LA GAZETTE ALGERIENNE

13 NOVEMBRE 1897

Nécrologie. — On annonce la mort du dompteur Pezon et celle de Zidler, créateur de l'hippodrome du Moulin-Rouge.

Obsèques. — Ce matin, ont eu lieu à Paris, les obsèques des malheureuses victimes du quadruple suicide de l'avenue Marceau. Sur tout le parcours un cortège se pressait une foule nombreuse. Le grand rabbin Lévy a récité les prières d'usage sur la tombe de la famille Dreyfus.

Chasse Présidentielle.
— M. Félix Faure a quitté, ce matin Paris, avec les grands ducs de Russie, pour se rendre à Perray, où il va chasser avec eux chez le comte Poiocki. Le président de la République couchera, ce soir, à Rambouillet, où il doit offrir, demain, une grande chasse au corps diplomatique.
Y assisteront les ambassadeurs d'Allemagne, d'Autriche, d'Angleterre et de Russie. M. Félix Faure sera de retour demain soir à Paris.

L affaire Dreyfus.
Le Matin analyse la brochure, récemment parue, de M. Bernard Lazare, sur l'affaire Dreyfus. L'auteur de la loi essaie d'établir que Dreyfus ne peut être coupable et que l'on ne doit pas attendre par conséquent de nouvelles révélations.
L'ex-capitaine n'aurait pas à en faire, aussi l'auteur n'en fait-il pas et se contente de revenir sur les arguments développés dans la précédente brochure publiée par lui. Pourquoi, en effet, dit-il, Dreyfus aurait-il trahi son pays? et Rien dans sa vie d'officier n'autorisait même l'ombre d'un soupçon. Il était marié, père de deux enfants.
L'accusation elle-même a établi que son existence était régulière. M. Bernard Lazare ajoute qu'il a suffi de l'attestation d'un maniaque de la graphologie pour jeter dans un cachot quelqu'un dont h l'honorabilité et la probité étaient inattaquables.

EXAMENS.
— Le préfet du départe département de Constantine a l'honneur de faire connaitre aux personnes intéressées que, conformément à la décision de M. le gouverneur général, les examens en vue de l’attribution -' MM de primes et diplômes pour; connaissance de l'un des trois dialectes de la langue berbère : kabyle, tamachek et mozabite auront lieu à Alger, le lundi, 13 décembre prochain, à huit heures du matin. Les candidats devront se faire inscrire, avant le 1er décembre, au 1er bureau dé ia préfecture où ie programme leur sera communiqué.

TOMBOLA DE LA PRÉVOYANTE.
-L'excellente société de secours mutuels "la Prévoyante", afin de compenser les énormes dépenses qui lui ont été occasionnées par les secours donnés aux malades, vient d'organiser une tombola. De très jolis lots lui ont été envoyés par MM. Thomson et Forcioli, députés, et par M. le préfet de Constantine. Une tournée a lieu en ce moment chez MM. les commerçants de la ville. Disons à leur louange que tous ceux auxquels on s'est adressé jusqu'ici ont donné des lots, parmi lesquels quelques-uns de grande valeur. Merci au nom de la Prévoyante et de la Mutualité aux généreux ja j donateurs. Dans quelques jours, les lots seront exposés dans les vitrines du magasin de M. Emmanuel Spitéri, sous les arcades, à l'angle du cours National et de la rue Caraman, où les personnes qui désireraient participer à cette œuvre de bienfaisance sont priés d'envoyer les lots. Prix du billet : 50 centimes.

DANS LES POSTES ET TELEGRAPHES
. — Nous apprenons avec plaisir que MM. Viguier et Ratel, employés des postes et télégraphes, viennent d'obtenir sur place un avancement de grade avec rappel au 1er mai. Nous leur adressons nos sincères félicitations.

MATINÉE DANSANTE
Dimanche, à deux heures, la Société Philharmonique donnera, dans son vaste local de la place Alexis-Lambert, sa deuxième matinée dansante de la saison. La gaieté de bon aloi qui règne dans ces réunions de famille assure le succès constant, aussi sommes-nous certains qu'il y aura foule dimanche au rendez-vous donné me par la vaillante société.

CHEMIN DE FER BONE-GUELMA.—
La Compagnie Bône-Guelma a l'honneur d'informer le public qu'elle a consenti, soit pour parer aux circonstances défavorable des blés de la récolte de 1897, une réduction de 10 % pendant la période du 1er octobre 1897 au 1er juin 1898, sur les prix des tarifs généraux et spéciaux aux transports des céréales et farines effectuant sur son réseau un parcours d'au moins 100 kilomètres ou payant sur le prix de 100 kilomètres. Ces dispositions seront mises en vigueur à partir de ce jour sur toutes les lignes du réseau de la Compagnie. Les expéditions de céréales et de farine effectuées depuis le 1er octobre 1897 jusqu'à ce jour, seront détaxées du, seront détaxées du montant de la dite réduction et le remboursement en sera fait d’office aux ayant droit

LES ENFANTS DE BONE.
— Voici le programme des morceaux qui seront exécutés demain dimanche, 14 courant, de quatre heures à cinq de l’après midi sur le kiosque ;
L'Italienne à Alger, ouverture de Rossini ; Maritana,fantaisie de Walace ; Les Huguenots, fantaisie, de Meyer, Les Mousquetaires au Couvent, de Varney. Le Chef de Musique, LETELLIER

DE LA FIN DES CLASSES.
— À l'école primaire: Un inspecteur bon enfant passe dans la classe et interroge les élèves un peu de bric et de broc.
—- Voyons, mon jeune ami, demande t-il à l'un d'eux, quand dit-on d'un homme qu'il est austère?
— Dame ! c'est quand il a l'air d'être en bois !

PROCES DE PRESSE.
Jeudi, a été plaidée devant le tribunal correctionnel de Bône, une action de diffamation intentée par notre sympathique ami, le Dr Petrolacci, au gérant du Réveil Bônois. Ce dernier s’est vu condamner à six jours de prison, 200 fr. de dommages intérêts et une insertion, Chambron, imprimeur, a été pris comme civilement responsable

LE TEMPS.
- Se douterait-on, en France, qu'il fait ici un temps superbe. En effet, c'est à peine si la pluie s'est montrée trois ou quatre fois et bien légèrement. Le beau temps persiste et nous permet encore de porter le léger chapeau en paille ; on aperçoit même encore des pantalons de coutil. Aussi les bourgeois jubilent; quant aux colons, ils implorent le grand Saint Médard qui a oublié, cette année, d'ouvrir les robinets.

MOUVEMENT JUDICIAIRE ALGÉRIEN.
— Les nominations suivantes parmi les juges algériens ont paru à l'Officiel : M. Junilhon, président du tribunal de Batna, est nommé en cette même qualité à Bougie. M. Hyvert, juge à Bône est nommé président du tribunal de Batna. M. Mercier, juge à Tlemcen, est nommé en la même qualité à Bône, M. Barrion, président à Bougie, est nommé juge à Tlemcen. Tout en regrettant le départ de Bône, de M Hyvert, nous lui adressons nos sincères félicitations au sujet de cet avancement bien mérité

LES FAUX BILLETS DE BANQUE ALGERIEN
Voici comment on peut reconnaître les faux billets de banque : Le papier est relativement lin, sonore au v froissement. Le poids des billets est rigoureusement fixé et maintenu dans la fabrication par un examen minutieux à l'usine et à la Banque. La tolérance accordée est de 16 centigrammes en dessous et de 15 centigrammes en dessus pour les billets de 1,000 francs et de 500 francs et de 5 centigrammes au-dessous et de 10 grammes au-dessus pour les billets de 100 francs

THÉÂTRE MUNICIPAL DE BONE.
— Le Jour et la Nuit. —
Jeudi soir, la Direction nous donnait cet opéra-bouffe, de Vanloo et Leterrier, musique de Lecoq. Cette pièce comique a été jouée avec beaucoup d'entrain et de brio par tous les artistes. Nous citerons Mme Bellina {créole Manola), M. Laporte (baron), M, le Dorsay (Béatrix), M. Laeam (Miguel), M. de La Mercie (Calabasas),— ce dernier a été absolument désopilant dans ses réparties spirituelles. A cette soirée charmante, assistait fort peu de monde. Les dilettantes sont pourtant assez nombreux à Bône, et il nous semble que si l'on encourageait un peu la troupe, cette dernière ferait tous ses efforts pour contenter de plus en plus le public.
Nous pourrions même arriver à avoir une matinée tous les dimanches,' ce qui ne serait pas à dédaigner, étant donné les distractions fort peu nombreuses que l'on trouve à Bône. Allons, messieurs les Amateurs, un bon mouvement : portons-nous en foule au théâtre ce soir, et montrons par là qu'à Bône on ne fait pas fi des arts que litté Paris, 12 novembre 1S97. Nécrologie. — On annonce la mort du C< dompteur Pezon el celle de Zidler, créateur de l'hippodrome du Moulin-Rouge. ,? Obsèques. — Ce malin, ont eu lieu à Pa- mei ris, les obsèques des malheureuses A'ictimes con du quadruple suicide de l'avenue Marceau. Sur tout le parcours dn corlège se pressait r une foule nombreuse. Le , . grand rabbin Lévy a récité les prières d'usage sur la tombe de la famille Dreyfus. de Chasse Présidentielle. — M. Félix f Faurea quitté, cemalin Paris, avec les grands ,. ducs de Russie, pour se rendre à Perray, où ' il va chasser avec eux chez le comte Poiocki. Le président delà République couchera, ce * soir, à Rambouillet,où il doit offrir, demain, avî une grande chasse au corps diplomatique. ia Y assisteront les ambassadeurs d'AHema- coi gne, d'Autriche,d'Angleterre et de Russie. M. Félix Faure sera de retour demainsoir i à Paris. c>( L affaire Dreyfus. — Le Malin analyse ve, la brochure, récemmentparue,de M. Bernard ,, Lazare, sur l'affaire Drevfus. L'auteur *-' .loi essaie d'établir que Dreyfus ne peut être coupable et que l'on ne doit pas al- vlC tendre par conséquent de nouvelles révéla- Pr lions. L'ex-copilaine n'aurait pas à en faire, aussi l'auteur n'en fait-il pas. I! se contente le de revenirsur lesarguments développés dans la précédente brochure publiée par lui. m Pourquoi, en effet, dit-il, Dreyfus aurait-il ie trahi son pays? et Rien dans sa vie d'officier n'autorisait mê- me l'ombre d'un soupçon. Il n'était pas herp sogneux; au contraire, il élail riche. Il était marié, père de deux enfants. L'accusation elle-même a établi que son existence était régulière. ™ M. Bernard Lazare ajoute qu'il a suffi de l'attestation d'un maniaque de la graphologie pour jeter dans un cachot quelqu'un dont h l'honorabilité et la probité étaient inattaquables.

Site internet GUELMA-FRANCE