UNE HISTOIRE DE CLE
Adam Harishon

"…they are the grandparents who pass the Return keys to their grandchildren in the dire refugee camps before slipping into the darkness of death"

" Il y a les grands parents qui transmettent La Clé à leurs petits enfants dans les camps de réfugiés avant de glisser vers l'obscurité de la mort "

         Cette phrase, avec sa grandiloquence moyen orientale, m'a été dite par un palestinien, sur un forum, qui évoquait la transmission symbolique de cette clé d'une maison abandonnée lors de la guerre d'indépendance de 1948.
Combien d'histoires ont été forgées en 70 ans pour donner à l'exil palestinien cette tournure romantique ?
        Ces drames personnels ont évidemment eu lieu. Mais ne faut-il pas s'interroger sur la pertinence et les conséquences de cette transmission ?
Qu'apporte t-elle à la résolution du conflit israélo-arabe ?

        La construction d'un récit palestinien destiné à justifier des revendications basées sur une souffrance authentifiée par des symboles n'est ni innocente, ni anodine. Concernant une population que rien ne distinguait de ses voisins arabes, Jordaniens, Syriens, Libanais, Egyptiens, il fallait, face à un adversaire juif, à la forte originalité et une Histoire unique, créer de façon urgente une mythologie palestinienne qui n'aurait pas été partagée avec ses voisins.
       Impossible de puiser dans un folklore culinaire, musical, dans des légendes ancestrales, dans des noms de lieux (souvent issus de l'hébreu ou du latin), rien de suffisamment original dans la population de la Palestine mandataire pour faire lien entre les réfugiés. Tant sur le plan des ethnies que du langage et des coutumes, les distinctions entre les palestiniens arabes et leurs voisins sont insignifiantes, à peine, au plus, celles entre deux provinces. Géographiquement, un filet d'eau sépare Jordanie et Judée et Samarie, on passe de la Galilée au Liban sans changement de décor, Gaza est en parfaite continuité avec l'Egypte. Historiquement, la population arabe locale n'a jamais constitué un état indépendant, ni jamais revendiqué la moindre spécificité politique qui se serait arrêtée aux frontières réclamées par les Palestiniens.
Tout cela ne fait pas grand chose pour fabriquer un peuple !

       En face, le Peuple juif est riche d'une histoire millénaire sur cette Terre, de symboles associés au Temple, aux personnages, aux noms de lieux, aux batailles, à la géographie. Pas besoin d'invoquer des poètes contemporains pour chanter l'amour de cette Terre :
" Si je t'oublie Jérusalem, que ma droite se dessèche… ".
Pas besoin de support matériel pour se souvenir d'une " Terre où coule le lait et le miel ". Nous portons cela dans nos cœurs depuis plus de 2.000 ans !

Comme si inventer une légende palestinienne ne leur suffisait pas, les arabes ont cru bon de nier l'Histoire juive. A coup de bulldozers, de déclarations fracassantes, de thèses négationnistes, de révisions historiques, les liens multimillénaires des juifs avec cette Terre ont été niés, dénigrés, bafoués, détournés, ignorés, détruits.
Les monuments juifs ont été rasés, rebaptisés, interdits dans l'espoir nihiliste que ces gesticulations futiles changent quelque chose à la vérité historique.

Comme si cela ne suffisait toujours pas, des arguments racistes ont émergé. Les couleurs des yeux, des cheveux, les caractéristiques ethniques de tels ou tels juifs arrivant en Israël ont été utilisées afin de réfuter leur appartenance au Peuple juif. Peu importe qu'avec une telle analyse on avalisait par ailleurs les droits des juifs venus du monde arabe. Peu importe si de tels arguments, ridicules aux yeux de l'Histoire, étaient inutiles, personne ne soutenant que les juifs d'aujourd'hui n'avaient pas connu pendant 2.000 ans de pérégrination divers métissages, apports de convertis, évolutions diverses.
Qui pourrait penser qu'un peuple dispersé pendant 2.000 ans conserverait une identité génétique intacte?

Et qui veut croire que ce qui fait l'essence du peuple juif c'est son patrimoine génétique et non son attachement à une foi et un destin commun?
A partir de révisionnisme historique, de négationnisme, d'argument fallacieux et de destruction d'un patrimoine culturel incontestable le monde arabe a essayé de nier le lien qui existe entre Peuple juif et sa terre d'Eretz Israël.
Les foules arabes, incultes au mieux, volontiers négationnistes et adeptes des théories de la conspiration au pire, abreuvées d'un Coran qui dénigre les juifs ont sans la moindre difficulté acceptée ces " preuves " d'un colonialisme juif infondé et injuste.

Mais visiblement, cela ne suffisait pas encore. Il fallait, avec en modèle plus ou moins conscient la construction du Verus Israël des chrétiens, substituer l'Histoire juive par celle des palestiniens.
Et là on assiste à l'utilisation des fondements du sionisme récupérés à la sauce arabe comme un exil et sa contrepartie une loi du retour, on rebaptise les lieux comme le Mont du temple en " esplanade des mosquées ", on appelle Jésus de Galilée le Palestinien.

Ni ridicule, ni anachronisme n'arrêtent cette reconstruction. Toutes les comparaisons les plus saugrenues sont autorisées, jusqu'à la plus abjecte celle de l'armée d'Israël aux forces nazies.
Et comme tout cela ne suffit pas encore on va nier les divers mouvements des populations arabes de la région en faisant semblant de croire à un ancrage millénaire des arabes autochtones de Palestine ! Comme si on ne savait pas que les flux migratoires au gré des famines, des guerres ont été constants entraînant des brassages de populations attirées de tout l'empire ottoman dès que les Juifs remirent en valeur ces terres.
Mais il en fallait davantage. Une preuve matérielle du récit palestinien. Pour moi, issu d'une famille d'Algérie, je certifie que je n'ai jamais eu besoin qu'un parent me montre la clé de sa maison pour que je sache qu'à peine parti de sa Terre natale les voisins arabes s'en sont emparée. J'affirme que je n'ai jamais vu une seule de ces clés. Pourtant, le récit du départ des juifs d'Afrique du nord ne fait pas l'ombre d'une mise en question.

Afin de nous souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem, nous laissons dans nos maisons un carré de mur sans peinture. L'absence, ce vide est plus évocateur que cette clé palestinienne, il a maintenu en nous cet amour de Sion pendant 2.000 ans. Quel symbole: un vide nous rempli la tête de souvenirs historiques, pour les palestiniens un objet rempli leur tête du vide de leur Histoire!
Pourquoi donc la nécessité de ce symbole palestinien ?

Le récit de leur exil aurait-il donc quelque chance de s'oublier sans ce support matériel ?
De la fabrication de symboles à la négation de l'Histoire juive, il y a une constante: la faiblesse du récit arabe. Or cela ne peut être sans conséquence sur les solutions au problème palestinien. Que ce peuple soit une construction forgée pour rassembler le monde arabe contre Israël, n'a plus d'importance maintenant. L'existence d'une population avec une identité de 60 ans lui donne des droits. Mais ces droits n'ont aucune chance de se voir pleinement reconnaître tant que cette identité aura besoin de trouver sa légitimité dans la négation de celle du Peuple juif.

Décembre 2nd, 2012 Source : Adam's Chronicles

Communiqué par Jean-Pierre Lledo

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