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BONE, LE 17 FÉVRIER 1894

RÉSURRECTION et Insurrection Ces deux mots sont kif-kif en hébreu, parait-il !
Qu'un journal réclame la Résurrection d'un peuple, le sien, devenu la proie de sans-patrie descendant de Judas, et de mercantis venus de France en Algérie.. à pied comme disait le maréchal Bugeaud, qui procèdent à une exploitation éhontée de la race conquise, on prétend aussitôt qu'il pousse à l'Insurrection !

- "Le Courrier de Bône", qui a dénoncé son confrère El-Hack aux foudres du gouvernement local, en dénaturant les sentiments humanitaires dont il se réclamait, fait-il donc lui-même œuvre louable en imprimant, en tête de ses colonnes, une Chronique de la sécurité, où sont relatés les vols et les crimes commis sous le couvert du burnous ?
Dans tous les pays il y a des vols et des crimes ; et les journaux de ces pays s'y respectent assez pour ne pas les servir, chaque matin, à leurs lecteurs en manière d'apéritifs.

Le crime d'El-Rack est d'avoir réclamé, après les journaux et les pouvoirs publics de France, une résurrection qui s'impose.
Qu'a-t-il dit ?
Deux obstacles empêchent cette résurrection : c'est l'usure du juif ; ce sont les façons cavalières d'un trop grand nombre de fonctionnaires, payés pour rendre justice à l'arabe, lui faire aimer la France, et l'élever au niveau des gens civilisés.
El-Hack n'a rien dit de plus.
Dénoncer l'usurier en Algérie, c'est pousser à l'insurrection : en France, c'est faire œuvre impie !

Sur la plainte de leurs victimes on arrêtait, hier, l'ex-député baron de Soubeyran ami des juifs et de Rotschild, le directeur Donon de la société des Dépôts et Comptes-courants, malgré ses 70 ans, et l'administrateur Clerc de la société des immeubles de France, tous usuriers patentés, que d'autres escrocs non moins huppés rejoindront bientôt en prison.
- Si, stigmatiser les procédés régence de modestes administrateurs qui font regretter à l'indigène la justice militaire, voire même les bureaux arabes, je n'exagère rien, sans prononcer les mots " exactions et pots de vin " qui sont sur bien des lèvres, c'est pousser à l'insurrection, plus de la moitié des journaux de France commettent des forfaits non moins graves en employant, pour juger certains actes des ministres, des termes dont n'approchent pas ceux de l'auteur de Résurrection ; et on ne les proscrit pas, on ne les saisit pas. C'est qu'on est en France.
Quelqu'un, néanmoins, a poussé à l'insurrection, mais ce n'est pas Et-Hack, Comme sous l'empire, comme hier encore sous la République, c'est la police obéissant à un mot d'ordre venu on ne saura jamais d'où. Pourquoi a-t-elle choisi Guelma, à l'exclusion des autres villes d'Algérie, comme théâtre de ses exploits, pour saisir El Rack aux mains de ses abonnés, dans la rue et même en leur domicile privé ?
Pourquoi, à Bône et ailleurs rien de semblable ne s'est-il produit : à Bône où s'imprime le journal ?

C'est, peut-être, parce qu'à Bône on ne pouvait espérer, comme à Guelma, un mouvement parmi les indigènes, arrivés en grand nombre ce jour là pour le marché du lendemain où en compte parfois dix mille
Quelle belle occasion de se couvrir de gloire !
Des têtes coupées, des biens quelle aubaine pour le juif !
Malheureusement l'arabe a été sage.
Le coup est manqué.
Loin de nous la pensée d'en faire remonter la responsabilité au sympathique sous-préfet de Guelma ; les provocations de la police ont eu lieu à son insu. Nous le savons pertinemment, et sommes heureux de le proclamer.
Les honnêtes gens voient maintenant le piège.

Ils prendront parti pour ceux qui ont clamé : Résurrection et auxquels on a répondu : Insurrection.
La loi a été violée, le droit a été méconnu. Ils se joindront à nous pour demander à M. le gouverneur général la punition des coupables.
M. Cambon tiendra lui-même à rapporter l'interdiction d'être colporté dans les douars et tribus dont, pendant son absence du sol algérien, a été frappé El-Rack; car El-Hack le lui déclare hautement : il a été et il sera toujours l'auxiliaire de son gouvernement pour les réformes voulues par la France et dont un vote de confiance a remis en ses mains l'exécution.
M. BEN EZZTTARI.

REVUE DES JOURNAUX
On lit dans " le Colon", de Philippeville ": La Pression juive
La loi sur le colportage a été un des principaux instruments de despotisme de l'Empire. C'est contre elle que s'insurgeait toute la presse libérale. Le gouvernement du juif Raynal vient d'imposer au gouverneur de l'Algérie d'en faire usage pour tuer, s'il était possible - ce sera difficile, - un journal franco-arabe récemment créé à Bône sous le nom de El-IIack' la Vérité à la domination juive que les français subissent presque au même degré que les indigènes.

La presse judéo-opportuniste était dans les transes : elle savait bien que tous les abus dont nous souffrons atteignent les indigènes avant de venir jusqu'à nous, que c'est sur les indigènes que les Pourailly et leurs pareils se font la main.
A entendre certains de leurs organes, le gouvernement des communes mixtes devenait impossible si les abus étaient signalés, et l'on demandait à grands cris la suppression de El Hack.
On criait sur les toits que El Hack poussait à l'insurrection, qu'il encourageait les voleurs et les assassins, et autres balivernes auxquelles nous daignerons répondre quand ceux qui les impriment auront trouvé moyen d'y croire eux-mêmes.

El-Hack a été créé et est rédigé par les fils et parents d'anciens serviteurs de la France, dévoués à l'union avec la France, mais qui réclament la justice pour tous et qui viennent grossir en Algérie le parti des honnêtes gens, allonger d'une unité la liste trop courte des journaux indépendants.
Enfin El-Hack avait eu les honneurs d'un article du grand justicier Rochefort en première colonne de "l'Intransigeant".

La juiverie ne pouvait se résigner à cette résurrection. L'attention du pouvoir appelé périodiquement sur la plaie de l'usure (car El-Hack et nous, avons les mêmes ennemis, nous trouvons des mêmes erreurs, des mêmes fautes, des mêmes abus), ces réclamations, dis-je, empêchaient la juiverie de dormir.

Or El-Hack avait eu la naïveté de révéler au public qu'une première fois il avait dû suspendre sa publication faute de ressources, à cause de la terreur dans laquelle vivent les arabes et qui les empêche de s'abonner.
Il s'était relevé. Le moyen de l'abattre était tout trouvé : il suffisait de donner à ladite persécution l'autorisation officielle.
C'est pourquoi, à dater de jeudi 8 février, le colportage en a été interdit dans les douars et tribus.
El-Hack a donc reçu le baptême de la proscription.
Le nombre de ses amis va grandir d'autant. Et parmi ses amis, il y en a qui connaissent les lois.
On verra dans la pratique, jusqu'a quel point l'interdiction administrative réussira à arrêter la diffusion d'un organe devenu nécessaire.
X. GAULTIER DECLAUBRY.

De l'Indépendant, de Constantine, du 13 février :
Le journal " El-Hack " Hier, la police a saisi les numéros du journal El-Hack, dont la vente était interdite.
Du 14 février:
La suppression de" El-Hack " Une dépêche de notre correspondant de Guelma nous annonçait hier que le colportage et la vente du journal arabe El-Hack venaient d'être interdits dans les douars.
C'est une sage mesure.
Notre confrère prend ses rêves pour des réalités. El-Rack est plus vaillant que jamais.
Il n'est nullement supprimé.
Du Réveil Bônois, du 15 février, sous la signature de son rédacteur en chef : Un journal proscrit~Journal arabe, El-Hack (la Vérité), vient d'avoir le grand honneur de subir le baptême de la proscription opportuniste.
Toutes les feuilles dirigeantes, dont les comités de rédaction se sont fait des revenus avec la misère des indigènes, annoncent avec une joie non dissimulée que le colportage du sucre officiel n'a pas été interdit dans les gourbis, mais que, par contre, la vente du journal El Hack est formellement prohibée dans les douars.
L'Indépendant et ses pareils déclarent que c'est-là une " sage mesure. "

Tout ce qui porte atteinte au libre arbitre des citoyens, tout ce qui entrave la liberté de la presse est hautement prisé dans les sphères du bas opportunisme. Mais on n'expliquera jamais au public foule l'hypocrisie que renferme un semblable croc-en-jambe donné à la loi.
Car, de deux choses l'une : Ou El-Hack a véritablement prêché l'insurrection aux indigènes, et il faut, dans ce cas, le traduire en cour d'assises et le condamner sévèrement.
Ou il n'a pas dépassé les limites de la discussion théorique, et alors, il est stupide d'interdire dans les douars un colportage qu'on laisse subsister encore dans les villes.
Veut-on indiquer par là que les nombreux indigènes qui habitent Bône, Guelma et Constantine sont incapables de se laisser séduire par les articles d'El-Hack, tandis que ces mêmes articles sont extrêmement dangereux pour les arabes illettrés des douars perdus dans la brousse ?

L'USURE A MOSTAGANEM
Que ce titre ne vous trouble pas, messieurs les israélites.
Je croyais jusqu'à ce jour que l'usure n'était pratiquée que par les braves descendants de Judas; et, bien souvent, je me suis représenté ces bienfaiteurs de l'humanité, sous forme de vieillards aux nez crochus, aux doigts maigres et longs, assis dans des échoppes obscures derrière un tas de vieilles nippes.
Je voyais devant eux le pauvre solliciteur dans une tenue humble, dépourvue de toute dignité, l'œil anxieux fixé sur le bonhomme, la bouche sèche et l'esprit en torture J'entendais le capitaliste palier de la rareté de l'argent, des risques ù courir et aborder enfin la question des intérêts. Oh ! Celle-là était vite tranchée: Cent vingt pour cent est le minimum.
Vous êtes incrédule, cher lecteur?
Eh bien ! écoutez et soyez persuadé que ce que je vais vous dire est authentique.
Je le prouverai au besoin.

Il existe à XXX des gens, des arabes, qui savent se créer des rentes considérables avec un capital dérisoire.
Oyez plutôt.
Un de mes camarades, dernièrement, eut besoin d'une somme de 100 francs. Il s'adressa à un de ses amis qui lui désigna un brave homme, un indigène que je ne veux point nommer ici. Ce dernier consentit à prêter ladite somme moyennant un intérêt mensuel de 10 francs.
Donc cent vingt pour cent pour douze mois.
Un autre est venu me raconter qu'il a emprunté 75 francs, à raison de 12' francs par mois. Comptez et vous serez édifié. ,

Et tout cela sur gages ! Mais, voici le point palpitant de mon article : Actuellement la misère règne chez les arabes. Ont-ils besoin d'argent ?
Aussitôt ils se munissent d'un bijou de valeur, qu'ils vont déposer chez le banquier.
La plupart de ces pauvres diables ne pourront retirer leurs objets de chez les ignobles personnages en question.
Ces derniers, entendez bien, prêtent 50 francs sur un bijou de 100 ou 200 francs.
Vous voyez d'ici leur bénéfice, si le débiteur ne peut retirer son bien en payant la somme qu'il a empruntée, ce qui arrive souvent.
D'autres, au lieu de prêter de l'argent, avancent des grains aux arabes cultivateurs, aux conditions suivantes :

Ils remettent un quintal de blé à l'emprunteur qui devra leur donner 40 francs à l'époque de la récolte. Ce prêt n'a lieu qu'après que le pauvre bédouin a remis ses titres de propriété entre les mains du vampire.
Or, un quintal de blé, au moment des semailles, vaut de 20 à 25 fr.
A la récolte, les grains ne se vendent pas aussi cher, ce qui fait que le pauvre cultivateur, pour avoir les 40 francs, est réduit à vendre trois quintaux. C'est effrayant.
Aussi est-ce là une cause de la ruine des indigènes.

Je ne veux pas m'étendre plus longtemps sur ce sujet écœurant ; mais, avant de terminer, je veux vous dire que ceux qui font ce métier sont des hommes prétendant avoir droit à la considération de leurs concitoyens.
Ce sont, en un mot, des gros bonnets. J'estime qu'on doit les considérer. comme des fléaux et des personnages dégoûtants.
Ils devraient être montrés du doigt.

J'estime aussi qu'on devrait sur veiller leurs agissements; ils sont tous connus; et, pour , peu qu'on daigne prendre quelques renseignements, on saurait leurs noms, que je donnerai peut-être un jour aux lecteurs, si ces tristes sires continuent à exploiter leurs malheureux semblables.
EL-BAHJI.
N. D. L. R. Les faits, vus par notre éminent correspondant appellent la création de mont-de-piété officiels, comme ceux de France. Nous signalons à l'attention de qui de droit cette importante question.
Ecoutez mes Frères, Vous êtes des hommes libres dans un pays libre. Sachez-le bien.
Simples sujets français, vous ne pouvez tarder à devenir citoyens français. Les juifs le sont bien.
Vous avez le droit de penser hautement, de lire et d'écrire ce que vous pensez, en vous soumettant aux lois qui inspirent le respect ; et toutes les lois de la France doivent vous inspirer ce respect.
La seule et unique raison d'être de El-Hack, c'est de faire la lumière dans vos esprits sur les faits et les choses d'ici-bas.
On le proscrit ! Quel est son crime ?
Il n'en a commis aucun, autrement on le proclamerait.
Il travaille pour le bien ; et nos frères, les français de France qui aiment l'arabe - et ils sont légion le reconnaissent et le disent.
Si donc, à la requête des journaux cachir, on veut vous empêcher de lire El-Hack, n'en faites rien.
Vous avez le droit de le lire, de le posséder, vous entendez bien. Procurez-vous le par tous les moyens, et sachez que personne n'a le droit de le saisir entre vos mains, s'il n'est pourvu d'un mandat de perquisition émané du juge, qu'il est tenu d'exhiber.
On n'ose pas supprimer El-Hack.

Et on ne le supprimera pas, parce qu'il n'a rien fait et ne fera rien pour être légalement supprimé. Il est la. Vérité et ne dit que la vérité.
Lisez-le donc.
Pourquoi les paysans de France, qui vivent isolés comme vous dans leurs campagnes, dans leurs montagnes, sont-ils devenus républicains ? C'est que le Petit Journal, en pénétrant partout, leur a appris à connaître la République et à l'aimer.
Le gouvernement, a-t-il songé un seul instant à proscrire le Petit Journal ?
S il l avait fait, la France ne serait plus en République.
El-Hack fera donc en Algérie ce que " le Petit Journal " a fait en France.
Il fera connaître les institutions françaises ; et ce sera pour le plus grand bien des arabes comme des français.
Patience donc et courage.
- Cheik ABOU DERBALA.

LES IMPOTS ARABES EN 1894
La quotité des centimes additionnels ordinaires aux impôts zekkat, achour, hokor, lezma et à l'impôt capitation établi en Kabylie, à percevoir ou à prélever au profit des communes mixtes et indigènes qui ne sont pas assujetties à toutes les taxes municipales eu vigueur dans les communes de plein exercice, est fixée, pour 1894, à dix-huit centimes (0 fr. 18) par franc du principal, se décomposant ainsi qu'il suit : six centimes généraux (0 fr. 06) et douze centimes (0 fr. 12) pour dépenses communales.
Les impôts hokor et achour continueront à être perçus en 1894, dans le département de Constantine, en vertu des titres actuellement existants et d'après les mêmes tarifs.
Le tarif de conversion en argent de l'impôt Zekkat est fixé comme il suit pour l'année 1894 : Chameaux par tête : 4 fr. - Bœufs par tète : 3 fr. - Moutons par tête: 0 fr. 20.- Chèvres par tête : 0 fr. 25.
Sont exempts de l'impôt, les animaux nés depuis le 1er janvier 1894.

FAITS DIVERS
Nous recevons de Constantine un article : France, réveille-toi ! auquel nous ne pouvons ouvrir nos colonnes son auteur n a pas voulu se faire connaître de nous.
Nous croyons, à ce sujet, devoir informer nos correspondants, que le secret sera scrupuleusement gardé s'ils le réclament ; mais que, si intéressantes qu'elles puissent être, leurs communications anonymes ne sauraient être publiées quand elles engagent la responsabilité du journal.

LES EMIGRANTS JUIFS
- Le transatlantique New-York, arrivé la semaine dernière à Southampton, a ramené un grand nombre de juifs polonais dont le débarquement aux États-Unis a été interdit.
Le gouvernement anglais les a expédiés à Liverpool d'où ils se rapatrieront comme ils pourront.
Les États-Unis fermant leurs ports aux juifs chassés de Russie, il n'y a que la France qui pourra les recevoir!
Nous en enverra-t-on?
Peut-être !

UN JURE INDIGENE
Parmi les jurés appelés à siéger dans la première session des assises, figure El Maadi Làfidar ben Messaoud, cheikh du Nador (commune mixte de la Séfia).
Ce fonctionnaire est un serviteur de la France. Élevé dans nos écoles, il s'est fait naturaliser et il compte au nombre des meilleurs cheikhs de la Séfia.

PROSPERITE ALGERIENNE
A partir du 12 courant, dit 'le Colon', les services côtiers, effectués par la Cie de Navigation mixte, la Société des Transports maritimes et la Cie Caillol et Saintpierre, sont supprimés.
On se rappelle que ces trois compagnies qui avaient, l'année dernière encore, cinq vapeurs par semaine affectés à la ligne Philippeville-Marseille, se sont fusionnées pour n'avoir plus aujourd'hui qu'un seul paquebot direct.
Voilà maintenant qu'elles suppriment les services de côte !
Et dire, ajouterons-nous, que El-IHack a été proscrit des douars, arraché violemment par la police des mains de ses abonnés de ville, pour avoir critiqué une administration qui, le plus souvent, par ses procédés envers l'arabe, le décourage, alors qu'elle devrait tout faire pour l'inciter à travailler et produire, afin d'arracher son pays et lui-même au marasme dans lequel tous deux se consument.


- M. Toche, président du Comité de l'Exposition de Lyon, président de la Chambre de commerce, nous prie d'informer les exposants des arrondissements de Guelma et de Bône, que la Chambre de commerce met à leur disposition son grand hall situé sur les quais, pour entreposer les produits destinés à figurer à l'Exposition de Lyon.

CORRESPONDANCE
- On nous écrit Alger, 13 février 1894.
Monsieur le rédacteur, Bien placé pour juger des coups qu'on pointe à El-Hack, en cherchant à le faire passer pour un insurrectionniste, j'estime qu'Israël est purement et simplement jaloux de la réclame faite au journal de langue- arabe par l'immense publicité dont dispose " l'Intransigeant ".
Un de vos abonnés,

SUCCES LITTERAIRE
- Nous détachons du journal d'Aïn-Sefra, de Mostaganem, la nouvelle suivante :
" Nous apprenons avec un vif plaisir le nouveau succès que vient de remporter notre ami et collaborateur, M. Allaoua, interprète.
" Un de ses sujets, " le Faux talisman ", que l'on a pu lire, il y a quelques mois, dans les colonnes de notre journal, vient d'être couronné de succès au dernier concours littéraire de l'Association universelle de Paris, qui lui a décerné une médaille d'argent.
" Une indiscrétion nous permet de dire que ce succès contribuera à le décider à publier quelques nouveaux ouvrages, dont les titres, si nous les avons bien retenus, sont : Souvenir d'enfance

REVUE DES JOURNAUX
On lit dans " le Colon ", de Philippeville:
La Pression juive
La loi sur le colportage a été un des principaux instruments de despotisme de l'Empire. C'est contre elle que s'insurgeait toute la presse libérale. Le gouvernement du juif Raynal vient d'imposer au gouverneur de l'Algérie d'en faire usage pour tuer, s'il était possible - ce sera difficile, - un journal franco-arabe récemment créé à Bône sous le nom de El-Hack d'échapper à la domination juive que les français subissent presque au même degré que les indigènes.
La presse judéo-opportuniste était dans les transes : elle savait bien que tous les abus dont nous souffrons atteignent les indigènes avant de venir jusqu'à nous, que c'est sur les indigènes que les Pourailly et leurs pareils se font la main. A entendre certains de leurs organes, le gouvernement des communes mixtes devenait impossible si les abus étaient signalés, et l'on demandait à grands cris la suppression de El-Hack. On criait sur les toits que El-Hack poussait à l'insurrection, qu'il encourageait les voleurs et les assassins, et autres balivernes auxquelles nous daignerons répondre quand ceux qui les impriment auront trouvé moyen d'y croire eux-mêmes. -
El-Hack a été créé et est rédigé par les fils et parents d'anciens serviteurs de la France, dévoués à l'union avec la France, mais qui réclament la justice pour tous et qui viennent grossir en Algérie le parti des honnêtes gens, allonger d'une unité la liste trop courte des journaux indépendants. Enfin El-Hack avait eu les honneurs d'un article du grand justicier Rochefort en première colonne de l'intransigeant.

La juiverie ne pouvait se résigner à cette résurrection. L'attention du pouvoir appelé périodiquement sur la plaie de l'usure (car El-Hack et nous, avons les mêmes ennemis, nous retrouvons" des mêmes erreurs, des mêmes fautes, des mêmes abus), ces réclamations, dis-je, empêchaient la juiverie de dormir.
Or El-Hack avait eu la naïveté de révéler au public qu'une première fois il avait dû suspendre sa publication faute de ressources, à cause de la terreur dans laquelle vivent les arabes et qui les empêche de s'abonner. Il s'était relevé. Le moyen de l'abattre était tout trouvé : il suffisait de donner à ladite persécution l'autorisation officielle. C'est pourquoi, à dater de jeudi 8 février, le colportage en a été interdit dans les douars et tribus.
El-Hack a donc reçu le baptême de la proscription. Le nombre de ses amis va grandir d'autant. Et parmi ses amis, il y en a qui connaissent les lois. On verra dans la pratique, jusqu'a quel point l'interdiction administrative réussira à arrêter la diffusion d'un organe devenu nécessaire.
X. GAULTIER DECLAUBRY.

Site internet GUELMA-FRANCE