Mai 1945 en Algérie
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d'un génocide planifié


        Avec le temps, nous accédons aux archives militaires en l'occurrence celles du 19 ème corps d'armée (Ministère de la GUERRE état major du troisième bureau) qui nous livrent les rapports et télégrammes déchiffrés sur ces jours sanglants du printemps 1945.
          A la lumière de ces citations, que nous reproduirons en deux parties, nous mesurons l'amplitude, de ce que pudiquement l'état major appelait " incidents " ou " événements ", et quels furent les actes sanglants, abominables et barbares des fanatiques dans la chasse aux faciès des européens d'Algérie quelque soit leur religion ou leur nationalité "N'Koutlou Em nessara" (tuons tous les européens),(" Tuez les Français et les Juifs ")... Djihad Djihad ).
         Ces émeutes, en vérité, étaient l'amorce d'un véritable génocide planifié
         L'écrasante majorité des insurgés (un pour 10) face à une minorité de français âgés pour la pluspart, surprit la population apeurée par tant de violences, de haine et qui s'interrogeait dans l'angoisse des lendemains.
         Ces civils en forte minorité, désemparés étaient terrorisés.
        Que faire devant ces hordes de sauvages hilaliennes et barbares sanguinaires et sans pitié ?

C'est alors qu'ils s'organisèrent, la ville comptait 15.965 habitant dont environ 3.952 européens, (inclus dans ce nombre ceux qui étaient dans l'armée en France ou en Allemagne) toutes religions confondues (chrétiens et juifs)"
        Mourir peut-être, mais pas comme des moutons !
".
       Je cite là de mémoire, une réflexion d'un guelmois qui fit partie de la garde nationale dont le nombre d'actifs n'a jamais dépassé le nombre soixante seize sur cent cinquante répertoriés

        Ils sont volontaires ou réquisitionnés, pour la plus part âgés, bedonnants, le contraire d'athlètes préparés à une activité guerrière.
En vérité ce sont de paisibles citoyens pères ou grands-pères, ils seront soixante seize, pour toute la région à participer activement et par rotations au maintien de l'ordre, les autres, les plus âgés seront affectés aux postes de gardes, mais tous sont conscients que cette insurrection est un mouvement racial et xénophobe qui a trouvé son aliment dans l'exploitation d'un fanatisme religieux.
" On tue des européens, commerçants, ouvriers, cultivateurs, sans distinctions, sans discernement parce qu'ils sont coupables d'être européens et donc considérés comme "colonialistes", or ces gens appartiennent au peuple laborieux des villes, des villages et des campagnes

        Pour l'Algérie contemporaine, l'épuration ethnique des européens en 1945 n'engendre aucun remord, jamais la presse algérienne n'a soufflé mot de ces 120 morts et 300 blessés français ou Italiens (prisonniers de guerre) dont certains errent encore dans des hôpitaux psychiatriques, ni des 786 français-musulmans égorgés par les émeutiers
        Jamais elle n'abordera les règlements de comptes tribaux qui firent suites aux exactions menées par les émeutiers contre les musulmans fidèles à la France.
   

      Quand au mythe des 45.000 morts largement développé et entretenu par l'algérie indépendante c'est du délire oriental, une journaliste algérienne interrogée me disait :
        "Les algériens sont des orientaux promptes à l'exagération et l'affabulation", cela c'est passé en 1945 d'où pourquoi pas 45.000 morts".

        En Italie à Monte-Cassino face aux hordes SS, aux bombardements, aux mitrailleuses, le corps expéditionnaire à dénombré 1300 tués. D'autres exemples... Libye en quelques semaines :(30.000 bombes, 60.000 morts). Liban : 1975 à 1990 faisant entre 130 000 et 250 000 victimes civiles. L'offensive de l'armée israélienne contre le Hamas à fait de source palestiniènne 1330 morts et 5450 blessés, l'autre offensive qui a durée 22 jours à totalisé 1890 victimes Syrie :60 000 Syriens auraient été massacrés en quelques semaines, Tchétchénie, Croatie l'escalade dans le nombre des tués musulmans se poursuit . ect .
       Aujourd'hui nous savons que les 10 ans de guerre civile algérienne aurait fait entre 150.000 à 200.000 morts et plusieurs milliers de disparus!!!!!
Gilles Martinez

La suite en juillet....

L'INSURECTION du MAI 1945
RAPPORT DU GÉNÉRAL HENRY MARTIN
Le mythe des 45000 musulmans victimesde la répression

Un mythe consiste à grossir démesurément un fait réel - ou un noyau de faits réels à l'enrichir de détails propres à encourager la fraternité, ou à exciter les haines. Comme la langue d'Esope, c'est la meilleure ou la pire des choses.
Le mythe des représailles massives qui, en 1945, autour de Sétif et de Guelma, auraient été exercées par des colons ou des fonctionnaires survivants (après le massacre initial d'une centaine d'Européens) ainsi que par les troupes chargées de rétablir l'ordre, a été soigneusement entretenu par les partisans de l'indépendance algérienne. Il a développé, chez les musulmans d'Algérie, surtout parmi les jeunes, un désir de vengeance. Et, en 1954, les " fils de la Toussaint ", comme les nomme Yves Courrière, y trouvèrent un bon motif pour abattre, à Khenchela et dans l'Aurès, sans aucune provocation, un officier, un caïd et un jeune ménage d'instituteurs.

A la base de ce mythe, précisons les faits de 1945 :
8 mai 1945. A Sétif et dans un rayon de cent kilomètres, explosion d'une sorte de guerre sainte, aux cris de Djihad! Attaque des Européens rencontrés non seulement dans les rues de Sétif, mais sur les routes, dans les villages, les fermes isolées, les maisons forestières. Dès le lendemain, extension du soulèvement autour de Guelma.

Le gouverneur général, Yves Chataigneau, responsable de la sécurité intérieure et extérieure de l'Algérie, requiert l'intervention des forces armées de terre, de mer et de l'air dans le cadre du plan établi en 1944, pour le cas de troubles, par le général Catroux, ministre délégué pour l'Afrique du Nord. Dans la zone insurgée, il rend les pouvoirs de l'état de siège à l'armée, qui en avait été dessaisie en 1944.
Affrontements armés entre les troupes et les insurgés au cours des opérations de dégagement tant des agglomérations comme Guelma que des villages comme Chevreul et Kerrata, des fermes, des maisons forestières (notamment des Babors). Les troupes étant essentiellement musulmanes (tirailleurs, spahis, goumiers), aucun motif raciste dans ce rétablissement de l'ordre ni dans la recherche des meneurs qui a suivi. Quelques réactions regrettables de la part d'Européens bouleversés en retrouvant, autour de Guelma, des parents ou des amis sauvagement éventrés. Ce furent des cas isolés, non des représailles massivement organisées. Mais pour soutenir, de l'extérieur, le soulèvement, les c Frères musulmans o lancent, sur les ondes de la radio du Caire, la fable de 45000 musulmans systématiquement massacrés dans le Constantinois, procédé de guerre psychologique propre à donner mauvaise conscience aux Français non musulmans d'Algérie, comme à ceux de la métropole.

Le ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire, Tixier, vient personnellement enquêter en Algérie. Le gouverneur général Yves Chataigneau fait comparer le nombre des cartes d'alimentation présentées après les événements avec le nombre des cartes distribuées auparavant. On aboutit à une différence d'environ un millier, calcul assurément approximatif, mais qui donne un ordre de grandeur bien éloigné des 35000 musulmans prétendument massacrés, chiffres lancés par la radio du Caire. Cependant, l'escalade se poursuit dans la radio, dans la presse, dans les livres; on parle de 45000 et jusqu'à 60000 ! ... Le mythe était lancé ~

Or les affrontements ont duré deux semaines. Pendant les huit mois que le corps expéditionnaire français du futur maréchal Juin a combattu en Italie, face aux mitrailleuses, aux obus, aux chars, aux bombardiers nazis, il a perdu seulement 1 300 des siens. Comment, en quelques jours, dans le Constantinois, eût-il été possible même à des massacreurs systématiques d'abattre des dizaines de milliers de musulmans?
Affirmer, répéter, c'est la méthode efficace des publicitaires ou des propagandistes. C'est ainsi que l'on crée les mythes. Et ils ont la vie dure! Faut-il, comme beaucoup d'historiens de seconde main, les accepter passivement? Ne faut-il pas chercher sans cesse la vérité ou, tout au moins, s'en approcher?

Je reste reconnaissant à la mémoire du général Duval qui, alors à la tête de la division de Constantine, a su rétablir l'ordre avec rapidité et un souci constant d'amitié pour la masse musulmane. A la fin des c événements " il a bien mérité d'être invité à la mosquée de Constantine, au milieu des croyants coraniques, pour remercier avec eux le Tout-Puissant d'avoir rendu la paix... au moins provisoirement.

Général Henry MARTIN, commandant le 190 corps en Algérie (1944-1946)
Source Historia Magazine, La Guerre d'Algérie

Le 8 mai 1945, dans toute l’Algérie, des cérémonies patriotiques sont prévues pour célébrer la victoire et rendre hommage aux morts de la guerre
Les renseignements dont les autorités disposent laissent prévoir qu’en de nombreux endroits les nationalistes algériens ont l’intention de saboter ces manifestations en organisant des cortèges imposants groupant, autour d’emblèmes et de pancartes séditieuses, les éléments troubles de la population musulmane, rééditant ainsi les désordres qui se sont produits le 1er mai En fait, la journée du 8 mai n’est pas marquée par des manifestations aussi générales que celles du 1er mai, en ce sens que l’ordre, sauf quelques rares exceptions, n’est pas troublé dans les départements d’Alger et Oran. Mais elle est cruellement endeuillée par un mouvement insurrectionnel né à Sétif, qui se propage les jours suivants dans les arrondissements de Sétif de Guelma et de Constantine.

DANS LE DÈPARTEMENT D'ALGER
L’ordre est troublé à Blida et à Berrouaghia
À Blida, vers 16 heures plus de deux mille indigènes se réunissent pour participer au défilé prévu pour 17 H à l’occasion de la fin des hostilités. Certains de ces indigènes sont porteurs de banderoles séditieuses qu’ils livrent sans incident aux agents de police chargée de les leur enlever.
A la fin du défilé au moment où le cortège musulman a rejoint les groupes européens, deux étendards nationalistes sont déployés parmi les rangs de tête. La police essaie de s’en emparer et une échauffourée se produit. Des coups de feu sont tirés par les manifestants ; les forces de l’ordre et de gendarmeries sont bombardées à coups de pierres on compte neuf blessés plus ou moins grave et 12 arrestations sont opérées

Berrouaghia : vers 18:00, une quarantaine d’indigènes viennent se placer derrière le monument aux morts à côté des divers groupements de la ville ( sociétés, écoles).
Les indigènes déploient, des drapeaux rouges et tricolores dont ils sont porteurs.
Ces groupes indigènes brandissent des pancartes « Libérez Messali » beaucoup d’entre eux tapent des mains en cadence, d’autres lèvent leur index vers le ciel.
Un commissaire de police seul, se dirige vers l’étendard vert et tente de s’en emparer. Aussitôt c’est la bagarre, à coups de bâtons et de pierres entre une dizaine de policiers en civil, après quelques minutes, des coups de revolver, une soixantaine, sont tirés par des manifestants qui n’ont pu être identifiés. A ce moment, des renforts de police et une section de tirailleurs arrivent sur les lieux et dégagent la place. Un millier de manifestants se porte sur la sous-préfecture où ils brisent les vitres à coups de pierres, puis se répandent dans la cité Auzas où ils se livrent à des voies de fait contre les Européens isolés.
A 17:15, l’ordre est pratiquement rétabli.
Le bilan de la journée se solde par : 29 blessés pour la police 17 européens. Un mort, un blessé grave, une trentaine de blessés légers chez les manifestants.

A Oued Zenati dans la nuit du 7 au 8 mai, le drapeau de la poste est coupé en trois morceaux et souillé par des excréments. Le 8 mai à 8.30h, TROIS MILLE (3000) indigènes affluent au marché de la ville, prêt à passer à l’action. Mais grâce à l’arrivée de renforts de gendarmerie, à l’attitude courageuse du maire et aux exhortations de l’Iman, la journée se passe sans incidents graves.
A Gounod, lors des manifestations du sept et huit mai, un millier d’indigènes défile dans les rues, armés de mitraillettes, de fusils de guerre , de chasse, de revolvers américains et de couteaux.
A Bordj Sabath, la population indigène manifeste le 8 mai, ainsi que 150 à 300 cavaliers et fantassins menaçants armés venus de Jemmapes.
A Guelma, à 15:30, ont lieu les cérémonies patriotiques pour l'amnistice, où les musulmans de la ville s’abstiennent de paraître. Par contre, vers 17:45, deux mille (2000) d’entre eux environ, débouchent sur la place Saint-Augustin portant des pancartes « Vive l’Algérie indépendante », « A bas le colonialisme », « Libérez Messali ».
Le sous-préfet ; se précipite à leur encontre, pour arrêter le défilé et faire enlever les pancartes séditieuses. Il est bousculé par les manifestants. Les gendarmes du service d’ordre le dégagent et réussissent, avec l’aide de la troupe qui vient d’arriver, à disperser les manifestants. Des postes militaires sont placés à tous les carrefours et sur l’ordre du sous-préfet, les manifestants sont refoulés hors de la ville Le couvre-feu est établi à 21:30 et toute la nuit les patrouilles circulent. A oued Zenati dans la nuit du 7 au 8 mai, le drapeau de la poste est coupé en trois morceaux et souillé par des excréments. Le 8 mai, à 8 h 30,plus de trois mille (3000) indigènes affluent au marché de la ville, prêts à passer à l’action. Mais grâce à l’arrivée de renforts de gendarmerie, à l’attitude courageuse du maire et aux exhortations de l’iman, la journée se passe sans incident grave.
A Gounod, lors des manifestations du sept et huit mai, les indigènes défilent dans les rues, armés de mitraillettes, fusils de chasse, de revolvers américains et de couteaux.
A Bordj Sabath, la population indigène manifeste le 8 mai, ainsi que cent cinquante cavaliers et fantassins armés venus de Jemmapes.
A Constantine vers 16 h 00, la police aidée par une automitrailleuse et une section de tirailleurs sénégalais, disperse un fort rassemblement indigène qui s’apprête à défiler en portant des banderoles et avec « Libérez Messali » ; « Vive l’Algérie libre » et « Vivent les soldats nord-africains » etc. aucun incident ne se produit.
A El Arrouch, vers 10 H 00, une manifestation nationaliste se déroule sans incident.
Lafayette avait déjà la veille été le siège de manifestations qui avaient pu être calmées. Le 9 mai vers 10:00 du matin, de nombreux attroupements armés se forment. Vers 13:00, un détachement de la légion arrive au village qu’il quitte bientôt pour Kerrata en danger,sur la demande de l’administrateur.
Vers 17:00, les insurgés assiègent le bordj de la commune mixte et attaquent le palais de justice et plusieurs maisons israélites.

      La situation est critique, au cours de la journée, trois israélites du village ont été tués ; de plus, le garde forestier de Biale a été mortellement blessée à son poste, il ne pourra être ramené que dans la journée du 10..
Dans la matinée du 9 mai, le centre de Pierre Curie est encerclé par des centaines de nomades en achaba dans la région, qui s’enfuient à l’approche des gendarmes.
La ferme Attard au douar Bazer est attaquée. Un gendarme met les agresseurs en fuite et ramène la famille européenne du gérant.
Dans la région de Sétif six gardes forestiers et six membres de leur famille ont été sauvagement assassinés, la plupart dans la journée du neuf, d’autres à des dates non déterminées.

Dans la commune mixte Takitount, quatre fermes sont pillées, quatre autres attaquées.
Dans cette région nord de Sétif, on peut compter soixante dix huit morts (78) et autant de blessés dont certains grièvement, plusieurs femmes et jeunes filles ont été violées, les cadavres ont été affreusement mutilés.

Sur le territoire de la subdivision de Bône.

Le neuf au matin, on remarque autour de Guelma, des rassemblements suspects. Le sous-préfet fait appel à la population européenne civile de la ville pour aider à la défense. Des patrouilles faites dans les environs permettent de se rendre compte que de nombreux indigènes armés se concentrent en certains points. On remarque la tenue spéciale des chefs (combinaisons bleues, barbe de 15 jours).
Une rencontre a eu lieu à 4 km de Guelma dans la matinée entre trois groupes indigènes armés et une patrouille de gendarmes. Ceux-ci attaqués à coups de fusil se défendent et tuent quelques rebelles.

Au début de l’après-midi, deux groupes de plus d'une centaine de cavaliers se dirigent de Sedrata sur Guelma. Des groupes importants s’infiltrent jusqu’au marché aux bestiaux, où un rassemblement de deux mille hommes, dont un certain nombre armés de mitraillettes anglaises, est observé. Un autre groupe est autour du cimetière européen ; d’autres venants de la direction de Petit et de Sedrata progressent vers la ville, à travers champs.
À l’intérieur de la ville, on procède à la dispersion des groupes hostiles et à l’arrestation d’individus douteux.
La garde nationale des jeunes et des hommes âgés
Les civils se joignent à la gendarmerie et partent pour dégager les fermes isolées et les communes voisines.
Petit, le village à peine évacué, est entièrement pillé et les tombes toutes saccagées.
Millésimo ne peut être atteint par la patrouille de gendarmes et de civils qu’en répondant au feu des indigènes et en démolissant trois barrages de pierre édifiés en travers de la route. On trouve le cadavre d’un colon assassiné dans sa voiture.
A Bled Gaffar, un colon est tué et une ferme encerclée. Une patrouille de gendarmes envoyée jusque-là ne peut atteindre le centre, tant le feu des indigènes est violent. La ferme Zarah sur la route de Gounod assiégée est dégagée vers 19 heure.
      Vers 22 h, on apprend que la ferme Dimeck sur la route de Gounod est encerclée également, que la voie ferrée coupée entre Guelma et Duvivier, et que le cheminot Gauci a été assassiné dans des conditions atroces alors qu’il inspectait la voie.
Dans la plupart des directions, les communications télégraphiques et téléphoniques sont coupées ; Guelma est complètement isolé de Gounod, Ain-Amara et de Sédrata.
La défense s’organise pour la nuit, elle est assurée par les tirailleurs et par des postes de civils. Toute la nuit la fusillade se fait entendre par intermittence, mais l’attaque tant redoutée et ne se produit pas.

A Guelma, à l’aube, de toutes parts, on signale des concentrations d’indigènes armés ; on commence à apprendre les assassinats et les pillages. Guelaat-bou-Sba menacé est évacué.
Les villages de Millesimo et de Petit sont dégagés par des gendarmes et des civils volontaires. À Petit, on découvre trois cadavres affreusement mutilés dont celui d’un prisonnier de guerre italien.
Prés de Villars, les gendarmes en patrouille sont attaqués par des bandes importantes et doivent se replier. Le centre de Villars est mis en état de défense et plusieurs engagements menés par les gendarmes et des civils volontaires réussissent à dégager le village.
À quinze heures, six automitrailleuses arrivent et dégagent la ferme Lucet, où l’on retrouve le cadavre du gérant, affreusement mutilé par ses ouvriers indigènes en présence de sa femme, des fermes, un moulin voisin sont retrouvés complètement pillés.

Sur le territoire de la subdivision de Constantine.
Autour du centre de Fedj M'zala, dans la soirée, on observe des rassemblements importants de plusieurs centaines d'indigènes armés. À 20:00, à l'annonce de l'approche des indigènes, la population européenne se réfugie dans le Bordj de la commune mixte.
Vers 22:00 un millier d’indigènes arrive à hauteur du Bordj et se répandent dans toute la ville. La poste, assiégée est courageusement défendue par le receveur des PTT, un gendarme indigène et un défenseur bénévole. Les assaillants l’incendient en partie en y lançant un bidon d’essence et tirent sur les issues pour empêcher les défenseurs de s’échapper. Ceux-ci ripostent, tuent un indigène est en blessent quelques autres. A l’aube les insurgés quittent le village et rejoignent leurs douars.
Le 10 au matin, la troupe arrive au village, dégage de ses abords et rétablit l’ordre.

La journée du 10 mai sur le territoire de la subdivision de Sétif.
Vers 10:00 du matin, un détachement de tirailleurs sénégalais accompagné par deux gendarmes surprend à deux cents mètres de Sillègue, une centaine de rebelles armés se dirigeant vers le village. Le combat qui s’engage aussitôt coûte une vingtaine de morts aux insurgés.B Dans la région de Didjelli, des incidents sanglants se déroulent plusieurs français sont assassinés.
À Tamentout, deux gardes forestiers, leurs femmes, et un enfant de trois ans sont sauvagement assassinés ; un enfant de treize mois est grièvement blessé.

À Guelma, alors, de toutes parts, on signale des concentrations de groupes d'indigènes armés ; on commença à apprendre les assassinats, les viols et les pillages.
Guellat-bou-Sba menacé est évacué
Les villages de Millésimo et Petit sont dégagés par des gendarmes accompagnés par des civils volontaires.
À Petit, on découvre trois cadavres affreusement mutilés dont celui du prisonnier de guerre italien.
Prés de Villars, des gendarmes en patrouille sont attaqués et doivent, sous la violence du feu, se replier.
Le centre de Villars et mis en état de défense et plusieurs engagements menés par les gendarmes et des civils volontaires réussissent à dégager le village.
À 15:00 30,six automitrailleuses arrivent et dégagent la ferme Lucet et découvrent le cadavre du gérant, affreusement mutilé par ses ouvriers indigènes, en présence de sa femme. Des fermes et un moulin voisin sont retrouvés complètement pillés.
Gounod, menacé, est dégagé dans la soirée. Le village de Lapaine est mis à sac dès le départ des colons délivrés par une expédition partie de Sedrata, qui doit livrer combat pour passer.
Héliopolis est menacé et sa population se réfugie au moulin Lavie
Bled Gaffar est évacué vers 21 h ce et sa population emmenée sur Guelma.

Un bataillon de tirailleurs arrivant dans l’après-midi de ce jour à Oued-Zenati trouve la population européenne en proie à la panique. La présence de la troupe rassure peu à peu les habitants et le calme revient dans les esprits.
Le 10 mai, vers 15 :30, la brigade de gendarmerie d’Aïn Amara signale qu’elle est assiégée et demande du secours. Une compagnie du G U I qui vient d’arriver à Oued Zenati fait aussitôt mouvement sur ce village, en camions réquisitionnés.
Les crêtes le long de la route sont occupées par de petits groupes de trois ou quatre indigènes qui paraissent non armés et qui au passage des camions, font des signaux à bras. La troupe arrive sans encombre à Aïn Amara où elle trouve la population et les biens intacts.
Des actes de sabotage contre les poteaux et les fils télégraphiques sont commis un peu partout.

Journée du 11 mai et jours suivants :
Sur le territoire de la subdivision de Sétif.

Au nord de Sétif, villes et villages sont presque partout dégagés, mais la campagne n'est pas sûre, car elle est parcourue par les bandes armées qui après l'insurrection des jours précédents, craignent de regagner leurs douars.
Des actes de sabotage sont encore signalés : près de Lafayette un pont routier sur l'oued Dradir est trouvé coupé ;ailleurs des poteaux télégraphiques sont renversés et des lignes téléphoniques coupées.
L'insurrection s'étend à la région de Didjelli et à la bande côtière entre Mansouriah et Bougie.
À 11:00 au matin, des émeutiers descendent aux falaises (sur le golfe du bougie Aokas et Mansouriah ; la population européenne se réfugie sur l'île. Un bateau de guerre tire quelques salves en direction des groupes insurgés et les disperse. Mansouriah n'a pas été attaqué.

À Tamentout, au sud-ouest du de Cap Aokas, le même jour, un garde forestière et sa femme sont un sauvagement assassinés avec une incroyable cruauté (Homme emasculé, femme ventre ouvert, seins tranchés.)

Sur le territoire de la subdivision de Bône

Un autre foyer insurrectionnel se révèle : cependant, on signale encore un attentat : le 12 mai, vers 21:30,un coup de revolver et tiré en plein centre de Oued-Zenati sur l'automobile de la gendarmerie.
À quelques kilomètres au nord d'Aïn Amara, de poteaux télégraphiques sont dans la nuit du 10 au 11 mai abattus à la hache.
A Aïn Régada le 12 mai à 8:00, un train de ballast se trouve immobilisé par de grosses pièces pierres disposées en travers de la voie. Quelques coups de feu sont tirés ; un militaire est blessé.
Oued Zenati le 12 mai vers 21 h 30, un coup de revolver est tiré en plein centre du village sur l’automobile de la gendarmerie.
La gare le Hammam Meskoutine et le centre du même nom doivent être évacués le 11 mai sur Guelma, en raison de la menace qui fait peser sur cette localité la présence de bandes nombreuses d’indigènes armés qui n'hésitent pas à tirer
. La garde de Medjez el Bab doit être évacuée le même jour.

Rétrospectives

Le 8 mai à Guelma à 15 :30, ont lieu les cérémonies patriotiques pour l’armistice. Sept musulmans seulement y prenaient part, un seul musulman entraîné par le maire y paraissait.
A la terrasse du café glacier, tous les dirigeants locaux du parti "Les amis du Manifeste de la Liberté" ainsi que ceux du P.P.A avec une foule d’indigènes, étaient attablés. Aucun ne se levait lorsque retentissait la marseillaise.
U un groupe d’environ deux mille cinq cents manifestants débouchait sur la place Saint-Augustin, ils étaient précédés par des pancartes séditieuses :
Vive « l’Algérie indépendante », « Abat le colonialisme », « Vive les nationalistes », « Libérez Messali. »

Le sous-préfet se précipitait à leur rencontre, la gendarmerie alertée le rejoignait aussitôt. Malgré les objurgations du sous-préfet, les manifestants continuaient à avancer et chantaient à tue-tête face au sous préfet pour couvrir sa voix, les manifestants répondaient que « les ordres étaient venus d’Alger ».
Sur une poussée venue de l’arrière, le sous-préfet était bousculé ainsi que quelques notables européens qui l’accompagnaient. Les gendarmes chargeaient alors les manifestants qui avaient tiré des coups de pistolet. Ceux-ci étaient refoulés et s’égayaient en lapidant le service d’ordre. La troupe arriva, les émeutiers se dispersaient dans toutes les directions. Des postes militaires étaient placés à tous les carrefours et sur ordre du sous-préfet, les manifestants étaient refoulés hors de la ville.
Le sous-préfet faisait fermer tous les cafés. Tout attroupement était dispersé, couvre-feu à 21 :30.
Au cours de la manifestation, deux gendarmes, un inspecteur de police mobile et un agent de police étaient blessés à coups de barres de fer, de jets de pierres et de matraques.
Toute la nuit, des patrouilles circulaient.

Le 9 mai, on remarquait des rassemblements et des mouvements suspects autour de Guelma.
Le sous-sous-préfet se faisait alors appel à la population européenne civile pour aider à la défense de la ville.
Plus de cent hommes étaient recensés. Ils étaient armés de fusils de guerre ou de chasse. C’était soit de très jeunes gens ou des personnes âgées, la plupart des hommes capables de porter des armes se trouvaient en France pour combattre l’Allemagne.
Dans les jours qui suivaient, ils fournissaient de jour et de nuit des patrouilles ou les postes de garde aux issues de la ville.

Des patrouilles faites par les gendarmes d’Aïn Amara dans la région de Medjez Amar, de Clauzel, hammam Meskoutine, permettaient de se rendre compte que de nombreux individus armés se dirigeaient par groupe de trente ou plus vers la Mahouna. « On remarquait la tenue spéciale qui distinguait les chefs, (combinaison bleue, barbe de quelques jours).
Vers 8 :30, on apprenait que trois groupes d’environ cinquante indigènes chacun, se dirigeaient sur Guelma, venant de la direction de Constantine. Le commandant de section et onze gendarmes partaient au devant d’eux dans trois autos.
Ils les rencontraient à 4 km de Guelma au lieu-dit à Aïn Defla. Les indigènes, tous armés de fusils de guerre ou de fusils de chasse tirant à balle, ouvraient aussitôt le feu. Les gendarmes déployés en tirailleurs répondaient. Quelques indigènes tombaient les autres se retiraient en enmenant leurs morts.

Au début de l’après-midi, deux groupes d’une centaine de cavaliers armés se dirigeaient de Sédrata sur Guelma.
Des rassemblements d’indigènes pourvus d'armes se révélaient tout autour de la ville, de plus en plus nombreux et de plus en plus importants.
L’un deux, près du marché aux bestiaux, comprenait environ deux mille cinq cent hommes dont un certain nombre armés de mitraillettes anglaises.
On apprenait que plus de cent individus armés étaient autour du cimetière européen ; de petites colonnes venaient des directions de Petit et de Sédrata étaient vu se dirigeant sur Guelma par les pistes à travers champs, on reconnaissait des chefs à cheval.

A l’intérieur de la ville, des petits groupes hostiles et composés d’individus connus comme douteux étaient énergiquement dispersés ou arrêtés.
Des civils se joignaient à la gendarmerie pour aller dégager les fermes isolées et les communes les plus proches. Pour arriver à Millésimo il fallait démolir trois barrages successifs de pierres sur la route et progresser par les champs répondant au feu des indigènes.
L’aviation bombardait Millésimo et Petit ou se révélaient de nombreux groupes armés.

Petit était évacué et les pillages, commençait avant même le départ des derniers colons qui échangeaient des coups de feu avec les pillards opérant dans les maisons.
A Millesimo, le colon Missud Joseph était assassiné dans sa voiture.
A Bled Gaffar, un colon M. Bezzina été aussi tué et sa ferme encerclée fut pillée.

Une patrouille de gendarmes envoyée dans ce village essuyait de nombreux coups de feu et était obligée de se replier devant le nombre et le feu des agresseurs.
A 19 h 00, un groupe de civils allait dégager la ferme Zahra sur la route de Gounod et ramenait les habitants.
A 22h00, on apprenait que la ferme Dimeck sur la route de Gounod était encerclée ; la voie ferrée était coupée entre Guelma et Duvivier et le cheminot Gauci Jean était assassiné alors qu’il allait reconnaître la voie.
La situation était des plus grave dans la plupart des directions, les communications téléphoniques étaient interrompues, les poteaux étant coupées à la hache à un mètre du sol ; Guelma était isolée de Gounod, d’Aïn Amara et de Sédrata.
À la tombée de la nuit, on craignait un assaut contre Guelma. La défense était assurée par les tirailleurs et par des postes civils.
À 21:00, on signalait des groupes d'individus armés de mitraillettes et de fusils près du marché aux bestiaux faisant feu dans les rues de la ville. Des barbelés étaient placés pour barrer les brèches des murs de la porte du marché aux bestiaux où l'on pouvait craindre une attaque. Dans la cour de la gendarmerie s'entassait tous les réfugiés venus de l'extérieur, les familles des gendarmes logeaient de nombreuses familles réfugiées de la ville et des villages.
La fusillade soutenue se faisait entendre par intermittence au cours de la nuit.

Les postes de garde placés aux remparts et aux nœuds de communications devaient se servir de leurs armes automatiques et même de grenades pour repousser les assaillants
La gendarmerie et la milice effectuaient des patrouilles, la nuit, à la résidence mais l’attaque générale ne se produisait pas et la nuit s’achevait dans l’angoisse.
Le 10 mai, de toute part à l’aube, on signalait des concentrations d’indigènes armés.

On commençait à apprendre les assassinats et pillages commis dans la campagne et dans les villages alentour et le nombre des victimes, toutes et sans exeptions affreusement mutilées.
Des groupes importants d’indigènes armés étaient vus autour de Guellat-bou-sba qui était évacué.
Les détachements de troupes, de gendarmes et de civils volontaires allaient dégager les villages de Millesimo et Petit.

Les patrouilles protégeaient le rétablissement des voies de communication et lignes téléphoniques. On ramenait de Petit les cadavres affreusement mutilés de Baali Paole, de Sammarti Paul prisonniers de guerre italien retrouvés dans le lit de la rivière Seybouse.
Dans le village de Petit, la ferme Durand été dégagée ainsi que la gare du Nador avec l’appui de deux automitrailleuses.
On apprenait l’assassinat de Zarah François à la ferme « Belle Vue » et le pillage de cette ferme, ainsi que le viol et les blessures subies par les sœurs Soukhal de Petit.

A Villars, les gendarmes en patrouille auto sur le chemin de G.C numéro 19 étaient attaqués par une centaine d’indigènes armés. En infériorité, ils ripostaient et se repliaient. Les armes du centre de défense étaient remises aux hommes valides, ces derniers effectuaient avec les gendarmes plusieurs engagements au cours de la journée pour dégager le village.
À quinze heures trente arrivaient à Villars six automitrailleuses. Elles dégageaient la ferme Luzet où l’on retrouve le cadavre gérant P HALBEDEL, affreusement mutilé par ses ouvriers indigènes, et cela en présence de sa femme.

La ferme Degoul François et le moulin Grimad étaient trouvés entièrement pillés, toutes les machines du moulin étaient brisées, tout le bétail de la ferme était enlevé.

Gounod était dégagé dans la soirée par un détachement venu d’Oued Zenati
A Sédrata l’administrateur en chef SEGUY VILLE VALEIX partait avec un gendarme pour recueillir les habitants de Lapaine en camion ; il n’y parvenait qu’après avoir livré combat et plusieurs assaillants étaient tués, le gendarme fut blessé par des plombs.
Dès le départ des Européens de Lapaine, toutes les demeures de ceux-ci étaient mises à sac.

Dans la soirée, on apprenait que toute la population de Héliopolis s’était retranchée dans le moulin Lavie.
A 21 :00, la population de Bled Gaffar était évacuée sur Guelma où la ferme Bézzina était entièrement pillée par ses ouvriers.
A Oued Zenati, dans la nuit du 7 au 8 mai 1945, le drapeau de la poste était coupé en trois morceaux et salis par des excréments.
A 8 :30, plusieurs groupes indigènes, estimés à trois mille (3000), descendaient du village Montcalm et des environs en marche forcée s’établissaient au marché, prêts à passer à l’action.

Impressionnés par l’arrivée de renforts de gendarmerie et par l’attitude du maire, après les exhortations au calme de l’Iman, ces groupes indigènes se ralliaient à la manifestation patriotique organisée à quinze heures par la municipalité et défilaient en bon ordre.
Seules, des pancartes subversives arborées par les manifestations étaient saisies par la gendarmerie sans la moindre réaction.

Dans l’après-midi du 10 mai, les unités du G.U.R enlevées du village d’El Guerrah en chemins de fer et par camion arrivaient à Oued Zenati. Elles y trouvaient une population européenne affolée et une population indigène nettement hostile.
Les mères de famille françaises apeurées, menaçaient les gendarmes, les rendant responsables de leur vie et de celle de leurs enfants, refusant de coucher chez elles la nuit de peur d’y être assassinées par leurs voisins indigènes.
Le commandant du G.U.R exhorta les populations locales et fit également rouvrir les écoles qui avaient fermé leurs portes.

Le 11 mai, les allées et venues, les signaux observés au cours de la journée du 10 mai dans les montagnes qui bordent la route avaient complètement cessé.
Des renseignements recueillis, il résulte que ces mouvements étaient le fait d’une bande d’environ cinq cent indigènes armés de matraques, pistolets, fusils de chasse et de guerre, qui par petits groupes de deux ou trois individus se dirigeaient sur la Mahouna et Guelma.
Ces indigènes étaient originaires des douars inclus dans le rectangle délimité par Aïn Amara, Medjez Amar, Hammam Meskoutine et les crêtes du Bou Ghoursinne

Le 12 mai, vers 21 :30, un coup de revolver était tiré en pleine ville sur l’automobile de la gendarmerie qui transportait le maire d’Oued Zenati le chef de brigade de gendarmerie. Devant cet attentat qui visait les deux représentants de la France les plus en vue de la localité, le commandant du G.U.R prenait en main le maintien de l’ordre.
Dès l’arrivée des patrouilles armées, le village connu le calme le plus absolu et le lendemain, à l’aube, l’arrestation de vingt cinq indigènes appartenant aux « Amis du Manifeste » et du « P.P.A » avait lieu.
La population indigène stupéfaite assista sans protester à ces arrestations massives qui jetèrent le désarroi parmi les masses affiliées à ces deux partis qui comptaient sept mille six cent vingt trois (7623) adhérents.

Le calme n’a cessé de régner depuis, tant dans la ville qu’aux environs immédiats, malgré la persistance d’une hostilité sourde de la part des indigènes.
A noter cependant que les principaux notables d’Oued Zenati ont offert à la troupe 50 moutons.

Certaines familles indigènes fidèles à la France ont même concouru avec les troupes, au maintien de l’ordre en ville et ont secondé les postes civils chargés de contrôler la circulation.
À noter, la stupeur et le désarroi des gendarmes, des militaires et de la garde civile constatant que dans tous les villages, les fermes, ou sur les lieux de travail des civils, le caractère de sauvagerie fanatique des émeutiers, pillant, brisant tout, s'acharnant sur les corps de leurs victimes par des mutilations innommables, (sexe coupé), violant femmes et jeunes filles les traitants comme des esclaves, coupant les seins et les éventrant, puis emplissant le ventre de pierres, les enfants défigurés, cloués aux portes .

       Le 24 mai, une opération est menée entre la route de Guelma et les mines du Nador, sous l'autorité du colonel Schmidt, disposant du groupe mobile du Guercif et de deux escadrons de spahis: rechercher et capturer les éléments rebelles. S'abstenir de toute action non justifiée. Prendre contact avec les chefs afin de les amener à la résipicence. Ne rien prendre sans paiement. Remettre aux autorités civiles les troupeaux abandonnés.
       Des détachements pénétreront dans le massif de la Mahouna pour encerler les douars rebelles. Ces opérations prendront fin le 30 mai.        Le 28 mai, les douars de Millesimo se soumettent à leur tour, 1116 fusils de chasse et 74 armes de guerre sont récupérés

Malgré toute mon attention et vous prie par avance de m'en excuser, le texte affiché, vieux de nombreuses années, comporte un certain nombre d'erreurs ou de fautes. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique, soit par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR), soit par un logiciel de reconnaissance vocale.

Photos, source : La Vérité sur l'insurection du 8 mai 1945 dans le Constantinois. Maurice Villars. Historia magazine n° 196, et internet

TEMOIGNAGE
En préambule et par souci d'objectivité et sans vouloir jeter de l'huile sur le feu, voulant savoir ce qu'il s'était réellement passé à partir du 8 mai 1945 à Guelma, Gilles Martinez, durant les nombreux rassemblements des Guelmois au Barcarès et à Leucate dans l'Aude et dans les Pyrénées orientales , a réalisé plusieurs interviews de guelmois mobilisés dans la garde nationale ces jours tragiques du printemps mai 1945, il vous en présente l'un d'eux….

Interview d'un Guelmois
Je suis né à Guelma et tous mes frères aussi, la vie n'était pas belle car la paye de maçon de mon père était misérable. Je ne suis jamais allé à l'école et je ne sais ni lire ni écrire, mais je sais signer et compter.
Te raconter ma vie n'offre aucun intérêt, j'ai de suite pris la pioche et la pelle pour aider ma famille. Comme j'étais jeune et malingre, sur les chantiers, je faisais du rangement, du nettoyage des outils, je redressais les clous ou les extraire des planches et des madriers.
Je mangeais avec les ouvriers arabes et c'est ainsi que j'ai appris cette langue.
Les quelques sous que je gagnais je les donnais à mes parents.
Jamais de cinéma ou de bal, je regardais derrière les grilles de la halle aux grains les gens danser, c'est tout. Ma mère faisait avec du vieux du neuf, j'avais parfois quelques trous aux chaussettes ou aux genoux mais pour moi cela était secondaire.
Puis en grandissant, bien que chétif, j'ai appris le métier de maçon. J'ai travaillé dans toutes les entreprises de Guelma, quand l'un n'avait plus de travail, j'allais louer mes services à un autre entrepreneur français ou arabe.
Parfois je restais des mois sans travail, alors je faisais de la vente chez les arabes. J'achetais des fruits sur l'arbre et j'allais les revendre là où personne ne vend, dans les villages aux alentours de Guelma ou dans les douars éloignés.

Je m'étais associé avec Saïd un ami arabe qui possédait une voiture hippomobile tirée par un mulet, moi j'achetais dans les fermes des œufs, des poules, des légumes, des fruits et nous partions rejoindre les places de villages les jours de marchés en carriole.
Alors toi ce qui t'intéresse c'est le 8 mai 45 ?.

J'étais en attente d'être appellé à l'armée. Mes loisirs ?, j'allais à la chasse aux sangliers avec les sociétés de chasse parfois avec les Marchisio, parfois avec les maltais Paul Bezzina et ses frères, Xuereb, Santi. Gauci, bon, nous étions une bonne bande de copains, la politique!!!!, c'était pas pour nous.

La langue parlée était bien entendu l'arabe. On a beaucoup rigolé, c'était à celui qui avait les meilleurs chiens et la bouteille d'anisette pleine .... on chassait partout autour de Guelma, il nous arrivait de partir le soir, de coucher dans les gourbis pour être le matin avant le lever du soleil aux postes de tirs.

Alors le 8 mai 45 !, j'étais, comme tous les habitants européens valides, enrôlés dans la garde civile. Nous étions inquiets car l'attitude hostile des arabes et les rumeurs de meurtres nous rendaient terriblement anxieux
Mais c'est incroyable ce que je vais te raconter, il faut être complètement fou pour quitter la ville en cette période incertaine.

Je me trouvais avec mon associé nous revenions de Gounod le 9 mai en charrette hippomobile. Le matin, nous étions allés vendre des abricots dans ce village, nous avions rien vendu et pour cause !
Nous avions rencontré des groupes d'arabes qui descendaient de la montagne vers Guelma, mais comme Saïd ne paraissait pas trouver anormal ces dizaines d'indigènes qui semblaient très pressés.
Ils n'ont pas prêté attention à nous et donc je n'avais aucune appréhension, nous étions à une dizaine de kilomètres de Guelma, il était vers les 3 heures de l'après midi, je me disais vers 5 heures je serais à la maison.

     Puis Saïd s'agita et accéléra la mule, il me dit : il faut vite arriver je ne sais pas ce qui se passe, mais c'est mauvais.
A un tournant, je vois une charrette arrêtée sur le bord du chemin et les corps à terre de monsieur et madame Winschel qui étaient métayers la ferme Prunetti, ils étaient nous semblait-il morts.

Difficile de passer sans les écraser, j'observe que le mulet saigne, il est aveugle, il a pris un coup de fusil et ses yeux tombent.
Lentement Saïd avance et évite les corps au sol, c'est alors qu'un indigène armé jusqu'aux dents demande à Saïd : Qui c'est celui là ; c'est un français ?
- Non, c'est un Kabyle, la conversation s'engage, j'arrive à donner le change car je parle très bien l'arabe.:
Pourquoi tu as les yeux bleus ?
- Parce que je suis kabyle
- Tu es musulman ? fais la prière,
- je m'exécute, et je prie.
J'ai une peur terrible qui me sert le ventre, je n'arrive pas à avaler, ma langue c'est du bois, des palabres s'échangent, où tu travailles ? où tu habites? le chef nous dit "on a reçu les ordres de tuer tous les français" ma vie ne tient qu'à un fil.
Enfin, ils nous laissent passer, ils étaient 50 ou 100 ou plus je ne sais plus, jusqu'à Guelma, avec Saïd, nous n'avons pas échangé un seul mot, car 5aïd risquait autant que moi la mort.

En arrivant à Guelma, je file à la gendarmerie pour raconter ce que j'ai vu, mais je n'arrive pas à sortir un seul mot, je tremble, je bégaye, je n'arrive pas à m'expliquer. La femme du capitaine, vient à mon aide et m'isole dans une chambre.
Je reste les yeux ouverts, je fixe le plafond, le moindre bruit me fait sursauter. Je suis resté longtemps sans bouger, puis je me suis levé, il fallait prévenir mes parents que j'étais en vie et raconter aux gendarmes d'où je revenais.

Ce jour là, la ferme des Dubois était attaquée, comme j'étais inscrit sur la liste des volontaires de la garde civile, je montais dans un camion Citroën P60 pour aller porter aide aux Dubois, nous étions quinze plus de vieux que de jeunes, les gendarmes nous encadraient, personne ne s'imaginait l'ampleur de la révolte.
Arrivés à quelques kilomètres de la ferme, des coups de fusils nous arrêtent, ils étaient plusieurs centaines à nous tirer dessus, accompagnés du youyou des femmes surexcitées.
On fit demi-tour difficilement car il y avait des barrages de pierres et les arabes continuaient à nous tirer dessus

Le lendemain on retourne accompagnés de gendarmes armés de fusils de guerre, d'une chenillette armée d'une mitrailleuse. La même chose nous sommes accueillis par des tirs violents, seulement cette fois, bien qu'en infériorité numérique nous avions l'avantage des armes. Ils se replièrent vers une mechta et nous de les poursuive, nous ignorions s'il y avait des otages
En arrivant devant un gourbi, il y en avait un qui portait la veste tâchée encore du sang de monsieur Winschel, je l'ai reconnu et lui aussi, c'était un du barrage, il était armé d'un carabine italienne avec en bout une courte baïonnette, je lui crie, en arabe, jette ton arme, au lieu de cela il fonce pour m'embrocher, sans réfléchir, j'ai lâché mes deux coups de chevrotines, c'est alors qu'un autre est sorti en criant " Djihad " une hache à la main, j'ai eu peur ; j'ai tiré instinctivement, il tomba.
On remonta vers un gourbi en arrivant devant, une femme avec des vêtements d'européens pillés dans la ferme voisine, nous insulte en nous menaçant, elle roule à terre, un tirailleur a fait feu

Il y avait un gendarme admirable de courage qui nous commandait, il était armé d'une carabine U.S 22 à répétition, quand nous arrivions en vue d'une mechta menaçante, il nous disait mettez vous en formation de tirailleurs à 20 mètres derrière moi, quand je m'arrête vous faites comme moi, quand je me mets à genoux, vous faites comme moi et surtout que personne ne bouge ou ne tire sans mon ordre.

Il nous faisait approcher mais assez loin pour que les coups de fusils des arabes ne portent pas et assez près pour distinguer les émeutiers.

Il s'arrête et nous aussi, il faisait en sorte que nous ayons toujours le soleil dans le dos. Il nous fait signe, on se baisse et on attend. Au bout de 10 à 15 minutes les arabes se montrent et de loin nous insultent, gesticulent, dansent aux cris des youyous., ils nous tirent dessus, on entend les balles ricocher sans nous toucher. Voyant que l'on ne bouge pas. ils pensent que nous avons peur et se découvrent de plus en plus
C'est alors que le maréchal-chef des logis X pointe doucement son arme et choisi le chef, il tire, l'autre tombe, il tire encore un autre s'affaisse, il tire encore et encore. Les autres en face se sauvent et on avance. Tous les 50 mètres la même façon de procéder, jusqu'aux gourbis.
Là, les gendarmes assurent notre protection et nous on fouille pour trouver des armes. On arrêtera 12 hommes, pour les faire avouer c'était facile on en prenait un au hasard, on lui disait Messaoud nous a dit que c'était toi le chef et parce que tu es le chef tu va mourir. L'un de nous approche son fusil proche de l'oreille et tire, Il est devenu subitement sourd, il a peur, roule à terre se bouche les oreilles, il hurle de douleur, monsieur Z arme ses chiens de fusils s'approche de l'autre oreille et.... il le frebelle nous donne les noms des douze salopards que nous ramènerons à Guelma.

Ne crois pas que l'on jouait au cinéma et que nous partions à la chasse à l'arabe, histoire de les tuer, jamais nous avons attaqué sans cause réelle, c'était toujours pour dégager un village, une ferme.
Nous prenions nos ordres à la sous-préfecture en fonction de la situation de la gravité des villages alentours. Nous partions toujours avec des représentants de la loi, ainsi nous étions couverts par Achiary.

Quand les arabes on comprit que nous ne laisserions pas tuer comme des moutons, ils sont devenus coopératifs et même nous accompagnaient pour dénoncer les meneurs.
Notre but était de montrer notre détermination à ne pas nous laisser, malgré leur nombre, égorger comme des moutons les mains dans les poches.

Les premiers tués à GUELMA furent maltais et je peux te dire qu'il ne fallait pas que tombent sous leurs mains; des égorgeurs

Toujours le 9 mai les gendarmes nous disent : il faut nous rendre au village de Lapaine, il y a madame veuve Ménard qui tient le bureau de la poste, elle nous a raconté, qu'elle était prête à tuer sa fille pour ne pas qu'elle soit violée, car les assaillants attaquaient la porte à coup de hache. Elle tira un tiroir où se trouvaient la vaisselle, des fourchettes, des couteaux, des cuillères, mais fébrile et tremblante de peur, le tiroir tomba à terre dans un bruit métallique, ce bruit leur sauva la vie .
Elle avait eu le temps d'apercevoir les meneurs, des gens du village, qu'elle nous désigna, ils furent arrêtés.
Le village de Lapaine fut entièrement pillé, linge, vêtements avaient disparu et on se mit à la recherche des voleurs, on en trouva vêtu de vêtements des victimes ….

On demanda à l'adjudant de gendarmerie ce que deviendraient les égorgeurs ?, il répondit: ils seront envoyés à Constantine et peut-être échapperont-ils à la peine capitale.
Cela jeta un froid parmi nous, monsieur V s'insurgea, ils nous tuent et ils échappent à la justice ?
.

A Millesimo encore un maltais de tué, mais il nous est impossible de nous y rendre, ils y avait des milliers de d'insurgés dans l'oued Zimba. Ils descendaient de la Mahouna par l'oued Maize et débouchaient sur la route au pied de la ferme Cheymol.

Je crois que c'était le 12 ou le 13 mai, nous voilà désigné pour porter secours aux habitants de Millesimo.
Le camion qui nous transporte est un vieux gazogène italien récupéré par monsieur Mongavero qui fait le transport de charbon. On a disposé des sacs de sable pour nous protéger et nous voila partis.

Tant que c'est du plat, il roule à 60 km /heure, la descente de chez Cheymol il atteint 75, la montée vers le village 30 et encore.

Dans les fossés, sur les crêtes, dans l'oued des centaines ou des milliers d'arabes. Nous nous ne sommes que 15 et un seul possède un fusil de guerre.
Nous étions 16 au départ, mais comme le plateau du camion était très haut, nous n'avons pas pu hisser monsieur R, qui perclus de rhumatismes criait de douleurs dès que nous tentions de soulever.

Il y avait à bord des parents de Missud Joseph assassiné, je peux te dire qu'ils n'allaient pas pour la balade, c'étaient des hommes, quand je te dis des hommes c'est pour te dire qu'ils étaient le contraire de trouillards, ils faisaient le signe de croix le doigt sur la détente et tu sais c'est dur de voir ses proches le ventre ouvert.

Sous la conduite des gendarmes nous ramenions à la prison de Guelma, les prisonniers arrêtés armes à la main, ou en flagrant délit de pillage.
Ce que nous supportions mal, c'était cette arrogance, ce sentiment de non coupable, " ana khati ", ce n'est pas moi et de toute façon on vous tuera tous et vos femmes coucheront dans nos lits.

La répression fut menée exclusivement par des troupes musulmanes les tabors marocains, les tirailleurs algériens, les goumiers et les tirailleurs Sénégalais, amis affirmer qu'il y eut 45.000 tués est de l'exagération

Des journaux politiques ont souvent parlé de nous, j'ai entendu dire " La répression du 8 mai 1945 par la milice de Guelma " c'est à mon sens donner beaucoup d'importance à cette poignée de français qui s'est battue le dos au mur, pour ne pas être exterminée, car c'est de cela dont il s'agit, se battre à 10 contre un ou mourir, pour moi, les arabes comptaient sur l'extermination des européens, on appelle cela un GENOCIDE.

Malgré toute mon attention et vous prie par avance de m'en excuser, le texte affiché, vieux de nombreuses années, comporte un certain nombre d'erreurs ou de fautes. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique, soit par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR), soit par un logiciel de reconnaissance vocale.

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