BONJOUR !

Revue satirique, littéraire, théâtrale, cinématographique et sportive

03 NOVEMBRE 1932
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« Bonjour » et « La Dépêche Algérienne
Ferdinand Marchis.

Un aveu: Les Promenades d'un Solitaire.

Le Théâtre.
Nous voudrions être prudents dans notre langage.
De toutes les villes d'Algérie, Bône est celle qui compte le plus grand nombre d'Italiens. Nous ne parlons pas des naturalisés qui sont devenus d'excellents français. Les Italiens demeurés italiens ne sont pas en cause, non plus.
Et c'est, justement, en raison des relations très cordiales qui existent, ici, entre italiens et français que notre « Revue » qui a décidé de dire tout ce qui est utile, se doit de ne pas cacher, aux uns comme aux autres, certaines informations.
Alors que, dans son discours de Milan, Mussolini vient de bêler à la paix, nous devons à un français clairvoyant qui est de nos amis, la traduction suggestive d'un « papier » italien paru, il y a deux mois à peine.
«Il Popolo d'Italia», journal sondé naguère par Benito Mussolini, a publié un article dans lequel il signale que c'est le Duce soi même ! qui a voulu rédiger, pour l'Encyclopédie Italienne, la définition du mot : Fascisme.

Voici ce que dit Mussolini : Le Fascisme est, aujourd'hui nettement déterminé non seulement comme régime mais comme doctrine..
Surtout, le Fascisme en ce qui concerne, en général, l'avenir et le développement de l'humanité, en mettant de côté toutes les considérations de politique actuelle, ne croit pas à la possibilité, ni à futilité de la paix perpétuelle.

« Il refuse, par conséquent le pacifisme qui cache un renoncement à la lutte et qui est une lâcheté en face du sacrifice.
« Seule, la guerre porte au maximum de tension toutes les énergies humaines et donne une empreinte de noblesse aux peuples qui ont la vertu de l'affronter. »
Ne critiquons pas la phraséologie chère à Mussolini. Retenons les mots essentiels.
Nous l'avons dit, ici, dans un précédent article : malgré notre désir fervent, nous ne pouvons nous résoudre à croire à la paix perpétuelle tant que 'l’homme sera un loup pour l'homme pas plus que l'on ne peut envisager un éternel beau temps. Mais nier l'utilité de la paix c'est déclarer que la guerre est une nécessité et c'est là la parole d'un fou mégalomane, le dernier mot étant le pléonasme du premier.
Mussolini ajoute :
« Le pacifisme est une lâcheté. »

Le français Aristide Briand, qui fut le plus grand des Européens, n'était pacifiste que parce qu'il était lâche.
Il y a, dans les terres d'Argonne, de Champagne et d'ailleurs, des cœurs morts qui sont surmontés par des croix de bois. Parmi les vivants, il y a des cœurs qui sont couverts par des croix étincelantes, emblèmes de courage et d'abnégation ; ces cœurs qui sont, peut-être, les plus pacifistes de tous parce qu'ils ont vu, vécu et supporté la guerre, ne battent que dans les poitrines des lâches. On ne relève pas ce genre d'insulte.
Enfin, affirmer que la guerre, seule, donne une empreinte de noblesse aux peuples qui ont la vertu de l'affronter, ici virtus (courage) sans doute, au sens latin du mot, c'est, qu'on l'aie voulu ou non, faire l'apologie de l'assassinat.
Ceux qui frémissent d'horreur au souvenir du sang humain répandu, des cadavres verdis, des longues cohortes des veuves et des orphelins et qui pâlissent de pitié lorsqu'ils rencontrent, par les rues, les magnifiques gaillards de 1914 qui sont devenus des aveugles, des manchots, des hommes troncs, des vieillards séniles, à 40 ans et aussi ceux qui masquent, de leurs visages, les affreuses plaies, ceux-là selon Mussolini, ne sont que des pleutres. Seul est noble le soudard allemand et, dans la Légende des Siècles, Guillaume II sera plus grand que Pasteur.
ROME

Rome, lors de la 3 ém guerre punique, retentissait déjà du « Delenda est Cartago ! » (D'abord, il faut détruire Carthage !) du féroce Caton. C'est à Rome que, 20 siècles plus tard, un homme prophétise et souhaite que les peuples, s'ils veulent être nobles, devront s'entr'égorger.
Si Jean Jaurès vivait encore, qui, en 14, revenait du Congrès de Bruxelles pleurant de colère et de souffrance et qu'un fou royaliste a assassiné, Jaurès qui eût été le plus français des français devant l'agression allemande, quelle apostrophe indignée n'aurait-il pas lancée au visage de l'histrion italien. ?
On sait fort bien que la majorité du peuple d'Italie, réduite au silence, ne pense pas comme celui qui la musèle, le désastre de la Piave lui suffit. Cet ancien socialiste, dont les socialistes ont une honte rétrospective, est plus autocrate qu'un tsar. Cet Ogre qui ne mange que le Petit Poucet pourrait devenir dangereux si, un jour inéluctable, toute cette grandiloquence ne devait sombrer dans le ridicule.
Il n'en est pas moins vrai que si Mussolini n'existait pas, l'Allemagne serait moins insolente et c'est à cela qu'il faut réfléchir.
Écoutons, méditons et soyons prêts. Le Dieu de la Guerre redescendra, peut-être, sur la terre. Il aura Mussolini à sa droite et, à sa gauche, Hitler ou le kronprinz, derrière lui l'Armée Rouge. Nous avons Weigand et Pétain, auprès d'eux nos officiers et puis encore quelqu'un, le Poilu.
Ne nous affolons pas.
Pierre MARODON.

LE POUZI Les promenades d'un solitaire
C'est un ménage charmant et aisé. Leur existence est sans histoire puisqu'ils sont heureux.
Cependant, un incident, banal en soi vient de troubler leur quiétude, ils ont mis leur cuisinière à la porte. L'historiette est amusante, la voici
: Madame est d'une excellente famille et, fille unique, elle a été un peu trop gâtée. Elle est jolie et coquette un peu, elle s'habille bien, elle est aimable et bien élevée et elle aime son mari, mais sa science de maîtresse de maison est un peu succincte.
Les dépenses augmentaient tous les jours. Le jeune mari gagne largement sa vie, il est généreux, tout de même, à chaque demande d'argent nouvelle pour les dépenses du ménage, il poussait un soupir et murmurait :
Comme l'argent file !
Depuis quelque temps, elle paraissait soucieuse. Elle ne demandait plus l'argent qu'avec une certaine timidité. Elle semblait hésiter à poser une question ou à prendre un parti. Cette attitude frappa le mari :
- Qu'y a-t-il donc, mon poulet ? demanda-t-il affectueusement.
- Rien ! Oh rien du tout, mais tout de même, tout cet argent qu'on dépense
- Oui, hein fit le mari avec un bon sourire. Tu ne te doutais pas de ça. Enfin, fais attention, mon petit. Tu surveilles les comptes de la cuisinière, au moins ?
- Oh ! Pour çà, oui répondit elle, sincère. Tout les samedis, elle me remet son carnet et je vérifie les additions, je te l'assure.
Et bien ! Mais c'est très bien, çà, petite ménagère. Ne te fais pas trop de bile, çà se tassera.
Enfin, un jour, elle se décida et, le soir venu, elle profita de l'intimité douce de l’après-dîner, c’était un samedi, justement.
- Dis-moi, chéri ? demanda-t-elle
- Il allumait une cigarette :
Quoi donc, chérie ? répondit il avec empressement.
Tu sais ce que c'est toi, le Pouzi ?
Le quoi ?
- Le Pouzi ?
Le Pouzi, Qu'est-ce que c'est que cet animal-là ?
Çà se mange, à ce qu'il parait.

- Çà se mange ?
Oui, et nous en mangeons, même, très souvent.
Le mari paraissait tout ahuri. Je ne comprends rien du tout dit-il enfin.
• Mais oui, coco, nous en mangeons presque tout les jours !
Et d'un mignon secrétaire, la jeune femme sortit le carnet de la cuisinière. Le mari le prit et le feuilleta. Stupéfait, il lut au hasard des pages:
Poulet 2 8.00 Pouzi ,' 35.oo ,Navais 3.00, Pin 4.50, Potofeu 12.50, Atticho. 6.00, Langouste 3 2.00, Fouzi 40.00, Maquarauni 3.00 ,; Sossice. 5.50, Crevetes 25.00, Fouzi 3o.oo etc
Mais, oui, murmura-t-il, on en mange du Pouzi et c'est rudement cher.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
La cuisinière appelée, on lui mit le carnet sous les yeux
Qu'est-ce que c'est que ce Fouzi ? demanda le maître de la maison.
Quel Pouzi ?
Comment, quel Pouzi ? Celui que vous marquez sur votre carnet, parbleu
La cuisinière se troubla légèrement. Cependant, elle murmura :
Je ne comprends pas ce que Monsieur veut dire.
Moi, non plus, ma fille, répondit une voix qui s'énervait. Enfin, là, tenez et puis là Lisez : Pouzi 35 f. et puis là : Pouzi 40 f.
Lisez, bon Dieu !
La cuisinière était devenue écarlate. Elle balbutia :
C'est que je ne sais pas lire
Vous ne savez pas lire ? Qu'est-ce que vous me chantez ? Vous savez écrire, pourtant.
Oh non Monsieur, fit la cuisinière tout oppressée. Je jure à Monsieur, que je ne sais ni lire, ni écrire.
Elle paraissait sincère.
Alors, demanda, étonné le maître de la maison, qui est-ce qui tient ce carnet ?
C'est Julie, Monsieur.
Allez chercher Julie.
La cuisinière semblait ne mettre aucun empressement. Cependant elle se décida.
Ou plutôt, non, restez-là dit le jeune homme, se ravisant. Veux-tu sonner, chérie ? demanda-t-il à sa femme.
Julie comparut.
- C'est vous qui tenez ce carnet demanda le maître de la maison ?
- Oui, Monsieur, c'est le carnet des dépenses.
- Je le vois bien, sapristi : mais ce que vous écrivez dessus.
- C'est Césarine qui me dicte, chaque fois qu'elle revient du marché.
On s'expliqua.
La femme de chambre était une brave fille toute jeunette, d'entendement étroit et sans malice. Voici ce qui se passait.
La cuisinière dictait mais, en dictant, elle pensait à haute voix.
Elle disait ; - Heu ! Voyons, qu'est-ce que j'ai acheté ce matin.
Tu écris, hein ! petite ?
Heu ! Ah ! oui ! poulet 28 f. ajoutait-elle pour elle-même.
Puis, d'un ton décidé : Pouzy 35 f.
Et elle continuait, en monologue : Et puis, il y a la langouste, 32 f. Ben ,1 Pouzy 40 f.
Et, contentieusement, la femme de chambre marquait tout ce qu'elle entendait, à la fois le prix exact des denrées que la cuisinière se remémorait à haute voix et, tout au dessous, le prix majoré que Césarine voulait y écrire.
Le tout faisait, évidemment, des additions aux chiffres astronomiques. L'affaire ne traina pas. Le lendemain, à l'aube, la cuisinière avait déguerpi.
Les bienfaits de l'instruction peuvent avoir des résultats inattendus. Si cette cuisinière avait su écrire, elle eut pu, quelque temps encore, faire croire à ses patrons que, cette année, le Pouzy est hors de prix.

LE SOLITAIRE
Autres chansons fascistes
Notre rédacteur en chef a consacré son article de fond à Mussolini et, coïncidence, on nous raconte nous donnons le renseignement sous toutes réserves que des enfants italiens résidant en Tunisie et qui étaient allé passer leur vacances en Italie, en étaient revenus avec aux lèvres, une chanson haineuse qui leur avait été apprise dans les milieux fascistes.
Ils la chantèrent, dans les rues de Tunis a leur débarquement. Il était question d'arracher la barbe des français pour en faire un blaireau destiné à la toilette de Mussolini et aussi de donner la chair des français en pâture aux chiens du même Mussolini. Si la chose est exacte, on se demande a quel mot d'ordre ont obéi les journaux français de la Régence en ne signalant pas un pareil fait.
D'autre part, des bônois nous ont dit que l'été dernier, ils ont été l'objet des sollicitations du Consul Fasciste, à Bône, lequel leur demandait de l'argent pour envoyer en Italie, pendant les vacances, les enfants italiens qui habitent notre ville. Nos concitoyens ont refusé.

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FERDINAND MARCHIS
Le comité qui s'est constitué dans le but de faire élever une statue à l'ancien Maire de Bône, a publié une sorte de bilan. Le sympathique Georges Vassalle, qui a accepté le poste ingrate de trésorier, a dit qu'il fallait encore de l'argent. On trouvera cet argent, il le faut, ne serait-ce que pour le bon renom de notre ville.
Ferdinand Marchis fut un homme qui eut la qualité rare de se faire aimer. Tous les hommes politiques ne peuvent en dire autant. Sa disparition fut il autant plus émouvante qu’il avait dû subir sur la fin de sa vie, des déboires qu'il ne méritait pas.
Nul plus que lui, dans cette ville, ne connut l'ingratitude; et, le Destin, s'il était juste, devrait, pour certains hommes, en limiter la part.
Évidemment, Marchis a laissé des mécontents. Il a été impossible aux Maires de jadis, comme il est impossible à celui d'aujourd'hui, de satisfaire chacun et tout le monde. Il ne peut en être autrement pour tous les hommes qui ont occupé des fonctions publiques.
Mais si tous ceux que Ferdinand Marchis, dans sa longue vie, a obligés, protégés, soutenus, défendus, créés même, apportaient leur obole, le trou qui est dans la caisse de Georges Vassalle serait vite comblé.
Les vivants s'honorent lorsqu'ils conservent le culte des morts, surtout lorsque ces morts ont été utiles à leurs concitoyens. Les amis de Marchis méritent d'être aidés pour leur ténacité et pour leur fidélité.
La Rédaction.

UN AVEU
Dans notre boîte aux lettres, Jeudi malin, nous avons trouvé une invitation conçue en termes fort aimables à participer à l'apéritif offert par M. Saunier à ses amis et aux musiciens des deux Sociétés bônoises qui l'avaient « aubadé » en l'honneur de sa décoration. Noirceur ou distinction ? Notre naturel optimiste nous fit pencher pour l'hypothèse la plus flatteuse.
Dire que l'invitation s'est égarée, prétexter une absence, une indisposition subite ou un rendez-vous urgent aurait été vidée de quelque chauffe-Accouche, un de ceux qui se montrent lorsqu'il y a bénéfice et se défilent lorsqu'il y a danger ou compromission. Bonjour" accepte les invitations qu'on lui adresse.
A peine assis, nous contemplâmes l'Honorable société.' A notre droite, M. Vigo, Vice-président de l'Harmonie Bônoise, aimable et disert. Là, nous devons ouvrir une parenthèse. L'absence de M. Noceti, autre Vice-président de l'Harmonie Bônoise, était l’objet de toutes les conversations.
Nous avons remarqué que l'on ne parlait que de cela. Quel regret pour nous surtout, de ne pas avoir, à nos côtés, notre vieux camarade de bataille pour étayer notre courage.
Ce vaillant nous eût soutenu.

Après M Vigo, M.Saunier, le sympathique impétrant et M. Cendom, le chef de musique à la barbe d'apôtre. Un peu plus loin, M.Alfred Tascher, Président du tribunal de Commerce, le visage amène mais, derrière le binocle, au regard scrutateur et froid que le Juge souverain, même sans la toge, réserve au justiciable.
A la senestre, M. Mariani qui, de joie a bu deux anisettes. M. Garcia dont le regard fin sous les lunettes nous fixait, par échappées, d'un petit air narquois.
En face, notre confrère, Jean Bouchet, encore un qui s'abrite derrière une fenêtre et dont on ne sait si les yeux sont sévères ou gouailleurs ; M. Aimé Tossy, le galant serveur du banquet tragique et la Rédaction de la Dépêche au grand complet.

Tout autour des hommes appartenant à tous les partis, ce qui prouve, quoi qu'on en dise, qu'ici, il y a des indépendants qui font passer l'amitié à côté de la politique.
Et puis, Sainte-Vierge ! les collaborateurs, les employés de la Tabacoop, les noirs agresseurs - ou les agressés, on ne sait pas au juste - de la rue du Capitaine Génova, de sombre mémoire. Las ! leurs vêtements n'étaient pas couleur de muraille et ne celaient point des pistolets amorcés, toute une bande de grands gaillards dont les visages, aux grandes lumières de la Brasserie de la Paix, apparaissaient joyeux et souriants.
Et nous étions là !.. Comme quoi toute une vie de chasteté politique, de probité, de serments faits, d'engagements tenus, d'honneur, de sincérité,
Notre excellent ami, M.Vigo prit la parole au nom de ‘l'Harmonie Bônoise’ et en termes très heureux félicita M.Saunier de la distinction dont il avait été l'objet. M. Vigo qui a été très bref, s'est assis au milieu des applaudissements unanimes.
M. Saunier lui a succédé et a dit, sans ambages, tout son plaisir de voir ses amis réunis autour de lui, et dans chacun de ses mots on sentait une évidente sincérité. Puis chacun se mit à bavarder. Somme toute, réunion très sympathique d'amis et de collaborateurs autour d'un homme qui sait être un ami sans cesser d'être un chef, ce qui est la meilleure de toutes les formules.
Pour notre pari, nous nous sommes trempés dans l'infamie jusqu'aux cheveux el nous avons félicité M. Saunier, mais sans discours. Le nouveau Chevalier de la Légion d'Honneur est un magnifique travailleur, autodidacte en tout et V 1 c'est le plus beau compliment que l'on puisse lui faire, qui a été utile à ses concitoyens.
Nous en connaissons des tas qui n'ont été utiles qu'à eux-mêmes
Tout le monde sait, évidemment, que nous sommes vendu à M. Serda et que nous voici, enfin, sur le chemin d'une fortune rapide. Mais, jusqu'à ce jour ce marché était demeuré clandestin.
Depuis Jeudi, la honte est publique et les extras purs qui détiennent, à Bône, les hauts sommets de la dignité morale et politique, pourront s'épanouir à l'aise et, de café en café, la main en pare-brise et la bouche en rectangle murmurer aux populations attentives et aux quelques ballots qui les entourent : « je vous l'avais bien dit ! »
P. M.

LES AILES BONOISES
Les Ailes Bônoises vont doter notre ville d'un terrain d'aviation. Ainsi en a décidé l'Assemblée Générale de cette Société à la date du 23 Octobre dernier. Bravo l Nous voudrions pouvoir publier en entier le rapport moral présenté par M. Dayre. Le Président des "Ailes bônoises" conte, dans 1 ordre chronologique toutes les démarches entreprises par ses collègues et par lui-même. Il signale l'intervention heureuse de la Chambre de Commerce en la personne de son Président, M. Perrin, qui servit de médiateur entre le Club et l’Air-Union pour la cession du terrain de l'Allèlick.
Puis les courses à l'argent, les plus ingrates de toutes.

CHAMBRE DE COMMERCE
Des concours efficaces ont été trouvés. La Chambre de Commerce une fois de plus, s'est signalée par son initiative ; à l'unanimité, elle a voté un crédit de 5o.ooo frs quoique l'aménagement projeté ne soit que provisoire. La Municipalité a fait le même geste, ce qui est très bien. M. Barris du Penher a demandé au Préfet de faire voter une subvention de 100.000 frs, réponse affirmative. Promesse de 5o.ooo fis par le Ministre de l'Air.
Enfin, le Gouvernement Général s'intéressera financièrement à la question.
Retenons la dernière partie du rapport moral de M. Dayre : Nous allons dons passer incessamment aux réalisations.

AVIATION
«BONE va être dotée d'un terrain d'aviation mais cela ne nous a pas suffit. Nous voulons en effet faire du prosélytisme en donnant à des prix très réduits de nombreux baptêmes de l'air, et en permettant à ceux qui en ont le désir, de passer leur brevet à peu de frais.
Cet effort était trop gros pour nos finances et nous avons fait appel à la Ville pour nous aider. J'ai donc été chargé par votre Comité Directeur de présenter un rapport à la séance du Conseil Municipal du 2 Août."

"A la suite de ce rapport, le Conseil Municipal a voté à l'unanimité une subvention de 5o.ooo francs aux "AILES BONOISES" Grâce à la générosité du Conseil, nous allons pouvoir manifester notre activité et voir dans le Ciel des Ailes Bônoises. Félicitons, derechef, le Conseil Municipal. Pour une fois que cela nous arrive, nous en souhaitons d'autres, faisons-lui large mesure
Enfin, M. Dayre remercie particulièrement M Cassagre, Ingénieur en chef des P. C. qui a fait faire les levées de plans par ses services ; M. Robert Dubois qui, s'est chargé, avec le président, des démarches auprès de l'administration des C. F. A. E. M. Guilhaume, chef d'arrondissement qui a appuyé avec force la demande du Club auprès de la Direction ; enfin M. Robert Pancrazi qui a donné tout le bois nécessaire à la confection des balises. Et puis, M. Dayre remercie aussi les journalistes.
Voici un Président aimable et qui a de la mémoire.
A la fin de la réunion, on a procédé au renouvellement du Bureau.
Ont été élus : M. Dayre, Président. M. Volmerange, Vice-Président. M. Ritoux-Lachaud, Secrétaire Général. MM. Bravard et Choupaut, Secrétaire-adjoint et
Trésorier et M. Hurtrelle, chargé de la correspondance.
Donc, voici un terrain d'aviation et une école de pilotage. Tous nos compliments très sincères à tous ces messieurs et à leur énergique Président. Voici la preuve, une fois de plus, des résultats que peuvent obtenir des hommes intelligents, dévoués et tenaces.
Aux félicitations qu'il adresse aux « Ailes Bônoises » et ajoute ses remerciements.

PARMI LES PERLES
Lu: « Vins vieux supérieurs des Domaines Guebar, Bertagna. »
« La seule marque dont le publicité sans peser sur les prix se boit partout » Tout le monde sait que M. Bertagna se destine au journaliste. Il s'entraine en rédigeant lui-même les annonces de sa maison de commerce. Comme on le voit, l'enfant se présente bien et cette publicité «buvable» est une trouvaille.
Un article dithyrambique offre à M. Paul Cuttoli une pièce de vers. Nous y cueillons ceci : « Vous les lirez dans la féerie des crépuscules triomphants. »
Oui, seulement, pour lire ces vers, M. PauL Cuttoli devra attendre son retour en France, en Algérie, il n'y a pas de crépuscule.

Tout se rétablit quelques lignes plus loin. Le Poète écrit : « Puissent ces vers au soir d'une vie qui a toujours l'éclat d'une aurore. »
Hé ! hé ! mon cher Sénateur. Lapsus calami commis par le poète. Il a voulu affirmer, qu'à votre âge, vous avez encore des « matins triomphants.» Compliments !

AVIATION
Lu dans un article «littéraires,» publié par un amateur : « ce petit coin de terre, l'Allélick, qui sous la chaude haleine de nos brises algériennes. »
Brise : Petit vent frais et doux. (Larousse).
Plus loin, dans le même papier :
« Les ruines lamentables du jardin, que le chiendent féroce et les ravenelles voraces, dévorent en hurlant de joie sous le soleil vermeil.»
Si dans l'œuvre de Ropa, dont nous parlerons, nous avions cherché une citation, nous n'aurions pas choisi celle-là, car, enfin, pour entendre le hurlement du chiendent il faut, vraiment, avoir l'oreille fine.

LE PECHEUR
Notre projet financier et 'La Dépêche Algérienne'
Nous avons dit, dans un précédent numéro, que La Dépêche Algérienne avait pris la peine de lire notre projet et d'en écrire. Le dénigrement systématique est une chose à laquelle le journaliste s’attend toujours surtout lorsqu'il se permet d'émettre une idée qu'il n'a pas empruntée à un puissant du jour.
Après avoir énoncé, en le tronquant, notre projet, « La Dépêche » écrit avec esprit : « C'est à la portée même d'un lauréat de Polytechnique. 1l ne reste plus à notre compatriote des bords de la Seybouse qu'à nous indiquer comment il entend faire l'application de ce principe élémentaire. »
Notre dernier numéro donnait toutes les explications voulues.
Nos moyens ne nous permettent pas d'embaucher un lauréat de Polytechnique, mais il nous semble que le plus vaste organe de l'Afrique du Nord n'est pas plus riche que nous. 1l lui manque un comptable muni, simplement, de son certificat d'études.
On nous a lu de façon superficielle et on a conclu de même.
Tout d'abord, l'auteur du projet n'est pas anonyme, nous l'avons nommé, deux fois, en toutes lettres.

PASSONS.
Quand on discute des chiffres, encore ne devrait-on pas se tromper dans les opérations. La Dépêche Algérienne dit que 40 millions par jour de dépenses de toutes sortes font 4 milliards 800 millions à la fin de l'année. Non, cela fait 14 milliards 600 millions. Le même journal ajoute que le 5 pour cent prélevé sur la dépense annuelle donnera, tout juste, 240 pauvres millions. Non, cela fait 3o millions, le triple. Le financier de La Dépêche Algérienne est un fantaisiste.
Le dernier budget avoué est de 1.865 millions. Nos chiffres ayant été très modérés à dessein, nous atteindrions, dans l'application, presque la moitié du budget total si notre projet avait l'heur de séduire les financiers qui nous gouvernent. Le simple peuple, dont nous sommes, pourrait voir ses impôts diminués de moitié. Et ce n'est pas si ridicule.
Que notre éminent confrère nous le pardonne, mais on peut, sans déchoir, habiter prosaïquement, sur les bords de la Seybouse et n'être pas, pour cela, un paysan du Danube.

BONJOUR
A ceux qui sont exclus de la Carte du Combattant.
Mobilisés qui attendez votre carte de Combattant, ainsi que ceux dont les droits n'ont pas été reconnus et qui se sont vu refuser ou retirer la carte, faites-vous connaître à la Fédération Nationale des Mobilisés de l' Avant », dont le Président est notre confrère parisien, Etienne Seurette ; le Vice-président, le colonel Bolotte, commandeur de la Légion d'Honneur ; le Secrétaire Général, Maurice Monda et le Trésorier, M.Noury. Ils sont déjà parvenus à faire rendre justice à plusieurs milliers de combattants dont les cartes avaient été refusées ou retirées illégalement.
Adressez vos demandes au siège de la Fédération des Mobilisés de l'Avant : 5o, Chaussée d'Antin, Parie (gme). Joindre un timbre pour la réponse

FOOT BALL
A Bône Constantine contre Souk Ahras
Dimanche, match déplaisant et la faute incombe en presque totalité à l’arbitrage qui a été défectueux de bout en bout.
Nous ne prétendons pas que les Souk-Ahrassiens devaient gagner mais il est incontestable que leur équipe vaut largement celle de Constantine.
La partie fut confuse et chaude à la fois. Les décisions de l'arbitre étaient incapables d'apporter un peu de clarté. Au cours de sifflet final, les deux équipes étaient à égalité, 1 but à 1. Dans la prolongation, Constantine eut le bonheur de marquer un but qui lui donna la victoire.

A PHILIPPEVILE : BÔNE CONTRE GUELMA
Au Stade municipal de Philippeville, match J. S. G. contre A.S. B. La rencontre fut intéressante de bout en bout.
Au coup de sifflet donné par M. Florence, les bleus procédant par petites passes courtes au ras du sol commencent l'attaque et, presque tout de suite le goal guelmois est à l'ouvrage. Un but qui arrive raide comme un boulet et shooté par Vigo est marqué dans les premières dix minutes du jeu. Les marins par la rapidité de leur jeu donnent au tandem Zuretti du fil à retordre et c'est le plus beau compliment qu'on puisse leur faire car les deux frères guelmois sont célèbres par leurs défenses magnifiques qu'ils savent transformer parfois en attaques foudroyantes.
Cependant, pendant toute la première partie du jeu les marins semblent les maîtres du terrain et le coup de sifflet de la mi-temps est donné sur le score suivant : 2 buts pour les bônois à zéro pour les guelmois.
Seconde mi-temps, renversement complet de la partie et, cette fois, c'est Mazzoni qui était sérieusement à l'ouvrage. 11 semble que, pendant le repos, les guelmois ont mangé à la fois du lion et de la gazelle.

Cependant Mazzoni, bombardé se défend comme un beau diable mais sur corner tiré par Toto Zuretti, Bonvino reprend de volée et, malgré un plongeon magnifique du goal bônois, envoie le ballon dans les filets. Quelques instants après, un coup franc donne aux guelmois l'occasion d'égaliser et lorsque retentit le coup de sifflet final, les deux équipes sont à égalité de 2 buts chacune. D'où prolongation. Pendant une demi-heure les deux équipes font jeu égal et leurs gardiens de but doivent se défendre avec acharnement, chacun son tour. Bref, match nul et à rejouer. Somme toute, partie très plaisante dans laquelle les marins dans l'ensemble sont à féliciter en bloc.
Du côté guelmois se sont détachés nettement les Zuretti et frères Arella, Vacca et Bonvino.

PETITE CORRESPONDANCE
Jeune indiscret.
Nous ne pouvons répondre à votre question par la voie de notre Revue. Venez nous, voir le dimanche matin de préférence, et n'avez pas peur, nous n'avons jamais dévoré personne.

'BÔNE PITTORESQUE'
Les correspondances qui partent pour tous les coins du monde, elles sont ornées sur l'enveloppe d'inscriptions tamponnées :
« Visitez Alger, pays du soleil, Constantine, ses ponts, ses ravins » etc.
Alors, ailleurs, les personnes y voient dans leur imagination, l'Algérie comme y le décrive les poètes, ciel bleu-outremer, mer d'azur, soleil éclatant, les burnous d'une blancheur immaculée, les minarets blancs, les jolies moukères voilées de soie Bessif qui te leur vient l'envie de visiter un pareil paradis, surtout pour ceuss'là qui z'habitent des pays ousqu'il tombe de la neige.
Et quesqu'on pouirait mettre sur les enveloppes qui partent de Bône
« Visitez les ruines d'Hippone » ah oua ! Carthage et Timgad, c'est plus intéressant.
Visitez le marché arabe »
Voilà ! , ça c'est curieux pour le touriste sur la tombe de mon oncle. Ce souvenir, défense qui s'il 'oublie de la tête au moins y voit quelque chose de curieux et sur qui tu tires des photos
Oilà le coin rêvé derrière le marché arabe

Commençons du bout. Des poêles à frire sans manches sur les canounes des vatels arabes, on retourne chaque morceau de chien de mer dans l'huile bouillante qui te brûle la gorge ; des autres cuisiniers on confectionne en plein air une espèce de rata rouge vermillon, c'est la « sauce ripolin ». Les écorces de pastèques y ferment tapis vert, que si te fais pas attention quand tu marches tu te démolis la barre du cou.
Les marchands de figues de barbarie, balai en main y passent le temps à doucher les mouches qui z'ont établi leur quartier général sur les « bouchons sucrés ».
Et faisant le contraire des élégantes baigneuses, ces marchands se protègent contre l'ardeur des rayons du soleil avec un vieux morceau de sac qui sert de tente, c'est qu'y z'tiennent plus à leur beau teint qu'à leurs bottines.
Les baraques à beignets, y ressemblant à des torpilleurs en manœuvre navale on dirait qu'ils se cachent de l'ennemi, derrière un rideau de fumée.
Les sucreries coloniales aux couleurs vives, saturés d'émanations de poivrons en friture, on ressemble a toutes les mouches à miel qui voltigent à un meeting d'aviation.
Un peu plus loin un gentleman y fait sa toilette entière au bord du trottoir avec un quart d'eau. A quelques pas, un marchand de petits pains à moitié crus, qui compte des sous et se gratte la tète
A côté, un « client » qui se fait raser la cabèchc par le barbier ambulant qui fait la grimace avec la langue entre les dents.
Tout ce coin là, vu d'un avion, y ressemble ma parole à un campement de la harka de l'ancien Sultan Moulin Lafigue.

Oilà ! ça que les poètes y z'ont oublié d'écrire et aussi les parties Cross-Country des « mies de-pain à ressorts » qu'il y a dans cette Algérie qui vous parle et réclame du grésil.

ATTENTION
A cause des nécessités de notre mise en page qui est fort longue, on doit s'en douter, nous prévenons nos amis, nos lecteurs et nos correspondants : Toute publicité devra nous parvenir le lundi avant midi ; Les articles et la correspondance à insérer, le mardi avant midi.
Nous devrons envoyer au numéro de la semaine suivante toutes les communications qui nous parviendront après les dates ci-dessus.

RESTAURANT
Si vous aimez un cadre élégant, de la belle argenterie, du linge gai, un service rapide et silencieux. Enfin, st vous aimez la bonne chère, Allez au « Rosbif » vous trouverez tout cela Au Restaurant du « Gambrinus » le Menu tient ce qu'il promet. Quand on y est ailé, on y retourne.

Quelques coups de patte !
Depuis le début de notre saison théâtrale, deux choses s'imposent : le bon vouloir de M. Saint-Aubry et le soin qu'il a pris pour composer sa troupe. Il y a là un effort incontestable qui établit que le Directeur du Municipal a tenu la parole qu'il avait donnée.
Mais la vie des Directeurs de Théâtre a ses déboires. Ils ne peuvent connaitre les milliers d'artistes pour les avoir vus, tous, sur la scène. Il leur faut se contenter d'une ou de deux auditions et des enseignements que l'on peut prendre el qui sont de valeur et de sincérité différentes.
Pour le Directeur d'Agence qui doit toucher sa commission sur l'engagement de l'artiste qu'il présente, chacun de ses poulains est un pur-sang et le Directeur de Théâtre, quelquefois, est endossé ! Ce n'est pas le cas pour notre troupe, hâtons-nous de le dire.
Cependant, nous-mêmes et lors de la répétition à laquelle nous avons assisté et dont nous avons parlé, nous avons été séduit par l'ensemble de la troupe et par certains sujets. Tel geste esquissé, tel air fredonné nous semblaient d'avance complétés et mis au point pour l'exécution devant le public.
Pour les ensembles, nous n'avons pas eu de déception et nous ne saurions trop mettre en valeur ce fait rare, les choristes de M. Saint-Aubry savent jouer et chanter. Les choristes, généralement, on le sait bien, sont la plaie des troupes. Ici, c'est le contraire. Bravo ! Passons aux sujets
: Mme Dalcy a conservé, sur le plateau, la voix que nous avions entendue. Sur sa manière de chanter et sur son timbre, aucune observation sauf des compliments. Mais, il faut bien le dire, avec précaution, mais le dire tout de même, pour le spectateur il y a le théâtre auditif et le théâtre visuel. Dans le cas présent, l'ouïe n'éprouve que du plaisir, mais on ne peut pas passer toute une soirée les yeux clos. Mme Dalcy n'est pas faite pour l'opérette moderne encore moins pour l'opérette viennoise dans laquelle presque tous les motifs sont dansés.
La disproportion entre ce que l'œil attend et ce qu'il voit est d'autant plus accusée que le partenaire habituel de Mme Dalcy, M. le baryton, est gras comme un fil de fer et plus petit quelle.

L'opérette moderne demande des femmes de silhouette moderne et pour nous faire comprendre tout à fait, disons que nous aurions, à Bône, une première chanteuse idéale si la voix de Mme Dalcy était dans le corps de Mlle Tréville.
Nous n'avons entendu Mlle Tréville qu'une fois. Son médium est bon et sa silhouette répond à ses rôles.
Elle a un défaut qu'elle doit corriger tout de suite. Dans l'aigu, elle prononce la voyelle i comme un u. Dans Un Bon Garçon, elle a chanté :
« Mon amant est parti ! Mon amant m'a menti »
Pas beau. Enfin, nous la jugerons plus tard. Qu'elle nous permette un avis. Qu'elle dise à sa brave maman que c'est très bien d'applaudir sa fille à tour de bras, avant, pendant et après, mais qu'il serait gentil d'applaudir aussi, de temps en temps, les camarades parce que si on ne le fait pas, ça se remarque.

M. Roux chante bien, mais il dit le poème de façon peu agréable et avec un accent terrible. C'est bien gênant, on appréhende de l'entendre parler. - - Le ténor ? Est-ce un ténor ou un baryton Martin ? Aurait un organe qu'on entendrait sans déplaisir, mais pourquoi bêle-t-il avec acharnement ?
L'autre soir, dans un décor de plein air, nous avons craint de lui voir brouter le feuillage.
Mlle Harel, dans son emploi, nous plait infiniment. C'est une deuxième chanteuse qui est parfaitement à sa place. Elle est spirituelle, gaie, consciencieuse, elle sait ses rôles. On l'écoute et on la regarde avec un plaisir réel.
Pour M. Chambon, nous serons très sévère parce que c'est un excellent artiste, mais il charge, il charge !
Faire rire le poulailler, c'est bien, mais c'est insuffisant. Il y a, dans la salle, une majorité à laquelle il faut penser aussi.
Dans Un Bon Garçon, M. Chambon nous a donné des jeux de scène beaucoup trop longs et, quelquefois, complètement inutiles.

La simplicité, surtout pour les comiques, passe bien mieux la rampe que la charge, Que dans notre reproche, M. Chambon ne voit pas autre chose qu'une très grande marque de sympathie.
M. Chatillon a infiniment plus de mesure et son succès est de bon aloi.
11 a un long méfier, c'est l Évidence même et c'est un miracle que, dans son emploi qui est fort délicat, il soit demeuré un acteur et non devenu un cabotin. C'est un compliment que nous ne faisons pas à tout le monde. Il est aussi régisseur. Ses ̃ mises en scène sont exactes et bien placées.. C'est un animateur et qui a du goût 11 sait tous ses rôles et aussi ceux de ses camarades qui en ont, quelquefois besoin. M. Saint-Aubry a là un second de premier ordre. -
Comme on le voit, à part quelques petits défauts faciles à corriger, nous avons cette année, une troupe d'excellente tenue, homogène et qui nous donnera des représentations dont l'ensemble sera excellent. -
Il est impossible, pour un Théâtre d'Opérette, de ne pas parler de l'orchestre. Celui du Municipal est de tout premier ordre, les chefs de pupitres sont des artistes choisis ont eus, d'autant plus de mérite qu'ils doivent, au cours de la saison, jouer un nombre considérable d'ouvrages différents et que, forcément, les répétitions sont rares.
M. Grebet est un chef utile et remarquable. Il entraine tout le monde. Sa baguette est pour ses musiciens, ainsi que sa main gauche ; son regard et sa voix surveillent et dirigent les chanteurs. Il voit tout et mène le train avec une sûreté qui est étonnante pour un jeune chef.
Nos très vifs compliments à ses musiciens et à lui-même.
Le Fauteuil 37.
P. S. M. Saint-Aubry offre aux bônois, cette semaine, un évènement musical sans précédent dans notre ville : samedi soir, le jazz Eduardo Bianco, le grand rival de Jack Hilton.

CAFE
- Si vous n'êtes pas allé au « Dauphinois » vous ne savez pas ce que c'est qu'un bon café.
imp. de la Colonne, Bône, tél. 1. 54.
Le Gérant : P. MARODON

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