JOURNAUX ALGERIENS

Le journal, dont le propriétaire, rédacteur en chef et imprimeur n'est autre que l'ancien rédacteur en chef de l'ECHO DE SETIF H. Mazon, se tient en effet à l'écart de la politique. Il réclame la création d'un département à sétif (1), s'inquiète du retard apporté dans la réalisation de la voie ferrée Sétif-Bougie, traite du Crédit Foncier, de l'assurance en Algérie, de la main d'oeuvre indigène et du machinisme (2). Il est cependant victime de l'animosité des milieux opportunistes (3) : Les responsables du REVEIL DE SETIF obtiennent la mise en faillite de Mazon "pour cessation de paiement". L'ECHO DE L'OUEST cesse donc de paraitre le 13 janvier 1891. La faillite ayant été confirmée par la Cour d'Appel d'Alger le 15 avril 1891, le journal est racheté par Emile Tournier

à Philippeville

LE SKIKDA

Ce nom a été choisi pour montrer l'intérêt local du journal (6) est lancé le 19 février 1891 à Philippeville par l'imprimeur J. Keller. Il entend réunir tous les républicains et trouver pour celà un "terrain d'entente et algérien". Le docteur René Ricoux, ancien Maire de Philippeville et ancien conseiller général, serait, pour certains de ses adversaires politiques, le véritable inspirateur du journal. Ces insinuations sont démenties par l'intéressé qui se déclare - dans le ZERAMNA (7) -L'ECHO DE L'OUEST, 19 septembre 1890 : Imitons les bonois (H.Mazon).
(2) Ibid., 23 juillet 1890. La main d'oeuvre indigène et les machines agricoles.
(3) LE BONDIS, 2 juin 1891 : La loi des faillite (LE RADICAL ALGERIEN. H. Mazon).
(4) LE REVEIL DE SETIF, 14 mai 1891. La faillite Mazon.
(5) LE REVEIL DE SETIF, 24 juin 1891. Emile Tournier l'achète 3.950 francs.
(6) LE SKIKDA, 19 février 1891.
(7) LE ZERAMNA, 21 février 1891.

Entièrement étranger à la fondation du SKIKDA tout en étant d'accord avec le journal lorsqu'il appelle à l'Union des Républicains pour la défense des intérêts locaux". La nouvelle feuille ne parvient pas cependant à s'imposer face au ZERAMNA et à l'UNION REPUBLICAINE. Elle disparaît le 24 mai 1891 après son vingt-septième numéro.

L'UNION REPUBLICAINE : qui se présente comme "le journal de l'arrondissement de Philippeville" est promise à un plus bel avenir (1). Son premier numéro parait le 14 juillet 1892, à l'initiative d'un "groupe important de citoyens de la ville". Ses fondateurs sont les frères Alexandre et René Ricoux. Fils d'un courtier maritime de Philippeville, ils ont fait tous les deux de solides études au lycée d'Alger et se sont lancés dans la politique dès les dé-buts de la République. L'ainé alexandre (2) a succédé à son père dans sa charge de courtier maritime et a été maire de Philippe-ville de 1877 à 1881. René, le second, (3) après des études de médecine à Paris, a été nommé en 1869 médecin de l'hopital. Maire de Philippeville de 1884 à 1888, il est réélu en 1892 à la tête d'une liste progressiste.
L'UNION REPUBLICAINE présentée comme un journal de défense des intérêts locaux est en fait née des rivalités qui opposent au sein des milieux opportuniste philippevillois, Benoit Feuille à la famille Ricoux. Le rédacteur en chef du ZERAMNA après avoir soutenu R. Ricoux lors des élections municipales, décide de se présenter aux élections au conseil général en septembre 1892 pour remplacer Georges Lesueur qui se retire. Alexandre Ricoux (4) brigue également ce mandat et le nouveau journal soutient sa candidature.
L'UNION REPUBLICAINE, dont la rédaction en chef est confié en novembre 1892 à Antoine Angeli, ex-rédacteur à la DEMOCRATIE ALGERIENNE est donc avant tout un organe politique.
(1) Elle parait jusqu'au 2 février 1938.
(2) Alexandre Ricoux.(1841-1899) cf. L'UNION REPUBLICAINE, 6 mai 1899. (article nécrologique).
(3) René Ricoux (1843-1933) cf. l'UNION REPUBLICAINE, 12 avril 1933 (Article nécrologique).
(4) I1 est élu.

I1 vise d'autre part à éliminer progressivement le ZERAMNA; il multiplie les polémiques à son encontre (1) et semble lui avoir effectivement enlevé de nombreux lecteurs.

En 1894, des dissensions ayant éclaté entre les propriétaires et le rédacteur en chef A. Ange]..i, celui-ci se retire le 6 septembre (2) et fonde peu après son propre journal l'ECHO DE PHILIPPEVILLE qui se réclame de Gambetta et se présente comme "n'étant inféodé à aucune personnalité".

Outre les heurts entre personnalités, il semble bien que le départ d'Angeli soit du aussi è la nouvelle orientation politique que les frères Ricoux entendent donner à leur journal. Ils se rapprochent de plus en plus des radicaux (3) et manifestent des sympathies pour le mouvement antijuif (4). Ils font appel à Léon Justin Aumeran : durant six années, il va assumer la responsabilité du journal et en faire un organe entièrement dévoué è la cause antijuive. Lorsqu'il cède la place à A. Tarabella en janvier 1901, le journal poursuit la même ligne politique et soutient, pour les élections législatives de 1902, M. Rasteil "candidat du parti national antijuif et de la patrie française". Ce n'est qu'en septembre 1902 que le journal, devenu la propriété de L. Aumeran, amorce, sous l'influence de Paul Montès, un nouveau revirement politique, dénonce Maxime Rasteil et "sa politique de casseur d'assiette" et se rallie au "Bloc Républicain" de Waldeck-Rousseau contre les Nationalistes.

(1) Par exemple en juin 1893.
(2) Pour l'UNION REPUBLICAINE, il a démissionné, pour le ZERAMNA il a été limogé.
(3) En 1896. La liste René Ricoux est patronnée par l'UNION REPUBLICAINE et LE COLON. Sa défaite est attribuée par L'UNION REPUBLICAINE au vote des "naturalisés" qui se serait porté sur F. Vellard.
(4) L'UNION REPUBLICAINE 17 septembre 1902 : Notre politique (La Rédaction).

LE ZARDEZAS

La même déviation affecte LE ZARDEZAS créé en 1901 "pour prêcher la concorde et favoriser le développement de la région de Philippeville qui se meurt, victime des luttes politiques". Ce journal, dont le directeur politique serait - d'après LE ZERAMNA -, René Ricoux, maire de Philippeville (1) est placé sous la direction de F. Sotton, syndic de faillite et agent général d'assurance à Philippeville.

Son titre (2) a été choisi pour rappeler ce grand projet de développement régional qu'est le barrage des Zardezas (3) et défendre l'appel à l'entente lancé par MM. Barrot, Blanchet, Féraud, Nielli et Thomson pour sa réalisation. Mais le ZARDEZAS se laisse lui aussi entraîner sur le terrain des querelles poli-tiques. Optant pour les républicains progressistes, il se lance dans d'interminables polémiques avec les responsables de l'UNION REPUBLICAINE, Tarabella et Sauveur Pinelli. Il disparait le 8 aout 1901 après avoir publié 16 numéros seulement.

à Constantine

La disparition du PAinsi jusqu'en 1902 l'UNION REPUBLICAINE se trouve largement mêlée aux luttes politiques et les rivalités de per-sonnes qui déchirent les républicains dans la région philippevilloise, occupent plus de place dans ses colonnes que la défense des intérêts régionaux auquel elle avait promis lors de sa parution de se consacrer entièrement.
ROGRES CONSTANTINOIS le 30 juillet 1890 est suivie le 5 août de la fondation de deux organes qui se déclarent plus ou moins des succeseurs : LE REVEIL CONSTANTINOIS et LE NOUVEAU PROGRES DE L'ALGERIE.

LE NOUVEAU PROGRES DE L'ALGERIE

"journal de Constantine, organe des intérêts industriels, commerciaux et agricoles algériens" est soutenu par "un groupe de personnes notables de Constantine et du département". Il ne fera pas de politique pour se consacrer uniquement "à la défense des intérêts si nombreux et si vitaux de la véritable colonisation algérienne". Il place donc dans son titre la double devise : "Moins de politique - Du travail ! "et" le Travail vivifie - la Politique tue !". Sous la direction de Severin Schwab-Welling, il consacre une large place aux articles techniques. Il glorifie les "vrais algériens" (4), publie les (1) Battu en 1896 par F. Vellard, il est réélu en 1900.
(2) LE ZARDEZAS, 23 mai 1901 : Pourquoi ce titre ?
(3) Il ne sera finalement construit qu'à la veille de la deuxième guerre mondiale.
(4) Nom d'une rubrique signée Colonel Nicollet et consacrée à ./.

adjudications de travaux des communes et du département (1), la Bourse de Paris, les cours des céréales et des laines sur les marchés du Constantinois. Il combat "le projet Ferrand" concernant le dérasement du Coudiat et polémique à ce propos avec LE REPUBLICAIN DE CONSTANTINE en novembre 1890. Le 1 janvier 1892 il subit une transformation totale (2); il passe sous le contrôle de F. Grégoire (3) et devient l'organe du "parti républicain socialiste" dans le département (4).

LE REVEIL CONSTANTINOIS

dont le rédacteur en chef A. Marin est un vieux militant du parti radical constantinois, rejette également la "politique militante" pour se consacrer à la "défense des intérêts du département sérieusement mis en péril par les convoitises injustifiables de nos voisins de l'ouest".
Il reprend l'oeuvre de la Société Protectrice des Colons (5) interrompue en 1886.

Favorable à l'autonomie de l'Algérie, il envisage "s'il le faut le rattachement de la province de Constantine à la Tunisie" (6). Mais son attention se porte surtout sur les chemins de fer à voie étroite du département, le transsaharien et la distribution des terres de la Compagnie Genevoise aux petits colons. Le 5 novembre, ce journal, propriété de E. Mercier et F. Remès, fusionne avec LE REPUBLICAIN DE CONSTANTINE (7)../. l'oeuvre de quelques colons du Constantinois comme Dufourg (21 et 26 aout 1890) et Delorme (11 sept. 1890).

(1) Le 19 aout 1890 le journal devient "organe des entrepreneurs, constructeurs et ingénieurs du département de Constantine".
(2) Il l'annonce le 29 décembre 1891.
(3) Le COLON, Le 3 janvier 1892, publie le programme de F. Grégoire.
(4) On n'a conservé aucun numéro de cette nouvelle série. Elle ne doit pas dépasser le 2 mai, date du départ de F. Grégoire pour Alger (LE REPUBLICAIN DE CONSTANTINE, 5 mai 1892).
(5) Marin en avait été un des animateurs.
(6) LE REVEIL CONSTANTINOIS, 13 septembre 1890 : Le gouverneur. (Article dirigé contre Tirman).
(7) LE REPUBLICAIN DE CONSTANTINE, 5 novembre 1890 : Aux lecteurs et abonnés du REVEIL CONSTANTINOIS.

Texte envoyé par courrier électronique depuis Constantine source thèse Montoy

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