L'avenir 9 décembre 1926.

TRIBUNE LIBRE.

Monsieur le directeur.
Tout change avec les ans! De mon temps à Guelma on avait grand soin de ne pas confondre les fêtes de famille avec les réunions politiques et il était de bonne éducation d'éviter en famille de parler politique. Il n'en est plus de même et vous comprenez et maintenant ce grand mot de famille en lui enlevant son caractère élevé et respectable comme il fut fait pour le qualificatif honorable d'homme politique devenus politiciens..
En en agissant ainsi inconsidérément, légèrement vous arriverez à faire confondre dans la même répugnance la " famille " et les " politiciens " mais vous ne réhabituerez pas ces derniers.
La discrétion de bon ton de la famille n'usait pas autrefois de la publicité des journaux pour y publier des conversations sous forme de discrétion et jamais on n'aurait osé qualifier d'exemple à suivre et d'union cette combinaison ou de blanc et de rouge intervenue à Alger contre le gouverneur Violette.
Il faut de toute évidence que les principes républicains soient à Guelma bien apaisés pour que de telles interprétations abusives exprimées dans le milieu judiciaire ne soulèvent aucune protestation.
Du moins vous aurait adressé la mienne
Signé un vieux Guelmois

Je me suis intéressé à votre histoire du comme greffier d'Alger " Le loup et les bergers ". C'est grâce à une protection Guelmoise que cet honnête électeur avait trouvé une place discrète au greffe d'Alger.
Dans notre temps un " membre de la famille judiciaire " n'aurait pas commis cette complaisance.
NDLR. Nous avons en effet quelquefois parlé de la famille homogène mais cette expression n'est pas entièrement de notre cru. Ce sont nos municipaux qui ont évoqué les liens affectueux qui réunissent leur diverses conceptions morales et politiques qui ont affirmé l'homogénéité.
Vous pouvez cher vieux guelmois nous en critiquez amicalement, mais la famille homogène ne doit être considérée que comme une expression joyeuse analogue à la famille Benvilou la famille Cardinal.
Nous vous remercions de votre collaboration et seront toujours heureux de mettre nos colonnes à votre disposition.
C R S

CHRONIQUE LOCALE. Aumône démocratique.
C'est sur la dépêche de Constantine que nous avons trouvé non par le compte rendu du conseil municipal de GUELMA mais l'énumération de ces résolutions parmi lesquels de nombreux impôts qui ne faisaient pas parti du programme de la liste républicaine démocratique des intérêts de Guelma en 1925.
Nous lisons que cette session si importante s'est déroulée dans un calme parfait dirigé par une excellente méthode de travail par le maire M. COTONI méthode qui a permis au conseil d'examiner en une seule séance de 3:00 les très nombreuses affaires inscrites à l'ordre du jour.
Nous nous associons à ses félicitations malgré qu'elles contiennent aussi une critique certainement involontaire à l'adresse de M. PANISSE maire honoraire.
Il ne faudrait pas non plus mettre à l'autre compte des appréciations que nous avons reproduites dans notre dernier numéro sur l'éloquence de monsieur Panisse, membre du conseil supérieur.
Elles sont d'un journal d'Alger et nous ne les avons faits suivre d'aucuns commentaires.
C'est L'ALGERIE, journal républicain socialiste dirigé par M. le sénateur Duroux qui a publié ce compte rendu de la séance où fut discutée au conseil supérieur la réforme des assemblées algériennes

Bien certainement le système politique appelé conciliation avait le grand avantage de mettre les élus à l'abri de ses remarques audacieuses ; il permettait de réaliser des économies notables au moment des luttes électorales et d'obtenir silencieusement toutes les menues faveurs et même les bonnes intentions qu''un gouvernement peut distribuer aux élus complaisants chargés de le contredire.
Hélas ce temps n'est plus… La vie chère et le franc papier nous ont entraîné vers des horizons moins chimériques et la discussion des intérêts économiques a pris la place des péroraisons oratoires et les sourires perpétuels.
Comment peut-on ne pas s'attrister lorsqu'on voit le pain à 2,25 fr. le kilo et les loyers dépassaient 50 fr. pour une chambre nue.b Qu'est-ce que peut faire un ménage avec un secours de 100 fr. par mois au temps actuel alors que la vie coûte six fois plus qu'en 1914.
Le loyer payé que reste-t-il pour le pain ? Ce qu'il faut pour ne pas mourir de faim !
Mais aussi les malheureux réduits à cette misère pourront s'adresser à la charité du bureau de bienfaisance.
Et c'est encore en lisant le compte rendu de la dépêche de Constantine que ces réflexions nous sont venues : voici le texte :
Demande de la mise à la retraite de M. Salvator Ambo. Un secours renouvelable de 1200 fr. a été accordé à l'intéressé.
Franchement est-ce cela de la démocratie véritable et peut-on admettre qu'un homme ayant passé 25 ou 30 ans dans l'administration communale soit pourvu simplement de ce qui est indispensable pour ne pas mendier ?
Il y a la une insuffisance notoire que le plus conservateur des républicains, comme Bonapartiste, comme monarchiste ne saurait en s'empêcher de considérer comme tout à fait regrettable.
Pourquoi donner aux uns des études susceptibles de les enrichir à condition qu'ils travaillent, alors qu'on ne réserve un secours qu'un de charité à ceux qui ont trimé pendant 30 années ?.
C'est en agissant ainsi que les conservateurs se disant républicains démocrate et même sociaux ont engendré le socialisme, le communisme et l'anarchisme
Quand une municipalité à usé la vie active d'un homme jusqu'à l'âge où il a le droit au repos, elle lui doit la tranquillité d'une vieillesse modeste et nous espérons que ce n'est pas en vain que nous en appellerons à l'humanité des conseillers qui n'ont pas suffisamment envisagé les conditions pénibles de l'existence quotidienne des vieillards.
Populo
Il serait facile de trouver dans le passé municipal des générosités plus larges.

LA VIE CHERE.
On lit dans le REPUBLICAIN:
Le maire de Constantine, n'y va pas par quatre chemins.
Ayant main, les mercuriales au jour le jour, il taxe à tours de bras tout ce que la loi lui permet de taxer.
Ainsi là-bas le rumsteck est à 12 fr. le kilo, les autres morceaux à 10 fr, neuf et sept francs le mouton à neuf et huit fr.
Heureuse ville !.
À Guelma la viande et à 12 fr. quels que soient les morceaux et on augmente tous les impôts saufs ceux du marché aux grains ; les gros acheteurs sont au conseil municipal, ils devraient donc donner l'exemple.
Nous attendons le défrichement des communaux, le greffage des oliviers, la mise en état des terrains de culture.

NOUVELLES LOCALES.
Carnet rose.
Un gros poupon prénommé René vient de faire son arrivée dans le foyer de Mme et M. Beydon commis principal des PTT.
Nous formons les souhaits de longue vie au nouveau-né et adressons nos sincères compliments à ses parents.
Mme et M. Louis Meyer, administrateur de la commune mixte de l'oued Cherf, sont les heureux parents d'une gracieuse fillette prénommée Paule.
Nous adressons nos meilleurs vœux au nouveau-né et nos compliments cordiaux à ses parents.

NECROLOGIE.
Nous avons appris avec douleur le décès de Mme veuve Koch, mère de notre concitoyen M. Koch, cafetier.
En cette douloureuse circonstance nous adressons aux familles éprouvées par ce deuil cruel nos sincères condoléances.

FIANCAILLES.
Nous apprenons avec plaisir les fiançailles de Mlle Nicoline Turco, fille de Mme et M. Turco, ébéniste, avec notre concitoyen M. Michel Apacen Germain.
Sincères compliments aux heureux fiancés, ainsi qu'à leurs familles.
Nous enregistrons avec plaisir les fiançailles de Mlle Suzanne Malléa, fille de Mme Émile et de notre concitoyen Calixte Maléa, boucher avec M. Lucien Padrazzie, employé au B G E à Tébessa.
Nous félicitons sincèrement les heureux fiancés ainsi que leurs familles.
Ont été célébré les fiançailles de Mlle Antoinette Eichaker avec M. Henri Maléa employé aux ponts et chaussées.
Tous nos compliments

FOOTBALL
" L'ETENDARD CLUB MUSULMAN " s'est rendu dimanche à Aïn Beida pour prendre part aux éliminatoires, pour la qualification première série.
À cet effet notre club local rencontré la jeunesse sportive Aïn Beidéenne,
handicapés, par une température rigoureuse, la partie se déroula néanmoins intéressante au milieu d'une influence considérable.
La J S A B se distingua, mais du s'incliner devant son dangereux adversaire qui triompha par un but à zéro
dans notre club local se sont particulièrement distingués : Heintz, Labidi, Bob-Grari ,Maadi et Allouche.
Nous félicitons vivement les deux clubs pour leur belle forme et leur excellent esprit sportif.

Site Internet GUELMA FRANCE..