02 NOVEMBRE 1887

AUX LECTEURS !
Je manquerais à tous mes devoirs, si je ne venais exprimer chaleureusement ici, à la vaillante population Guelmoise, mes plus sincères remerciements pour l'accueil sympathique que j'ai reçu à mon arrivée dans cette ville, de la part d'un grand nombre de ses habitants.
Encouragé par les marques de bienveillant intérêt qui m'ont été prodiguées, et fort de l'appui de la majorité des citoyens, je combattrai (énergiquement dans ce journal, pour la prospérité de la ville de Guelma et la défense de ses véritables intérêts, persuadé d'être secondé dans ce vote par la partie saine, et honnête |de la population. Et maintenant : à l'œuvre !
EMILE LACROIX.

Guelma, le 2 Novembre 1887.
UN COUP D'ÉPAULE
Avant d'accepter la place de rédacteur en chef de la Maçonna, et d'entrer dans la discussion des questions locales, j'ai tenu à prendre un peu partout, des renseignements sur la jolie ville de Guelma et sur ses habitants.
Mettant de côté toute espèce d'idée préconçue, j'ai voulu ne m'engager qu'après m'être assuré que l'on m'offrait de défendre des intérêts généraux, de représenter la partie foncièrement honnête de cette ville, et de compter avec moi dans la lutte tous les citoyens soucieux de voir leurs intérêts intègrement défendus et désireux d'être, dignement administrés.
Pour ce, je me suis adressé de tous côtés, je me suis entouré des avis et des conseils des hommes les plus sages et les moins partisans des luttes politiques, et c'est, avec l'assurance, d'être d'une impartialité absolue dans mes louanges ou dans mes critiques que j'ai pris la plume aujourd'hui.
En étudiant, dès mon arrivée, la situation dans laquelle se trouve actuellement la coquette ville de Guelma, j'ai été frappé de l'abandon dans lequel elle a été laissée pendant une longue période de sept ans.
Alors que toutes les villes d'Algérie prospéraient, s'étendaient, se développaient avec une rapidité presque magique, alors que toutes les municipalités rivalisaient d'ardeur et d'activité pour assurer l'avenir des cités dont les intérêts leur étaient confiés, Guelma livré à l'ineptie, à l'incurie ou à la rapacité d'une bande d'intrigants et de nullités végétait tristement.
La population intelligente de cette ville, s'est enfin lassée de servir de marchepied à une horde de charlatans, et les dernières élections municipales ont prouvé qu'elle en avait assez, et que l'heure du réveil avait enfin sonné, L'énorme majorité par laquelle a été bousculé le parti intransigeant a montré que les Guelmois réprouvaient énergiquement la conduite des conseillers radicaux qui les avaient administrés jusqu'à ce jour, qui les avaient laissés dans la plus complète pénurie.
Ce n'est pas sans surprise que j'ai fait cette pénible constatation ; -que j'ai vu qu'à Guelma, des hommes chargés de la défense des intérêts de leurs concitoyens n'ont pas hésité à mésuser de leur mandat, à trafiquer de la confiance qui leur avait été accordée et à tromper leurs électeurs dans le but de satisfaire des passions mesquines ou de spéculer au mieux des intérêts de quelques-uns.

C'est grâce à leur mauvaise administration, que non seulement Guelma n'a pas prospéré comme les autres villes algériennes, mais qu'encore les faillites ont succédé aux faillites, les magasins se sont fermés et le commerce s'est presque éteint.
Aussi, la population a-t-elle déjà montré qu'elle ne souffrirait pas plus longtemps immiscions funeste de ces hommes néfastes dans la gestion de ses deniers. :
Elle est décidée à combattre sans repos ni trêve les banquistes qui tentent par les moyens les plus inavouables de lui extorquer des votes; Il y a treize mois, les électeurs ont condamné la ligne de conduite désastreuse suivie jusqu'à ce jour en repoussant les candidats présenta par la coterie intransigeante. Dans onze jours, les électeurs vont être appelés à confirmer leur première décision ; nous n'essaierons pas de les influencer, étant de ceux qui veulent le vote libre, et qui réprouvent l'attentat à la liberté individuelle.
Mais nous ne cesserons de mettre lès électeurs en garde contre les manœuvres perfides de nos adversaires et les agissements déloyaux dans lesquels le Comptoir d Escompte joue le plus grand rôle au détriment de la fortune publique.
E. L.

NOUVELLES
BONE
Notre excellent ami Mr A Marchis, receveur des contributions à Bône, et frère du sympathique conseiller général du canton nord de Bône, M. Ferdinand Marchis

FEUILLETON DE LA MAHOUNA
N* 2. L'ORPHELINE DU 41*
Un lundi prévenu que l'heure de la naissance du filleul avait sonné, le colonel se rendit en toute hâte voir ses amis, et arriva juste comme une femme entrait au salon portant le nouveau-né. Cette femme dissipa d'abord les inquiétudes du mari ; puis élevant l'enfant dans les bras, elle s'écria triomphalement : " C'est une fille ! messieurs..
Une fille !. C'est une fille! Exclamèrent à la fois père et parrain d un ton si étonné que la femme se mit à rire.
Mon père (c'était moi qui venais prendre place au banquet de la vie) revint le premier de sa surprise ; il me prit, me baisa au front et dit d'une voix émue : " Joie de notre foyer, espérance de notre avenir, que le Seigneur te bénisse, chère enfant, comme ton père te bénit. Le colonel, lui, n'osa me toucher, tant il eut peur de me briser ; mais il assura que ses vœux étaient exaucés, qu'il avait souhaité une filleule, les garçons n'étant, à son avis, que de misérables petits drôles, tout au plus propres à faire enrager les parents. Un solo de cris perçant qui attestait de la vigueur de mes poumons et d'un précoce goût musical, interrompit sa lâche rétraction. Persuadé que j'entonnais mon chant du cygne effarouché de l'audition, il demanda la manœuvre de me ramener à ma mère.
Jugée, suffisamment admirée, on obéit, et ma musique apaisée, déposée dans mon berceau, je m'endormis du sommeil de l'innocence tandis qu'on enregistrait à l'État civil la naissance d'une française.
Le lendemain, baptisée en grande pompe, à l'église Notre-Dame, je reçus de ma marraine, femme d'un officier du régiment, les prénoms d Hélène-Maric.
Ma marraine n'était pas une fée, elle ne m'enrichie que de ses prénoms, ne me gratifia d'aucun don et, quand son mari quitta le régiment elle ne su jamais de ce que j'étais devenue. -
C'est au berceau que s'inculque les principes sacrés d'une solide éducation religieuse, si utile a tous, indispensable aux femmes. Pénétrée de cette vérité, ma mère m'enseigna les événements de ma religion, m'appris a connaître Dieu, à le prier de veiller sur moi, et de protéger mes parents et mon parrain, j'idolâtrais ce dernier, nous étions une paire d'amis il s'avait si bien rire sa petite brunette ! Nul ne s'entendait mieux que lui à amuser un enfant ; et maintes fois, à la façon d'Henri IV, sans égard pour son uniforme, on le surprit, assis à terre, jouant avec moi. Il figurait au nombre de mes professeurs, mais je ne recommande pas sa méthode aux mères qui exigent que leurs enfants soient des exemples de sagesse, et leur rapportent les médailles d'honneur des pensions.
Plus avancé que Molière, le colonel prétendait qu'une femme ne devait pas même distinguer un pourpoint d un haut- de-chausses ; qu'il lui était bien plus utile de se fortifier le corps par des exercices gymnastiques, de mon corps par des exercices -monter à cheval pour se donner de l'aplomb, d'acquérir de l'adresse en faisant des armes ; et mettant en pratique ses théories, il fermait mes petit poings, suivant les règles de la lutte, et m'inviter à le boxer de toutes mes forces.
Le grand enfant riait aux larmes de me voir, l'œil enflammé, les points crispés, cramponnée à sa jambe, essayer résolument de le renverser. Parfois il se laissait tomber sur le parquet, et admirait ma force athlétique.. Alors quelle joie pour moi !.., je riais, je sautais, je l'appelais mon marie, je voulais l'épouser.
Pour encourager mes progrès sur le piano un jour que je lui jouais (tout mon savoir) une gamme en do majeur, embellie de variations inédites qui la transformaient en une fantaisie agaçante d originalité, mon parrain me fit planter là, a ce coffre à migraine, ainsi qu'il appelait l'instrument, et me dit de le suivre au jardin, où il allait me donner une leçon d'équitation. L'équitation !. qu'est-ce que c'est que ça.,. lui demandai-je.
Tu vas l'apprendre me répondit-il ; regarde ce mouton harnaché, il t'appartient, et l'allée principale est une grande route que tu vas parcourir en amazone.
Allons !. hop hisse !. et il m'installa sur le dos de la douce bête,
(A SUIVRE)

NOMMINATION
M.Demont (?), est nommé receveur particulier à Villefranche de Lauraguais.
Nos sincères félicitations pour cet avancement mérité.

TENTATIVE D'ASSASSINAT.-
Une tentative d'assassinat a eu lieu dans la nuit du 28 au 29 octobre dans un gourbi, à 5 kilomètres de Duzerville
Un inconnu a tiré, du dehors, sur le gourbi, un coup de fusil qui a blessé assez grièvement la nommée Fatma bent Amar, jeune indigène âgée de dix ans. Prévenue, la gendarmerie s'est transportée sur les lieux, mais on n'a pu recueillir aucun indice de nature à faire retrouver le coupable.

u
Par application des dispositions du décret du 13 février 1883, M. le gouverneur général a approuvé, à la date du 22 octobre 1887, la délibération du conseil départemental de l'enseignement primaire, portant création d'une classe enfantine dans la commune d'Oued-Zenati (département et arrondissement de Constantine).

CONSTANTINE
La justice informe. Il y a quelques jours, une tentative de vol a eu lieu chez M. Rilgade, président du tribunal civil de Constantine, dans sa propriété de Châteaudun-du Rhumel.
Ses khammès ont dû repousser à coups de fusil, et pendant la nuit, une véritable attaque des bandits de la contrée qui, après avoir essayé, mais en vain, de percer les murs de ses écuries, tentaient une escalade pour s'emparer de ses mules et vaches.
Décontenancés par la résistance énergique des khammès, les voleurs se sont enfuis en abandonnant sur les lieux un pistolet arabe.
Croirait-on qu'aujourd'hui encore, M. le juge de paix de Chateaudun du-Rhumel, n'a pas commencé l'information.
Il s'est contenté de confier l'instruction de l'affaire au garde-champêtre.
Et la victime de la tentative de vol est le président de son tribunal.
ZUT un peu (comme disent les Marseillais), si c'était un simple particulier.

ALGER
Nos visiteurs.
Les personnages affluents, parait-il, cette année à Alger. Nous avons annoncé la prochaine arrivée LL. MM. l'empereur et l'impératrice du Brésil.
Nous apprenons que nous serons également visités par l'honorable M.Blaine, candidat à la présidence des Etats-Unis, accompagné de sa femme et de ses deux filles.

ROYAUTÈ
Le roi de Wurtemberg préférerait, cette année, Alger à Nice.
M. Massicault.

CAUSERIE
Les journaux parisiens profitent toujours de la circonstance que leur offrent les élections municipales de la capitale pour présenter à leurs lecteurs une assez curieuse galerie de candidats fantaisistes, dont les circulaires plus ou moins joyeuses, intentionnellement ou non jettent de la gaité ou tout au moins de la variété dans l'avalanche des professions de foi électorales.
- Je vous prie de croire que je ne fais que copier ces affiches dans les extraits qui vont suivre. Je n'invente absolument rien.
Il y a d'abord les industriels malins, qui saisissent cette occasion de se faire de la réclame :
" Votez pour chose, telle rue, tel numéro, c'est faire acte de patriotisme, c'est lutter contre l'étranger, car il ne vend que des produits français ! "
On ne volera sans doute pas pour chose, mais on ira peut être lui acheter quelques marchandises, et c'est, je crois, tout ce qu'il demande au fond.
Un candidat plus amusant est celui qui fait une profession de foi en vers, et qui la termine dans les termes suivants. C'est M. Georges Montorgueil du Parisien qui a recueilli ce document :
Je m'exprime en vers libres, quoique rimant comme un Parnassien, pour vous prouver, mes chers concitoyens, mon amour de la liberté. Loin de ces esclaves qui servent sous le joug du maitre, qui redoutent la cacophonie grandiose des hiatus et s'assouplissent à passer sous les fourches caudines de la césure ! Peuple, il le faut des natures indépendantes, et fières. A bas Boileau, et vive la révolution sociale. ! "
A Passy, il y a le candidat du spiritisme, qui promet, s'il est élu, de réformer la préfecture de police. On d'ouvrir de la façon la plus simple du moude : en faisant tourner les tables et en interrogeant l'esprit frappeur.
Il y a encore le candidat qui se dit le candidat du mouillage forcé. Celui-ci, au moins on comprend ce qu'il veut. Mais qui ne comprendra jamais les intentions de celui qui remplace tout simplement ces trois mots:b Liberté. Egalité, Fraternité, par ces trois autres :
Infanterie, Cavalerie, Artillerie !
Eh bien ! et les sapeurs du génie ? il n'en veut donc pas dans sa République ?
? "
Un dimanche matin, une affiche manuscrite a été posée, parait-il, sur les murs du nouvel hôtel des Postiers. Il est bon de savoir que le drapeau fixé au-dessus de la porte d'honneur de cet établissement est une horrible guenille, vieille et sordide, toute déchirée, dont la saleté et la vétusté contrastent, de la façon la plus désagréable avec la blancheur des murs nouvellement édifiés.
Au-dessous de ce drapeau, un homme soucieux de la bonne tenue des monuments parisiens a placé cet appel aux électeurs.
" Electeurs ! N'élisez que le candidat qui promettra de faire changer, sitôt après son élection, l affreuse guenille ci-dessus contre un, drapeau flambant neuf ! * - C' était fort bien en apparence ; mais un autre plaçant a trouvé moyen de renchérir sur cette proposition, eu faisant en même temps preuve d'une rare connaissance des hommes. Il a en effet collé à la même place une autre affiche ainsi conçue :
" Électeurs ! N'élisez que le candidat qui fera changer le drapeau avant ! "
Il y a eu aussi, dans la note convaincue, mais plaisante quand-même la proclamation des bookmakers, désignant à la vindicte des électeurs tous les conseillers sortants qui ont volé la suppression de leurs piquets. Ces gens là, évidemment, mettent les affaires, leurs affaires, bien au dessus de la politique. Il n'y a pour eux, ni Monarchie ni République, il n'y a que des paris de courses.
Je gage que les bookmakers, dont la candeur n'est cependant pas le défaut dominant ont été tout surpris de voir leur proclamation rester sans effet appréciable sur la masse des électeurs.
Pour le bouquet, enfin, je citerai le candidat anonyme. Celui-là est, sans aucun doute, le plus curieux de tous.
Il explique aux électeurs que s'il était élu, il ferait un tas de choses, parmi lesquelles il faut citer le rétablissement des patrouilles. Mais, après avoir fait venir l'eau à la bouche des électeurs il se dérobe tout à coup et termine la circulaire de la façon suivante :
Mais quand je songe à ceux que vous élisez depuis seize ans avec une persistance affligeante, je me dis que mes chances sont maigres et qu'il vaut mieux, peut-être, que je ne sollicite pas vos suffrages. Je suis donc pour les élections, le candidat qui ne signe pas. "
En voila un qui ne prêche pas d'exemple comment diable veut-il qu'on le nomme s'il ne se nomme pas lui même ?
Gageons pourtant qu'il assistait, le cœur battant, au dépouillement du scrutin avec un vague espoir d'être élu quand même, ci qu'en fin de compte, il s'est attribué, modestement tous les bulletins blancs qu'on a trouvés dans l'urne !
- SIGNÉ SILHOUETTES

BOILEAU
Boileau n'est pas le fils de l'auteur de l'Art poétique. En fait d'art, il ne connait que l'art prosaïque de distraire les pièces de cent sous.
Petit et court, il a, vu de loin, l'aspect d'une gourde ambulante. La nature a respecté la blancheur immaculée de la boule d'ivoire qui lui sert de crâne. Où sa main a passé rien ne reste, et comme Arthur, il a dû souvent, jadis, caresser sa crinière.
Ses yeux percés en trous de vrille, ne sont visibles qu'au microscope.
La couleur de sa peau ferait contraste avec sa conscience d'il en avait une. Rageur, méchant, jésuite et obséquieux, tous les procédés sont bons pour satisfaire toutes ses passions.
Gonflé d'ambition, il éclatera comme la grenouille de Lafontaine. Fonctionnaire, il use et abuse de son mandat pour mener à bonne fin les projets de sa bande.
Il attribue sa fortune à sa valeur personnelle, alors qu'elle n'est due qu'à l'honnêteté et à la délicatesse de son confrère.
Conseiller municipal, il profite de ces fonctions, pour augmenter sa clientèle. ,
C'est un petit morveux, qui pose pour les couleurs les plus vives alors qu'il se mouche avec son drapeau. Ses nombreux aptes ont coûté fort cher à ceux qui l'ont approché et ne lui ont constitué qu'un passé que personne n'envie.
Mais un jour, malgré l'influence de son copain, il rendra gorge, car tous ses actes sont enregistrés.
Tous les articles malpropres qui ont paru Jusqu'à ce jour dans le PROGRES DE GUELMA., on dit, qu'ils sont de la plume du sieur Rouyer, conseiller général et municipal de Guelma, mais tous, sans exception sont revus et corrigés par le fonctionnaire-notaire et conseiller municipal, M Boivin.
Comme Je tiens et ne veux prendre personne en traitre, Je préviens d'ores et déjà M* Rouyer, que s'il n'oppose, dans son Journal, un démenti formel a ce que J'avance, Je ne m'en prendrai toujours qu'à lui.
Comme une sangsue, Je m'attacherai à sa petite personne et nous verrons bien ensuite qui rira le dernier.

- INFORMATIONS GENERALES
L'évêque de Tunis. M. Jourdan de la Passardière évêque coadjuteur en Tunisie de M. le Cardinal Lavigerie n'ayant pu s'embarquer lundi à Marseille, son installation solennelle à Tunis est renvoyée au 7 Novembre.

NOMINATIONS
Sont nommés pharmaciens aides-majors de 2eme classe sortant de l'école d'application, avec les désignations suivantes : MM. Constans et Baudoin pour les hôpitaux de Constantine ; Par décret paru à l Officiel : M. Gonzon, adjoint du génie en Algérie, est nommé à Bayonne.
M. Carlier, adjoint à Melun, est nommé en Algérie.
M. Marcelis, adjoint à Lorient, est nommé en Algérie.
M. Berthet, capitaine de cavalerie en retraite, est nommé capitaine commandant d'escadron territorial du 38 chasseurs d'Afrique.
M. de Sonis, capitaine en second, au 2 escadron territorial du 28 chasseurs d'Afrique, passe au 3* chasseurs d'Afrique.
M. Thomas, sous lieutenant de réserve au 38 chasseurs d'Afrique, passe à l'escadron territorial au 3e chasseurs.

RUSSIE
Le tzar et Guillaume. L'article du journal la Post de Berlin est vivement commenté dans les cercles politiques russes.
Le journal officieux de la chancellerie allemande déclare que dans les circonstances actuelles une entrevue des deux empereurs serait pour le tzar le premier pas sur le chemin de Canossa.

POUR LES VICTIMES
Nous avons reçu samedi, trop tard pour l'insérer, la dépêche suivante de notre excellent député et ami M. Thomson.
LA MAHOUNA,
Guelma.
Paris, 29 octobre. 6 h.
Le Ministre de l'agriculture vient de déposer sur le bureau de la Chambre un projet de loi portant ouverture d'un crédit de cinq cent mille Fr. pour lut victimes des sauterelles en Algérie.
Sur ce chiffre, quatre cent mille francs sont affectés au secours et cent mille francs à la destruction des criquets.
THOMSON.
Dans un de nos prochains numéros, nous nous occuperons de la personnalité encombrante du sieur L. Rouyer, propriétaire - rédacteur-gérant du Progrès de Guelma, conseiller général, conseiller municipal, concessionnaire et président du Comptoir d'Escompte de Guelma.

CHRONIQUE LOCALE
Silhouettes.
Nous commençons aujourd'hui sous le titre de Silhouettes, une série de portraits qui, nous l'espérons, feront dilater la rate de nos lecteurs.
Arrestation d'un journaliste intransigeant. M. M., capitaine au 3* bataillon territorial du 3* zouave, ancien greffier de la justice de paix de Duperré, ancien rédacteur en chef du Progrès de Sétif, actuellement homme d'affaires et correspondant du Républicain à Aïn-Beïda, a été arrêté dans cette ville et conduit sous bonne escorte à Guelma, où il a été écroué à la prison civile.
Cette arrestation qui n'a causé aucune émotion dans Ain-Beida, a été opérée dans les circonstances suivantes :
- L'honorable procureur de la République, auprès du tribunal de Guelma recevait, il y , a quelques jours, une plainte de M. M., contre le juge de paix d'Ain-Beïda. ',' M.,1e procureur de la République, devant les faits nets et précis reprochés à son subordonné, se rendit immédiatement à Ain-Beida, afin de se livrer sur les lieux mêmes à une enquête.
M. Bourdeau acquit bien vite, que les griefs reprochés au juge de paix n'étaient nullement fondés.
Il dû, au contraire, après les témoignages - de plusieurs personnes faire procéder, par la gendarmerie, à l'arrestation du sieur M. pour s'être livré se trouvant devant un café d'Ain-Beïda à des outrages publics, à pudeur et pour avoir essayé de sculpter la peau de l'agent de , police qui le sommait d'être plus décent et de rester tranquille.
M, M. passera prochainement en police correctionnelle.

NOMINATION.
Par décision de M le gouverneur général, en date du 5 octobre 1887 : M. Barboni, commis principal de 5* classe faisant fonctions de receveur à Ain M'Lila, passe, en la même qualité, au bureau de Guelma (banlieue), en remplacement de M. Rouvier, admis, sur sa demande, à faire, valoir ses droits à la retraite.
Nous adressons nos sincères félicitations au nouveau promu.

POSTE
Création d'un bureau de facteur-boitier à Sédrata.
Constantine le 29 Octobre 1887.
Monsieur le Directeur.
J'ai l'honneur de vous faire connaitre que le bureau de distribution Auxiliaire de Sédrata, sera converti en bureau de facteur boitier Auxiliaire, à partir du ter novembre prochain.
Agréez, etc.
Le Directeur des postes Signé: E. Betseluère.
THEATRE La troupe Achard. -
On nous prie d'annoncer que la troupe Achard, jouera demain soir au théâtre : La Comtesse Sarah.
Nous croyons intéressant pour nos lecteurs de donner brièvement, ici, le résumé de la soirée de la Comtesse Sarah, comédie de M. Georges Olinet.
Le sujet n'est pas nouveau ni invraisemblable, nous pouvons ajouter même que cela se voit souvent.
Un vieux général se marie avec une toute jeune fille (ce goût là n'existe pas que chez les généraux.) .Le général a auprès de lui un officier d'ordonnance très joli garçon ; or, on sait que ces diables d'officiers d'ordonnance ont la funeste habitude d'être trois jolis garçons.
Naturellement, M- la générale, dans ses moments de loisirs et il parait qu'ils sont nombreux ces moments là M- la générale, disons-nous, établit des comparaisons ; de comparaisons en comparaisons, de déductions en déductions, agrémentées de nombreux soupirs non marqués sur ses partitions de piano, elle en arrive à préférer le second au premier.
Chacun trouvera comme nous, comme la générale et comme l'officier d'ordonnance, que cela n'a rien de bien surprenant.
Mous pouvons ajouter même que le générai lui-même a trop d'esprit pour s'en apercevoir.
Jusqu'ici, ainsi qu'on le voit, la donnée dans la pièce est d une grande simplicité, c'est le talent de l'auteur qui est chargé d'en faire un succès. Dans la vie ordinaire, ces liaisons se passent d'ordinaire fort bien et si les amateurs de potins en font quelques gorges-chaudes, le dénouement arrive sans drame et à insu de tout le monde.
Dans une pièce de théâtre, M. Georges Ohnel était obligé de dramatiser la fin qui est amenée de la manière suivante : Le général a une nièce qui, vivant à peu prés dans l'inimité de sa jeune tante, se trouve fréquemment avec foncier d'ordonnance dont elle s'éprend éperdument.
Les nièces sont très curieuses et perspicaces surtout : celle-ci découvre le secret des deux amants et un jour, à l'instant où ils vont être surpris par le général, elle les sauve héroïquement.
Tableau !
On la marie avec, le jeune officier, ils s'aiment immédiatement tous deux et ils ont dû avoir depuis beaucoup d'enfants, puisque quatre mois après leur mariage, la nièce écrit à son oncle que " Dieu a béni leur union ".
Pendant ce temps, la comtesse Sarah, alias la tante, n'a pas pu s'habituer à l'abandon de son jeune amant. Elle déplore chaque jour ce dénouement, cruel pour elle et si agréable pour les autres et le dramatise en se jetant dans un lac, où elle périt.
Voilà le général comte de Carnalheiles devenu veuf le premier, contrairement à toutes les prévisions ; ce qui prouve que dans le mariage ce ne sont pas toujours les plus Agés qui partent les premiers.
La presse algérienne apprécie diversement les artistes de la troupe Achard ; nous les verrons a l'œuvre demain. PETITE CHRONIQUE
UNE FARCE
Tout le monde étant mortel, la mort de M, Jules Ferry, annoncée à Paris par un crieur d'imprimés, n'avait rien d'invraisemblable Surprise des passants en entendant crier :
-, Demandez! la mort de Jules Ferry ! Ils achetèrent l'imprimé, moyennant deux sous, espérant y trouver des détails sur la mort subite de cet homme politique ; dès la première ligne, ou savait à quoi s'en tenir. C était une lettre de faire part sur papier de deuil.
Elle était ainsi conçue :
" Vous êtes prié d'assister au convoi, service et enterrement de M. Jules Ferry, dit le dernier des spadassins,
Décédé politiquement à l'âge de soixante et quelques années à la suite d'une tonkinmanie aiguë compliquée d'une froussomanie opportuno-chronique, maladies contractées au service de la réaction contre la République.
Qui se ferait- il en grande pompe (à Richer) et sur une grande échelle (d'honneur) à Paris et dans toute la France, dimanche prochain, à deux heures précises.
De Prof midis.
" De la part de mariane Laprusse, son amie intime, de feu madame Lamonarchie sa belle-mère, du Paparluun, son conseiller secret, et de tous les bookmakers et joueurs de bonneteau de France et de Navarre.

" Les cordons du poêle (qu'il a dans la main) seront tenus par le duc d'Hautes-mal-en_pire, le comte du Paris mutuels, Emile Olivier (celte vieille branche) et un délégué de l'agence Tricoche et Cacolet.
" Le service divin sera célébré par l'abbé Thisnmène.
" Le général Boulanger, en costume de Saint-Arnaud du café-concert, chantera le : Requiescat in-puce ! sur l'air de: en R'venant de la revue.
Henri Rochefort l'accompagnera sur l'orgue 1e Barbarie. "
Le vendeur de papier mystificateur est un jeune camelot nommé Dotnitis : c'est là l'angle des rues Feydeau et Vivienne qu'il a été arrêté et conduit au commissariat de police, Il a comparu le 21 octobre en police correctionnelle sous prévention d'escroquerie.
Le Tribunal l'a condamné à vingt-quatre heures de prison.

Une singulière cible.
L'Etat fait en ce moment exécuter à l'entreprise des travaux considérables dans les semis de la forêt de Biscarosse, près Mont-de- Marsan, Ces travaux sont surveillés concurremment par un garde-forestier nommé L. pour le compte de l'Etat, et par uii agent de l'entrepreneur Nommé Salabert.
Il y a quelques jours, le garde et l'agent rentraient ensemble chez eux. quand le premier, saisissant un fusil de chasse qu'il portait en bandoulière, mit en joue un petit oiseau qui venait de se poser sur une branche.
Laissez donc, lui dit Salabert, en lui arrêtant le bras, cela ne vaut pas votre charge.
Et dit ! la vaux-tu ? demanda le garde.
Eh ! je pense, répliqua en riant Salabert.
Allons, va te poser là devant moi, à vingt métres !.
Salabcrt, croyant à une innocente plaisanterie, se rendit à l'endroit indiqué ; et, pour continuer à rire. montra au garde la.. partie la plus large de son pantalon. Aussitôt le garde, froidement, épaule, vise et tire. Salabert, atteint aux cuisses et encore.. ailleurs, pousse un cri de douleur et tombe.
On n'était pas loin des habitations. Des soins lui ont été aussitôt donnés, mais ses blessures étaient fort graves ; aujourd'hui, on n'a plus, il est vrai, pour sa vie les craintes qu'on avait conçues tout d'abord ; mais on Ma pu extraire tous les plombs, la guérison ne sera jamais complète, et les conséquences de la plaisanterie du forestier pèseront désagréablement sur l'existence du malheureux Salabcrt, L va être poursuivi.

ETAT CIVIL DU 1" AU 31 OCOTBRE 1887.
Gaidioz, Pierre, Zamith, Marie. Sereno Blanche, Anaïs. Casazza, Marie, Euestiue. Pierotti, Marie, Pasquine. Muscat, Salvator Piani. Raymond. Attard, Louis. Rezzina Jean. Girard, Denis, Louise. - Allouche, Anna. - Cassar Anna. Sultana, Caliste. Auguste. Rago. Désiré, Joseph, 2 mois. - Santamnia, Marie. DÉCÈS
Zamilth, Marie, 24 heures. Pace, salvator, 2 ans. Méjean, Ernest, ex-huissier. Cahen, Nessim, enfant mort-né. Billard, Jean célibataire 2e soldat aux 3 e zouaves, 23 ans Dussap, Joseph, 2 mois Goslin, Jacob, célibataire conducteur diligences, 33 ans. -Courrioux Antonin, 27 mois, Girond Auguste, célibataire. Négociant, 58 ans.
MARIAGES
Néant (?)
MUSULMANS
Naissances. 19

Décès - Garçons 4. Hommes 6 Filles. 2 Femmes. 1 Enfants 4. Total 15

LE GRAND CAFE DU GLOBE précédemment tenu par M. Eugène Delouche est bien connu des voyageurs qui s'arrêtent à Guelma, vient d'être acquis par M. GUSTAVE CURNIER, déjà attaché à l établissement.
Nous n'avons pas à faire l'éloge de M. Gustave Curnier : tous ceux qui ont fréquenté ou seulement visité la belle salle dont il vient de prendre la direction, savent les qualités de politesse parfaite, d'exactitude et d'empressement auprès de ses clients qui distinguent M. Curnier.

VENTE APRES FAILLITE
A VENDRE
Les marchandises de Mm, gandouras, burnous, soieries, etc. etc, dépendant de la faillite H TA1BE, ex-commerçant à Guelma.
S'adresser pour traiter à M. L. PROUST, syndic de faillite, à Guelma.

VENTE APRES FAILLITE
Le Dimanche, six Novembre courant, a huit heures du matin, il sera procédé sur la place de l'Eglise, à la vente aux enchères publiques de divers meubles (armoire à glace. Pouf Buffet, petites étagères, table, toilette, rideaux, cadres, armes arabes, etc. etc) N.-B. (En cas de mauvais temps la vente serait renvoyée au dimanche suivant.

DERNIÈRE HEURE
(Service spécial de la MAHOUNA.) !
Les Colporteurs étrangers. Une Commission s'est occupée d'une taxe a établir sur les colporteurs et marchands forains étrangers.
Elle a décidé de préparer des dispositions à soumettre au Parlement.
A ce sujet, le ministre des affaires étrangères, M. Flourens, fit savoir que la proposition du député de la Haute-Marne, M. Steenackers tendant à établir un texte de loi sur les ouvriers étrangers, était contraire aux traités internationaux.

Au ministère des affaires étrangères.
M. Flourens prépare une circulaire qui sera adressée aux puissances à l'occasion de la convention du canal de Suez.

Une fusion
" Le Français "annonce qu'à partir d'aujourd'hui il fusionne avec le Moniteur Universel.

LA PRESSE
Quelques journaux assurent qu'un certain nombre de députés ont l'intention de reprendre la proposition de la Commission du budget demandant à réduire à un million les frais de négociation de la conversion du 4 1/2 0/0 en 3 0/0.
Si cette proposition était déposée, le gouvernement poserait la question de confiance.

ENTREVUE
Une dépêche de St-Petersburg adressée au 'Temps' dit qu'il est certain que le tzar passera à Berlin.
Le Gérant, E. LACROIX, Guelma, Imp. Typ. de La Mahouna

PRINTEMPS NOUVEAUTÉS .
Le livre renfermant 687 gravures et Articles pour toilettes pour Dames et Enfants, vêtements pour Hommes, etc.. ainsi que la nomenclature de tous les tissus eu Soieries. Lainages, dentellesl. Toiles, etc. etc Vient de Paraitre
Ce catalogue, ainsi des échantillons de tous les tissus sont envoyés gratis franco sur demande affranchie adressée à MM. JULES JALUIOT à Cil * Paris A partir de 25 fr les expéditions pour l'Algérie et la Tunisie sont faites franco de port Jusqu'à Marseille, à partir de 80 fr, mais seulement sur demande formulée dans la lettre de commande, les expéditions peuvent être franco de port Jusqu'à domicile, moyennant augmentation de 5 ct sur le montant de la facture. Faute d'instructions à cet égard l'expédition est toujours faite franco Marseille.

E. Borde, administrateur-directeur de la Société de viticulture algérienne, vice-président du Syndical des viticulteurs d'Alger, propriétaire secrétaire. administrateur du Crédit foncier et agricole vice-président de la Chambre de commerce, ancien président du Tribunal de commerce' d Alger, propriétaire. A. Béraud, propriétaire. vice" présidenl du Syndicat des viticulteurs d'Alger, maire de , ? Dcbono, propriétaire, président du Comice agricole*de Boufarick.

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Comité de Philippeville
Lesueur (Georges), ingénieur, président du Conseil général de Constantine, administrateur à la succursale de la Banque, administrateur de la Compagnie algérienne, membre du Conseil supérieur du Gouvernement de l'Algérie, propriétaire.
Bruno (Antoine), administrateur de la succursale de la Banque, ancien président de la Chambre de commerce, propriétaire.-
Nielli (adjoint-maire ( ?), propriétaire. - Prax président du Comptoir d'escompte propriétaire
J. Sardon, administrateur de la succursale de la Banque, propriétaire. Directeur particulier : H. Lalliermort, adjoint au maire.
Comité de Bône
BERTAGNA , vice-président du Conseil général, premier
COMITÉ DE GUELMA
LAVIE L, propriétaire.
( X) Antoine, propriétaire.
MOLLET Henri propriétaire.
MEIUNE Marc propriétaire.
Agent pour l'arrondissement de Guelma.
N. CASSEGRAIN.
Directeur Directeur pour les arrondissements de Bône, Guelma et Souk-Ahras ACHILLE VIL, Bône.

Site Internet GUELMA-FRANCE