JEUDI 4 mars 1926.
JUDAISME PALESTINIEN

Cette transformation palestinienne du judaïsme remonte très haut. SiX siècle av. J.-C. au moment où Cyrus prit Babylone, sa bonne volonté permit aux juifs de retourner à Jérusalem autour du temple.
Depuis le retour de Babylone, l'histoire des israélites est essentiellement celle de leur religion ; ceux de Jérusalem sous la domination Perse n'ont d'autres raisons d'être que le maintien, à tout prix, de leur individualité religieuse..
Gouvernés politiquement par un Satrape Persan, ils avaient pour chef leur grand prêtre et leur vie se concentrait uniquement dans le temple.

Leur loi été respectée par les perse et d'ailleurs ils eurent assez affaires pour lutter contre leurs voisins qui les avaient vu revenir d'un mauvais oeil et en juger par le livre de Néthémie.
Durant la période de la domination grecque sous Alexandre et les Séleucides, c'est-à-dire de 320 à 367, toutes les forces d'Israël tendirent à la résistance à héllénisation, elle fut dirigée par la classe sacerdotale.
Lorsque le danger devint trop pressant un terrible soulèvement éclate à, à l'instigation de Macchabées sous Antiochus IV. Epiphane qui mit la Palestine aux mains de la famille avait relevé la gloire de Iahvé.

C'est l'époque Asmonéenne roi et pontife jusqu'en 40, époque de la domination romaine et règne d'Hérode qui, pour flatter les vainqueurs, sacrifiait à leurs usages.
Ainsi tous les efforts des juifs n'ont qu'un but : le maintien de leur individualité religieuse.

C'est l'époque où la puissance sacerdotale a pour organe le Sanhédrin ou grand conseil qui remonte à l'époque de la domination grecque et qui révait la complète immobilité religieuse dans une doctrine et une pratique figée.
Il se produisit alors un travail d exégèse minutieuse et de dévotion qui engendra toute une classe d'homme : ce sont les scribes ou docteurs qui ont sondé tous les détours de la loi et sont dignes par leur science d'être appelés rabbins ou maîtres.

Ils apparaissent dès le retour de Babylone, et s'il ne peut y avoir de prêtres qu'à Jérusalem, peuvent s'établir des rabbins partout où il y a des juifs pour les écouter. Cette dignité ne comportant aucune investiture officielle.
Dès le lendemain du retour de Babylone, des juifs prirent l'habitude de se grouper entre eux, selon leur sympathie, pour commenter la Bible et c'est ainsi que naquit la synagogue, la plus grande originalité de la restauration. La synagogue n'est pas le Temple, car les païens peuvent assister s'ils veulent aux leçons, ils sont, il est vrai un relais. Sur le seuil ; il n'y a pas de prêtres, n'importe quel fidèle peut, s'il s'en sent capable, commenter les textes sacrés ; c'est donc la une institution très démocratique que l'on peut comparer à nos universités populaires.

A la tête se trouve un conseil des anciens, chargé de l'ordre et des dépenses communes et un surveillant chargé de la police et de la direction de la petite école primaire annexée à la synagogue; d'ailleurs les discussions ne devaient pas être toujours très calmes si l'on en juge par ce qui se passe au moment de la prédiction de Saint-Paul.

Les membres d'une synagogue ne devaient pas être très nombreux ; les établissements comportant peu de frais, on ne recula pas devant eux, il y avait les paraît-il, 450 à Jérusalem.

C'est donc dans la synagogue que se passe la vie religieuse d'Israël, si bien que lorsque le temple disparaîtra en 70 apr. J.-C., la religion en aura perdu aucun organe essentiel.

À ce moment-là se dessine un classement assez apparent de divers types d'opinions au regard de la loi et de son observance : trois groupes d'hommes au milieu desquels flotte et hésite la masse des ignorants : ce sont les Sadducéens, les Pharisiens et les Esséniens, la droite, la gauche et l'extrême gauche du légalisme..

Sadducéens tirent leur nom de Sadok, chef d'une grande famille sacerdotale sous Salomon ; ils se méfiaient de la synagogue et des nouveautés qu'elle engendrait ; ils n'admettaient ni la foi dans la résurrection des morts ni l'angélologie des pharisiens, proclamaient le libre arbitre est n'étaient nullement tentés de faire du prosélytisme.

Les pharisiens sont issus des scribes ; l'on veut dire, séparer les marques leurs prétentions à la pureté légale. Ils trônent dans la synagogue qui est leur oeuvre et admet un certain nombre de nouveautés issues de l'interprétation des textes sacrés, résurrection des justes, puissance des anges bons et mauvais, croyance au messie, ce sont des bigots et des pédants, " gens de col roide " comme les appellera Saint-Étienne.

Un certain nombre de piétistes allèrent encore plus loin ; ce furent les Esséniens ; ils vivaient en petites communautés très serrées autour de la mer Morte ; on y entrait après noviciat de trois ans.
Ils obéissent à supérieur, porte le costume blanc, admettent le mariage au point de vue de la procréation, vivent du produit du travail des champs, c'est un pharisaïsme exaspéré.
À ce moment-là, le fait le plus frappant est une pratique religieuse automatique. Or, comme le dit Renain " le scrupule religieux est la roue de la religion, il n'en est jamais rien sorti ".
C'était ici que sur un point capital la force des choses, peut être des suggestions philosophiques étrangères insoupçonnées de ceux qui la subirent amenèrent des modifications profondes du langage religieux. De plus en plus consentis l'inconvénient de l'anthropomorphisme qui se rencontrent dans la Bible, et en arriva à ne plus désigner Iavhë que par des équivalents de son nom : le Béni, le trés haut etc...
En même temps se manifeste la tendance à personnifier la sagesse et les divers attributs de Dieu, puis les docteurs sont conduits peu à peu à l'idée d'une faiblesse spécifique de l'ordre, comme à héritage d'Adam, une conséquence de sa faute ; cette presse que le péché originel.

On aboutit en somme à 3 résultats fondamentaux sans lesquelles la naissance du christianisme serait inconcevable.
Ce sont : l'attribution dans le monde aux bons et aux mauvais anges dus à l'influence de la perse :
La constitution d'une croyance sur la vie future ; la formation d'une eschatologie dont le Messie forme le centre.

Il y a donc en ce moment en Palestine une vie dévote très intense. Toutes les superstitions y ont cours ; songes, mauvais oeil, démons qui, d'origine persane joue un grand rôle parmi le peuple.
Il se développe toute une armée de l'enfer hiérarchisée comme celle du ciel. Son empire sur l'homme se manifeste par la possession et les maladies, et c'est ainsi que la magie si odieuse aux écrivains sacrés reprend pied.
La croyance au miracle est courante; et ce pendant toutes ces manifestations n'auraient abouti qu'à la ruine d'Israël sans le travail qui s'accomplit autour d'elle ; travail dû au judaïsme de la Diaspora..

TENTATIVE D'ASSASSINAT. Nous recevons au moment de mettre sous presse les derniers détails de la mystérieuse affairede Khendara.
Lundi 23 février à neuf heures du soir, Monsieur Robert, chef de cantons à la garde de Khendara recevait, alors qu'il sortait de chez lui, une bal qui l'atteignait à l'abdomen. L'enquête rapidement menée par le service de la sûreté de Guelma dut écarter les hypothèses de vols et de vengeance. En effet, les meurtrier laissait hier même pas de pénétrer dans l'enceinte entourant la maison et, d'autre part M. Robert n'avait attiré aucune haine durant son service..
Certains détails troublants nous forcent à croire que nous nous trouvons en présence d'une affaire passionnelle.
Mme Robert, qui se trouvait sur le seuil de la porte alors que son mari était blessé à 15 mètres d'elle, déclare n'avoir pas vu la victime tombée, n'y situer exactement l'endroit d'où était parti le coup de feu. " Je croyais, dit-elle que c'était un coup de feu tiré dans la mechta qu'il se trouve à 200 mètres d'ici " (le meurtrier était à dix mètres lorsqu'il a tiré).
D'autre part lorsque M. Robert fut transporté chez lui, Mme Robert lui dit : " je vais voir qui a tiré " que revint en disant : j'ai vu Messaoud Mahfoudi et Brahim, Brahim avait un fusil "
les deux individus ont été arrêtés, ce sont deux frères nommés Brahim et Messaoud Mahfoudi, un troisième individu Ramdane leurs cousins avoués qu'il était la sortie d'un voisin de M. Robert. Toutefois Brahim et Messaoud garde le mutisme le plus complet, et Madame et M. Robert ne font rien pour éclairer la justice.
Espérons que les trois Mahfoudi , triste individu, bien que n'ayant pas eu encore affaire avec la justice, débarrasseront une fois pour toute la région qui terrorisaient depuis longtemps .
Nous renouvelons nos félicitations aux agents de notre sûreté et en particulier à notre sympathique ami M. Choisy, chef du service de sûreté de Guelma.

NOUVELLES LOCALES.
HYMENEE. Nous avons appris avec plaisir le prochain mariage de M. Jules Koch, employé à la banque de l'Algérie à Constantine avec Mlle Marcelle Pierri de Constantine.
Nous adressons mon meilleur veut aux futurs époux et nos sincères compliments à leurs honorables familles.
Nous sommes heureux d'annoncer le prochain mariage de Mlle Léoniz Gerbaulet avec M. Chazot ingénieur..
Le compliment cordiaux au fiancé et nos félicitations aux parents.
Le sommes heureux d'enregistrer le prochain mariage de notre gracieuse concitoyenne Mlle Joséphine Yacono, avec M. Noël Rossi, sous-officier au XIXe tirailleurs.
Meilleur veut aux heureux fiancé et cordial félicitations aux parents.

BIENVENUE
Nous avons eu le plaisir de serrer la main de notre ami M. Casanova directeur de la maison Collin, de passage à Guelma, où il était venu s'occuper de l'organisation de prochains concerts de téléphonie sans fil.

MI-CAREME
A l'occasion des fêtes de la mi-carême la classe 1927 organise un grand bal masqué dont l'éclat ne connaîtra pas de précédent.
Nous espérons qu'un public nombreux sera présent et que le temps sera clément à sa majesté carnaval 1926.

NECROLOGIE
La mort implacable vient de ravire à l'affection de ses parents M. Émile Kalifa âgé de 22 ans.
Après avoir horriblement souffert d'une longue maladie, le malheureux disparaît laissant dans la consternation son père et sa mère qui trouvaient en lui leur espoir, leur unique enfant.
En cette douloureuse circonstance, nous prions les familles affiliées de croire à la grande part que nous prenons à leur malheur.

CÉRÉMONIE NUPTIALE.
Samedi dernier une foule nombreuse assistait à la cérémonie nuptiale de Mlle Blanche Roure et de notre sympathie concitoyen M. Joseph Azzaro. Mlles Madeleine Richard, Alice Ferro, MM Richard et Danan, ainsi que le groupe musical des " Enfants de Guelma" prêtaient leur gracieux concours.
Nous adressons l'expression de notre sympathie aux heureux époux ainsi qu'aux familles Roure et Azzaro.

LA FIN DU MONDE.
Un illustrissime savant américain M. Richard Turner annonce que d'ici peu l'univers sera ravagé par une épidémie de choléra.
L'épidémie aura son point initial à Guelma entre la porte de Bône et l'usine électrique.
Si la commission d'hygiène passait à cet endroit elle verrait en effet qu'un égout dégage des odeurs pestilentielles qui sont un supplice pour les habitants du quartier.
Espérons qu'il remédiera à ces deux choses, ne serait-ce que pour montrer à M. Richard Turner que c'est encore une blague qu'il a voulu nous faire là.
Remercions le toutefois de l'avertissement qui nous a fait.

MOTO CLUB GUELMOIS
Dans le but de vulgariser le sport motocycliste et de lui donner toute la vigueur qu'il est en droit d'attendre, un groupe de sportifs a décidé de créer le " Moto Club Guelmois ". La dite société sera affilié au " Moto Club de France " et organisera de nombreuses courses et excursions.
Le conseil d'administration du M. C. G. est composé de :
MM. François Poggi, Pierre Prunetti, Eugène Moniguet, Charles Dunan, Victor Casanova.
Tous les motocyclistes qui vaudraient adhérer au club sont priés de s'adresser à un membre du conseil d'administration.

ÉTAT CIVIL
Naissances : Labbé Fernand, Charles Bugeja, Antoine Raymond, Ménard Roger, Chaibi Akila, Martial Marcel Félix, d'Agon de la Contrie Monique Marie-Thérèse, Mallet Lucien Robert, Assoun Yvette Esther

PUBLICATIONS DE MARIAGES.
Azzaro Joseph et Roure Blanche lda Georgette Thérèse. Paoletti Antoine Joseph Eugène et Tasso Mariola ; Rossi Noël et Yacono Joséphine Florine ; Yacoud ben bouguerra ben Lakhdar et Allouche Guemara.

MARIAGES Portal Léon Antoine et Petit Marcelle Jeanne Thérèse Marie ; Azzaro Joseph et Roure Blanche Ida Georgette Thérèse.

DIVORCES NEANT

DÉCÈS
Levy Baroukh ; Vela Antoinette ;Kalifa Emile Haïem

ÉTAT CIVIL
Musulmans : naissances 33 ; mariages dix sept, divorce: deux, décès: treize.

UN BEAU MATCH
Dimanche prochain, au parc des sports, un match de football mettra aux prises l'Association Sportive Constantinoise et la Jeunesse Sportive Guelmoise.
La redoutable équipe de l'A S. C. a battu dimanche dernier l'équipe de Batna par six buts à 3.
Nous espérons que le public des grands jours assistera à ce beau match football.

UNE BRUTE
Mardi dernier une charrette chargée de bois, appartenant à M. Joseph Gauci était dirigée sur la balance du marché au grain, lorsque le charretier pour faciliter sa besogne, ne trouva rien de mieux que dételer l'équipage et ne laisser que le malheureux timonier, qui malgré la rouée de coups de manche le fouet, ne put tirer le poids formidable qui lui était imposé.
Exténuée, la bête s'abattit sous le terrible fardeau.
Sans empressement, le charretier réussi à dégager le mulet. Nous souhaitons un pire châtiment à cette brute sans vergogne.

ÉTUDE DE Me MICHAUT
Notaire à Guelma, suivant acte reçu par M. Michaut notaire à Guelma le 24 février 1926.
Mlle Salerno Anna, commerçante demeurant à Guelma, a vendu à M.Jasse Raymond ferblantier demeurant à Guelma, le fond de commerce d'épicerie qu'exploitait Mlle Salerno à Guelma, angle Place Saint-Augustin et de l'école. Comprenant l'enseigne, la clientèle, l'achalandage, le matériel servant à son exploitation, les marchandises existantes en magasin et le droit au bail verbal des lieux où il est exploité.
Les oppositions, s'il y a lieu, devront être faites dans les vingt jours de la seconde insertion et seront reçues à Guelma, rue de Carthage, en étude de Me Michaut notaire.
Pour première insertion
Signé, Michaut

Site Internet GUELMA-FRANCE