L'Avenir de Guelma le 16 décembre 1926
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Éclairage.
Le conseil a fait dans sa dernière séance des observations sur les mauvaises conditions dans lesquelles fonctionne l'éclairage public et privé. Le maire est prié d'adresser des observations à la société d'électricité.
Le maire ne s'en était-t-il. point aperçu et devait-il attendre ses observations du conseil ?b Quel qu'en soit, le public approuve les conseillers inconnus qui ont protesté contre les défectuosités de l'éclairage.
L'insuffisance est encore plus remarquable lorsqu'il y a également représentation de théâtre où il est abusif de priver de lumière ceux qui n'ont pas les ressources suffisantes pour s'offrir le luxe d'une place au théâtre.
C'est déjà excessif de leur faire payer l'éclairage de la salle alors que les troupes ou les usagers devraient seuls payer cette dépense.
Signé Pataud

Chronique locale.
Hygiène.
Monsieur le maire Cotoni s'est engagé à parachever le programme promis aux électeurs en 1925 par la liste républicaine et démocratique des intérêts de Guelma
Dans ce programme figure la continuation des travaux d'hygiène, notamment, aux abords de la ville, et depuis cette promesse de même après l'engagement de parachever, nous cherchons vainement ce qui fut continué comme travaux d'hygiène, ceux-ci n'ayant d'ailleurs pas même commencé.
En revanche on a continué comme par le passé à jeter les ordures et les gravats, notamment aux abords de la ville, sous l'œil indifférent de la police aussi bien que du service des travaux.
Si vous avez la curiosité de sortir de Guelma par la porte de Bône et de regarder à droite ou à gauche, vous contemplerez soit sur le chemin de l'oued Skroun soit sur celui qui conduit à la route du Millésimo toute une série de monticules formés de débris de construction, de gravats et d'ordures ménagères qui vous donneront une bonne idée de ce que la municipalité appelle les travaux d'hygiène.
Et puisque par ailleurs elle a déclaré qu'elle donnerait ses efforts à la plantation et au renouvellement des arbres, ne pourrait-elle faire arroser la haie de grenadiers qui, entre le rempart et les chemins que nous venons de citer, s'étiole par suite de sécheresses et parce qu'il manque une protection fil de fer barbelés pour empêcher de passer, à travers les arbustes.
C'est une route qui dépend du service des ponts et chaussées, tout le monde le sait, mais la municipalité démocrate s'est engagée à assurer par ces démarches d'exécution des travaux de l'État ou du département..... Alors il est bien normal de lui réclamer ce simple travail.
Nous n'ignorons pas que toutes ces choses sont importantes quand on les compare au discours sensationnel, aux banquiers et aux apéritifs de grandes cérémonies qu'il convient d'organiser pour fêter dignement les visites ou départs, mais tout de même, nous n'avons pas demandé aux candidats de nous farcir la tête avec de vaines promesses et nous sommes peu exigeants en leur rappelant ces dernières.

Il est vrai qu'ils ne sont gratifiés d'une augmentation dans le prix de l'eau et dans l'entretien des compteurs qui ne sont jamais entretenus. Cela ne faisait pas parti des promesses électorales, pas plus d'ailleurs que l'augmentation des taxes locatives et toutes les autres.
Mais ne fallait-il pas payer la participation des conseillers et des amis au banquet du gouverneur, aux réjouissances de la famille municipale ? Ne fallait-il pas envoyer la musique électorale décrocher à Bône des lauriers de complaisance, payer des gagistes, des feux d'artifice....
Tout cela qui en temps ordinaire paraissait très naturel devient fort inutile et trop onéreux quand on se trouve à la veille de la grande pénitence,
Quand la vie chère chaque jour fait supporter ces charges de plus en plus lourdes à la population ouvrière et se révèle exagérée sans que rien ne soit tenté par le conseil municipal de Guelma pour la modérer.

Des discours, des promesses, ce sont la des mots et rien que des mots, malheureusement, tandis que les privations de la misère sont défaits douloureux.
Nous préférons la politique des économies et de leur idée réalisation à celle des études mêmes privées.
CRS

Ecole des filles
Suite du numéro du 2 décembre.
En 1860 les institutrices avaient à résoudre des difficultés que l'on connaît peu actuellement.
La population était en général peu fortunée et beaucoup de familles plaçaient leurs jeunes filles comme servante dès l'âge de 10 11 ou 12 ans dans les maisons plus aisées, chez les commerçants, là où leur travail était nécessaire.

Dans la régularité dans l'assiduité laissait beaucoup à désirer. Les parents ne comprenaient pas encore comme il fallait l'utilité d'une solide instruction et chaque occasion où l'enfant pouvait aider aux ménages était saisie aux dépens de sa présence régulière à l'école.
Le mobilier était aussi les plus mesurés et lorsque les religieuses prirent la direction de l'école en 1853 il y avait une estrade et une table à pupitre pour la maîtresse deux tables bancs pour les grands élèves, deux bancs pour les plus jeunes un portemanteau une chaise.

En 1859 la commune fit un sacrifice et ajouta une horloge, une petite armoire, trois tables bancs, trois cartes murales : Mappemonde, Europe, France départementale.
Quant à, la salle d'asile, elle comportait, à cette époque, une pendule, une vieille armoire, deux vieilles chaises, un boulier compteur, cinq porte- tableaux, deux lits de camp et une table pupitre pour la maîtresse. Le tout généralement acquis dans les ventes publiques après les départs ou décès.

La population scolaire de l'école passa 223 unités en 1858 à 166 en 1860. ; 56 à l' pour l'école publique et 72 asile publique 16 à l'école payante et 22 à l'asile payant.
Il était devenu nécessaire d'augmenter le personnel à l'école communale et Madame Pupeir, en religion sœur Céline fut nommée adjointe à la salle d'asile.

Sous les efforts réunis des maîtresse et des autorités locales, l'assiduité s'améliorera la situation économique de la population devenant insensiblement plus aisé et aida aussi à ce changement et les enfants ne quittaient plus l'école avant d'avoir atteint l'âge de 14 ans.
Même en 1803 on pouvait signaler des jeunes filles à l'âge de 16 ans.

Il y avait en 1860, 240 élèves ou enfants dans les écoles de la rue d'Announa ; 64 à l'école publique, 125 à l'asile public, 20 à l'école libre, 31 À l'asile privé.

L'école publique qui occupait deux classes de l'école des filles était devenue tout à fait insuffisante et toutes les salles de l'école étaient occupées. Même les religieuses étaient logées d'une manière les plus exigus et très peu confortables.
L'augmentation de la population s'affirmait continue de la ville et avait alors une direction et une administration entièrement personnelle, confiée à un maire et un conseil municipal élu qui avait remplacé le commissaire civil et les commissions municipales.
La construction sauve quelques modifications de détail.
D'un asile s'imposait. Le projet arrêté en 1862 ne fut mis en exécution que l'année suivante et c'est alors que les constructions de l'école de la rue d'Announa prirent à l'extérieur, l'aspect qu'on lui voit encore aujourd'hui sauf quelques modifications de détail

L'Asile comportait trois grandes salles dont l'une servait à la fois du vestibule et de préaux d hivers. C'est actuellement une des classes de l'école maternelle et l'entrée a été reportée à gauche dans la cour. Les autres étant munis de gradins et de tables et de peinture, de lettres, de chiffres et de sentences.
Le mobilier fut complété convenablement et les sœurs exprimèrent leur complète satisfaction, en disant :
Il n'est guère possible de trouver même en France, une école maternelle mieux placée, mieux aérée, mieux distribuée.
Derrière le bâtiment à gauche se trouvait un préau couvert et une cour de 280 m². À droite des latrines divisées en 19 compartiments et disposées symétriquement selon la taille des enfants.

La même année sœur Modeste (Mme Ancel Elisa née le 23 juillet 1833 à Nancy) prenait la direction de l'asile public à la place de sœur Céline appelée ailleurs.

Et Mme Hugain née Vigneultles le 5 mars 1834, en religion sœur Glossuide qui succédant à sœur st Clémente, rappelée en France pour raisons de santé.
C'était la plus ancienne sœur de Guelma, elle y était depuis 10 ans.
Comme nous l'avons dit, elle avait succédé à Mlle Leclerc qui fut la première institutrice de la ville comme le légionnaire Fritz avait été le premier instituteur.
P D'Aggog

Boucher pincé à Constantine.
Par décision de M. le maire, la boucherie du dénommé. Nakache David, au marché couvert sera fermée pendant six jours à dater du neuf courant.
Ce boucher a vendu à raison de 10,50 fr. le kilo de bœuf au lieu de 9,50 fr. prix de la taxe.
La Nakache est récidiviste.

Nouvelles locales.
Au marché.
Les consommateurs réclament avec raison de payer un prix exorbitant la viande de sanglier.
Alors qu'à Guelma, le prix est fixé, sans contrôle, à neuf francs le kilo, à Bône et à Constantine, le consommateur s'offre des morceaux de choix à cinq francs le kilo.
Que nos édiles veuillent bien se donner la peine de constater et se souviennent qu'ils ont un programme démocratique à suivre.

Carnet rose.
Un superbe poupon prénommé Georges, vient de faire son apparition chez Mme et notre sympathique concitoyen M. Joseph Azzaro droguiste.
Nous adressons nos meilleurs vœux au nouveau-né nos sincères compliments à ses parents et ses grands-parents.

Fiançailles
Nous apprenons avec plaisir les fiançailles de Mlle Blanche Agius, fille de Mme et M. Agius, limonadier, avec notre concitoyen M. Auguste Buffet, dessinateur projeteur aux chemins de fer algérien.
Toutes nos félicitations.

Nécrologie.
Les obsèques de Mme veuve Gros, âgé de 72 ans, ont eu lieu au milieu d'une influence considérable.
Nous adressons aux familles Gros, Richardot, Girard et alliés, nos sincères condoléances.

Les sports.
Des pourparlers sont actuellement engagés entre la jeunesse sportive Guelmoise et l'association sportive Bônoise en vue d'un match amical qui se jouerait à Guelma
Nous applaudissons à cette heureuse nouvelle et espérons que cette intéressante partie se déroulera dimanche au milieu d'une influence considérable.

Théâtre.
La représentation de " La Bayadère " à laquelle nous avons eu le plaisir d'assister hier nous a laissé sous un charme indescriptible.
M. Maliaconi nous a vraiment gâté, en nous donnant la primeur de cette exquise opérette qu'accompagnait un orchestre composé d'artistes émérites.
Nous adressons nos sincères compliments à M. Maubert pour son dévouement aux arts, et pour les excellentes soirées qu'il organise.

Au cinéma.
Cette semaine, une superproduction " Les navires perdus " roman d'aventure, le plus mouvant, le plus captivant.

Nouvelle militaire.
Il est l'appelé au service de toutes classes :
Premièrement : que les demandes d'état des services adressés au bureau de recrutement doivent préciser exactement l'usage qui doit être fait de cette pièce : les demandes doivent être légalisées par la mairie.
Deuxièmement : que les demandes de duplicata et livrets individuels doivent être remises à la gendarmerie qui donne son avis et les transmet au bureau de recrutement.
Malgré toute mon attention et vous prie par avance de m'en excuser, le texte affiché, vieux de nombreuses années, comporte un certain nombre d'erreurs ou de fautes. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique, soit par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR), soit par un logiciel de reconnaissance vocale.

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