«L'Avenir de Guelma»,

Journal libre, honnête et courageux
Le plus répandu dans la REGION

26 mars 1926

Voilà une vérité dont il faut que vous en soyez bien pénétrés.
Voulez-vous réfléchir à ceci ?
Alors que le prix de toutes choses monte sans arrêt, l'Avenir de Guelma n'a pas augmenté le prix de son abonnement. Et il ne l'a pas fait, précisément parce ; qu'il sait bien que sa clientèle ne dispose que de ressources limitées, et est plus riche de foi et de bonne volonté républicaines que de francs-papier.
Cependant il faut vivre. Nous voulons vivre parce que nous croyons que l'œuvre que nous avons entreprise est bonne, et utile, et féconde. Les idées qu'on va semant lèvent toujours, un peu plus tôt, un peu plus tard. Et puis, nous- croyons aussi, que, dans le désarroi actuel, c'est un réconfort pour les républicains de posséder un organe bien à eux.
Pour vivre : Des abonnements et encore des abonnements ! C'est un sacrifice ? Nous le savons.
¦Mais la question que nous vous posons est celle-ci
Croyez-vous que ce sacrifice soit inutile ?
Ne dites pas : « Mais moi, je suis tout persuadé, tout convaincu... » • Alors, abonnez-vous à l'Avenir de Guelma pour le faire connaître, pour le répandre autour de vous, Enfin, et surtout : - RECRUTEZ-NOUS, DES ABONNÉS ! .

Tribune de nos Lecteurs
Parmi les critiques faites, les récriminations nombreuses qui s'élèvent de tous côtés, dans les milieux déshérités surtout, la hausse du pain a été et sera toujours, la plus discutée.
Bien de plus naturel et de mieux justifié ; cet aliment est indispensable à. la nourriture des gens de toutes classes et surtout de la classe la moins favorisée.
Il n'y a pas que cette augmentation constante du pain qui est la cause de toutes nos misères, c'est entendu et j'y consens volontiers. .... .;
Lorsque le cabaretier par exemple, a augmenté les consommations de 16, centimes par verre, peu ou presque pas de gens ont protesté contre cette augmentation et les cabarets ont continué à débiter autant d'anisette ou autres liqueurs similaires que par le passe. Il ne faut pas tirer un principe de cet exemple. Le cabaret n'est pas obligatoire ; il faut même s'en passer s'il grève votre modeste budget ; mais, pensez combien il est pénible à une mère de rationner le pain à son enfant, de le priver en partie de cette denrée qui est un facteur essentiel de son alimentation, et que l'on donne à croquer au bébé dès l'apparition de ses premières quenottes.
Je puis donc, sans prétention aucune, sans parti pris, sans animosité contre qui conque, dire que la situation actuelle du pain pourrait être modifiée. Il m'a paru dès lors nécessaire et indispensable d'indiquer certaines causes dont la disparition, pourrait en faire résulter, dans l'intérêt de tous, une sensible amélioration et , avec franchise, au risque même de blesser quelque amour-propre par trop susceptible ou prétentieux.
Avec le moindre effort de volonté, et je m’adresse ici aux pouvoirs publics, il me semble que je puis être facilement compris en indiquant un remède qui, à mon avis est simple, digne d'intérêt et en m'adressant à ceux surtout, qui peuvent en tirer profit.
Deux qualités de pain sont actuellement mises en vente
1° Le pain bis ou pain ordinaire :
2° Le pain blanc dit pain de fantaisie ou vendu comme tel.
Le premier est quelquefois mauvais, souvent détestable.
Le deuxième est meilleur certes, mais la dénomination sous lequel il est vendu ou débité, le rend, par le taux de sa vente, accessible à quelques catégories de personnes seulement. I
Nous-examinerons dans un prochain article, si le pain bis ne pourrait être de meilleure qualité et probablement vendu à un prix inférieur à celui actuellement en vigueur.
. RAUMIN

LA FOI FORTE
Qui de nous oserait prédire par qui et comment le monde sera gouverné dans mille ans? M. Henry Granger, ancien ministre des Etats- Unis en Colombie, n'a lui aucun doute en ce qui concerne l'Amérique. Il vient, en effet, de déposer dix dollars dans une caisse d'épargne de Colombie, a chargé celle-ci de distribuer cette somme, grossie des intérêts composés entre le i président des Etats-Unis et celui de Colombie pour en faire tel usage qu'il leur plaira en... 2025.
D'après les calculs de M. Granger, le total réparti s'élèverait alors plus de cinq millions de dollars.
M, Granger a une foi robuste dans la stabilité des institutions au Nouveau Monde.
Mais il ne sait peut-être par très bien son histoire. .

L'ESPRIT DE CASERNE
Récemment, un jeune homme libéré de son service militaire et neveu d’un sénateur d'un de nos départements, racontait devant son oncle et quelques amis des histoires de Caserne.
L'oncle secouait la tête en souriant
— De mon temps, assurait-il, ces anecdotes n'eussent même, pas été retenues.
Et comme le neveu de ses amis s'étonnait.
, — Au premier d'infanterie, raconta le parleur, il y avait un adjudant célèbre par son esprit... de caserne. Or, à cette époque, un ministre de la guerre avait autorisé le port de la barbe; Désirant en profiter, je laissais mon rasoir au repos.
Le surlendemain, je devais prendre la garde. Comme je venais de m'équiper, je croisai, dans l'escalier, l'adjudant. Il m'arrêta aussitôt:
— Comment se fait-il que vous ne soyez pas rasé aujourd'hui ? . ..
--.Mon adjudant, je laisse pousser ma barbe
Alors, le sous-officier avec indignation :
— Je ne puis pas admettre que vous preniez là garde en cet état. Tout homme qui désire laisser croître sa barbe doit le faire en dehors des heures de service !

LA VIE QUI PASSE
Les débuts de Sylvain au cirque furent, parait-il, triomphaux. Le doyen de la Comédie-Française parut dans un Sketch tiré de Tartufe. Il interpréta à merveille la scène du mouchoir ;
Couvrez ce sein que je ne saurai voir.
Par de pareils objets, les âmes sont blessées :
Et cela fait venir de coupables pensées.
Ces vers furent frénétiquement applaudis. Comme ils étaient actuels dans ces temps de carême où toutes les chaires de la chrétienté tonnent contre l'indécence des modes féminines ! Il faut le reconnaître : il y a pourtant quelque chose de changé depuis Molière
Au temps de Poquelin, la mode était aux gorges emphatiques. Tout était majestueux et opulent sous Louis XIV.
Sur ce point charmant et troublant, nos ancêtres étaient un peu Turcs : il leur en fallait plein la corbeille. Cette vogue a duré jusqu'à la Révolution française ; témoins tant de portraits où nos aïeules étalent avec une candeur qui ferait évanouir le pape, de la surabondance lié leurs appas.

On montre, au musée de Sèvres, un bol de pâte tendre, d'un ovale très gracieux et d'une couleur laiteuse, qui fut moulée, dit-on, sur le sein de Marie-Antoinette. L l’égérie de l’Histoire ? Possible. Mais le sûr, c'est que ce bol, historique ou légendaire, est vraiment d'un calibre royal : on y tremperait la soupe d'une escouade.
Et M. Berger et, tout libéral fut-il, avait les mêmes idées que Louis XIV sur la gorge des femmes. Un de ses dictons familiers :
« Une femme sans tétons, c'est comme un lit sans oreillers. Voilà qui date furieusement. Nous avons fait une révolution depuis la guerre : celle des gorges et des cheveux. Nos compagnes, pour nous plaire, se mettent à la «garçonne ». Avec leur tunique écourtée, leur taille basse et lasse, leurs ceintures, molles leurs nuques rasées, on les prendrait pour des potaches... Les hanches, la gorge, les cheveux... tous ces appas préhistoriques sont réservés au petit frère b

CONCOURS :-
Un concours pour le grade d'interprété stagiaire; de l'Armée active, sera ouvert en juin, juillet 1926.
Ne seront admis à concourir que les jeunes gens Français, sujets français ou sujets Tunisiens ou Marocains justifiant d’une moralité irréprochable. -
Les candidats qui désireraient participer à ce : concours devront être âgés de 21 ans révolus au jour fixé pour l'ouverture du concours et 25 ans au plus au 31 Décembre, Ils devront, en outre, posséder l'aptitude physique nécessaire au service armé.
Les demandes des candidats devront parvenir au Général Commandant le Corps d'armée à Alger, avant le 30 avril terme de rigueur. '
A cette demande, devront être joints, d’un 'extrait d'acte de naissance ou à défaut un acte de notoriété destiné à en tenir lieu, complété le cas échéant par une pièce établissant que le candidat est devenu, postérieurement à sa naissance, Français, sujet français, où sujet Tunisien ou Marocain.
2° — Un certificat de moralité délivré par l'autorité civile de la résidence, de l'intéressé ou, à défaut, par l'autorité militaire.
3°— L'une des 3 pièces suivantes. '
A, S'il n'est pas encore sous les drapeaux, un certificat d'un Médecin militaire constatant qu'il est apte au service armé.
B, S'il n'est sous les drapeaux, un état signalétique de ses services;
C, S'il a accompli son service militaire, un état signalétique de ses services et un: certificat d'un médecin militaire constatant qu’ il est encore apte au service armé.
Pour les ressortissants Français du Maroc et de la Tunisie, l'autorisation du Sultan du Maroc ou du Bey de Tunis. Les questions auxquelles les candidats auront à répondre par écrit et oralement" sont déterminées par le programme fixé par l’arrêté, Ministérielle, du 5-2-îé, insérés au B.O. du Ministre de la Guerre du 22 2-26. (i)
Cette instruction accorde, une majoration de 100 points, au titulaire, du Baccalauréat ou du diplôme de l'école nationale des langues orientales vivantes et une majoration de 70 points au titulaire de la première partie du Baccalauréat où du Brevet supérieur.
. Les candidats seront admis sur leur demande à subir une épreuve orale en langue 0berbère. Cette épreuve recevra une note échelonnée, de 0 à 20. Cette note multipliée par le Coefficient 8 s'ajoute à la Somme des points obtenus par les candidats pour l'ensemble des examens à conditions qu'elle soit égale ou supérieure à 10.
Les épreuves écrites auront lieu simultanément, pour tous les candidats les 14, au, 16 juin dans des-centres et à-des dates qui seront fixés pair le Général Commandant le 19 Corps d’armée.
Les reconnus admissibles seront convoqués, pour les épreuves orales, par le Général
Les demandes d'admission des candidats militaires devront être transmises au Général Cdt. le 19rC. A. par la voie hiérarchique, et être revêtu par des avis des chefs de corps, un relevé de punitions devra être-joint au dossier des candidats. ) — Cette instruction a introduit une interrogation sur la sociologie musulmane au programme des épreuves orales du concours.

ANNIVERSAIRE
On aime, en notre temps, les anniversaires et les souvenirs de la guerre sont à l'honneur.Pourquoi donc passerait-on sous silence le cinquantenaire de l'invention de l'horrible barbelé? Ceux qui ont fait le front peuvent-ils oublier ce voisin hargneux de leurs nuits de veilles ? Il parait qu'il eut pour père un Belge du canton de Chimay. M. Clément Macq, qui obtint, en 1875, dans un concours régional agricole, une récompense à la suite de cette invention.
Car le barbelé eut des débuts pacifiques. Ce fut le docteur Garnier, d'originale mémoire, député et musulman, qui, il y a 25 ans, eut l'idée de supprimer les fortifications et d'entourer les positions à défendre de réseaux de fils de fer barbelés. ' Cela parut une plaisanterie de député fantaisiste l'on en reparlera plus.

LA VOITURE MÉCANIQUE
C'est le courrier du Passé qui annonça sa naissance dans son numéro d'il y a cent ans :
Un sieur Barret, de Lyon, est l'inventeur d'une voiture mécanique qui; par son mouvement propre, pourra parcourir 12 lieues en quinze heures.
Suit la description de la voiture trois roues. Et le journal ajoute :
« Chaque pression, si l'on croit le sieur Barret fait parcourir-un espace de seize pieds, il est facile de calculer quelle doit être sa vitesse.»
M Barret peut donc être considéré comme le grand-père du tricycle et comme l'inventeur indirect de ces petits véhicules qui, de nos jours, rendent tant de services à certains mutilés. On élève des statues à de moins dignes...

CHAMBRE D'AGRICULTURE
2e Circonscription
Inscrits 502 ; Votants 441b
GENISSON 440 voix Elu.
GUENOT 440 voix Elu.
Nous vous remercions de la preuve d'estime
Et nous saurons nous en rendre dignes en défendant énergiquement les intérêts à la Chambre d'Agriculture.
GENISSON .GUENOT.
N. D. L • R — Nous nous associons aux éloges de la 2' Circonscription pour féliciter notre ami Génisson et son collègue du brillant succès de leur élection à la Chambre d'Agriculture.
u,
1 Le garde forestier de Guelàat bou Sba, M. Pantaloni, qui fit brillamment son devoir ; pendant la guerre et qui en est revenu avec une grave mutilation, se trouva, à la suite d'ennuis provoqués par son service, brusquement dans un état de surexcitation inquiétant.
Les gardes, habitant à côté, furent alors particulièrement surpris de voir M. Pantaloni, monté sur la toiture de sa demeure et brisant, à coups de mousqueton et de sabre toutes les tuiles qui s'y trouvaient. Aussitôt, les deux gardes mirent le malheureux en sécurité, sans cependant pouvoir le calmer. Après de nombreux - efforts, ils réussirent à resserrer entre deux matelas M. Pantaloni qui avait perdu la raison.
L'Hôpital de Guelma n'ayant pu admettre, ni soigner ce pauvre homme, il fut transporté d'urgence dans une clinique de Bône. Nous formons nos vœux sincères--de guérison au garde forestier parfait et intègre qu'était M. Pantaloni et adressons à son épouse l'expression dg notre sympathie.

NOUVELLES LOCALES
HYMÉNÉE
Nous apprenons avec plaisir le prochain mariage de notre gracieuse concitoyenne - Mademoiselle Marie Vidal, avec M. Henri Sauvage, Industriel à Guelma.
Nous formons, nos meilleurs vœux aux futurs époux et adressons nos sincères compliments à leurs honorables familles.
— Nous sommes heureux d'enregistrer le prochain mariage de notre concitoyen M. François Fillard, Ingénieur Agricole à la Ferme Ecole de Guelma, avec Mademoiselle Lucienne Gaulheron, de Bône. Nous adressons nos compliments cordiaux ' aux heureux fiancés, ainsi qu'à leurs familles.
— Nous apprenons avec plaisir le prochain mariage de notre concitoyen M. Pierre Chevance, bourrelier à Guelma avec Mademoiselle Louise Magnin, de Bône.
Nos meilleurs souhaits aux futurs époux et nos meilleurs compliments aux familles que cette union va rapprocher.

Distinction
Nous adressons nos sincères félicitations à nos concitoyens MM. Dongais, Fiorini et Jouane (membres du conseil d'administration de la Pro-Patria) qui viennent de recevoir la récompense honorifique pour leurs services rendus à. la préparation militaire. Ligue de « L'Algérie Framçaîse >;
Dans la nuit de Samedi à Dimanche, des Camelots du Roy, ont placardé sur les murs de la ville des affiches injuriant la République et proclamant la Monarchie.
La population indignée par ces odieuses déclarations a déchiré les affiches", sans qu'un Camelot ait eu le courage de manifester, contre ce geste républicain.

AMICALE DU RAIL Samedi dernier A7ingt-six délégués du groupement de « l'Amical du RAIL^ de passage à Guelma, où ils étaient venus resserrer les liens d'amitié et de solidarité qui les unissent, parmi les nombreux membres et amis qu'ils comptent à Guelma. La Loge « La Fraternelle de Kalama » réservait à ces apôtres de la démocratie, l'accueil le plus cordial et le plus chaleureux.
Le matin.un appéritif au Café de la Jeune France réunissait la caravane, puis, à midi, au Grand Hôtel, un banquet, dont le Vatel Toussourière connaît le secret culinaire, offrait un menu pantagruélique aux couvives
Avant le Champagne M. De Perétti, vénérable de la Loge maçonnique adressa, dans des termes ¦ remplis d'effusion, la plus cordiale bienvenue à ses hôtes métropolitains. Puis, le Président de là délégation de « Amical du Rail », dans une allocution où ambrait la sincérité et la foi, fit un exposé du but et de l'action social du groupement et termina eu faisant un pressant appel auprès de tous les Républicains, auprès de tous ceux qui veulent la démocratie, plus puissante. '¦' Des toast furent portés en l'honneur de ¦"' « l'Amical du Rail », de la « Fraternelle de Kalama » et de la République.
La caravane a quitté Guelma, pour continuer sa tournée Nord-Africaine, et emporï le avec elle le meilleur souvenir de cette agréable journée,
La Fraternelle de Kalama
Les membres actifs et visiteurs de la Lo¦ ge « La,Fraternelle de Kalama » sont priés, d'assister à la tenue qui aura lieu ce soir à 20 heures 30, au local habituel des séances.

Chez les Boulomanes
Le premier apéritif mensuel de la société « Bouvling Club Guelmois » a eu lieu le samedi 20 Mars, chez le camarade Léonetti.
Nombreux étaient les sociétaires qui auraient répondu à la convocation. Les tables se garnissent et les causeries vont leur train. D'un bouta l'autre, les conversations, sont empreintes de la plus grande cordialité, d'un esprit de camaraderie que chacun à besoin de resserrer de plus en plus.
Avant de se séparer,-le Président M. Chevance, en quelques paroles, dont il a le 'secret et où percent à la fois l'élan du cœur et les sentiments d'affection, se plaît à constater que l'assistance est nombreuse et souligne avec joie la-présence des Présidents d'honneur MM. Escande et Zuretti, ainsi que celle des vétérans Delgove, Bauer, St Joannet, Martin, Baroni, etc.../
Plusieurs bans sont battus en leur honneur et le vœu de chacun, en se séparant est de se retrouver encore plus nombreux au prochain apéritif mensuel qui sera servi chez le camarade Kock à une date ultérieure.

L'Imprimeur Gérant; Charles DANAN

Site internet GUELMA FRANCE