ACTION DE LA CROIX ROUGE FRANCAISE EN ALGERIE

Soit en qualité de mandataire du Président de la Croix-Rouge Française auprès de la haute administration et des grands chefs militaires, soit dans l'exercice normal des attributions qui lui sont dévolues directement pour l’accomplissement de la mission qui lui incombe, la Délégation générale s'est efforcée de défendre au maximum, avec l'appui des pouvoirs publics et des hautes autorités militaires, les intérêts matériels et moraux de notre grande Association.

Dans le domaine de l'Assistance, secondée par l'intendance qui lui facilita les achats de vêtements, de vivres et de denrées ainsi que leur transport, et grâce el des concours de militantes bénévoles dévouées, la Délégation générale s'est trouvée en mesure d'aider efficacement tant les Comités Croix-Rouge, que les œuvres sociales civiles et militaires.

C'est ainsi notamment que depuis l'ouverture des opérations de pacification (1954 à 1957) : — 84 tonnes de couvertures, de vêtements et vivres comportant 1 234 balles s'élevant au total à la somme de 36183 499 francs ont été expédiées aux Comités locaux de l'Algérie et du Sahara; — que des couvertures, vêtements, sous-vêtements et colis alimentaires pour un montant de 21 956 596 francs ont été remis aux œuvres sociales civiles d'assistance; — que 109594 colis représentant 48561217 francs ont été remis à l'armée et 113 365 sachets de vivres et friandises distribués aux jeunes soldats à l'arrivée de 95 bateaux dans le port d'Alger.

En outre, depuis septembre 1956, la Délégation générale a reçu de la C. 1. M. A. D. E. 180 tonnes de lait en poudre, 70 tonnes de fromage, 45 tonnes de farine de froment, 10 tonnes de sucre et 2 tonnes et demie de viande de conserve. Ces vivres ont été distribués dans toute l'Algérie et le Sahara aux populations miséreuses, soit dans les Œuvres et Comités de la Croix-Rouge, soit dans les douars et les mechtas, ce qui a permis d'amélioreropportunément, la situation matérielle de la population.

Enfin, les demandes de renseignements formulées par les familles sont suivies activement et font l'objet de recherches minutieuses auprès des autorités administratives, civiles et militaires. 72 dossiers en 1955, 137 en 1956 et 170 en 1957 avaient été établis. Depuis les cinq derniers mois, le nombre des dossiers constitués s'élève ii 130, il est appelé il s'accroître sensiblement, les Conseils départementaux et Comités locaux métropolitains, faisant maintenant davantage appel directement à notre concours, pour être renseignés sur le sort des mobilisés

Conseil départemental de la Croix-Rouge d'Alger, autour duquel se groupent les vingt-deux Comités du département, a, depuis le 1" novembre 1954, une mission des plus belles à remplir : « mettre la charité où règne la souffrance ». Les présidentes du département et leurs collaboratrices, avec l'esprit de dévouement qui les anime, se sont penchées sur la misère humaine physique ou morale, continuant l'œuvre de bonté commencée depuis longtemps. Il est évident que tous les Comités du département n'ont pas la même importance : certains, créés depuis de très nombreuses années et dans des régions particulièrement favorisées au point de vue climat et peuplement, ont plus d'activités que ceux des centres éloignés de la capitale qui œuvrent dans des régions plus âpres, « les Hauts Plateaux » ou les régions présahariennes par exemple.

Malgré les difficultés de l'heure, dans ces diverses régions, le Conseil départemental a pu reconstituer le Comité de Cherchell et créer les Comités de Bogliari, Bouira, Tenès et Téniet-el Haâd. Cinquante-trois correspondants locaux furent désignés. En dehors de son rôle primordial d'aide à l'armée, la Croix-Rouge du département d'Alger assume avec une persévérance admirable la mission d'assistance à la population qui est un des buts primordial de notre Société. Bien avant la date tragique de 1954 qui devait, déchaîner sur ce beau département des jours de deuils et de tristesse, le Comité d'Alger avait une École d'infirmières et d'assistantes sociales dont la réputation dépassait les limites du département : 287 élèves ont suivi ses cours durant ces trois dernières années, 74 diplômes ont été attribués, dont 4 à des infirmières jouté depuis 1951 les cours de secourisme, 503 diplômes ont été accordés en trois ans, ainsi que 452 diplômes de brancardiers secouristes d'Etat et 253 de sauveteurs, spécialistes d'Etat. Les Comités de l'intérieur se sont efforcés, à leur tour, de créer ces enseignements : la vulgarisation du secourisme pouvant rendre, même localement, d'éminents services dans les centres les plus reculés; c'es ainsi qu'il y eut, en trois ans, 239 diplômes attribués à Affreville, Orléansville, Tenès, Boghari, Cherchell, ElAffroun, Dellys, Tizi-Ouzou.

En 1957, Orléansville et Tizi-Ouzou ont pu créer les cours « d'auxiliaires sanitaires » et avoir 22 diplômées. L'attention du Conseil départemental s'est portée aussi sur les secours d'urgence, les secours immédiats et la transfusion sanguine, mettant en place les équipes d'urgence, faisant attribuer par le conseil général d'Alger des subventions réservées aux secours immédiats, incitant les Comités à apporter leur concours à la « transfusion sanguine » lors des collectes de sang. Les Comités d'Affreville, Cherchell, Boufarik, Orléansville ont prospecté la population, donnant eux-mêmes l'exemple et apportant à chaque « donneur de sang » le réconfort nécessaire après une prise de sang. Un programme de stage d'infirmières piqueuses et groupeuses est envisagé pour les futures diplômées d'Etat. Eu étudiant la vie et les œuvres de chaque Comité, il est plausible de voir d'abord l'effort du Comité d'Alger dans ses différentes activités. Le dispensaire polyvalent du boulevard de Verdun a donné 545 887 soins à des familles musulmanes du quartier de la Casbah et de celui de Fontaine-Fraîche; le service médicosocial du même établissement a pratiqué 1 610 soins, 1 487 accouchements et pris 1 793 familles en charge pour soins toujours dans la Casbah, tandis que le service social a effectué 2 357 visites, 4 737 démarches, rendu 10 203 services divers et reçu 3 752 personnes à sa permanence.

L'hôpital neuro-chirurgical Barbier-Hugo a, en trois ans, totalisé 4 421 entrées et 75 614 journées d'hospitalisation, dont 20 504 journées de militaires relevant de sa spécialisation et un grand nombre de victimes du terrorisme. Le refuge maternel, œuvre humanitaire si belle, a hébergé dans ce même temps 1 927 filles-mères et 1 721 bébés. Le camion sanitaire, visitant les « bidons-villes » de la périphérie d'Alger, donnant des consultations générales, des consultations prénatales, étendant son action sociale par des hospitalisations, dès placements, des distributions de secours, vêtements et vivres, a dans la seule année 1957 reçu, soigné et secouru 19 714 personnes.

Le service social, s'occupant des civils malheureux et des victimes du terrorisme, a effectué 3 061 démarches, enquêtes, visites et distribué 1 611 secours. Les secours d'urgence, entrés en action lors des inondations de la région algéroise, ont secouru 450 personnes, distribué 200 couvertures, vêtements et layettes; ce service s'occupe aussi des victimes

DIAR-EL-ASKRI.
L'aide aux anciens combattants musulmans, par l'intermédiaire des Diar el-Askri, est en pleine activité partout où se trouvent des Comités des « Amitiés africaines ».

Les Comités d'Alger, Blida, Tizi-Ouzou reçoivent les anciens combattants et leurs familles et les soignent dans leurs dispensaires : Alger à celui du boulevard de Verdun, Blida et Tizi-Ouzou dans ceux installés dans les bâtiments des Diar-el-Askri.

Le service social auprès des anciens combattants fonctionne dans tous les Comités : Alger a pratiqué depuis le 1er novembre 1954, 4 006 permanences, 1861 enquêtes, visites et démarches, 7 766 personnes ont été secourues. Tizi-Oouzou a fait 1 402 visites et réglé des fournitures de médicaments; Blida a fait 943 visites et donné 1 005 soins.

Les autres Comités n'ayant pas de dispensaires, reçoivent les malades et les dirigent vers les hôpitaux régionaux, les centres de santé, et règlent les frais de pharmacie, tous distribuent des vivres, des vêtements et des secours divers les dépenses pour les Diar-el-Aslui de l'intérieur du département se sont élevées en 1955 à 729 847 francs, en 1956 à 1236 287 francs, en 1957 à 1483 710 francs; soit un total de : 3 449 844 ftes dans les hôpitaux s'est ajouté pour les Comités d'Alger et de Maison-Carrée le ravitaillement en cigarettes, lait, jus de fruits, biscuits, bonbons, etc...; des avions sanitaires : le foyer de l'hôpital Maillot, chargé de ce service, a visité 128 avions, évacuant 2 284 blessés ou malades représentant une dépense de 355 424 francs. Le Comité de Maison-Carrée a apporté jusqu'au champ d'aviation des fruits, sandwichs, gâteries diverses à 63 avions emmenant 1 302 soldats et dépensé pour cela 125 000 francs. Les vingt-deux Comités du département d'Alger se sont tous occupés du moral des soldats, tout d'abord en créant des foyers comme à Médéa, Rouïba, Palestro, Bouira, Affreville, Aumale, Aïn-Bessem, Ténès.

Tous n'ont pu continuer leur action bienfaisante et furent remplacés par des foyers militaires; certains continuent cependant, et le Comité d'Alger a créé une Maison du soldat où les jeunes trouvent des repas à des prix modiques ainsi qu'une salle de jeux, télévision, etc...

Cent repas sont servis en moyenne par jour et pour les fêtes de Noël 995 repas gratuits ont été offerts dans une ambiance familiale. A l'intérieur du département, les soldats sont accueillis dans les familles;B

Aïn-Bessem a reçu plus de 10 000 garçons chaque année; pour les jours de fête les foyers de tous leur sont ouverts et les menus des cantonnements améliorés; des colis sont envoyés aux unités en action; des jeux, appareils de T. S. F., livres distribués à tous. L'aide de toute nature apportée à l'armée s'élève à 16 317 862 francs. Depuis peu les Comités, en collaboration avec les officiers des S. A. S., s'occupent des populations repliées vers les centres organisés par l'armée. Nous n'avons pu entrer par ces quelques lignes dans le détail de l'organisation de chaque Comité, il faut cependant souligner qu'un effort énorme est fait par tous les Comités, particulièrement en faveur de la population franco-musulmane qui représente 98 p. 100 des secourus : tous nos Comités n'ont qu'une préoccupation, faire chaque jour davantage.

L'organisation faite pour eux par le Conseil départemental dès 1955, en leur donnant, dans le département d'Alger, des secteurs bien définis; la progression constante du nombre des Comités accomplie en 1955-1956 leur ont permis de suivre maternellement les soldats partout où ils se trouvaient et de secourir avec un dévouement inlassable les populations civiles musulmanes. Y. MEYNIER, Présidente du Conseil départemental.

La Croix-Rouge dans l'Est algérien, cet immense territoire dont la superficie représente environ le cinquième de celle de la France, n'est pas différente de la CroixRouge de la métropole; partout le même esprit, les mêmes réalisations, malgré les événements si pénibles des dernières années, événements qui ont tout spécialement affecté Constantine, Bône, Batna, Bougie, Tébessa et autres cités de l'Est algérien.
Dans toute la mesure du possible, la C. R. F. n'a rien changé à ses activités, bien que celles-ci soient rendues souvent non seulement difficiles, mais même dangereuses. Il n'est plus possible de circuler hors des centres sans la protection de l'armée. Certaines villes sont entourées d'un réseau de barbelés. Les nécessaires regroupements de population ont été effectués dans des régions où la Croix-Rouge ne peut se rendre : Aurès, massif du Bougaronni par exemple.

Malgré tout cela la C. R. F. agit. Grâce à une étroite collaboration avec les autorités civiles et militaires, des distributions de vivres et de vêtements ont été faites, trop faibles, hélas! en raison des besoins immenses. Il y a encore deux ans, l'Est algérien ne représentait qu'un département, celui de Constantine, avec cinq sous-préfectures; puis quatre départements ont été créés dans lesquels fonctionnent quinze Comités, ceux de Batna, Biskra, Bône, Bordj-Bou-Arreridj, Bougie, Constantine, Djidjelli, Guelma, Khenchela, Oued-Amizour, Philippeville, Sétif, Sidi-Aïch, SouskAhras, Tébessa.

Peut-être trouvera-t-on ce nombre insuffisant eu égard à l'étendue du pays. Mais si le département de Constantine avait la plus grande superficie et possédait le plus grand nombre d'habitants musulmans, il était aussi le plus pauvre et le moins habité par les Européens. Or, pour créer un Comité il faut que celui-ci soit viable et trouve l'aide effective pour l'accomplissement des tâches Croix-Rouge.

Il ne s'agit pas de mettre des noms sur une liste, mais de trouver des bonnes volontés agissantes. Il n'est pas possible de donner ici un compte rendu détaillé pour chacun des quinze Comités, car les mêmes activités se répètent un peu partout; ce qu'il faut bien savoir et souligner, c'est, qu'il s'agisse de Bône, de Constantine, de Tébessa ou de tout autre Comité, la Croix-Rouge française est partout sur la brèche. Nous nous contentons donc de donner quelques extraits des rapports reçus de ces Comités.

BORDJ-BOU-ARRERIDJ. Le Comité a contribué à nourrir une trentaine de nourrissons musulmans dont la croissance et la santé ont été spécialement suivies et qui ont reçu mensuellement de dix à quinze boîtes de lait sucré. Un médecin de la C. R. F. examine ces bébés, les visites et les médicaments ont été réglés par la caisse du Comité. En outre, ont été distribués 500 kilogrammes environ de farine et 200 kilogrammes de lait sec en poudre aux vieillards et aux enfants musulmans nécessiteux, ainsi que du tissu pour la confection d'une cinquantaine de gandouras de femmes. Le Comité a également donné 45 000 francs pour participer à la confection des trousseaux d'écoliers indigents partant en colonies de vacances. A l'occasion des fêtes de fin d'année, une distribution de jouets a été faite aux habitués du dispensaire C. R. F., tandis que des dons en espèces étaient faits à des familles européennes dans le besoin. Une somme de 337 700 francs a été dépensée pour les activités du Diar el askri

La Croix-Rouge dans l'Est algérien, cet immense territoire dont la superficie représente environ le cinquième de celle de la France, n'est pas différente de la Croix Rouge de la métropole; partout le même esprit, les mêmes réalisations, malgré les événements si pénibles des dernières années, événements qui ont tout spécialement affecté Constantine, Bône, Batna, Bougie, Tébessa et autres cités de l'Est algérien.

Dans toute la mesure du possible, la C. R. F. n'a rien changé à ses activités, bien que celles-ci soient rendues souvent non seulement difficiles, mais même dangereuses.

Il n'est plus possible de circuler hors des centres sans la protection de l'armée. Certaines villes sont entourées d'un réseau de barbelés. Les nécessaires regroupements de population ont été effectués dans des régions où la Croix-Rouge ne peut se rendre : Aurès, massif du Bougaronni par exemple. Malgré tout cela la C. R. F. agit. Grâce à une étroite collaboration avec les autorités civiles et militaires, des distributions de vivres et de vêtements ont été faites, trop faibles, hélas! en raison des besoins immenses.
Il y a encore deux ans, l'Est algérien ne représentait qu'un département, celui de Constantine, avec cinq sous-préfectures; puis quatre départements ont été créés dans lesquels fonctionnent quinze Comités, ceux de Batna, Biskra, Bône, Bordj-Bou-Arreridj, Bougie, Constantine, Djidjelli, Guelma, Khenchela, Oued-Amizour, Philippeville, Sétif, Sidi-Aïch, SouskAhras, Tébessa. Peut-être trouvera-t-on ce nombre insuffisant eu égard à l'étendue du pays.

Mais si le département de Constantine avait la plus grande superficie et possédait le plus grand nombre d'habitants musulmans, il était aussi le plus pauvre et le moins habité par les Européens. Or, pour créer un Comité il faut que celui-ci soit viable et trouve l'aide effective pour l'accomplissement des tâches Croix-Rouge. Il ne s'agit pas de mettre des noms sur une liste, mais de trouver des bonnes volontés agissantes. Il n'est pas possible de donner ici un compte rendu détaillé pour chacun des quinze Comités, car les mêmes activités se répètent un peu partout; ce qu'il faut bien savoir et souligner, c'est, qu'il s'agisse de Bône, de Constantine, de Tébessa ou de tout autre Comité, la Croix-Rouge française est partout sur la brèche. Nous nous contentons donc de donner quelques extraits des rapports reçus de ces Comités.

BORDJ-BOU-ARRERIDJ. Le Comité a contribué à nourrir une trentaine de nourrissons musulmans dont la croissance et la santé ont été spécialement suivies et qui ont reçu mensuellement de dix à quinze boîtes de lait sucré. Un médecin de la C. R. F. examine ces bébés, les visites et les médicaments ont été réglés par la caisse du Comité. En outre, ont été distribués 500 kilogrammes environ de farine et 200 kilogrammes de lait sec en poudre aux vieillards et aux enfants musulmans nécessiteux, ainsi que du tissu pour la confection d'une cinquantaine de gandouras de femmes.
Le Comité a également donné 45 000 francs pour participer à la confection des trousseaux d'écoliers indigents partant en colonies de vacances. A l'occasion des fêtes de fin d'année, une distribution de jouets a été faite aux habitués du dispensaire C. R. F., tandis que des dons en espè- ces étaient faits à des familles européennes dans le besoin. Une somme de 337 700 francs a été dépensée pour les activités du Diar el-Askri : principalement en médicaments, la grippe asiatique ayant causé une recrudescence de malades

Cet automne, des radiographies ont été également faites pour des tuberculeux et des secours variant de 2 000 à 5 000 francs ont été accordés à une quinzaine d'anciens combattants musulmans nécessiteux.
En 1957, un effort spécial a été fait pour la distribution de colis, de vivres et de vêtements aux militaires et aux populations musulmanes éprouvées par les actions terroristes et les inondations : 4 000 paquets de cigarettes et six appareils de radio ont été distribués aux militaires. A l'occasion de la Noël, 120 colis ont été confectionnés par la C. R, F. et adressés personnellement à des militaires déshérités (orphelins, enfants de l'Assistance publique, soutiens de famille...) dont la liste avait été communiquée par l'autorité militaire, ces envois représentant au total une dépense de 130 000 francs et ont été réglés avec les propres disponibilités du Comité.

La C. R. F. a également contribué activement à la collecte des fonds, entreprise en faveur du Noël du soldat : 776 000 francs ont été ainsi recueillis dans l'ensemble du territoire et reversés au colonel commandant le secteur du Hodna pour une répartition équitable aux différentes unités.

Après les massacres de Melouza, la C. R. F. a secouru les populations repliées de ce centre en leur fournissant : 200 couvertures, 2 sacs de friperie, 10 layettes, 5 caisses de lait Nestlé, 2 caisses de savon et 50 kilogrammes de lait en poudre.

Après les récentes inondations, des secours ont été apportés à la population musulmane de la commune des Ouled-Tair, très éprouvée, en fournissant des vêtements et une centaine de mètres de veloutine pour confectionner des robes aux femmes et aux enfants. Un concours substantiel a été accordé au Comité de Bordj-Bou-Arreridj en 1957 par le Conseil départemental de la Croix-Rouge de Vaucluse qui le parraine, cette aide a été donnée sous forme de 300 000 francs en espèces ainsi que des vêtements et des jouets.

DJIDJELLI. Le Comité de Djidjelli répond sans défaillance aux appels qui lui sont faits; son but le plus récent a été de chercher à améliorer le confort des blessés et des malades dans les hôpitaux. Les dames du Comité préposées à ce service ont, à l'occasion, assuré le lavage et le raccommodage du linge des hospitalisés. Une infirmière diplômée, membre du Comité, est presque quotidiennement à l'antenne chirurgicale, il lui arrive d'aider ou de remplacer les infirmières lorsqu'elles sont surmenées et d'assurer les veilles des malades graves. C'est elle qui s'occupe le plus souvent du triste devoir de la morgue. Une délégation du Comité assiste aux enterrements des militaires. Le service des colis a assuré l'envoi de 30 colis pour les victimes des inondations, pour une valeur de 30 000 francs.
Pour Noël, 102 colis ont été expédiés, d'une valeur de 1 000 francs l'un.
Un paquet fut également offert à chaque soldat de l'hôpital au cours d'un goûter servi le jour de Noël. La population sollicitée par la Croix-Rouge reçoit des militaires à des repas familiaux. Dans cette organisation, c'est la Croix-Rouge qui se charge du rôle d'intermédiaire entre les autorités militaires et les familles.

Des articles de layette et du lait ont été donnés pour le camp de regroupement d'El-Achouat. Le Comité s'est chargé également de la distribution à la population musulmane, du lait sec, du fromage et de farines donnés par le Comité départemental de la C. R. F.

Le Comité de Djidjelli voudrait pouvoir faire mieux, car la détresse de la population va grandissant par suite du chômage, la crise du liège frappant tout particulièrement cette région, tant parmi les ouvriers que parmi les dockers, le mauvais temps a privé les pêcheurs, autre groupe de travailleurs, de nombreuses journées de travail; mais il lui faudrait pour cela des ressources supplémentaires; or, étant donné la situation actuelle dans la région, les rentrées exceptionnelles provenant des fêtes ou des manifestations diverses sont impossibles, il faut donc que le Comité compte uniquement, pour subvenir à ses besoins, sur les dons du Conseil départemental ou encore sur l'aide des Comités parrains de France.

SOUK-AHRAS. Le Comité de Souk-Ahras n'a pas eu à créer d'œuvres nouvelles pour faire face aux douloureux événements, il n'a eu qu'à continuer celles qui existent déjà : La Goutte de lait : distribue quotidiennement des biberons de lait frais stérilisé et chaque semaine des produits de régime (228 nourrissons sont alimentés gratuitement). Une consultation et une pesée hebdomadaire sont organisées. L'Œuvre des layettes distribue gratuitement aux bébés indigents. 200 layettes par an, faites par des dames bénévoles, réunies en ouvroir.
Au dispensaire, une consultation de médecine infantile avec un médecin bénévole, assure des soins aux indigents, en liaison avec l'A. M. G. municipale (47 844 soins divers, 10 975 piqûres en un an). L'ouvroir pour fillettes musulmanes reçoit 36 fillettes de 7 à 15 ans, qui apprennent la couture, la broderie, le tricot, des éléments d'hygiène et de culture générale (lecture, écriture, calcul). Le jardin d'enfants est ouvert à 20 petites Musulmanes de 3 à 7 ans, qui sont préparées pour l'entrée à l'École communale.
Toutes ces œuvres furent fondées en 1932 et ont succédé aux distributions et séances de soins commencées pendant la guerre de 1914. L'aide aux soldats est accomplie avec enthousiasme et consiste surtout en des envois de colis aux soldats sans famille, pour toutes les grandes fêtes (600 colis par an). Vingt à cinquante soldats sans famille ont pu spécialement être pris en charge et recevoir un colis chaque mois. Les blessés sont régulièrement visités dans les hôpitaux par la Croix-Rouge qui leur distribue des cadeaux et des douceurs.
Enfin, une bibliothèque a été créée par le Comité, dans chaque hôpital, ainsi qu'un foyer militaire dans lequel le maté- riel de la salle de lecture et de correspondance est fourni gratuitement par la Croix-Rouge française.

PHILIPPEVILLE. Depuis le mois de juin 1955, qui a marqué le commencement de troubles dans la région de Philippeville, la principale activité du Comité a été l'aide matérielle et morale aux soldats. Les troubles s'étaient étendus dans cette région dès le début de 1955, mais c'est le 17 juin que des événements très graves se sont produits.
En août des attentats à la bombe ont causé des victimes. Les forces de l'ordre ont été éprouvées. Les blessés ont afflué à l'hôpital. Sans retard, la C. R. F. a mis à la disposition du directeur de l'hôpital régional, la vice-présidente du Comité et des dames membres du Comité qui ont assuré journellement, sans relâche, du 20 août au 22 septembre, le Service qui leur avait été confié. Leur dévouement et leur compétence ont été particulièrement appréciés par les autorités civiles. Pendant cette période de trouble du 1er janvier 1955 au 31 décembre 1957, la C. R. F. a effectué de nombreuses visites dans les salles militaires de l'hôpital régional et de l'infirmerie militaire et a apporté ainsi aux blessés et aux malades, non seulement un réconfort moral, mais aussi des adoucissements et des distractions par des distributions de tabac, friandises, gâteaux, dattes, vin mousseux et publications diverses.

D'accord avec l'autorité militaire et sur ses indications, la C. R. F. a distribué aux garnisons des cinq postes installés aux environs immédiats de la ville : 796 colis. Des secours en espèces et en nature ont été distribués à des soldats musulmans nécessiteux et à leurs familles. Tout de suite après les massacres du 20 août, la C. R. F. a secouru les victimes des attentats, en leur distribuant des vêtements, des layettes et des tissus.
Des secours en espèces et des remises de lait condensé ont complété ces distributions.

Inondations.— Dans la nuit du 6 au 7 octobre 1956, une trombe d'eau s'est abattue sur la ville, causant la ruine de modestes foyers. Au soir du vendredi 22 novembre 1957, des pluies diluviennes ont causé des désastres sans précédent dans la ville et dans les environs. On a relevé de très graves dégâts et on a eu à pleurer de nombreux morts tant civils que militaires.

Des centres d'hébergement ont été créés, le Comité y a assuré sa participation en fournissant du personnel. Pour l'aide à la population sous-alimentée, la Croix-Rouge a distribué des bons d'alimentation à 35 familles musulmanes, groupant 80 enfants. La dépense s'est élevée à 104 375 francs, dont 100 000 francs ont été couverts par un don exceptionnel de la Caisse d'épargne et de prévoyance de Valenciennes, complétant ainsi* les dons importants faits par les Comités de Valenciennes, Denain et Saint Amand.

Les attentats et les destructions continuent encore dans cette région; de plus, des inondations causées par des trombes d'eau accompagnées de rafales de vent, se sont encore abattues sur la ville et la campagne environnante, les 12, 17 et 18 janvier 1958. De nombreux désastres ont été ainsi causés et les populations ont été particulièrement atteintes. Le Comité apporte une large participation aux centres d'entraide et d'hébergement qui ont été organisés et est bien déterminé à continuer à aider ceux qui souffrent, sans distinction de race, de religion ou d'idées politiques.

OUED-AMIZOUR. Le Comité de Oued-Amizour, présidé par le maire, amplifie chaque année son activité. Les enfants fréquentant de nouvelles écoles dans les djebels ont reçu régulièrement des vêtements, lait en poudre, farine, fromages, friandises, fournitures scolaires. Dans leur colis les soldats recevaient des cigarettes, gâteaux, revues et journaux. Parrainé par le Comité Croix-Rouge de Nîmes, Oued-Amizour a reçu plusieurs colis de vêtements qui ont fait le bonheur des indigents qui ont particulièrement souffert du terrorisme. Le Comité a organisé une collecte en faveur du Noël du soldat et grâce à la générosité de tous, il a pu porter aux différentes unités cantonnées sur les djebels 50 000 francs en argent, un camion de fruits, de légumes et friandises, 15 barils de vin, une bonbonne d'apéritif et 100 colis de Noël. Au cours de l'été, des repas sont offerts chaque dimanche dans un restaurant de la plage de Bougie, aux soldats les plus méritants. D'autre part, les principaux membres du Comité ont organisé le Service familial rural, qui rassemble toutes les jeunes filles françaises et musulmanes et confectionnent des vêtements chauds et des layettes, avec du tissu fourni par le Comité. Tous les indigents reçoivent gratuitement des soins donnés par le médecin membre du Comité, dans la salle de consultation « Croix-Rouge »

Site internet GUELMA-FRANCE