Vendredi 23 juin 1871

L'arrivée de l'Orphéon de Bône à Guelma.
Dimanche, 18 courant, la population Guelmoise a été agréablement surprise par l'arrivée d'une fraction des jeunes musiciens composant l'orphéon de Bône, il était à peine 5:00 du matin, lorsque une marche guerrière, exécutée avec beaucoup d'ensemble, a fait ouvrir les yeux et les oreilles d'un grand nombre de dormeurs, qui ne s'expliquaient guère l'arrivée d'une aussi bruyante fanfare, marchant en bon ordre, sous l'intelligente direction de leur chef M. Maguilo.
Ces Messieurs ont voulu laisser de bons souvenirs à Guelma ; c'est ainsi qu'après avoir exécuté des morceaux choisis à la grand-messe, ils sont allés ensuite chez M. le curé où ils ont reçu l'accueil des plus sympathiques.
Invité par un grand nombre des membres du cercle, par la voix de notre chère est évident que M. Joseph Arnaud, à venir prendre le vermouth et le café ; ils ont encore joué là, de nouveaux morceaux de bon goût qui ont été forts applaudis, enfin à 4:00 ils ont donné un concert dans le jardin public.
Inutile de dire que les dames et demoiselles, privées depuis longtemps de ces charmantes réunions, ont fait honneur par leur présence à une telle marque d'attention.
Nos jeunes gens francs-tireurs qui par la plupart, se trouvaient être des anciens compagnons d'armes, et qui avait partagé les fatigues et les dangers de la guerre se sont revus avec plaisir.
Espérons que cette visite ne sera pas la dernière que ces Messieurs nous aurons faite. Seulement en leur adressant 1000 remerciements, nous devons leur faire un reproche duquel ils ne se fâcheront pas, nous en sommes certains : c'est d'être arrivés à l'improviste et de nous avoir privé du plaisir que nous aurions eu à les recevoir.
Revenez donc messieurs et amis, Guelma est un peu écossais sous le rapport de l'hospitalité, or soyez assurés que vous y serez reçu avec toute la cordialité que vous méritez.

Conseil municipal.
Séance publique. Séance extraordinaire du 31 janvier 1871.
L'an 1871 le 31 janvier à 3:00 de relevée le conseil mis municipal de la ville de Guelma s'est réuni en lieu ordinaire de ces séances en suite la convocation de M. le maire en date du même jour.
Étaient présents : Messieurs Chautard président, Pugence, Melnote, Ali Ben Djemoui adjoint, Barbast, Drogué, Cheymol, Puyo, Seichel Chuchana, et Belkacen Ben Mohammed, conseiller.
Absent pour le service de la milice : Menoti.
M. Puyo est nommé secrétaire.
Le président donne lecture dépêche du gouvernement de Bordeaux, annonçant la résolution prise par le conseil municipal de la ville de Bordeaux.
Bordeaux le 31 janvier 1871 à 12:45 du soir. Une décision est acceptée et appuyée par avec le plus vif enthousiasme et la plus sincère cordialité partout le conseil.
Le conseil municipal pris M. le maire de bien vouloir faire procéder à une enquête sur les faits regrettables de Souk Harras et de ses environs d'employer à cet égard tous les éléments qu'il jugera excaver sur la nécessaire pour établir ce rapport, priant M. le maire d'en donner connaissance au conseil dès qu'il sera terminé.
La séance est levée à quatre heures 15.

Séance ordinaire de février 1871.
Étaient présents : Messieurs Chautard maire, Melnotte adjoints, Barbaste, Droguet, Cheymol, Menotti, Puiyo.
Absent : M. Pugens adjoint sans motifs connus.
Le citoyen Droguet est désigné pour remplir les fonctions de secrétaire qu'il accepte.
Le président donne lecture de la dépêche du gouvernement de Bordeaux, annonçant la résolution prise par le conseil municipal de la ville de Bordeaux.
Le procès-verbal de la dernière séance est approuvé et signé sans observation.
Monsieur le maire soumet au conseil des questions à traiter dans la présente session en commençant au préalable pour lui donner connaissance de la correspondance préfectorale relative à ses délibérations approuvées au cours de l'exécution.
M. le président répond à la lettre numéro 547 du 17 janvier que le ministre de l'instruction publique n'a pas encore statué sur la répartition du montant de la subvention de 50 000 frs. alloués chaque année pour les écoles d'Algérie.
En réponse à la communication de vœux émis par le conseil dans la séance du 4 décembre 1870 le conducteur ingénieur des ponts et chaussées fait connaître par lettre numéro 412 qui disposait d'avancer l'époque des prestations en nature afin qu'elles soient autant que possible à la convenance des prestateurs, et prie M. le maire de lui faire parvenir les rôles dans le plus bref délai, afin que les dispositions puissent être prises à l'avance et atteindre le résultat demandé.
Messieurs Barbaste et Cheymol émettent un avis que la période la plus convenable pour ses prestations en nature est le mois de septembre.
Le conseil à l'unanimité partage cet avis et prie le maire d'en informer l'ingénieur des ponts et chaussées.
À propos de cette question M. Melnotte adjoint de l'oued Touta dit qu'il ne peut la laisser passer sans présenter une réclamation qui a son importance. Le conseil doit se rappeler qu'il a demandé dans la séance du 4 décembre dernier que les prestations soient ajournées du 15 janvier au 15 février, ce qui était accepté par l'ingénieur.
Or celui-ci le fait prévenir aujourd'hui que cette mesure n'a pas été ratifiée et qu'en conséquence les colons sont obligés de payer en argent. Il prie M. le maire d'écrire à ce sujet à M. le préfet.
Le vœu émis le 2 décembre 1870 relatif à la création en principe d'une école laïque édifiée à Guelma est approuvée.
1. La délibération du 29 novembre 1870 qui maintient les indemnités du maire et des adjoints est approuvé.
2. La délibération du 4 décembre 1870 concernant l'augmentation du traitement du garde champêtre français est approuvée.
3. La délibération du 7 décembre 1870 qui alloue à M. Ali Ben Djemoul une augmentation de 300 frs. a été approuvée.
4. La délibération du 29 décembre 1870 concernant le vote d'un crédit de 459,60 frs. pour le dispensaire a été approuvés.
5. La délibération du 7 décembre 1870 qui alloue la somme de 300 frs. pour la création d'un canal d'irrigation a été approuvée par l'arrêté préfectorale numéro 430 du 13 janvier 1871.
6. Délibération du 5 janvier 1871 relatif à la répartition d'une somme de 14,60 frs. pour l'école mixte de Guelma est approuvée par décision préfectorale du 17 janvier numéro 513.
7. Augmentation du traitement de l'agent de police indigène votée par le conseil par la session ordinaire du 30 novembre 1870 approuvée par l'arrêté préfectorale numéro 518 du 17 janvier.
8. Délibération du 30 novembre 1871 au sujet de l'agent Gachon porteur de contraintes de la commune approuvée à la date du 13 janvier 1871 numéro 435.
9. Au sujet d'un vœu émis par le conseil municipal Guelma dans la séance du 4 décembre 1870 que les membres du bureau de bienfaisance seront nommés par le conseil municipal de Guelma.
10. Monsieur le commissaire extraordinaire répond que la mesure proposée est logique mais qu'il ne peut être procédé à cet égard que par voie de règlement général ; et qu'en attendant rien ne s'oppose à ce que le conseil municipal désigne un candidat à nommer par le préfet.
11. Le conseil à l'unanimité moins une voix est d'avis de réserver la question est d'attendre un règlement général qui ne manquera pas d'intervenir bientôt.
12. M. Payoo et d'avis contraire et aurait voulu que le conseil désigne au préfet les membres du bureau de bienfaisance sans attendre.
13. Au sujet des travaux exécutés à l'école des garçons construction d'une nouvelle salle et d'un promenoir ouvert.

Monsieur le préfet répond
Par suite de la délégation qui vous a été donnée par mon prédécesseur vous est autorisé à approuver les projets de travaux neufs et d'entretien en vous conformant toutes fois aux règlements sur la comptabilité je n'ai pas à approuver la délibération ci-dessus.
L'allocation nécessaire pour le paiement des travaux pourra être portée au budget supplémentaire de 1871 si les ressources le permettent.
Le conseil à l'unanimité désigne une commission de deux de ses membres, Droguet et Menotti pour étudier avec M. l'architecte de la commune des travaux exécutés et prie M. l'architecte de présenter lui-même un rapport accompagné de plans et devis.
Exonération des prestations en nature réclamée par les Kébirs des douars.

Monsieur le Maire s'exprime ainsi :
Voici Messieurs une affaires très sérieuses vous savez que sous la précédente administration les Kébirs des douars étaient exemptés des prestations en nature, il n'en est plus de même, tous payent, même s'ils crient à la persécution.
Autrefois disent-ils, nous étions rétribués sans être astreints aux prestations : aujourd'hui ne touchons plus rien, nous payons comme tout le monde et davantage qu'autrefois, en revanche nous sommes accablés de corvées, etc.
Ils n'ont pas tout à fait tort, car ils ont réellement à faire de fréquentes corvées et la mesure qu'ils réclament qui parait tout d'abord onéreuse à la commune me paraîtrait une compensation aux services qu'ils rendent.
La commune en l'acceptant y perdrait 225,75 frs. mais elle gagnerait plus de 600 frs peut être par les facilités que les Kébirs procureraient à la rentrée des subsides.
M. Melnotte adjoint à l'oued Touta est d'avis aussi, que l'exception de cet impôt en faveur de ces Kébirs est une bonne mesure économique est juste, car il ne faut pas perdre de vue, qu'ils ne sont pas rétribués pour les corvées auxquelles ont les oblige.
M. Cheymol partage le même avis et demande l'exemption tant que l'administration des indigènes restera ce qu'elle est aujourd'hui.
Le Maire des ayant mis la question aux voix des dix membres, Messieurs Barbaste Droguet Cheymol Lamotte Ali ben Djemoul Belkacem , Chuchana, Seichet, Melnotte et Chautard votent pour l'exemption en nature en faveur des Kébirs des douars pour un temps indéterminé, jusqu'à ce que l'administration des indigènes, soit complètement assimilée à l'administration française.
M. Puiyo vote aussi pour l'exonération mais pour cette année seulement.
À l'avenir dit-il cette mesure qui frise la féodalité doit rentrer dans la voie commune qui exige que le riche comme le pauvre paye cette redevance.
Maintenant que cette question est décidée, continue M. le maire, il reste une difficulté à résoudre : ces Kébirs sont portés dans les rôles des contributions et le percepteur est obligé de faire entrer leurs prestations, quitte à les faire ressortir ensuite, en comptabilité la rentrée et la sortie doit se contrebalancer.
Faudrait-il d'un côté porter le montant des prestations, et d'un autre côté le faire figurer aux travaux exécutés moyens irréguliers auxquels il me répugnerait d'avoir recours ?

M. Menotti repousse ce moyen et préfère voter la dépense soit 225,75 à titre d'indemnités des services rendus par les Kébirs des douars.
Le conseil municipal voit la dépense de 225.75 frs. à titre d'indemnités des services rendus par les Kébirs des douars à prendre sur l'article 107.
Monsieur le maire donne lecture du projet du cahier des charges relatif à la location de quatre jardins de figuiers de barbarie situés à l'oued Touta.
Après discussion avec des articles de conseil à l'unanimité accepte le cahier des charges.
Erratum dans la séance du 19 janvier 1871, lisez Menotti au lieu de Melnotte

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