le 15 Février 1894
QUESTION DU JOUR
Nous croyons bien faire que de reproduire l'article éminent qui suit, tout d'actualité, que nous puisons dans le journal " L'Agriculteur " de Béziers.
Il se trouve être le complément, la suite naturelle le notre information Viticole " le Clos Bercy " parue dans le dernier numéro de Guelma-Journal, et indiquant la façon, plus ou moins immonde, dont sont fabriqués, à Paris et dans tous les grands centres, avec des ingrédients souvent quelconques, les liquides malsains qui, sous la dénomination usurpée de Vins, font une si rude et si déloyale concurrence au vrai jus do raisin.

Le vin qu'on fabrique à Paris La viticulture sait bien que l'on fabrique du vin à Paris et ailleurs; mais elle n'a connu que des suppositions plus au moins basées sur des faits, comment on obtenait ces vins artificiels à si bon compte.
On a bien dit dans les réunions publiques et dans la presse, que 'es vins artificiels avaient toutes les provenances; nous avons dit ici la même chose.

Mais nous voulons enfin préciser, pour bien faire entendre à M. le Ministre de l'agriculture d'abord, et à tous les députés et sénateurs, qui sont de son avis, que ce ne serait pas porter atteinte à la liberté individuelle que de supprimer la fabrication des boissons artificielles auxquelles on donne le nom de vin.
Supposons que nous sommes habitant de Paris. -Nous voulons, alors, fabriquer du vin pour notre consommation personnelle, et non pour le livrer à un marchand de vin.

Voici ce que nous allons faire : Dans notre cave ou notre cuisine, nous aurons une, deux, trois pièces défoncées ; si notre ménage est important, nous aurons des muids et même des cuves de bonne contenance.
La loi contre les vins factices nous autorise à acheter des raisins secs pour notre consommation de famille; une centaine de kilos, c'est suffisant pour le parti que nous voulons en tirer, car le raisin sec va nous servir seulement de levure. Mais si nous sommes quelque peu au courant des progrès de la science des ferments, nous n'aurons même pas à nous procurer des raisins secs; nous nous adresserons, tout simplement, à une usine à levures qui nous fournira le levain nécessaire.
Nous préparons donc notre levain, soit avec des raisins secs, soit avec des levures, et, pendant que ce levain entre en fermentation, nous préparerons, d'un autre côté, nos jus sucrés qui doivent se transformer en alcool, par la fermentation.
Cela paraît énorme de trouver économiquement dans Paris, des matières qui peuvent donner du sucre.
Non, il n'y qu'à se baisser pour en prendre .
Il nous sera suffisant de citer les plus connues :
Les mélasses, les figues, les orges. - Et il y en a mille autres encore! -Que d'hectolitres de vin on peut ainsi fabriquer ! ! ! ., Ces jus sont acidulés avec de l'acide tartrique, de l'acide sulfurique, et même toute la série des acides en mélange. Il faut bien intervertir les sucres qui l'exigent, et il faut bien mettre les ferments dans un milieu convenable !
Après quelques jours de fermentation, ou quelques heures, si l'opérateur a bien su mettre à point son levain, le sucre est devenu de l'alcool, et le jus sucré un liquide alcoolique à goût plus ou moins vineux, suivant que le ferment a telle ou telle origine; mais généralement, le goût est à peu près neutre.
Voilà donc notre - boisson artificielle obtenue, que nous soignerons par des filtrages et des collages, s'il y a lieu, et que nous ébouquetterons avec la sauce d'un marchand devin, notre ami. Nous laisserons en blanc, si nous voulons donner ce produit à des invités qui ont peur de la coloration artificielle ; nous ajouterons quelques litres de gros vins d'Espagne, d'Italie ou de Hongrie, si nous préférons offrir du vin rouge.
Ceci, qu'on ne l'oublie pas, est tout simplement ta tolérance accordée par la loi à chaque français, de se procurer économiquement sa boisson de ménage.
Mais est-ce bien la loi qui tolère qu'une boisson artificielle soit faite avec n'importe quoi ?
Et cette prétendue boisson de ménage ne passe-t-elle pas chez le mastroquet, pour être vendue comme vin? Oui, cela se lait, et se fait couramment, nous en sommes convaincu.
Le mastroquet est à l'abri des poursuites; il déclare que tout ce qu'il vend est de fantaisie. Mais il n'a pas payé les droits d'entrée et d'octroi pour ses vins de fantaisie ; il n'a pas payé le port du lieu de production, dans son débit; il n'a pas payé au producteur, ses travaux de culture, ses impositions et le reste.
Aussi, il vend du vin à six sous le litre et il fait fortune.
Nous nous sommes livré à un petit calcul pour connaître le prix de revient de cette boisson de ménage, dont s'accommodent le parisien et l'habitant d'autres villes, et voici les prix comparés d'un hectolitre de ce prétendu vin avec le vrai produit de la vigne. Ces chiffres sont le résultat d'expériences personnelles : Jus sucré pour 90 d'alcool (valeur moyenne provenance douteuse 8 00 Ferment et levain 0 50 Acides plus ou, moins nuisibles. 0 25 Combustible, s'il y a lieu. 0 25 Collage et filtrage, bouquet. 0 50 Vins foncés, d'Espagne ou autres 4 00 Surveillance et main-d'œuvre, 1 50 TOTAL. 15 00
C'est le prix de revient, dans Paris de cette boisson de fantaisie, que la contrebande, facile, permet au mastroquet de vendre.
Le bénéfice est aisé à calculer : le vin naturel du même prix, aurait à payer 8 fr. de transport et 18 f.90 de droits d'entrée. Total 26 Ir. 90 de bénéfice pour le fabricant ; c'est, par hecto, un joli denier.
Et lorsque M. le ministre de l'Agriculture viendra nous dire qu'il ne faut pas porter atteinte à la liberté individuelle, nous lui dirons tout simplement : pourquoi, alors, arrête-t-on les voleurs ?
Le fabricant de la boisson dont nous venons de parler, et qui la livre à la vente dans Paris comme vin, vole le Trésor, vole les viticulteurs, vole ses semblables, auxquels il donne, sous une apparence agréable, un produit malsain, et trop souvent nuisible.
Et on ne veut pas porter atteinte à la liberté individuelle de ce personnage !!! E. B.
Oui, pourquoi hésite-t-on à interrompre ces manipulations malpropres, ces ventes malhonnêtes ?.
Pourquoi?. C'est ce que les vignerons, producteurs de vins vrais, voudraient bien savoir, une fois pour toutes !..

INFORMATIONS
M. Cavaignac ancien ministre de la marine, a prononcé, dimanche dernier, à Lyon, un important discours politique Il s'est prononcé d'abord, en faveur de la stabilité et de l'autorité gouvernementale. Les ministères, jusqu'ici, n'ont fait que se succéder avec une rapidité fâcheuse; ils ne pouvaient ainsi donner aucune direction au pays ni réaliser aucune réforme..
Depuis 1821 jusqu'à ce jour, il n'y a eu, en Prusse, en 70 ans, que quatre chefs d'état-major générale ; en France, en 20 ans, il y a eu 19 changements de ministres, et presque autant de chefs d'état-major.
M. Cavaignac ajoute qu'il ne suffit pas que le gouvernement soit durable ; il faut qu'aussi il réalise des réformes; et d'après lui, la plus urgente réforme est celle de l'impôt.
MM. Goblet et Pelletan, qui doivent soulever la question de la révision de la constitution, se sont mis d'accord avec le Gouvernement, pour que le débat ait lieu le 19 février.
Le Gouvernement acceptera la discussion immédiate, et demandera formellement à la Chambre de repousser cette proposition.

EST-CE VRAI ?
La Petite République publie une nouvelle bien extraordinaire : " Tandis que les Français ne peuvent s'approcher d'un port italien, dans les Alpes, sans être écartés, ou même appréhendés, nos postes et batteries de position sont littéralement envahis par des espions étrangers, que de faibles détachements d'avant-garde ne peuvent surveiller, " On signale, en outre, ce fait incroyable, que nos militaires malades sont soignés par des médecins de l'armée italienne, et que les ouvriers et cantiniers des forts sont également italiens.
" Le général Mercier va envoyer des instruction?, d'urgence, pour remédier à ce fâcheux état de choses. "

COUP D'OEIL SUR L'ÉTRANGER
En Europe.-- Grand calme, en apparence, dans toute l'Europe. C'est à peine si l'ou s'occupe de la fin des troubles en Italie.
M. Crispi croit avoir trouvé le moyen de tirer l'Italie de sa crise financière. Il veut tout simplement la vendre à l'Allemagne.
Déjà, le véritable chef militaire de l'Italie, ce n'est pas le roi Humbert, mais l'empereur Guillaume ; désormais, c'est un Syndicat de financiers de Berlin qui administrera les finances italiennes.
M. Crispi leur demande seulement un petit emprunt, juste ce qu'il faut pour empêcher l'Italie de mourir de faim cette année.
Les banquiers allemands avanceront l'emprunt et des banquiers de Paris, Rothschild en tète, se chargeront, comme à l'ordinaire, d'en placer les titres en France.
De cette manière, ce sera tout profit. Pauvre Italie ! elle se débat en vain sur le lit de douleur où la tient Crispi III

-Les gouvernements Russe et Allemand viennent de conclure un traité de commerce qui soulève une vive opposition en Allemagne. L'empereur Guillaume estime que ce traité consoliderait h paix en Europe. On accorde une grande importance à cet événement; En Afrique. - Tombouctou. - Nous avons dit dans quelles conditions le lieutenant-colonel Donnier s'était emparé de Tombouctou.
Le bruit a couru que le gouvernement français ne voulait pas conserver cette conquête Nous ne croyons pas à celle rumeur. Nous sommes à Tombouctou ; il faut y rester.
C'est du reste devenu obligatoire aujourd'hui.
- N'avons-nous pas, eu effet, a venger la mort du vaillant colonel Bonnier et celle de ses malheureux compagnon d'armes!!

Sierra-Leone.
- Nos troupes du Sénégal luttaient depuis plusieurs années contre le roi nègr e Samory, et elles avaient à peu près fini par la réduire à la raison et s'emparer de son empire, lorsque les Anglais, qui son établis de l'autre côté de cette région, à Sierra-Leone, se sont dits que le morceau était bon, et ils en prennent leur part.
- Mais, direz-vous, cette querelle avec Simory ne les regardait nullement.
- Sans doute, mais ils ne sont pas embarrassés pour si peu.
Ils ont donc transporté dans cette région, un de leurs régiments de l'Inde, et les voilà qui nous disputent ce territoire si chèrement acheté par la sueur et le sang de nos soldats.
Deux fois déjà, les troupes françaises et les troupes anglaises se sont heurtées ; le sang a coulé encore cette semaine.

Brésil. - La lutte continue, et rien ne fait prévoir encore la fin de cette horrible guerre civile.

NOS VINS
Un télégramni3 apprend que les représentants de l'Algérie ont fait une démarche auprès du ministre des Travaux Publics, pour demander que les vins d'Algérie fussent admis à bénéficiera, pour leur transport d'Algérie en France, d'une réduction de tarif proportionnelle à celle accordée aux vins du Midi de la France, dirigés sur Paris.
" Le ministre a immédiatement engagé des négociations avec les Compagnies de chemins de ter intéressées, et il est probable qu'elles aboutiront. "
- En fin ! une première satisfaction va nous être donnée.
Mais, comme ou le pense bien, cela ne suffira pas. Il en faudra d'autres !
Que les représentants de l'Algérie continuent leurs démarches et fassent passer, un à un, sous les yeux des Ministres compétents, les désirs, les VŒUX formulés par nos Viticulteurs.; le temps presse !

- ECHOS
Au pays des bonnes mœurs.
- Les journaux de Berlin rendent compte d'un procès qui jette un singulier jour sur les mœurs qui règnent dans la capitale prussienne. L'héroïne du procès est la directrice d'un pensionnat de jeunes filles, établi dans la Friedriehstrasse. Cette dame, qui ne recevait dans son institution que des jeunes filles riches, avait imaginé, pour les amuser, d'établir près du pensionnat, un débit de boisson élégant, dont elle avait également la direction.
Le débit était fréquenté par les jeunes gens du High life, et, c'est dans les cabinets de ce débit que ces jeunes gens donnaient des rendez-vous aux jeunes filles du pensionnat. La Justice a commencé par demander compte à là directrice, du débit illicite de boissons, et l'a condamnée de ce chef, à 100 marcs d'amende, et aux frais du procès. On croit que les révélations faites au cours de l'enquête, pourront conduire à de nouveaux débats.

CONSCRIT
Un beau conscrit, c'est le nommé Jean P. de Boussières (Loire). Il est presque aussi, large que long. Il mesure 1m 45 de hauteur et 1m33 de tour de poitrine. Il pèse 114k. 2281 C'est un conscrit de poids!!!

CHOSES AGRICOLES ET VITICOLES
Les droits sur les blés.- Le Bulletin du ministère de l'Agriculture publie le projet déposé par le gouvernement avec l'exposé des motifs ; il est court et instructif.
Malgré le médiocre rendement de la dernière récolte, qui n'a été que de 97 millions d'hectolitres, le prix du blé s'est abaissé dans des proportions inconnues jusqu'à ce jour, et les cultivateurs se sont vus dans la nécessité de livrer leurs grains au prix de revient. La situation, loin de s'améliorer, tend, au contraire, à s'aggraver, et il est à craindre que les agriculteurs, en présence de la situation cruelle dans laquelle ils se débattent, n'abandonnent une culture qui n'est plus rémunératrice.
Il parait superflu d'insister sur l'importance da la culture du blé en France et sut la nécessité absolue de maintenir l'étendue de nos emblavures et, partant, de maintenir la production de cette céréale qui est la base de notre alimentation. Il y a là, au point de vue de la défense nationale, un intérêt de premier ordre et nous ne saurions imiter certains pays voisins qui, en présence de l'abaissement du prix du blé, n'ont pas hésité à en diminuer la culture dans une proportion qui a atteint 60 à 80 %, et sont ensuite devenus tributaires de l'étranger pour les trois quarts de leur pain.
En vous présentant un projet de loi qui a pour objet de relever le droit de douane sur le blé et ses dérivés, le gouvernement répond au désir manifesté sur tous les points du territoire par les associations agricoles et les conseils généraux, ainsi qu'à un mouvement d'opinion manifesté par tous les agriculteurs.
Cette surélévation du droit de douane a paru au gouvernement le meilleur moyen de donner satisfaction à des revendications légitimes, car l'expérience des dernières années a démontré que l'écart entre le prix du blé à l'étranger et en France est absolument corrélatif à la taxe douanière qui frappe l'entrée de cette céréale dans notre pays.
Dans la dernière semaine de décembre, il arrivait au Havre 122.980 sacs de blé ; du 20 au 27 janvier, il en arrivait 200.000 ; dans la dernière semaine 672.432 sacs de blé américain.
Avant le vote de la chambre, il sera entré, dans le sud port du Havre, 3 millions au moins, de blé américain.
Et il en est de môme pour les ports de Marseille, Bordeaux, Saint-Nazaire, etc.
On voit si l'annonce du relèvement des droits produits de l'effet, et si nous avions raison de réclamer une décision immédiate.
Les manifestations vinicoles continuent, tant en France qu'en Algérie. Les Conseils généraux, les Comices émettent des vœux qui sont communiqués aux Commissions, aux Chambres, dont l'attention commence enfin d'être attirée sur la situation pénible des vignerons. Il est certain, en effet, que plusieurs des vœux présentés, vont être l'objet d'un exament scrupuleux et approfondi.

CHRONIQUE DE GUELMA.
LE TEMPS. - Après 2 jours de soleil, le temps s'est remis à la pluie.
Nos colons ne sont décidément pas heureux, car cette pluie devient, par sa persistance, préjudiciable aux récoltes de céréales.
BALS, - Un grand bal paré, - parait-il - sera donné au théâtre le 3 mars prochain, au profit des pauvres de la ville.
La recette, d'ores et déjà, promet d'être fructueuse, car MM. Les commissaires sont, dès maintenant, fort satisfaits des résultats des premières quêtes.
- Le bal donné au Cercle Civil, samedi dernier, a été charmant ; aussi s'est-on promis de se réunir bientôt de nouveau.

THÉÂTRE. - Lundi, la troupe Demollard a joué Le Maitre de Forges.
Représentation très réussie ; le public était fort nombreux.

LE JOURNAL EL-HACK.
La vente du journal arabe, El-Hack, a été interdite. La saisie de quelques numéros a été faite par M. le commissaire de police.

DANS LA MAHOUNA.
- Nous croyons savoir que l'Administration a accueilli avec une certaine faveur, le projet, présenté par la municipalité de Guelma, relatif à la création d'un centre agricole et industriel, à un point situé au dessus des carrières de marbre.
Un examen préalable des lieux se ferait prochainement.

CARNET DE POLICE
1° Au Nommé O.. L., pour défaut de lanterne éclairée à sa voiture.
2° Au Nommé J..B., pour défaut de balayage devant son écurie.
3' Au Nommé X..L.. pour défaut de lanterne éclairée à sa voiture.
4 Au Nommé J..L., pour défaut de balayage devant son domicile*
5' Au Nommé Ch..C , pour avoir acheté un sanglier en dehors du marché public.
6' Au Nommé M. Ben A., pour tenue de jeu d'argent et d'avoir reçu des mineurs dans- son établissement.
7' Au Nommé A..Ben S., pour tapage injurieux et menaces envers le Cheik des Ouleds-Haiid.
8- Au Nommé Ch.. C., pour violences légères envers un indigène.

DELITS
Procès-verbal judiciaire à été relevé contre les Nommés M.., et autres, pour effraction de la porte d'une maison et détournement de linge.
Procès-verbal judiciaire a été relevé contre le Nommé B..S..Den S., pour avoir mis en vente une arme prohibée.

AUTOUR DE GUELMA -
KELLERMANN
Il y a 4 jours des voleurs indigènes ont pénétré dans la cave de M. Chaumont, on défonçant une porte, ~Ils ont enlevé quelques outils.
Ils convoitaient, évidemment, une grosse provision d'orge, qu'ils savaient renfermée là; mais, déposée dans un foudre, elle a échappé à leurs recherches.
Des mulets avaient été amenés pour être chargés du butin. D'après les traces, on pense qu'il y avait au moins 12 de ces bêtes.
Ensuite, les malfaiteurs se sont rendus chez l'Instituteur et là, brisant encore une porte, ont enlevé 20 poules, 2 oies et 3 pintades.
Moins vigilantes que les oies sacrées du Capitole, celles de Kellermann n'ont pas signalé l'ennemi qui a pu, ainsi, tranquillement prendre possession du poulailler et de ses habitants.

MILLÉSIMO
Vols dans les jardins près du moulin Zamith.
- Au lieu dit Touïbia, vers la Seybouse, vol, la nuit dernière, de 4 chèvres, au préjudice d'un indigène, lequel, à ton réveil, ayant voulu traire, n'a plus trouvé, de ses bêtes, que la peau.
En effet elles avaient été tuées, dépouillées et dépecées à quelques mètres des gourbis ; les voleurs avaient emporté la viande, mais laissé le reste.

OUED-HALLIA
Au delà de Bled-Gaffar, un indigène a été trouvé étendu mort, en travers d'un chemin. Il avait la tète fracassée d'un coup de feu.

Chronique Régionale
OUED - ZÉNATI
Nous recevons de Oued-Zénati, une correspondance qui nous entretient du chemin de fer qui pourrait aboutir à ce centre, partant d'Aïn-Beïda.
Les idées de notre correspondant sur le tracé de la voie, les lieux qu'elle aurait à desservir, son point de jonction avec la ligne de Bône-Guelma, pont, à peu de chose près, les nôtres.
Il nous permettra de tenir en réserve les indications qu'il nous fournit aujourd'hui.
Nous les produirons bientôt, en les comparant, ou en les ajoutant à celles que nous consignons au travail sur la question, que nous préparons en ce moment et que nous exposerons dans un des prochains numéros de Guelma-Journal.

A ce propos, nous prierons ceux de nos lecteurs, qui s'intéressent à cette création de la ligne d'Ain-Beida a Guelma, par Oued-Zenati, ou Medjez-Ammar, de vouloir bien nous adresser tous les renseignements y relatifs qu'ils peuvent posséder.
Nous sommes déjà abondamment pourvu, mais nous ne saurions recueillir trop précieusement les indications qui peuvent encore nous arriver de côtés et d'autres, et rendre ainsi plus complète et plus pratique l'étude du cas, à laquelle nous nous livrons actuellement, de concert avec quelques personnes qui veulent bien, sur des points particulièrement techniques, nous aider de leurs avis.

DUVIVIER
(De notre correspondant) Le Cheick du douar des Leguegmas a été l'objet de deux coups de feu, tirés sur lui pendant qu'il chevauchait, seul, dans la forêt des Beni-Salah.
Il n'a heureusement pas été atteint. Il serait souhaiter que les auteurs de cet attentat, qui, parait-il, sont connus, fussent rigoureusement punis.
En effet, les cheicks sont, ou doivent être ici, en Algérie, la cheville ouvrière d'une sage administration, d'une benne police judiciaire indigène. - Ils sont particulièrement placés pour cela - Ils savent, généralement, tout ce qui se passe dans le douar. - Par la connaissance qu'ils ont de la situation de fortune de leurs administrés, ils concourent à la répartition de l'impôt. En même temps qu'agents d'exécution, ils peuvent fournir à l'Administration les plus utiles renseignements - En un mot, leur rôle a une importance qui n'échappera à aucun de ceux qui sont appelés à se servir d'eux; aussi il importe qu'ils soient soutenus et protégés.- Aces seules conditions, on pourra exiger d'eux le dévouement et l'énergie nécessaires à l'accomplissement de leurs devoirs. On prétend que quelques-uns ne seraient pas exempts de reproches- Des lois existent; on n'a qu'à les appliquer contre ceux-là. D'ailleurs, cette question ne saurait être traitée à la suite d'un fait divers ; j'y reviendrai ultérieurement.
Depuis longtemps, Duvivier est privé d'un biseau de la Régie. Aucun des commerçants de la localité ne veut s'en charger. Ils répondent tous, invariablement, quand la question leur est posée, que la Régie ne rapporte que des tracas, des ennuis, des soucis et des pertes d'argent. Ma foi c'est peu tentant, en effet.
La remise accordée par l'administration est absolument insignifiante. Pourquoi ne l'augmenterait-elle pas?
Quoi qu'il en soit, non seulement les habitants de Duvivier, mais tous ceux de la région, pâtissent de cette situation.
Si l'un d'eux à besoin d'une feuille de papier timbré, ou de 100 grammes de poudre, il est tenu de faire appel à l'obligeance d'une personne allant à Bône, à Guelma ou à Souk-Ahras. Aussi, serait-il à désirer que l'administration voulût bien prendre des mesures en vue de remédier à un état de choses qui n'a déjà que trop duré.
Amen.!

Accident de chasse
Dimanche dernier, M. I. L. gérant de la propriété Hoppe , à M. Kimen, chassait le sanglier. Ayant fait feu sur un vieux solitaire, celui-ci a foncé sur lui, l'a renversé, et a labouré son corps à coups de boutoir.
Accouru aux cris de M. I. L., un Indigène a fait feu sur le sanglier et l'a étendu raide mort, M. I. L., est grièvement blessé.
On espère sauver ce dernier.

OUED-FRARAH
(De notre correspondant ) De mieux en mieux !..
Après ce qui vient de se produire à Oued Frarah, on se demande où s'arrêtera l'audace des indigènes.
Jugez!
La maisonnette d'une garde barrière de la compagnie B. G. a été dévalisée par deux indigènes. Ne croyez pas que ce vol.ait été commis prudemment, la nuit, par exemple, dans un lieu désert, dans une maison inhabité. Oh ! non.!
C'est en plein jour, à dix heures du matin, dans une maison bordant une voie fréquentée, et pendant que la garde-barrière, elle-même, vaquait à ses occupations.
La façon dont le vol aurait été commis mérite d'être rapportée.
Les deux malfaiteurs ont pénétré brusquement dans l'habitation.- Avant qu'elle ait eu le temps de les reconnaître, la garde-barrière a été saisie et terrassée.
L'un des malfaiteurs s'est placé à califourchon sur la tête de la garde barrière et, pour que celle-ci ne puisse rien voir, il lui a entortillé la tête avec le bas de sa cachabia. Pendant que la femme était ainsi tenue, le deuxième larron faisait main-basse sur tout ce qui se trouvait à sa portée.
La razzia terminée, les deux malfaiteurs ont pris la clef des champs, en emportant celle de la maisonnette, dans laquelle la garde barrière est restée enfermée, jusqu'à ce que la porte eût été enfoncée par des passants.
En matière de vol indigène, il faut peu s'étonner ; néanmoins vous conviendrez que celui-ci est assez original, quant au procédé.
En tout cas, il se passe de commentaires !

SOUK - AHRAS (DE NOTRE CORRESPONDANT)
SOCIÉTÉ DE ST-HUBERT
Il y a bientôt trois ans, une société de chasse et de tir a été fondée à Sonk-haras, par notre sympathique ami, M. de Sauvecanne, tant regretté, lors de son départ.
Celte société, depuis sa fondation, a, toujours été en prospérant.
Il est même très rare de rencontrer une société, comptant près de 120 membres, où il existe autant d'amitié et de fraternité que dans notre société de St Hubert.
Aussitôt la fermeture de la chasse, les tirs vont commencer; dans quelques jours, nous allons tous nous rencontrer à la cible; alors là, on verra de véritables bons tireurs : Les Pascal, les Vassalo, les Tourski, les Tasravin, les Bonici, Roux notre Président, et bien d'autres, dont le nom m'échappe en ce moment, qui conduisent la balle a leur gré.

SOCIETE DE TIR
Une société de tir est une émulation. Il devrait s'en fonder dans l'Algérie, toute entière Qui sait si un jour, nous n'aurons pas autre chose de plus beau à faire que d'essayer de décocher un fusil, ou un carnier? si nous n'aurons pas à défendre contre l'ennemi, le sol sacré de la Patrie, ce sol sur lequel, nous avons, tous, quelqu'un à aimer: un père, une mère, une sœur, une compagne !
Puisse ce jour, ne jamais arriver, mais si cela devait être, L'envahisseur trouverait à qui parler, car l'exercice des armes, aura rendu nos hommes forts, et irrésistibles dans leur défense!
Par le prochain courrier je vous enverrai une notice, très intéressante de notre ami M. Gidrol, au sujet des richesses minières, de notre territoire lequel d'après lui, serait : Une Sicile, pour le soufre.
Une Sardaigne, pour les minerais.
Un St Etienne, pour la houille.
Il a relevé !a présence du pétrole. Il note l'abondance des phosphates dans notre contrée, qu'il, a été un des premiers à signaler, à l'Administration supérieure, alors qu'il était opérateur, attaché aux Ponts-et-Chaussées.
il mentionne surtout nos eaux thermales, salines, alcalines, de l'Oued-Zedra, près Souk-Arras, ainsi que, les ciments blancs, dits Ciments Romains, qui se trouvent à deux pas de notre ville, sur la route de Souk-Arras à Himmam-Kaid, produits qui peuvent rendre de si grands services à la construction, ainsi qu'à nos viticulteurs dans leurs caves, pour la confection de leurs cuves, en supprimant tout le grand matériel en bois, qui leur est si coûteux.

OUM-EL-BOU AGHI (De notre correspondant) - Temps splendide depuis cinq jours.
Hier le thermomètre marquait 220 à 3 heures de l'après-midi. Il est descendu à 7°, aujourd'hui. La pluie n'est pas loin - Grande affluence au marché, néanmoins.
- Nous avons eu dimanche la visite des administrateurs de Sédrata et de Khenchela. Ils venaient s'entendre avec celui d'ici pour délimitation de terrains dépendant des trois communes, et contigus les uns aux autres.

AIN-BEIDA
De notre Correspondant - Le temps, qui s'était mis au beau depuis 5 jours, est revenu à la pluie aujourd'hui.
- Jeudi dernier 8, une tentative de meurtre a eu lieu au douar Mechtab.
La victime et l'inculpé sont indigènes.
Ce dernier a été arrêté, et à fait des aveux complets - Vendredi 9, meurtre a El Hassi.
Le coupable est en fuite.
-Mardi 13,encore tentative de meurtre, à El Hassi ; l'inculpé est arrêté et a fait des aveux.
La question de construction du chemin de fer Aïn-Beida-Guelma, dont vous m'avez entretenu dernièrement, préoccupe vivement l'opinion publique par ici, laquelle me parait toute acquise a la chose.
Le temps me manque aujourd'hui pour traiter plus longuement le sujet ; je le ferai dans une lettre à venir.

Aïn-Fakroun
Monsieur le Rédacteur, Jeudi 8,nous avons conduit à sa dernière demeure, M. Nevière, artiste lyrique et dramatique; près de cinquante personnes, hommes, femmes et enfants composaient le cortège funèbre. En tête on remarquait M. l'Adjoint spécial, M. le Conseiller municipal, M. le Garde-champêtre etc.
Depuis mercredi 7 février, nous avons temps superbe; les habitants se réjouissent du beau soleil que, depuis près d'un mois, ils désiraient.
Le marché de mercredi dernier était assez fort, en bœufs, moutons, grains etc.

LA CORRECTIONNELLE COMIQUE
UNE COMÉTE
Nous allons entendre le récit des tristes mésaventures d'un infortuné Astronome contre lequel le prévenu, ci-dessous, s'était fâché, parce que le télescope du savant n'était pas parvenu à lui taire voir la comète et la lune qui, ce soir-là, ne brillaient que par leur absence
L'ASTRONOME. - J'avais un vieux monsieur qui regardait Venus, quand cet individu (Malicorne ) arrive, complètement ivre, et me dit :
" Fais-moi voir la comète. " Je lui réponds :
"Il y a un mois qu'elle est partie.- Dans ce cas, qu'il ma dit, elle ne peut pas tarder à revenir, je vais l'attendre ; je veux voir celle qui donne le bon vin. "
- Je lui explique qu'elle ne reviendra pas avant soixante-dix ans d'ici :
"Alors, qu'il me dit, fais-moi voir la lune Je lui réponds :
" La nouvelle lune n'est pour que dans quelques jours. "
- Eh bien ! qu'il me dit, fais-moi voir la vieille, ça m'est égal. "
J'avais envie de ne pas lui répondre, car que voulez-vous dire à un homme ivre ! Cependant je lui explique qu'il ne comprenait pas et qu'il n'y a pas de lune du tout, en ce moment.
"Comment, qu'il me dit, il n'y plus de lune! Est-ce que tu te fiches de moi ? qui est-ce qui l'a prise ? "
Enfin, des raisons d'ivrogne, et, il me met de force, dans la main, un sou dont je ne voulus pas ; d'abord, je lui dis :
Ce n'est pas moins de 2 sous ; " il me répond :
" S'il me restait 2 sous, j'aurais pris un petit verre, il m'en reste qu'un, donne-moi pour un sou de firmament ; là-dessus, l bouscule le vieux monsieur et se met à sa place. Je dit à mon client: " C'est un homme en ribote, ayez la bonté de le laisser regarder un instant pour nous débarrasser. "
Le vieillard, qui était le plus ancien des vénérables, consent ; c'est bon, voilà mon pochard, qui regarde dans la lunette ; il la dirige sur un marchand de coco et me dit : "Oh ! comme sa fontaine est grosse ! on dirait un urinoir : pourquoi que ça grossit comme ça ? " Je lui explique que c'est l'effet de la lentille.
Ah ! c'est vrai, puis il me dit, l'autre jour j'ai mangé des lentilles, j'avais le ventre bien plus gros. "
M. LE PRÉSIDENT. Arrivez tout de suite aux coups.
L'ASTRONOME. Voilà : c'est venu de ce qu'il me dit de lui montrer un marchand de vin pour voir si ça grossit ses litres ; après il me dit qu'il veut voir sa maison. C'est donc, impatienté, que, l'ayant pris par le bras pour le renvoyer, il a voulu que je lui rende son sou, vu qu'il n'en avait pas vu pour son argent, et que, moi, ne voulant pas, il me dit:
Ah ! tu ne veux pas me faire voir la lune ! Tiens, je vais te faire voir les étoiles ;
Là-dessus, il me flanque une paire de gifles et il m'empoigne à bras le corps, disant qu'il voulait me fourrer dans mon télescope ; c'est donc là que des agents l'on arrêté.
M. LE PRÉSIDENT, au prévenu. - Qu'avez vous à dire ?
Le PRÉVENU. - Je les retire. M. LE PRÉSIDENT. - Quoi ?
LE PRÉVENU. - Les gifles.
L'ASTRONOME. - En attendant je les ai.
LE PRÉVENU. - Alors, gardez-les ! (au Tribunal ) qu'est-ce que vous voulez que je fasse de plus ? (à l'astronome ), aimez-vous mieux que nous nous donnions un coup de sabre ? je veux bien, j'ai été zouave.
L'ASTRONOME. - Je ne veux rien du tout.
LE PRÉVENU. - Allez vous coucher, alors ; comment, je vous offre toutes les satisfactions que vous voudrez !
M. LE PRÉSIDENT, Si c'est comme cela que vous croyez atténuer le délit qui vous est reproché
LE PRÉVENU. - C'est vrai, c't espèce de dromadaire.
Le Tribunal condamne Malicorne à un mois de prison.
MALICORNE, à l'astronome. - Alors, tu trouves que ton honneur est satisfait ? Il n'est pas difficile, ton honneur.
Que n'a-t-il connu cette maxime, notre ancien zouave, comme il l'eût fait à propos à la face de son adversaire : Quand on a bu un affront, on a soif de vengeance.
JULES MOINAUX.

NÉCROLOGIE
Un pénible évènement est venu, dimanche dernier, impressionner la population de notre ville. Vers 8 heures, le malin, on trouvait M Marius Abeyer pendu dans sa cave. Aussitôt détaché, les soins les plus actifs lui furent prodigués, mais inutilement. Il ne put être rappelé à la vie !
M. Marius Abeyer était un ancien et très honorable commerçant drapier de Guelma. Obligé, par suite de la crise d'affaires, qui sévit en ce moment avec tant d'intensité, de déposer son bilan, il n'a pu se faire à la pensée d'être mis en état de Liquidation judiciaire.
Il a préféré mourir plutôt que d'avoir à supporter ce qu'il appelait une honte ; idée exagérée, absolument exagérée, en ce qui le concernait, car sa situation était satisfaisante ; en effet, suivant un inventaire, minutieusement établi par des gens du métier, son avoir en marchandises était supérieur à son dû.
C'est donc, on peut le dire, par excès de scrupules, que M. Marius Abeyer s'est tué. - Homme honnête, il a, malheureusement, crû devoir chercher dans la mort une réhabilitation dont, pourtant, il n'avait pas besoin, car il fut toute sa vie, probe et loyal, et c'est unanimement que le proclament, en ce moment, ceux qui l'ont connu et approché.
Que ce juste hommage rendu à la mémoire de son époux, à la mémoire de leur père, soit, s'il est possible ,un adoucissement au chagrin dans lequel sont plongés, aujourd'hui Mme M. Abeyer et ses deux enfants. !
Nous croyons pouvoir, au nom de la population guelmoise, toute entière, présenter à cette famille désolée, l'expression de la peine sincère qui a été ressentie ici, à la nouvelle de la mort tragique de M. Marius Abeyer..!

PROBLÈME DU JOUR ; CHARADE
Mon premier est une voyelle .Mon second dans la gamme s'appelle Mon troisième exècre les chats.
Qui perd mon entier ne sent pas.
MOTS POUR RIRE
Un jeune militaire demande à son capitaine un congé de deux jours pour aller voir sa grand'mère, qui est gravement malade.
- Gravement ? soit ; mais je vous préviens que si, dans huit jours, elle n'est pas morte, je vous flanque quinze jours de salle de police.
Au bureau de location d'un théâtre :
- Un fauteuil d'orchestre.
- C'est dix francs,
- Les voici.
Le buraliste regarde la pièce.
- Monsieur, votre pièce est mauvaise.
Le monsieur furieux : - Elle est meilleure que celle qu'on va jouer ici.
Ecrire par lettre ou carte postale, à M.Vincent, 8, Place Victor Hugo, à Grenoble, qui répondra gratis et franco par courrier et enverra les indications demandées.
L'Etude de M° Louis Bouchet, huissier, successeur de M Mounier, est située, rue Saint-Possidus, maison Chuchana.
CHANGEMENT DE DOMICILE
Le Cabinet de Mo COTONI, avocat, est transféré, rue St- Ferdinand, maison Peyre.
MARCHANDISES. - Les marchandises pour Cette, chargées à Bône le lundi et le mardi, repartent de Marseille le jeudi. - Le paquebot partant de Bône le jeudi matin pour Philippeville, Djidjelli (facultatif), Bougie et Marseille, continuera désormais sur Cette, sans transbordement.
COLIS-POSTAUX. - Le public cet prié de bien vouloir préparer à l'avance les bulletins d'expédition. Les lundis, vendredis et samedis les bureaux des colis-postaux sont fermés à midi.
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