Un nouveau journal à Guelma, qui vient se ranger aux côtés des vaillants organes algériens.

e GUELMA JOURNAL Né durant les circonstances graves telles que l'Algérie n'a peut être jamais traversée de semblables; entendant, dès ses premiers pas, les clameurs de détresse qui, de toutes parts s'élèvent désespérées, GUELMA JOURNAL a sa voix toute tracée: de toutes ses forces, sans relâche ni trêve, il se vouera à la défense des droits de l'Algérie depuis si longtemps méconnus, de ses intérêts si constamment sacrifiés dans le passé comme dans le présent, si les menacés encore dans d'avenir.
GUELMA JOURNAL comme son titre l'indique, sera d'une façon spéciale l'organe des intérêts de Guelma, ainsi que de ceux de l'arrondissement.
Mais, élargissant, tout de suite les limites du champ d'action où il a son berceau, il ira dans les régions voisines, où on souffre comme ici; il sera le conseillé fidèle, le défenseur aussi des populations laborieuses d'oued Zenati, d'Aïn Beida, de Tébessa, etc. au milieu desquels il sait d'avance qu'il sera accueilli avec une ferveur qu'il efforcera de mériter toujours.

GUELMA JOURNAL sera journal républicain indépendant ; il se montrera respectueux de l'idée politique de chacun ; soucieux d'éviter de pénétrer dans la vie privée des citoyens.
La politique pure n'est pas la raison d'être du nouvel organe. Il ne s'en préoccupera, il en fera donc autant qu'elle aura trait aux intérêts généraux de la France, à sa puissance, son prestige ; autant que cela servira véritablement les intérêts plus particulier de l'Algérie, principalement ceux de Guelma.
De la bonne pratique et administration ; des affaires, beaucoup d'affaires, voilà ce qui, par-dessus tout, est nécessaires à l'Algérie. C'est dans ce sens que doit s'exercer l'action de la presse. Guelma journal ne l'oubliera pas ; c'est-à-dire; la colonisation et tout ce qui s'y rattache ; l'agriculture, la viticulture, l'élevage, les huileries etc. seront l'objet constant de ses préoccupations.

Dès maintenant, ce qu'il veut, c'est la fin de la crise terrible qui passe sur nous ; c'est l'établissement d'un régime fiscal et douanier qui protège nos produits contre les spéculations éhonté du gros commerce, lesquels ont pour résultat, sans avantage pour le consommateur, d'inonder la France et l'Algérie de produits étrangers de mauvais aloi et d'empêcher ainsi l'écoulement de ceux sortant de notre sol, jusqu'au moment, où, lassé, pressé par les besoins, les conducteurs les abandonnent vil prix.

En outre, au point de vue spécialement algérien, GUELMA JOURNAL entre autres choses, demandera :
Que l'administration hâte l'établissement des villages projetés depuis longtemps déjà, qu'elle décide la création nouvelle, à des emplacements judicieusement choisis. Que les attributaires des concessions soient pris parmi des fils de colons, ces jeunes Algériens, en effet présentant, pour la réussite de la colonisation des garanties autrement sérieuses et sûres que celles fournies par les gens appelés de France.

Qu'on prenne, non pas dans trois mois, dans six mois, dans un an, mais immédiatement, des mesures en vue d'assurer enfin la sécurité des colons qui n'a jamais été plus illusoires aujourd'hui.
Que le gouvernement se préoccupe de façon réelle de la situation pénible dans laquelle se trouvent les agriculteurs, éleveurs et viticultures, et, par contrecoup direct, le commerce algérien, situation que la presse de l Algérie, les comices agricoles ont signalée à l'attention des pouvoirs publics.

Que le gouvernement, encore, tiennent compte des avertissements qui lui ont été donnés déjà au sujet des fraudes qui, au plus grand préjudice de l'Algérie, se commettent en Tunisie par l'introduction en francs de droits, en France, de produits italiens et autres énoncés comme produits tunisiens.
Comme pour le transport de nos vins, grains, huiles, bestiaux etc. les tarifs des bateaux, ainsi que ceux des chemins de fers algériens et métropolitains soient notablement abaissés.

Qu'on redonne aux vignerons la faculté de distiller à volonté sur la propriété ; qu'on lui permette d'utiliser, sans le contrôle du fisc, aussi coûteux que gênant et inutile, les piquettes et les marques qui aujourd'hui, sont jeter dans le ruisseau ou au fumier.
Que soit supprimée la licence ; cet impôt vexatoire qui pèse lourdement sur le petit récoltant et va augmenter encore le chiffre, déjà assez gros pourtant, des frais qui grèvent la propriété de ses produits.
Sans doute, nous avons omis de comprendre certaines questions dans l'énoncé qui vient d'être fait. Mais nous n'avons voulu qu'indiquer, par un exposé succinct, la ligne de conduite générale qu'entend suivre GUELMA JOURNAL.
On paraît avoir fait, en haut lieu, jusqu'à présent, fi des desiderata algériens, cependant si modérés, dont le fond, si calme dans la forme.
Les voix de colons à éveillé aucun écho dans les sphères administratives et gouvernementales.
Il faut pourtant, oui il le faut, que les justes plaintes de ces travailleurs du sol soient écoutées enfin.
Toute entière, la presse algérienne a raison émue de l'indifférence coupable témoignée à leur égard par nos dirigeants, a pris fait et cause pour les colons, et, appuyant leurs revendications légitimes, a depuis un certain temps engagé la lutte.GUELMA JOURNAL de faire parti de la phalange de journaux qui, vaillamment, mène le combat.
En venant, à leurs côtés prendre part à la bataille, il leur réclame un peu de cette indulgence à laquelle a droit, de la part de ces anciens, le conscrit qui, pour la première fois, va au feu.
Ils ne changeront certainement pas à regretter ce sentiment de confraternelle bienveillance, lorsqu'ils auront vu Guelma journal, l'arme à la main, les yeux droits au but à atteindre, se jeter dans la mêlée, et, s'il avançant sans regarder en arrière, lutter avec une ardeur à leur égale, contre ceux qui, conscients ou inconscients, non seulement empêchent Algérie, de prendre son libre essor, mais ne tentent rien moins, à cette heur qu'à la précipiter dans un abîme de misère et de ruines.
La rédaction.
Nous remercions ceux de nos confrères qui, sans encore connaître notre journal, ont déjà adressé leurs sont les bienvenue et de longue vie.

Chronique locale
et des environs.
Guelma
Hier, installation l'audience solennelle du tribunal, de M. Rémond certitude Monsieur le procureur de la république.
Nous souhaitons la bienvenue à M. Rémond.

Nous apprenons que M. Renier propriétaire, conseiller général de Guelma, président du commerce agricole, est nommé chevalier du mérite agricole.
Nous félicitons le nouveau promu pour la distinction dont il vient d'être l'objet.
Ont été nommés en même temps : M. Barbier, conseiller général de Souk Haras et M. Lesieur, agriculteur Oued Cham.

Hippisme
Lundi dernier, réunion à la mairie la presque totalité des membres de notre société hippique.
Au sujet de l'époque des courses un heureux changement a été résolu : ses courses auront lieu désormais, n'en plus au mois d'octobre, mais au mois de mai de chaque année.
On ne peut que féliciter messieurs les sociétaires d'un avoir décidé ainsi, et d'avoir, de cette façon, satisfait au désir, exprimé maintes fois, tant par le public Guelmois que par le public venant du dehors.
En effet, la nouvelle époque de fête est bien choisie. D'autant, généralement, qu'à ce moment de l'année, les visiteurs afflueront, les dames pourront, sans crainte, exhiber leurs toilettes les plus fraîches, leurs chapeaux les plus fleuries, les plus coquets, car on n'aura pas alors, à redouter de ces ondées diluviennes qui, lors de nos précédentes courses presque chaque fois, les interrompaient, ou, tout au moins, les couronnaient fort désagréablement, trempant jusqu'aux eaux, les spectateurs qui arrivaient en ville dans de piteux états.
La commission doit se réunir à bref délai en vue de fixer définitivement le jour de la fête et d'en arrêter le programme.

Théatre
M. Dumolard, directeur de la troupe théâtrale de Bône, était, il y a quelques jours, à Guelma, en vue de s'entendre avec notre municipalité au sujet des représentations qu'il a l'intention de donner ici, deux fois par semaine.
Nous croyons savoir qu'accord a été pris, et qu'ainsi, à partir de février nous aurons le moyen de charmer les loisirs des dernières soirées d'hiver.

Bals
D'un autre côté on annonce une série de bals, soit au théâtre, soit dans les principaux établissements de Guelma.

Vols
Cette nuit, tous les madriers d'échafaudages, des planches, des outils servant à la construction de dépositoire, dans l'enceinte du cimetière français, ont été enlevés.
Les malfaiteurs ont tous déménagés par-dessus les murs.
Depuis ce matin, au petit jour, la police est en recherche.

Justice
Le bruit court, ici, avec une certaine persistance, qu'on aurait commué la peine de mort prononcée contre les indigènes qui tuèrent deux colons du Youks les bains, près de Tébessa.

Au lendemain de l'exécution des meurtriers indigènes aussi- d'un jeune arabe, (un enfant), condamné pendant la même session d'assises, cette mesure de clémence envers les assassins de colons, père de famille constituerait un monstrueux défi jeté à l'opinion publique en Algérie !
Jusqu'à plus ample informé, nous refusons d'y croire.

Carnet de police.
Une jument au sous poil blanc sale tirant sur le gris, âgée de six ans, queue longue, portant une ancienne blessure au pied droit de devant provenant sans doute de vol commis dans la commune de souk Ahras, a été saisie à Guelma par le service de la police et remisée en fourrière publique. Le principal auteur du vol a pris la fuite, et ses deux complices ont été arrêtés et déférés au parquet.

Deux bœufs volés au préjudice d'un Kébir de douar de la commune de Millesimo, ont été saisis par le service de la police.
Dans la banlieue de Guelma, les auteurs du vol, qui conduisaient les bœufs pendant la nuit, ont pris la fuite dès qu'ils ont aperçu l'agent.
Le nommé Mohamed ben Talihmi a été arrêté comme complice du vol d'une vache trouvée entre les mains du nommés Messaoud Larbi Ben Bouchera, déjà arrêté et déféré au parquet.
Contraventions déclarées pour divers motifs.

PETIT Quelques vols dans les douars, grâce aux diligences de l'autorité municipale, quelques-unes des choses volées ont été retrouvées et les coupables arrêtés.

Millesimo.
Il y a quelques jours, vol de divers objets de ménages chez l'instituteur.
Vol également des marchandises d'épicerie au préjudice du sieur Luigi épicier. La gendarmerie aussitôt avertie, a recueilli de sérieux indices qui lui permettront, si ce n'est déjà fait, d'arrêter les coupables.

Vols
Dimanche dernier le garde champêtre Marchand revenant de tournée, rencontrait dans la Mahouna, un indigène, qui lui était inconnu, conduisant deux bœufs.
Interrogé par l'agent sur la provenance des bêtes, indigène ne put donner d'explications. Pressé de questions, il avoua avoir dérobé les bœufs à un colon de Renier.
Arrêté alors, séance tenante, le voleur a été mis à disposition du parquet, et les bêtes consignées à la fourrière en attendant que le propriétaire, aussitôt avisés viennent les réclamer.

Clauzel.
Tentative de vol, paraît-il, dans un douar. Des coups de feu ont été échangés entre les malfaiteurs et les indigènes qu'ils venaient dévaliser.

Chronique régionale.
Souk Ahras de notre correspondant particulier.
Monsieur Drakoulakos, marchand de tabac à souk Haras aurait l'intention d'établir, à l'instant des grandes villes un kiosque sur notre place Thagaste.
Une demande, à ce sujet, a été adressée à Monsieur le maire de notre ville, qui nous l'espérons, ne trouvera pas d'inconvénient à cet établissement, d'autant que cela rapportera à la municipalité et que les habitants de notre ville seront aise de trouver à portée certains articles de première nécessité.

Tous les dimanches, depuis quelque temps, les rues de notre ville sont sillonnées par des groupes de travailleurs, aux épaules solides et au teint basané, qui viennent tous les ans, en partie du Languedoc et de la Provence pour effectuer la taille de la vigne.
Nous leur souhaitons gaité, courage et gain.
À chaque colon gagne ?

La société musicale les enfants de souk Ahras dans le but d'assister au prochain concours de Lyon, vient d'émettre une tombola dans la combinaison intelligente ne peut manquer de réussir.
Chaque série de cinq numéros comprendra un lot gagnant, ces lots sont offerts par Messieurs les membres honoraires de la société ainsi que plusieurs fonctionnaires de notre département.
Quelques-uns de ces lots sont déjà exposés dans les vitrines de M. Kast et Roneker, l'on peut se rendre compte de la valeur des objets qui seront gagnés.
Nous apprenons qu'un grand nombre de séries ont été enlevées, qu'on se le dise et qu'on se dépêche.

Bal.
Le bal annuel de la société de Secours Mutuel, dont M. Charles Labori est le sympathique président, à eu lieu samedi dernier. Comme d'habitude la société était nombreuse et on à dansé très avant dans la nuit.
Après beaucoup d'amusement, il restera encore du boni la caisse.

L'Echo de Tombouctou.
Je terminerai en vous envoyant un extrait de l'Echo de Tombouctou : une rencontre au pistolet a eu lieu ce matin, à 6:00 entre messieurs MM. P et C. Les quatre témoins ont été tués, les adversaires se sont réconciliés sur le terrain et ont été déjeuner ensemble. Quant aux témoins on les a apportés à l'hôpital.
Si cette nouvelle est véridique, ainsi que nous le croyons, tenant L'Echos de Tombouctou pour un journal sérieux, si cette information est exacte, disons nous, à l'avenir les témoins de cette sorte d'affaire auraient tout intérêt à les arranger à l'amiable.

Aïn Beida.
Nous avons vu que le ministre de la justice a promis à M. Thomson député, qui lui présentait les délégués de la ville de Ain Beida, Messieurs Barkat et Angelini de favoriser le rattachement de ce canton à la circonscription judiciaire de Constantine.B Il a longtemps, bien longtemps, qu'à Aïn Beida, on veut fausser compagnie à Guelma ! C'est le rêve caressé là-bas.B Le changement, serait qu'on soit convaincu, loin d'être aussi avantageux pour les justiciables d'Ain-Beida, que certains le pensent ! Nous reparlerons, au besoin du cas dans son prochain numéro.B

Tébessa.
Au moment de mettre sous presse, la chronique de notre correspondant Tebessien ne nous est pas encore par parvenue.

Oued Zenati.
Les travaux de labours et d'ensemencement s'achèvent dans les meilleures conditions. On a de bonnes raisons d'espérer qu'enfin une récolte avantageuse va, cette année, dédommager les colons et les indigènes des pertes qu'ils subissent depuis longtemps par suite de non réussite persistante de plusieurs récoltes précédentes.

Oued Zenati
Ici quelque mois oued Zenati va encore être agrandi, embellit.
En effet, se construit en ce moment les maisons qui doit aborder la place du marché aux grains et donner, ainsi à ce centre, en train de devenir tout simplement, charmant sous l'habile administration de son maire M. Bovet, une genre ; un cachet qui pourront lui envier certaines villes algériennes.
Nous parlerons dans une prochaine chronique de l'agrandissement de Ras el Akba, hameau de l'oued Zenati.
Cette question très avancée aujourd'hui, ne reçoit cependant pas de solution définitive.
Nous examinerons les causes de cette situation fâcheuse et les moyens de sortir au plutôt.

Duvivier, Medjez Sfa, Saint-Joseph, Barral, Mondovi.
Presque partout, dans cette région, les vignes ont été taillées et ont reçu une ou plusieurs façons. Toutefois on remarque que certains vignobles, dont quelques-uns relativement importants, sont à peine ou pas du tout soigné encore.
Ils appartiennent à des vignerons qui quoi qu'ils aient du vin plein les caves sont pourtant dans une situation pécuniaire des plus critiques, ne possédant, ni ne pouvant se procurer des fonds destinés à faire face aux premiers frais de culture et de taille !
Triste !
Ce sont ces situations-là, et bien d'autres, pareilles hélas !, que Guelma journal veut se préoccuper afin de faire cesser en signalant les causes déterminantes, en même temps qu'il indiquera l'ensemble des moyens susceptibles afin de mettre fin à une lamentable État des choses qui, du reste, n'est pas particulier, malheureusement, à la région dont il vient d'être parlé.
Guelma journal va-tout afin d'être le journal aussi complet que possible, en outre dans son bulletin qui, toujours, traitera des questions intéressant de l'Algérie, il aura un service d'informations au moyen desquels le lecteur sera mis au courant des faits saillants qui se produiront en France, en Algérie, dans les colonies à l'étranger.
De plus une chronique locale, des faits de police. Aussi, une chronique régionale qui serait alimentée par les correspondants dans le Guelma journal s'est assuré le concours à Souk Aaras, Ain Beida Tébessa, oued Zenati, Duvivier etc.
Enfin quelques mots pour rire; quelques jeux d'esprit, une historiette drôle pour finir " une dernière heure ".

Quelques lacunes auront sans doute pu se glisser dans ce numéro. Guelma journal en demande pardon à ses lecteurs, les assure que ne ce représenteront plus les petites irrégularités, les légères omissions, qu'on constatera, peut-être aujourd'hui, et qui, inhérentes au travail de confection d'un numéro de début, n'auront pu, pour cette fois, être évitées complètement.
Note de la rédaction

Pour rire
Dans un wagon, au grand complet Monsieur Z qui était placé dans le sens du train demande à son vis-à-vis de changer de place avec lui.
Celui-ci, après s'est empressé de faire droit sa requête ;
Vous préférez aller à reculons ? lui dit-il.
Oh ! Ce n'est pas à au point de vue de mon agrément, répond M Z, c'est par ce que en cas d'accident, les contusions sont beaucoup moins fortes.

L'antique baronne de S., charme ses dernières heures d'une existence remplie par la lecture d'aventures romanesques les unes que les autres.
Cette lecture est faite par une jeune ingénue, attaché à sa personne.
Au moment le plus palpitant, la situation devient si scabreuse que la baronne, se souvenant l'innocence de sa suivante, l'interrompt.
Mademoiselle, avant de continuer bouchez vous les oreilles !

Problème du jour.
Logogriphe Je sers de vêtements à l'habitant des mers ;
Ma tête mise à bas, je vole dans les airs.
signé X

Un témoin ténébreux.
Si l'on peut reprocher un garde champêtre, que nous allons entendre, quelques 'obscurités dans ses explications données de vive voix, on ne saurait lui refuser une grande précision de ses procès-verbaux, et c'est là l'important.
Voici comment il parle, après quoi ce qu'il a écrit, cela nous Apprendra peut-être ce qui parler veut dire !
Il aperçut le sieur ici présent, ayant des choux qu'il avait arraché avec ses mains, qui appartenaient à Jacques Simon, cultivateur ayant constaté antérieurement la veille, empruntant des oignons clandestins, je conduisis et ne se dont il reconnaît avoir volé les carottes, dont j'ai saisi les choux comme pièces à conviction.
M. le président : ce n'est pas bien clair
Le prévenu : ce vieux fonctionnaire ne sait même pas de quoi il m'accuse, car, Messieurs, qu'-est-ce que j'ai volé ?, c'est-il des choux, des carottes ou des oignons, non ? - qu'il le dise, qu'il le dise !
Le garde champêtre: du moment que le délinquant attaque d'incompétence mes déclarations verbeuses, je vais préciser dans les circonstances de la cause, qui est écrit dans un procès-verbal officiel.
Le garde champêtreétant en tournée et me trouvant sur la route départementale 17 , je vis le délinquant possessif de deux choux ayant reconnu le sou signé comme étant un voleur de nation des végétaux d'autrui pour l'avoir remarqué la veille en détention d'oignons suspects, je lui ai questionné sur les deux choux, comme suit :
Demande : je vous ai vu sortir hier d'une pièce de terre ensemencée par monsieur Finot, avec un panier qui était bien rempli ?
Réponse de M. Grena, c'est vrai.
Demande : êtes-vous son domestique ou son serviteur à son service ? Réponse de M. Grena, je suis son domestique.
Demande : c'est faux.
Réponse : vous en êtes un autre.
Demande : aujourd'hui je vous retrouve dans le même cas semblable des oignons d'hier seulement c'est des choux
Réponse : monsieur Grena
. Monsieur le président : a-t-il avoué ?
Le garde champêtre il a avoué sans affirmative et de même il a voulu corrompre mes fonctions qui est également consigné dans mon procès-verbal, ainsi qu'il soit, pour acheter ma confiance.
Réponse : monsieur Grena, c'est vrai que j'ai volé les oignons au détritus du nommé Finot Jacques.
Demande - suivez-moi chez M. le maire de la ville.
Réponse M. Grena, êtes- vous susceptible de l'humanité pour un père de famille ?
Réponse : voulez-vous accepter une pièce de 4 francs et ni vu ni connu.
Demande : votre corruption de fonctionnaires et encore pire.
Sur ce, le délinquant, à mon refus honorable, m'a envoyé un nuage ce coups de poings.
Le prévenu : un nuage, non, trois uniques.
Le garde champêtre : une dent à remplacer !
Le prévenu : j'ignore ce qui se passait dans votre intérieur.
Le garde champêtre, le sieur ici présent, avait déjà un procès d'avoir fraudé avec l'octroi, en passant un lièvre qu'il avait mis dans une peau de lapin, si bien arrangé que sa mère ne l'aurait pas reconnu, seul le bout des pattes, qu'il était entré dans la barrière, tenant son lièvre par les pattes de lapin
Monsieur le président, au prévenu, qu'avez-vous à dire ?
Le prévenu j'ai dit que ce fonctionnaire, c'est seulement que ce fonctionnaire, il ne sait pas ce qu'il dit, les oignons, les carottes ? et que pour ce qui est des coups de poings : c'était par le moyen qu'il m'avait pris au collet avec une brutalité extraordinaire. Pour ce qui est des quatre francs, c'était censé pour de simples choux qu'il les aurait remboursé au sieur Finot, et pour ce qu'il a dit ni vu ni connu, qu'il abuse de son éducation pour écrire contre moi des choses que je ne pouvais pas y répondre si bien que lui, voilà mon caractère
Le Tribunal condamne le prévenu à quatre mois de prison

En attendant cette condamnation, il se mit à pleurer.

Peut-être a-t-il gardé un oignon ?
Signé Jean Mounaud

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