLIE de Bougie et du PROGRES DE SETIF. Les prises de position de ces différentes feuilles font écho celles du REPUBLICAIN et de LA SILHOUETTE, Il faut noter cependant que LE PROGRES DE GUELMA ne se rallie au mouvement antijuif qu'après le départ de B. Robaglia.

La presse s'abstient de critiquer trop ouvertement le Gouverneur Général Cambon, qui manifeste une certaine arabophilie, et qui s'indignent du rôle joué par les juifs en Algérie, mais également en France et sont farouchement anti-dreyfusardes.
Lors des différentes consultations électorales, elles apportent leur soutien au Colonel Corps en 1893, au docteur A. Treille en 1897 et surtout à E. Morinaud en 1898 et 1902.

Lorsque E. Fons contraint par la maladie, cesse toute activité et loue son journal à "une personnalité quelmoise" dont il tait le nom. Peut-être s'agit-il de J. Thirion ?. A. Cau et L. Rouyer s'étant retirés de sa rédaction à cette occasion, LE PROGRES DE GUELMA devient, pour quelques mois, une tribune des partisans de la conciliation .

Cette situation ayant provoqué le mécontentement de ses amis politiques, E. Fons reprend le contrôle du journal le 6 juillet 1898; il le met à nouveau au service de la cause antijuive, publie de nombreux articles de Morinaud et polémique avec le GUELMA-JOURNAL créé à la même époque par un israélite d'origine marocaine, Abraham El Kaim.
Ce choix politique est maintenu par Léon Zuretti, entrepreneur de travaux publics et conseiller municipal qui rachète le journal en juin 1902 et le confie à Paul Riols.
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Dans l'Ouest du département, c'est une évolution identique que suivent LA KABYLIE de Bougie et LE PROGRES DE SETIF. Tout en affirmant qu'ils continueront à accorder la priorité à la défense des intérêts locaux, ces deux journaux participent toujours plus au débat politique et répercutent dans leurs régions respectives les idées antisémites du "Grand Parti Français".

LA KABYLIE :Le journal bougiote le fait sans à-coup sous la direction de François Biziou puis de Julien Boulay qui lui succède en décembre 1899 . Tous deux sont des membres influents du parti radical au niveau local et profitent de l'audience de leur journal pour faire une carrière politique au sein du conseil municipal et du conseil général.

Si, en 1893, ils demeurent fidèles à la conciliation républicaine cautionnée par Forcioli, ils se rapprochent dès 1894 des positions "antijuives" du RÉPUBLICAIN DE CONSTANTINE. En 1897 ils combattent la candidature de Monsieur de Saint-Germain et se rallient à celle de A. Treille, conseiller général de Biskra et grand propriétaire foncier à Bel-Imour près de Bordj Bou-Arridj.
De 1898 à 1902 LA KABYLIE met toute son influence au service des ambitions de E. Morinaud.

LE PROGRÈS DE SÉTIF : La vie du journal sétifien est plus perturbée par les remous de la politique locale et sa rédaction subit à plusieurs reprises d'importantes modifications.
Dès 1893, à l'initiative d'Emile Rocca, il rompt la solidarité de la conciliation républicaine et, contre G. Thomson, apporte son soutien au colonel Corps. Après l'échec de son candidat, Emile Rocca "se décharge" du journal sur un comité de rédaction (2). Celui-ci adopte un programme présenté comme celui de l'avant-garde du parti socialiste (et engage) une lutte acharnée contre les judaïsant.

Textes envoyés depuis Constantine par courriels

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE