BONJOUR !

Revue satirique, littéraire, théâtrale, cinématographique et sportive

04 JUIN 1933

Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 91 %.

LE TARTUFFE
des Délégations Financières
Cheminots, Il nous faut vous dire, tout d'abord, une chose un peu brutale en un langage auquel vous n'êtes pas habitués.
Bonjour, se moque totalement de vos bulletins de vote.
Il n'est tributaire d'aucun parti ni d'aucun élu et il n'a aucun candidat à vous présenter. Si vous êtes le bétail que dit M Pantaloni - car c'est ainsi qu'il vous traite devant ses intimes - dispensez-nous de votre lecture et de vos cinq sous. Si, comme nous le croyons, vous êtes des hommes, lisez et réfléchissez.
M. Pantaloni a trouvé, enfin, les domestiques dont il avait besoin. Ce sont, d'abord, les meneurs qu'il soudoie parmi vous; puis les folliculaires qui pondent dans son journal. M. André Servier, l'homme qui vous a le plus insultés il.est triste pour votre dignité que vous n'en ayez conservé aucune mémoire - et qui est le plus grand menteur connu sur tous les territoires français, étale les économies que son patron veut faire réaliser à l'Algérie en compressant les dépenses. Et on vous dit :
« Les sommes récupérées vont rentrer dans le budget, d'où allégement des impôts et autres foutaises. »
Vos meneurs, décidément, vous prennent pour du fameux jobards, ils se disent, d'ailleurs, que vous ne lisez pas les bulletins des Délégations. Nous les avons lus pour vous. M. Pantaloni veut employer cet argent à des visées personnelles et voilà tout. Laissez-moi vous dire, entre parenthèses, que votre père putatif faites-vous traduire le mot manque de ce courage essentiel qui fait les grand malfaiteurs. Dans nos écrits, il a trouvé vingt fois l'occasion de nous traduire devant la Cour d'Assises.
Il s'en garde bien devant la-cour d'Assises, un journaliste a le droit de faire la preuve de ce qu'il a écrit ; vous entendiez bien, Cheminots, à moins que vous ne soyez totalement sourds. Il a tout du lapin, votre Grand Protecteur.

Connaissez-vous l'histoire de cet homme fameux qui boulottait ses enfants sous prétexte de leur conserver un père? Vous êtes ses enfants, il vous boulotte en douce et en voici la preuve:
Vous devez vous rappeler que c'est la précipitation de M. Pantaloni qui a activé l'Électrification qui chasse de Bône la plupart d'entre vous. (Pourquoi, lors de certaine conférence au Théâtre, un de vos meneurs, homme de Pantaloni, le sieur Montuori, dit Kiki, a-t-il empêché Arcelier de lire le document que celui-ci avait dans sa poche ?)
Aujourd'hui, le même Pantaloni, vient de demander l’électrification, en toute hâte, et à outrance, de SoukAhras-Ghardimaou et de Duvivier-Guelma. Combien de Cheminots nouveaux vont danser devant le buffet?

VRAIS
M. Balensi, après avoir fait observer que le mot, n'était pas propice à des dépenses de cet ordre, et après des observations sur les lignes caténaires, a ajouté:
-Il faut réfléchir car nous sommes à un tournant de l'histoire de la traction et il est possible que l'on arrive à des solutions qui permettent d'éviter d'engager de gros capitaux. Le progrès va vite. Dans deux ou trois ans, on aura, peut être, trouvé l'engin qui aurait permis d'éviter l'électrification. »
: L'électricien Pantaloni a bondi, vous le pensez bien
--Quoi ? quoi" a-t-il bégayé dans sa première fureur, éviter l'électrification !. Il en avait le souffle coupe. Puis, sous les regards goguenards de ses collègues, il s'est ressaisi, mais n'osant pas attaquer de front M. Balensi qui venait de lui envoyer cette cinglante et méprisante semonce, il s'est écrié textuellement :
"Nous allons voir si des sous-ordres des C.F.A, pensent et continuent à mettre en échec les décisions des élus ?.
Et il a ajouté cette phrase bien imprudente pour lui : Ces sous-ordres n'hésitent pas, pour les besoins de la cause à alerter les syndicats, créant, de la sorte, une agitation nuisible.
Eh bien ! Cheminots syndiqués dont l'agitation est nuisible que pensez-vous du compliment ?

Ajoutons, pour l'édification du public, que tous les, projets de M. Pantaloni, sont contresignés par son grand ami, M. Galle, que la rocambolesque histoire du port de Bougie a mis en grande vedette, toute l'Algérie sait cela.
Ce qui précède s'est passé au Conseil Supérieur.

Voici maintenant en quels termes, M. Pantaloni, votre père, a parlé de vous, une autre fois:
"les C.T.A.E. deviennent une espèce de Soviet dans lequel ce sont les subalternes qui commandent les Directeurs. Ceci, nous ne pouvons le tolérer.
Je redis au Conseil Supérieur des Chemins de Fer el je m'en expliquerai plus longuement à la Commission des Voies terrestres.
Pourquoi cette fureur contre vous, les subalternes ?
Parce qu'il se trouve que vos intérêts contrecarrent les buts poursuivis par cet électricien forcené. Si vous n'avez pas compris, Cheminots, c'est que vous êtes aussi bêtes que le prétend votre ami, M. Servier. Bien entendu, nous mettons M. Pantaloni au défi de nier un seul mot de ce qui précède.

Pas fini ! les collègues de M. Pantaloni se sont effrayés des dépenses somptuaires dans lesquelles celui-ci voulait les entraîner et l'un d'eux, M. Payri, Délégué d'Oran, a déposé, exactement le 17 Mai dernier, une motion contenant des considérants fort graves dont nous donnons le texte par ailleurs pour ne pas alourdir cet article.
Du coup, M. Pantaloni a eu, de l'avis des témoins, une sorte de crise de folie, il est descendu dans l'hémicycle. Il a hurlé, il n'y a pas d'autre mot, et des gens bien mal intentionnés prétendent que, sur les travées où siégeaient les Délégués, on a entendu, alors, répété par plusieurs bouches, un mot.-"Bifsteck ! bifsteck
Qu'est ce cela voulait dire ?.
En voilà assez pour aujourd'hui. Dans notre prochain numéro, Cheminots, nous vous dirons ce que M. Pantaloni pense de vous et comment il s'exprime lorsqu'il parle des Cheminots, ses électeurs et ses enfants.

« L Écho des Cancres » publie-un télégramme dans lequel il signale que M. Pantaloni demande grâce pour les Cheminots révoqués. Qu'est-ce cela lui coûte ?
C'est ainsi que faisait toujours Tartuffe lorsqu'il avait assassiné par derrière ceux qu'il voulait atteindre.
Hypocrisie et démagogie ont toujours été synonymes.
Pierre MARODON (A suivre)

DÉLÉGATIONS FINANCIÈRES,
Voici le texte du vœu déposé aux Délégations Financières, contre les visées de M. Pantaloni. Tous les Algériens doivent lire avec attention ce qui suit: Considérant les graves difficultés économiques de l'heure présente.
« Considérant la situation déficitaire du budget des Chemins de fer en Algérie.
« Considérant qu'il n'est pas encore suffisamment démontré que la substitution de l’électrification des voies ferrées à la traction à vapeur engendre une diminution du prix de revient.
« Considérant que l'électrification réalisée à ce jour a surtout abouti à libérer le personnel cheminots difficile à réemployer.
« Considérant que l'extension de l'électrification des voies ferrées en Algérie exigerait l'accroissement des annuités d'emprunt qui chargent si lourdement le budget Algérien.

« Considérant que l'application de formules nouvelles d'exploitation par l'électricité doit, pour être désirable, conduire à une amélioration économique et sociale.

LA COMMISSION DES VOIES TERRESTRES
Demande à M. le Gouverneur Général de ne pas envisager actuellement l'extension de l'électrification des voies ferrées et de ne pas engager de dépenses dans ce sens avant d'avoir reçu l'approbation des Délégations financières sur un programme très net de lignes à électrifiées, de dépenses à réaliser (matériel, installation de lignes, exploitation, coût du courant) et de résultats déjà acquis par les sections de lignes électriques en exploitation. »

UNE FÊTE DE L’AMITIÉ
Hier soir, à la salle Ciantar, M. Giovacchioi, conseiller général, a été à l'honneur une fois de plus. Ses amis lui offraient un apéritif pour fêter la naissance de son second enfant. Il y avait plus de 5oo personnes réunies autour des tables.
Tour à tour, et dans l'ordre ont pris la parole : M.Borra, M. Luciani, M. Petit, M. Bernardini, M. Pierre Marodon, notre Rédacteur en Chef, et, enfin, M. Giovacchini.
Le vœu a été renvoyé à une date ultérieure. S'il est voté, ce sera la ruine des projets de Pantaloni mais ce sera une garantie de sécurité pour les cheminots et pour la poche des contribuables qui est plus que plate en ce moment

LE TROU DANS LE MUR
Pour raconter cette histoire, il nous faudrait la plume de, Varlin ou celle de Brantôme.
Essayons : Un docteur, d'une ville d'Algérie, avait pour habitude d'aller dans les villages voisins, les jours de marché, pour y donner des consultations foraines, Il joignait à l'exercice de sa profession une industrie clandestine dont il tirait d'appréciables profits.
Un rabatteur indigène à ses gages soufflait de bouche à oreille, aux clients éventuels, des propositions dont le moins que l'on puisse dire c'est qu'elles étaient aphrodisiaques et cantharidées
Il murmurait : - Attention, Ahmed Si tu achètes la pommade que le docteur il te vend et si tu te la mets où que je te dis, bâ bâ ba
- Ouallah !..
Je te jure ! Tu restes seul avec ta femme, mais, avant, tu fais sortir ta mère et ta sœur, parce que, si lu fais pas attention, tu fais, même, un trou dans le mur! Besif !..
Et les clients, à qui mieux mieux achetèrent la pommade merveilleuse que le bon docteur mettait dans une petite boite en carton qu'il vendait dix francs.
Montesquieu a écrit des pages édifiantes sur la bêtise des foules. Tout n’est que de l'autosuggestion ? Le produit fit fureur et, chaque fois, le charlatan rentrait dans sa ville avec des recettes mirifiques, Un beau jour, tout craqua.
Le docteur opérait dans un village des environs de la Calle. L’affluence fut telle que le vendeur manqua de pommade mais il avait encore quelques-unes de ses petites boîtes :
Va vite acheter du beurre et un peu de farine, dit-il à son rabatteur,
L'autre revint au bout de quelques instants et le chimiste improvisé, malaxa beurre et farine et en fit un produit blanchâtre qui ressemblait au premier ingrédient,
- « Ca va, dit le docteur.
Maintenant, fais entrer les autres idiots » La fin de la journée fut fructueuse comme le commencement. Mais il y eut un drame. Le rabatteur, insatisfait d'un salaire déjà réduit, émit la prétention de toucher, sur la marchandise vendue, des commissions plus élevées. Le bougre avait vu le truc et voulait profiter de l’aubaine.
Mais le docteur dont s'agit est aussi célèbre, parait-il, par son avarice que par son inconscience professionnelle.
On se disputa et le docteur partit sans lâcher un décime de plus que le prix convenu.
Au marché suivant, le docteur revint avec tout son attirail. Il n'était pas entré dans le petit local qui servait à ses consultations que des coups de debbous retentissaient contre la porte. Chacun des anciens clients venait, une énorme trique à la main, réclamer son argent.
Que s'était-il passé ? Le rabatteur, furieux, avait vendu la mèche. Il y avait raconté l'histoire du beurre et de la farine, il avait même ajouté ce détail qu'avec un demi-quart de beurre payé à 6 sous, le bon docteur avait confectionné six petites boites vendues dix frs l'une.
Ce fut une belle 'bagarre, la gendarmerie dut s'en mêler
Un procès-verbal dressé par les gendarmes atteste qu'ils ont dû intervenir pour protéger la fuite éperdue du docteur.
Ce procès-verbal existe.
Et ce médecin n’ait plus jamais dans ce village des environs de la Calle.
- Quel peut être le médecin qui déshonore ainsi la profession qu’il exerce et dans quelle ville habite-t-il ? Rébus !

DRAGEES MIRACLES Elle voulait avoir un beau teint Pour avoir un beau teint elle prit un Bottin pour connaître l'adresse du JOUVENTYl, le précieux régulateur de la circulation sanguine chez la - Femme. -
Une cure de trois étuis de dragées JOUVENTYL lui permit de recouvrer ses belles couleurs et d'avoir le beau teint de sa mère.
Dépôt à Bône : Pharmacie DEBONO Parisiana 18, Cours Bertagna - BONE
Les bônoises sont les parisiennes de l'Algérie LE GRAND MAGASIN vient de rapporter de Paris les modèles les plus exquis.
Vite! Mesdames, dépêchez-vous!
GRANDE PHARMACIE H. DEBONO Henri DEBONO, Docteur en Pharmacie - 5, Cour Bertagna Service spéciale d'ordonnances - Laboratoire d'Analyses Médicales dirigés par M. Georges MALEKT

M GIOVACCHINI PARLE
Nous avons assisté, salle Ciantar, à la séance au cours de laquelle, M.Giovacchini, Conseiller général du Canton Nord, a rendu compte de son mandat.
L'impression qui se dégage et qui est très nette, est qu'il existe une communion étroite et rare entre l’acteur et ses électeurs.
M. Conangle, Secrétaire du Paru Socialiste, présidait. Il prononça en deux fois, une préface et une postface de belle allure, ardentes, juvéniles et pleines de foi. Lorsque la sincérité éclate, il faut être un triste sire pour ne point la respecter et aussi en apprécier la valeur.
M. Giovacchini est un tribun dont l'emprise est certaine. Son exorde est dit sur le ton familier de la conversation, c'est le sommaire du discours ; puis, les broutilles écartées, le verbe monte, il se maintient en une véhémence contenue, mais lorsque l attaque arrive, la voix, brusquement, tonne, le geste se ramasse et il semble que toute la force de celui qui parle se concentre dans la face blêmie au milieu de laquelle, derrière le binocle, le regard flamboie. Les phrases se terminent en coups de couperet, les mots partent comme des balles et la période ne tombe que lorsque le dernier coup est asséné.
Le discours continue. Ce n'est pas l'élu, le chef politique qui parle, c'est un ami qui cause avec ses amis en toute simplicité et le visage, tout à l'heure dur et aux méplats saisissants, est tout sourire, allégresse réelle et sereine et la sincérité chaleureuse qui unissent dans une affection évidente celui qui parle et ceux qui écoutent.
M. Giovacchini n'a pas été tendre pour les démagogues. Le coup de gueule du sieur Paul Tartempion dit Pantaloni et le courage bien connu de son insulteur André Servier, auraient pu s'exercer avec fruit contre un adversaire de cette taille. Leurs oreilles ont dû tinter.
Celles aussi des autres élus. Car M. Giovacchini, dans son exposé, a été appelé à parler de tout le monde. Avec une loyauté qui l'honore, il a rendu hommage à quelques-uns de ses adversaires politiques, lesquels, sur la question des droits des habitants de la Colonne, l'ont aidé, sans arrière-pensée, dans la tâche ardue qu'il avait assumée. En bref, voici un élu qui a rapporté à ses électeurs non pas des promesses mais des réalisations que personne ne peut nier. Le cas est assez rare, c'est pourquoi dans ce journal de franchise el d'indépendance totale, nous avons plaisir à le signaler
P. M.

AUX C.F.A.E.
Pour M. Dupouy, L'autre mercredi, une manifestation imposante, et sans précédent dans notre ville, s'est produite sur le nom de M. Dupouy, Chef d'Arrondissement aux C.F.A.E.
Dans le petit monde des journalistes, nous nous sommes demandés pourquoi les organisateurs avaient tenu la presse en dehors de cette manifestation. On nous dit qu'il vaut mieux ne pas approfondir cette question, sinon nous serions obligés de nous fâcher, car deux ou trois meneurs subalternes aux quels les chefs avaient laissé certains détails d'organisation, et qui auraient bien voulu inviter un seul journal mais n'ont pas obéi pour le faire, ont mis toute la presse au pain sec.
En revanche, ces mêmes organisateurs ont su combler les journaux de leur prose et des communiqués d'une longueur impressionnante ont été envoyés. C'est, tout de même, se moquer. C'est, d'ailleurs, la faute des journaux locaux.
Ils ont donné au public l'impression de n'être que des simples palmarès ou des appareils enregistreurs et voici qu'on les traite comme tels. Ils n’ont que ce qu'ils méritent. Certains d'entre eux ont inséré le communiqué. Nous devinons la raison. ils ont fait le geste par sympathie pour M. Dupouy dont ils ont parlé en termes excellents.

A « BONJOUR », nous l'avons écrit à plusieurs reprises, nous ne relatons que ce que nous avons vu ou entendu et nous manifestons le regret le plus vif de n'avoir pu compter parmi les personnes qui ont assisté à la fête de l'amitié et de la reconnaissance donnée en l'honneur de M. Dupouy qui est notre ami personnel!.
M. Dupouy a rendu à la Compagnie des services inappréciables.
Il fut un organisateur remarquable et trouva le moyen d'avoir, en même temps, la constante approbation de ses chefs et la totale sympathie et le respect de son personnel. Ce haut fonctionnaire avait, de sa fonction et des devoirs de sa charge, la plus haute idée et le plus bel hommage qui lui a été rendu vient, justement, de ceux qui ont été ses collaborateurs et qui seront les continuateurs de son œuvre.
Nous croyons savoir que M. Dupouy demeurera encore quelque temps parmi nous. Nous sommes certains d'être les interprètes de tous les Bônois en assurant M.
Dupouy qu'il laissera, dans notre ville, lé souvenir d'un fonctionnaire éminent, d'un galant homme et d'un lettré qui n'aura connu que des sympathies.
P. M


RECLAME
Mademoiselle et vous, Madame. | Si vous êtes jeune, conservez votre jeunesse, vous le pouvez ; Si vous êtes déjà à l'automne, faites revenir le printemps de votre âge, vous le pouvez aussi. - Mais, comment cela, Monsieur ?
- Très facile ! Procurez-vous les produits miraculeux de l’Académie Scientifique de Beauté Mv tenus par GERMAI N, 5, Cours cours Bertagna, Bône. Ainsi, l'une et l'autre, vous saurez toujours nous plaire.

LA CHRONIQUE DE P'FRIS YEUX
L'ote jour n'z'avons tous été aux crampoutches, par derrière les Casarins, ac toute la bande. Y avait longtemps n'sommes pas été et alors laisse-nous faire une ventrade à rester le ventre en dessur la terre, afogués comme des caplates
Avant que nous rentrons en ville, n'z'avons tous amusés à saute-mouton et pis aprés nous avons dit : « Olala, si vous voulez tous, pour la fête de la Penticote, nous s’allons se faire une partie de mayonnades à la mer.. ,
Çà c'est sûr, Fanfan il a dit, pasque lui, t'sé, même y sait pas çà que te vas dire; lui, il a dit avant loi et alors!
Apèc, il a dit: « Et alors, en ville, nous restons, nous, et que nous sommes? Capables d'aller a la mer, nous sommes ou nous sommes 'té pas?
Çà, oui! C’est bien ! Ma qui c'est qui va s'la faire la cuistance pour remplir tous ces ventres vides laver, comme les citernes de l'eau d : Sant-Agouslina? Ma Mamil la, qui y s' i a fait?.
A d'bon, çuila-là, y vient naouedj s'est pas vrai, 0, p'tits yeux ?
Cà, c'est sur, m y faut s'la taire à la déltrouillade, tchouche ! Sur, t'y as pas été à la guerre, toi. Otrement, tu t'aurais vu toute cette bande de aoufeurs, que pour aller en dessur le front, tous morts y étaient avant. Cà, oui, y s'la faisait à la cinéma, pas parlant, ma muant' -ou chel (i) Alors, pour çà, tous on va s'la faire, comme un bal ac sa une et chacun y s'la fait comme y veut. Et pis après, s'pas vrai ! 0, patatraque !.
Ouala, toi, o Fanfan, te te portes les zordeuvres ac pi si a des z'olives, des cotlettes spagnoles, des baïtes durs à la mort et des choses de mouton, ma de Gastu, hein 0trement, c'est pas la pine.
T'y as entendu, falso !
Toi, Matsol, te dis à ton père qui te fait un bon plat des moungnes en sauce ac la tomatiche et piquante à la mort.
Toi, Gambaleste, te le portes un plat des fèvres kamoun ou des chichris, comme tu veut
Et toi, Paolo Hasna, si te veux, ac Patatraque tu te portes, paste et fazole avec l'arme des kems
Et après, o Fanfan, si t'y aménes fifine, dis lui qu'elle s'apporte la salade de la tomate et le dessert, des fraises une figue et plein des dattes
Pourquoi te dis non? Qu’ est ce t'y as ? T'y as peur qu'on t'la chatouille ?
T'y as pas peur, va, toi t'y es un enfant de loup à la mort et, après la baignade ac toutes les mayonnades, les nefsades, les plongeades de tête, de tachaques, de cul, la planche, la bouteille à table et le dernier, à la gobine, on se chante tous en coeur : En r'venant d'l'alelik.
Chala qu'on t'la pique, pique et pique
En r'venant d'e 'alellik.
Et, à Cherif, on lui anche une madone de kems et lui y te dit : « Goul a sorte/» Cuila qui veut venir ac nous, y paie cent francs la place
C pas moi.c. Lui.

LA FÊTE DE EGLANTINE»
Ce soir, samedi, à la salle Ciantar, grande fête annuelle de l'Églantine. L'ouverture des portes aura lieu à 20 h. 30 Il y aura un grand bal dans lequel régnera la gaité la plus franche. Il y aura foule, très certainement et on dansera jusqu'au matin.

SECRET D'ISABELLE
Pour rester ainsi jeune et belle Dis, nous, ton secret, quel est-il?
Voila, répondit Isabelle : Je prends toujours du Jouventyl Qui fait circuler un sang pur vraiment efficace Et dont jamais on ne se lasse car il est agréable et sur.
Dépot à Bône : Parmacie DEBONO

Epicerie EBERHARDT Tous produits de régime : Diabète, Albuminurie ,Entérocolite, etc. Pains Spéciaux à l'Intérieur Allo ! les Ménagères Et vous, les Gourmets ! Les concentrés Tomacoop se recommandent par leur Finesse et leur parfait arôme de tomate fraîche
Soyez impitoyables : - Exigez-les !

WATER-POLO
Décidément, en matière sportive, les Bônois veulent être les premiers partout ou presque. La journée de Dimanche dernier, grâce au vaillant Cercle des Nageurs, inscrit une nouvelle victoire au palmarès de notre ville et quelle victoire.
La très valeureuse équipe de Constantine a été battue de la façon la plus régulière par 7 buts à 2. La partie a été décrite par nos confrères, elle fut émotionnante de bout en bout et émaillée de petits incidents qui ont passionné le public. Parmi les joueurs les plus remarqués nous signalerons à Constantine : Lay, Schiafino et Renaud et à Bône : Ponseille, Desté, Papaglo et Stella, Ce qui ne veut pas dire que les autres furent quelconques; pas du tout, ils soutinrent leurs as de la façon la plus magnifique.
Les Constantinois ont une façon assez curieuse de pratiquer les championnats. Ils avaient amené quatre joueurs non licenciés mais réputés, Vous comprenez ce que cela veut dire : Peu importe le championnat, il s'agit d'administrer une raclée aux Bônois et dans leur propre ville encore.
Alors les magnifiques athlètes ont répandu de la belle manière mais nous avons peur que les Constantinois ne profitent pas de la rude leçon.
Dans notre journal, on dit toutes les vérités. Ajoutons que les nageurs Constantinois, dans leur rage d'avoir été dominés dès le début, ont été, à l'égard de l'arbitre d’une insolence rare. Or, cet arbitre, M. Amady, a été d'une correction parfaite. il sait son méfier. il parle sec. Il a de l'autorité et il est profondément juste. "Nous avons jugé à propos de le féliciter personnellement au moment précis où il était insulté par.. , un Bônois.
Parfaitement, il s'est trouvé un Bônois, disons son nom en toutes lettres,

M. Blanc, qui a traité de vendu M. Amady, "Vendu a qui ? A l'équipe Bônoise qui gagnait. On demeure rêveur lorsque l'on voit un Bônois invectiver de la sorte contre un autre Bônois. M. Amady a conservé son sang-froid, nous l'en félicitons hautement.
Dans la foule, il y avait aussi quelques Constantinois qui n'étaient pas contents du tout et qui l'ont manifesté bruyamment. Auprès de nous, notamment, se tenait un jeune sous-officier que nous avons dû rappeler vertement à un peu plus de courtoisie.

« ÉCHO DES SPORTS
Sous la signature d'un homme prudent qui ne donne que son initiale fait des réserves quant a l'arbitrage qui a été fait par un arbitre local. Les sportifs de ce département ont décidément, des conceptions étranges. Telle chose a leur avantage est parfaite, elle est caduque s'ils sont battus. il nous semble que les arbitres locaux fonctionnent un peu partout et aussi qu'une victoire par 3 buts contre 2 nous parait peu discutable.

On aura tout vu et tout lu Fédération du Syndicat de Quartier de BONE MEDECIN DE NUIT
La Fédération des Syndicats de quartiers fait connaitre aux Présidents de Syndicats de la banlieue que le service des Médecins de nuit est établi pour le mois de Juin
Comme suit : 1er quinzaine M. le Docteur Mollin place de la Poste) 2 eme quinzaine M. le Docteur Tubiana (Tél. 8.46)

Mesdames, et vous Messieurs, Lorsque, chez votre fournisseur, vous achèterez du Beurre Paillaud» demandez le BON. PRIME auquel vous avez droit.
Ce bon est la garantie de notre marque ; il est aussi le gage que vous recevrez les primes très jolies que nous offrons, nous-mêmes, à nos clients et sans aucun intermédiaire.

PROCHAINEMENT : CHAMPIONNATS
Nous avons dit, que M. Paul Tartempion dit Pantaloni, avait changé d'étiquette, lors de la dernière campagne électorale selon !e" lieux et les milieux dans lesquels il se trouvait.
Paul Tartempion ne fait pas, à Tébessa, à Guelma, à Souk-Ahras la même politique qu'à Bône.
Pour ne citer qu'un exemple, signalons qu'à Souk-Ahras, notamment, Paul Tartempion fait dire par ses acolytes qu'il n'est pas le Propriétaire de l'écho de l'ancien Soir.
Ses employés dans cette ville ajoutent même qu'il n'est rien à ce journal.
Pourquoi cet excès de modestie? Parce qu’on a signalé à Paul Tartampion qu'il avait commis une gaffe majeure en écrivant et en signant certain article qui a fait se tordre de rire tous les journalistes nord-africains. 11 avait fait là un acte de possession morale qui lui a porté un préjudice certain auprès des homm is qui ont gardé le souvenir des palinodies politiques du journaliste qui signe à côté de lui.
Notamment, les républicains de Souk-Ahras et de Guelma ne se font aucune illusion sur le républicanisme d'un André Servier qu'ils ont bien connu et qui -n'a été qu'un réactionnaire toute sa vie. C'est pourquoi on s'empresse de déclarer que ce pauvre Paul Tartempion n'est pour rien, mais rien, dans les élucubrations de L'ÉCHO DES CANCRES. Nous en trouvons la preuve dans un papier vigoureux cueilli dans notre confrère L'AVENIR DE SOUK HARAS.
Notre confrère écrit :
A la manière d'un pachyderme qui voudrait valser sur des œufs, le correspondant du journal qui n'appartient pas au docteur Vantalcni, se permet de donner des conseils désintéressés à notre Directeur.

Maison Lavie, rue. Bugeaud. Stalle Zèrala, Marché Français et dans toutes les bonnes Maisons d'Alimentation lui dirons: « Adressez-vous donc à votre patron, il vous apprendra, si vous J'ignorez, de quel côté se trouvent les girouettes, Le propriétaire et patrons du journal de Bône et son rédacteur en chef, vous montreront les plus beaux spécimens de phares tournants lorsqu’on les éclaire !, 4 Et si, ainsi que vous le dites, votre amiral tient à notre disposition le foin qu'il a biens ses bottes (sic) c'est qu'il réserve probablement pour vous la paille qui est la nourriture ordinaire vies à les. Sufficit. »
On ne s'ennuie pas à Souk-Ahras.
SUCCES
Succès Bônois à Paris Le Cinéma vient de s'enrichir d'un animateur nouveau M. Jean Buail, fils du sympathique Maire de Duzerville, qui s'était consacré au cinéma depuis quelque temps et qui• attendait son heure, vient de remporter un éclatant succès avec son premier film intitulé "Trois Petits Amours » dont il est l'auteur, le Metteur en Scène est aussi musicien ; car avant le cinéma, M. Jean Batail s'était destiné à la Musique.
Les journaux de Paris disent grand bien de ce film qui vient d'être présenté à la critique. "La Griffe Cinématographique ", notamment, qui n'est pas toujours tendre, déclare que le film
de M. Jean Batail est spirituel de bout en bout et fort amusant. Le jeune auteur travaille, en ce moment à deux autres films en cours d'exécution et qui sont destinés l'un à Gaumont, à Paramount.
Tous nos compliments et tous nos meilleurs souhaits de réussite à notre concitoyen dont le jeune talent s'est fait, très rapidement, une place enviée dans cet énorme maquis qui s'appelle le Cinéma.
Maintenant, que M. Buail soit un homme d'esprit et un lettré, rien de surprenant, il est le fils de son père.
Nous espérons bien voir, à Bône, le film de M. Jean Buail.

MARIAGE Mlle Germaine Collura, fille de Mme et M. Collura, Président du Syndicat des Patrons coiffeurs de Bône, va épouser, le 8 Juin prochain, M. Michel Bergerot.
Nous présentons aux futurs époux nos souhaits les meilleurs et les plus sincères et M. Collura, si sympathique à tous ceux qui le connaissent, voudra bien prendre sa grande part, ainsi que Mme Collura dans les Compliments que nous faisons.

Pourquoi les Pâtes du SPHINX se gonflent-elles toutes seules ?
L'orgueil d'être les meilleures.

NAISSANCE
M. Henri Beuscher, officier de cavalerie et Mme Henri Beuscher viennent d'augmenter leur jeune famille d'un petit garçon. M. Henri Beuscher est le fils de M. Beuscher, notre très sympathique concitoyen, Payeur particulier à Bône, Le nouveau né est le neveu d'Auguste et de François Beuscher, les brillants polémistes que les Bônois connaissent bien. Tous nos compliment les meilleurs et les plus sincères.

FIANÇAILLES
Nous apprenons les fiançailles de Mlle Paulus avec M. Malard, Ingénieur naval.
Mlle Paulus est une délicieuse jeune fille. Elle a de la Française, la grâce inégalable et la rare distinction, la finesse et la haute éducation. Elle est la fille d'un de nos officiers supérieurs les plus sympathiques, M. le Chef de bataillon Paulus.
Nous adressons à M. Malard toutes nos félicitations, il a fait un admirable choix et puisque il a su se faire agréer il est certain qu'il n'est pas sans mérite.
Mlle Paulus acceptera nos compliments les plus vifs et tous nos souhaits de bonheur parfait. Nous espérons que Mme Malard nous conservera le sourire charmant que Mlle Paulus nous réservait chaque fois qu'elle nous rencontrait.

Le Garage Sultana BONE lance une nouvelle Chenard & Walker C9\ par sa faible consommation cl son amortissement très long.

Conférence sur la Commune M, Boisseau a fait, samedi dernier, à la salle Ciantar, une conférence très applaudie sur l' Histoire de la Commune de Paris.
Le dossier du conférencier était bourré de notes, de documents et de dates. Tout cela représente un travail considérable.
Dans un style facile, M. Boisseau nous a intéressés pendant presque deux heures. On l'a chaudement complimenté et nous joignons nos félicitations à celles du public.

ROBUR est le pain complet par excellence, trois fois plus nutritif que le pain blanc, rééduque l'intestin. En vente Boulangerie-Pâtisserie CRAV/V– RIO, Louis Lavorante Pre, Place de Strasbourg.
A un autre!
Nous avons reçu, de Batna, un sonnet fort bien tourné et intitulé «
Lesbiana"
Notre correspondant trouvera, ici, l'expression de nos regrets; nous ne pouvons insérer une poésie de ce genre. A « Bonjour » nous ne nous occupons pas plus du culte cher à Sapho que nous ne nous intéressons aux mœurs des pédérastes.
Notre correspondant, qui nous donne un nom que nous connaissons fort bien, a dû se tromper, en l'occurrence. Pourquoi n'a-t-il pas envoyé sa copie à un de nos confrères qui a l'exclusivité, ici, des échos fréquents et saligauds sur les questions « pédérastiques » et autres petites cochonneries. Il faut croire que cela émoustille le cerveau quelque peu affaibli de ses rédacteurs.
Notre poète s'est trompé de journal.

FOOT-BALL
Le sentiment général éprouvé par la foule qui a assisté au match de Jeudi, a été une véritable allégeance devant la tenue de nos équipiers. Pas un seul instant, ils out donné l'impression qu'ils étaient écrasés et ils ne l'ont pas été Le score t e veut rien dire. La physionomie très nette de la 1) ti été que si le> bônois, qui ne sont pas des Mateurs pouvaient voir l endurance et la technique des professionnels dont le métier, est de se perfectionner du matin au soir, ils auraient marqué deux ou trois buts de plus, au moins. Ils ont fait plusieurs descentes très belles, très passes,; elles n'ont pas abouti à cause de ce manque de fini qui appartient aux professionnels Si on additionnait les temps, on remarque que les Bônois ont joué dans le camp adverse près d'un quart des temps employés et c'est un très beau compliment. Outre cela, ils ont tenu, eu vitesse, en souffle, et courage jusqu'à la dernière minute. On n'était pas en droit de leur demander plus que ce qu'ils ont fait et nous leur adressons nos plus vifs
Compliments.
- Vendredi, avant de quitter Bône, l'équipe de l'Antibes-Olympique a déposé une gerbe de fleurs sur le socle dit Monument aux morts.
Merci !

Classement parfait ! TYPO Imprimés : luxe et commerce 4 rue Téléphone: 1-9 SUNDER WOOD Fournitures pour machines à écrire Atelier de mécanographie
Veuve J. ORSONI, Cours National,Articles de Fumeurs parfumerie Tabacs de Luxe , REMINGTON présente ses nouveaux modèles. Sa Portative à tabulateur, payable 87.50 par mois Sa Portative Noisless, -– 110.00 par mois Sa Transportable Noisless, - 115.00 par mois Catalogues et démonstrations – BUREAU Bône - Rue Prosper Dubourg - Tél. 3.75

Feuilleton de « Bonjour»
Le diamant Vert
ROMAN MYSTÉRIEUX PAR PIERRE MARODON
Estéban descendit et, presque aussitôt après, son chef, convaincu de la parfaite tranquillité de toute la maison, s'engagea à son tour dans l'escalier.
Devant lui, Juan voyait la silhouette d 'Estéban dessinée vaguement par une petite lueur qui venait de la cave et qui émanait de la lanterne d Hartfetd.
En bas, Brahim, aux aguets dans l'ombre, se pencha vers Maurice :
- Ils sont deux dit-il.
- Tant pis ! répondit Maurice
tout bas, passe de l'autre côté.
Chacun le sien !.
D'un saut léger, l'arabe changea de place mais l'espace d'une demie seconde, la petite lueur avait été interceptée. Juan s'en était aperçu. Instinctivement, il s'arrêta.
Estéban n'y avait pas pris garde et continuait à descendre. il arriva à l'entrée de la cave. De nouveau,
le bras de Maurice s'allongea. Happé, le bandit disparut.
Mais Juan avait vu le geste.. A toute vitesse, il remonta.
- A nous ! A nous ! hurla Brahim.
Et, en haut, dans la maison, il y eut une galopade.
Juan, dans sa précipitation, glissa sur les marches humides. 11 eut un juron; dan, sa chute, il avait lâché son revolver. Brahim, qui avait bondi derrière le bandit, ramassa l'arme.
L'Aigle Noir, déjà se trouvait en haut de l’escalier. Il se jeta dans le corridor: trois ombres se dressèrent devant lui: - Haut les mains! fit une voix sèche.
Stupéfait, ayant perdu, momentanément, son remarquable sang-froid, le bandit, machinalement obéit.
- De la lumière ? reprit la voix.
Criquet apparut avec une lampe.
Juan poussa un cri d'effroi, de colère en même temps que de stupeur. Il avait devant lui, Sardac et Maubreuil. Le bandit laissa retomber ses bras. Livide, il haletait
- Mais, oui, mon cher monsieur c'est bien nous! dit Maubreuil railleur Nous avons sauté, nous avons été écrabouillés, hachés menu, et cependant, nous voilà !.
L'aigle Noir avait perdu toute présence d'esprit; sur ses jambes, il flageolait.
- Brahim, fouille monsieur L'arabe obéit et, des poches de l'homme, sortit un second revolver et un long couteau catalan.
- Vous m'oubliez ! Hâtez-vous un peu cria une voix calme qui monta des profondeurs de la cave.
Juan tressaillit, il avait reconnu la voix de Courtenay. Mais, au lieu de l'affoler complètement, la certitude que sa troisième victime était vivante, elle aussi, fut le coup de fouet qui lui rendit sa merveilleuse lucidité. Il se redressa, hautain et orgueilleux, vaincu mais non battu, et ses yeux étincelants, qui ne vacillaient plus, fixèrent ses adversaires.
- Superbe Maubreuil grand amateur d'énergie, avait laissé échapper cette exclamation.
La face contractée, mais, en apparence, impassible, Juan attendit :
- Monsieur, dit Sardac vous êtes venu pour le trésor. Nous allons vous conduire au trésor
Juan laissa échapper une exclamation de surprise.
- Veuillez descendre à la cave avec nous, reprit Léon qui tenait un revolver dans la main droite.
- Je vous ferai remarquer, ajouta-t-il, que vous êtes seul. Vos deux compagnons sont réduits à l'impuissance, vous vous en doutez bien. A la moindre tentative de votre part, je vous casse la tête
Criquet, ouvrant la marche, portait la lampe. Juan suivit, précédé par Brahim. Léon et Pierre sur ses talons.
Dans la cave, Maurice et Srir attendaient. Près d'eux, sur le sol, gisaient Hartfeld et Esteban ficelés solidement.
- Beau travail ! fit Criquet, admiratif. Du premier regard, Juan avait vu les sacs et, dans les yeux du bandit, on put lire la cupidité, la rage et la déconvenue.
- Voici le trésor, fit Sardac.
Brahim, ajouta l'ingénieur, veux-tu ouvrir ces sacs et les vider aux pieds de monsieur ?

L'arabe obéit. Sur la pile, il prit un sac au hasard et, après en avoir dénoué l'ouverture, le saisissant par le fond, le renversa. Des petits morceaux de granit, du sable et de la terre en tombèrent.
Juan eut un regard étonné vers les trois parisiens impassibles.
Brahim vida un second sac, puis un troisième puis tous. Et ce fut bientôt aux pieds de J "Jan, stupéfait, un amoncellement de terre et de cailloux petits et gros.
- Que signifie? murmura le bandit Sardac s avança : - Voilà tout ce que nous avons rapporté de l'Oued-Merchouf, ditil avec une ironie tranquille, et c'est pour la conquête de cela que vous aviez mobilisé six cents touareg qui n'ont pas osé nous attaquer, la crainte de nos Ouled-sidi-cheicks et de nos fusils étant, pour vos acolytes, le commencement de la sagesse.
C'est pour cela, aussi, ajouta-t-il froidement, que vous avez tenté de nous supprimer, avant-hier, et que ce soir vous vous trouvez ici!
- Mais, le trésor? demanda Juan.
- Le trésor? Mais, mon cher monsieur, répondit Sardac b o n homme, il est toujours à l'Oued Merchouf.
Le bandit, qui se ressaisissait, eut un geste d'incrédulité.
- Je ne comprends pas ! dit-il.
- Vous allez comprendre ! Dieu veut, quelquefois, que Les honnêtes gent aient plus d'imagination et
plus de ruse que les bandits. Nous vous avons tendu un piège et vous y êtes tombé l'Aigle Noir eut un frémissement vite réprimé.
- Nous croyons avoir deviné, reprit Sardac, les différents systèmes qui ferment l'entrée du trésor.
Nous avons réussi à ouvrir la première porte mais, malgré toute notre patience, toutes nos recherches, nous n'avons pu aller plus loin. Le parchemin que vous déteniez nous manquait, il nous le fallait..
Un bruit monta du roi de la cave.
Hartfeld, aux derniers mots de Sardac, avait poussé un gémissement. Juan, suspendu aux lèvres de l'ingénieur, n'entendit rien.
Sardac continua : - Dans le désert, vous et vos amis, nous étions insaisissables Nous avons eu une idée
- Dis que tu as eu une idée 1'interrompit Maurice.
-- Si tu veux, répondit Sardac avec un sourire. J'ai donc eu une idée: faire semblant d'avoir trouvé le trésor et simuler son transport a Biskra. Vous nous suiviez, indubitablement, C'était ce que nous voulions. Pour vaincre votre défiance et vos dernières hésitations, nous avons ajouté un second stratagème qui a parfait le premier.
Nous savions que, parmi nos chameliers, il y avait un traître, un homme à vous ou, si vous aimez mieux, à Embarek, votre allié, que je regrette de ne pas voir à vos côtés. Devant ce chamelier qui l'épiait, Brahim eut, un jour, l'idée de laisser choir d'un des précieux sacs. Deux diamants, que votre homme s'empressa de ramasser.
- Bien joué! fit Juan.
- N'est-ce pas? répliqua Sardac. Cet homme vous a apporté les deux diamants, n’est-il pas vrai?
Bref, vous n'aviez pas osé nous attaquer, mais vous nous aviez suivis jusqu'à Biskra, espérant être plus heureux ici. Vous avez donné dans la nasse. Vous et vos amis à portée de notre main, nous comptions bien vous reprendre le parchemin.
Malgré son dépit d'avoir été joué, Juan eut un sourire.
- Nous comptions vous reprendre le parchemin, insiste Sardac, et nous emparer de vos personnes.
Tout cela est fait ajouta-t-il il de sa même voix égale.
Du coup, le bandit fut désarçonné.
-- Vous avez le parchemin? bégaya-t-il.
- Le voilà répondit Sardac en sortant de sa poche la grande enveloppe carrée.
Juan eut un cri de bête acculée:
- Hartfeld ! hurla-t-il. Hartfeld, Traître .
Sur le sol, l’Allemand se tordait, impuissant.
- Votre acolyte, n'est pas un traître, dit froidement Sardac, mais c'est un maladroit !
- Qui aime trop le champagne et les jolies filles s'écria une voix pointue et Criquet se pencha sur Hartfeld.
- Bonjour, Félix ! dit-il avec un accent intraduisible.
Le bandit ouvrit des yeux énormes, il regardait Criquet et un travail se faisait dans sa pensée.
Lors de l'incident de la veille, Criquet avait, en effet, joué son rôle jusqu'au bout avec une telle perfection, que l'Allemand, tout en déplorant amèrement la perte du parchemin enfermé dans son portefeuille, perte qu'il n'avait pas encore avouée à son chef, avait cru avoir eu affaire) une vulgaire entôleuse que la police, alertée, retrouverait.
Sous l'apostrophe du gamin, Hartfeld recommença d'entrevoir la vérité
- Oui ! Oui ! disait Criquet en hochant la tête et faisant au bandit des petits signes amicaux, mais, oui, mon vieux Félix, c'est moi! c'est bien moi, Louisette Brochu . ,
Hartfeld eut un rugissement étouffé,
(à suivre)

GALERIES de FRANCE
Grande Réclame, Série prix, A chacun de nos Rayons, Affaires Sensationnelles profiter des articles vendus A Voir nos étalages Dimanche sans bénéfice à prix unique y 4 et Lundi 5 Juin

VARIETES
Cet excellent Cinéma va nous donner cette semaine, une adaptation cinématographique de l'œuvre d'un des écrivains les plus célèbres de notre temps, Roland Dorgelès.
On a conservé le souvenir de ce livre intitulé "Partir" que Roland Dorgelès avait consacré à son voyage dans inde et les possessions françaises d'Extrême-Orient.
Partir, c'est l'éternel désir de l'homme qui cherche à s'échapper des liens qui le retiennent. C'est le prisonnier qui s'évade, le fugitif que la Loi pourchasse.
C'est sur ce thème que Roland Dorgelès a créé une action à la fois charmante et émouvante.
Les interprètes sont connus du public. Simone Cerdan et Ginette d'Y, joueront les deux principaux rôles féminins. Jean Marchal sera le jeune premier, beau et sympathique, utile à tous les Metteurs en Scène. 7/ aura. pour le compléter, des grands comédiens comme Lugne-Poe, Mauger et Paulais du défunt Grand-Guignol; et Prince qui fut le héros comique de tant de films muets.

Palace agrément de ses programmes que les Bônois ont su apprécier depuis longtemps, M, Lagardère sait ajouter la diversité.
Voici qu'il nous donne un film quelque peu exceptionnel par sa facture et par son sujet.
« Danton" est un film qui, en France, a fait couler beaucoup d'encre. Il a soulevé des enthousiasmes dans différentes classes de la société. C'est, sinon, un film historique, une œuvre qui serre l'Histoire de très près et les reconstitutions, notamment, ont été faites d'après les estampes qui demeurent de l'époque de la Révolution : le café du Parnasse et, surtout, le fameux café Procope où se-réunissaient journellement les révolutionnaires les plus fameux : Danton, Marat, Robespierre, Saint Just, etc. le Club des Cordeliers, l'Hôtel-de Ville de l'époque, le Tribunal révolutionnaire et, enfin, la célèbre Place de la Révolution au four d'hui Place de la Concorde, où s'érigeait la guillotine en permanence.
Ajoutons que le rôle de Danton sera tenu par Crélillal, le fameux comédien au masque puissant et nous serons assurés d'avoir dénoncé un film émouvant et intéressant de bout en bout.

Le client qui va chez Maurice FELOUX, Place de la Poste, et satisfait de deux choses : la beauté de ce qu'il a acheté et le prix qu'il l'a payé,
CINEMA OLYMPIA
Nous adressons nos souhaits de la plus cordiale bienvenue à M. Torlonèse, nouveau Directeur du Cinéma Olympia. M. Torlonèse est une chevronné des Établissements J.Seiberras et il vient dans notre ville, précédé par une excellente réputation. il nous a donné, cette semaine, deux films remarquables, la première époque de Méphisto et Ce cochon de Morin œuvre très amusante.
La carrière de Méphisto va se poursuivre la semaine prochaine, et il y aura, ainsi, quatre époques. Les amateurs d'aventures et de films aux péripéties émouvantes pourront se régaler.
Nous l'avons dit, nous retrouverons dans ce film, le protagoniste de tant de films du même genre, René Navarre, l'acteur célèbre qui fut, naguère, le légendaire Fantômas.
OPERETTE
L'auteur, Arthur Bernède, le maître en la matière, a tiré de son cerveau des situations nouvelles et c’est un tour de force. Cette semaine vaudra la première.
En fin de programme, "La Chauve-souris l‘adorable opérette du grand maître Strauss.
RECLAME
: Pierre MARODON / - Matériaux de Constructions chaux - Ciments - Plâtres Tulles - Carreaux – Plinthes de la Société de Produits Céramiques de St-Henry: Aubagne, St-Zalcharie et de la Société P. Virabian et Cie de Marseille
Agence et Dépôt pour Bône et région : Téléphone 0-94 2 bis rue Louis-Philippe

Spécifiez bien UN MATTEI et l'on vous servira le véritable Vin du Cap Corse (au quinquina). Le seul, voyageant avec certificat d'origine Hors concours, membre du jury, exposition internationale de Paris J 93 J A. Calmels Agent régional exclusif à Bône

Site Internet GUELMA-FRANCE