LUNDI 4 JUILLET 1927

VIOLLETTE ET LES DÉLÉGATIONS
Autre rêveur, ce généreux idéologue avait eu aussi une conception fameuse. La constitution en Algérie sous notre protectorat mais dans la plus complète, autonomie d'un royaume arabe. L'ont-ils assez plaisanté le rêve de l'empereur; ont-ils assez opposé à son ineptie les réalisations fécondes de la République en Afrique du Nord.
Et pourtant les voilà à leur, tour qui projettent dans l'épanouissement du suffrage universel on Algérie les beautés d'une République arabe.

LES FRANÇAIS CHASSÉS DE CE PAYS PAR LE BULLETIN DE VOTE
" Que les Français soient chassés de cette terre qu'ils ont fécondée de leur sueur et de leur sang qu'importe s'ils le sont non par ces armes barbares dont ils se sont servis pour conquérir l'Algérie, mais, par ce merveilleux instrument des conquêtes pacifiques le bulletin de vote. Que la France elle-même laissant aux peuplades indigènes le droit ; de disposer d'elles-mêmes se retire selon leur volonté en abandonnant les quelques soixante milliards qu'elle a dépensés pour l'organisation et l'outillage économique de ce pays rien que de naturel en cela, car les: Français se doivent de rester Français et de respecter les principes : le mot fameux est toujours vrai ; " Périssent nos colonies plutôt qu'un principe "
L'orateur abordé ensuite la question de la propagande communiste en Afrique du Nord et déclare :
PAS DE MESURES D'ÉMANCIPATION PRÉMATURÉE " Ce programme, a, reconnaissons-le, le mérite de la franchise, se peut-il que dans; ces conditions nous ne sachions écarter d'une main ferme la cause extrêmement dangereuse des troubles les plus graves que constituent les libertés politiques nouvelles revendiquées diluées en faveur des indigènes non par la masse indigène elle-même mais par des meneurs, par des agitateurs musulmans, par des utopistes métropolitains qui ignorent tout de l'Algérie et par les communistes en mal de démolition:
Avant-que de songer à affranchir les indigènes d'Algérie de la Souveraineté française dont- ils n'ont qu'à se louer et dont ils ne se plaignent effectivement pas, par des mesures d'émancipation prématurées, nous devons d'abord nous efforcer de franchir une étape difficile dans la voie du relèvement de la population algérienne où nous nous sommes généreusement et résolument engagés. il nous faut faire disparaître ce mal endémique dont l'Afrique Mineure souffre par crises périodiques depuis des siècles, cette abominable insécurité qui a valu à ses peuplades ...ce dur jugement de l'histoire.
L'histoire de l'Afrique mineure, a-t on pu lire, n'est ce point l'histoire d'un peuple, c'est plutôt l'histoire des étrangers qui sont venus à diverses reprises tirer parti de cette terre, c'est l'histoire même, si on veut de diverses civilisations luttant contre une barbarie toujours renaissante
LA MENACE DE L'INSÉCURITE :
Si parfaitement informé que vous soyez, M. le Gouverneur général, il n'en demeure pas moins que ce que vous savez des choses et des gens de ce Pays n'est que le fruit d'études sans doute très attentives très consciencieuses, passionnées, ferventes même. Ce n'est pas l'histoire vécue.
Quelque doué que l'homme puisse être d'imagination et de sensibilité, le récit d'un évènement ne peut produire sur l'auditeur l'effet qu'en a ressenti celui qui la subi et de il n'y a que les colons que ceux qui habitent le bled il n'y a que ceux qui ont entendu les craquements de la charpente de leur maison dans la violence de la tempête qui peuvent avoir exactement mesuré le danger que l'insécurité peut, faire courir à ce Pays et don il a été si fort menacé au lendemain même de la guerre.
Eh oui, méditons le bien, c'était immédiatement après les sacrifices consentis en commun sur les champs de bataille, cela au lendemain de ce que l'on a appelé la grande leçon du loyalisme que les indigènes de l'Algérie de la Tunisie comme ceux du Maroc en pleine conquête donnaient au monde étonné. C'etait au lendemain également du vote de l'application de la loi du 4 février 1919 qui conférait aux indigènes des droits politiques fort étendus, que tout à coup, au moment où par une curieuse coïncidence la proclamation de Wilson accordant aux peuples le droit de disposer d'eux-mêmes faisait écho dans l'étendue des continents, la terrible vague d'insécurité déferla sur la Colonie. " La vieille armature de la colonisation fléchit sous les coups du banditisme. Le travail des champs était paralysé, les instruments aratoires sabordés ou volés, des écuries entières vidées en une nuit, les routes coupées et volées
LE REMEDE POUR PROTEGER LA COLONIE
A l'appui de ces assertions, M. Gratien Faure cite des faits graves et susceptibles d'engendrer la réflexion. Et il arrive à l'examen du remède capable de conjurer le péril de l'insécurité0
Le remède il n'y en a qu'un, ce sont les pouvoirs forts. Mais ces deux mots sont le signal d'un déchaînement de protestations. Mais quels, sont les protestataires.
Ce sont les partisans de la féroce dictature rouge qui s'élève contre les pouvoirs forts et parce que et c'est là que le bât les blesse seuls des pouvoirs forts, fermement et équitablement exercés, les mettront dans l'impossibilité de rejeter ce Pays dans l'anarchie et d'y déclencher le chambardement du grand soir

LES INDIGENES VEULENT RESTER SOUS LA LOI CORANIQUE. Mais que la bête en crève nous n'en aurons pas moins à comprendre et faire entendre que la législation qui régit un Pays doit s'adapter spécialement aux mœurs, à la mentalité, aux habitudes, aux tendances des populations.
Qu'il ait fallu appliquer et codifier en Algérie une législation musulmane très différente de notre droit commun en matière civile qui a songé à s'en étonner? qui donc trouve mauvais que nos sujets français d'Algérie tiennent à rester sur ce terrain sous la loi coranique et le notifient même très catégoriquement quand on tend à les émanciper - tel un vœu récent du conseil général de Constantine ?
Qui donc à protesté contre la polygamie de nos indigènes et contre ce terrible droit d'interdiction des cadis qui souvent pour permettre au tuteur d'exercer plus longtemps une charge lucrative prolonge la minorité d'un homme jusqu'à un âge Invraisemblable ?
La loi d'exception n'est pas discutée. Elle est dans l'ordre. Mais si on en conteste la légitimité, voyez-vous, c'est sur le terrain du crime et du banditisme en arborant avec un sens de l'opportunité assez décevant, je ne sais quels principes d'un humanitarisme morbide.
Telle sont les considérations que j'ai trouvé l'obligation de formuler au nom de nos mandants aujourd'hui, devant vous M. le Gouverneur Général et je ne crois pas m'aventurer en affirmant qu'elles sont le reflet de l'opinion unanime de la Colonie française, communistes à part et de celle aussi des nombreux indigènes qui se sont d'eux- mêmes par le simple effet de nos étroites relations d'amitié suffisamment émancipés pour comprendre et partager les idées désintéressées qui nous inspirent
Ces indigènes-là ne demandent pas que nous mêlions leurs coreligionnaires aux débat que nécessite la direction des affaires publiques et d'où trop facilement surgissent, des dissensions, des querelles qui n'ont rien d'édifiant pour le Pays et dont les conséquences pourraient être néfastes surtout quand elles se manifestent dans un milieu colonial.
Ces indigènes-là se trouvent comblés des bienfaits dont la Souveraineté Française dont une ferveur ardente couvre chaque jour ce Pays et sans clamer leur loyalisme car le bon loyalisme, n'a pas besoin de bans de publication il fait mieux, il s'établit lentement mais solidement dans le for intérieur des consciences, nombre d'entre eux tiennent à honneur à devenir citoyens français.
" L'accueil que nous leur faisons est aussi large que leur élan est spontané et nous n'avons jamais demandé qu'elle leur soit seulement entrebâillée cette grande porte claire et lumineuse de la naturalisation par la quelle ils entrent dans nos rangs en renonçant au statut musulman.
"Il y a la de leur part un véritable courage et la manifestation d'un bel affranchissement de 1 esprit humain. On les désigne du doigt dans la société musulmane. On les fustige du ferme injurieux de " m'iournis ". Et; nous ne les distinguerions pas des autres indigènes, nous aurions la candeur dénaturaliser ceux-ci en bloc dans leur statut, de leur conférer tout ou partie dés droits, imprescriptibles du citoyen ? Ce serait tourner en amère dérision la grand cas que nos naturalisés on fait du titre qu'ils ont à acquérir au prix d'un magnifique effort d'émancipation.
"LES COLONS FRANÇAIS REALISATEURS
" Ah ! Qu'il est passionnant le problème algérien. C'est à qui portera le premier la plus brillante et la plus généreuse solution; aux questions qu'il pose. Les années durant lesquelles vous venez, M. le Gouverneur général, d'assumer les lourdes responsabilités des destinées algériennes vous ont amené à penser qu'elles devaient être longuement discutées et méditées ces solutions avant que d'être adoptées et appliquées. ? Vous, que les colons ont salué dès votre, arrivée, il est bien certain que vous ne voudrez pas bâtir sur le sable en édifiant à coté du terrain solide qu'ils ont si remarquablement aménagé. Vous le, consolideriez plutôt; s'il était nécessaire. Mais vous savez quels réalisateurs ils ont été et ils ne sauraient d'avantage douter que pour justifier le grand, titre qu'ils vous ont donné, votre première préoccupation ne soit de maintenir d'abord leurs magnifiques réalisations
L'ALGERIE
L imprimeur-Gérant Charles Danan

COMITE FRANCE-ISLAM
Quelques Français et quelques indigènes, s'inspirant de considérations généreuses, viennent de fonder à Guelma une œuvre excellente qui mérite d'être encouragée. ILS ont constitué, en dehors de toute préoccupation politique et de tout calcul intéressé, une association, dénommée " Comité France Islam "' qui. faisant appel à toutes les bonnes volontés, à tous les concours, s'efforcera de multiplier entre Français et Musulmans les raisons de collaboration et travaillera à diminuer les préjugés et les malentendus qui de part et d'autre, empêchent ou retardent la réalisation d'une entente loyale; MM. de: Peretti, Coltenseau, Sehili Tayeb, Jean Poggi, Bensaci Salah, Ben-Bahamed Mostefa Glierib Mohamed qui sont les fondateurs de cette œuvre et qui, en assument la direction comptent user de tous les moyens de persuasion conférences, brochures, aide morale et matérielle, assistance sous toutes ses formes pour combattre la misère et l'ignorance et hâter révolution des indigènes. Leur programme est excellent et leur projet louable. L'un et l'autre répondent à un besoin, apportent un essai de solution à un problème qu'il serait dangereux de négliger plus longtemps.
Nous avons fait la conquête matérielle de l'Afrique du Nord. Ce résultat, en apparence considérable, n'est cependant qu'une minime partie de la mission, que nous avons à remplir.
Nous savons par expérience que l'Angleterre a tentée en Egypte que la possession d'un territoire est toujours précaire si elle ne s'appuie que sur la force matérielle et si elle n'est pas pour ainsi dire, sanctionnée par les sentiments d amitié, de confiance et de reconnaissance des populations associées.- La conquête du sol n'est rien sans la conquêtes des cœurs.
C'est cette conquête, que nous, avons à poursuivre et à réaliser dans l'Afrique du Nord. Certes, elle est en bonne voie.
Malgré tout ce que peuvent dire les pessimistes et les sceptiques, nous avons réussi à faire oublier par une administration bienveillante, les rigueurs inévitables de la période de pacification et à rapprocher de nous les populations musulmanes La guerre nous a procuré l'occasion de constater que les sentiments d'amitié manifestés 'par celles-ci ' , n'étaient pas des démonstrations hypocrites et qui puisaient dans les cœurs même une loyauté et une franchise capables d'inspirer les plus nobles dévouements.
Mais, on commettrait, dans le sens opposé, une erreur égale à celle des pessimistes cédant à un optimisme trop confiant, on considérait comme terminée l'œuvre de la conquête morale et si on croyait le moment venu de se croiser lés bras, dans la certitude que le temps achèvera, pour ainsi dire mécaniquement, l'effort commencé. On se ménagerait d'amères désillusions La conquête morale est à peine ébauchée; il faut la poursuivre énergiquement, opiniâtrement fanatiquement d'irions-nous et par tous les moyens qui nous permettent d'exercer une action quelconque sur le cœur et l'esprit de nos frères musulmans. Ces moyens sont nombreux, il y a ceux qui dépendent de l'Etat l'école, là caserne, l'infirmerie, les œuvres d'assistance et de prévoyance sociales, ces dernières trop rares à noire avis, malgré les efforts louables de M, Violette, efforts qui seront heurtés à l'égoïsme et à l'aveuglement de certains élus à vues courtes. II y a les relations quotidiennes d'affaires. C'est ainsi qu'eu de nombreux centres agriculteurs français et musulmans ayant les mêmes intérêts à défendre, se sont, rapprochés et associés pour fonder des coopératives d'achats de production et de crédit.
il y a enfin la propagande que peuvent exercer des citoyens d'élite français et musulmans, en s'adressant directement à la population, en travaillant à les rapprocher et à les éduquer, et cette éducation est aussi nécessaire aux européens qu'aux indigènes, car les uns et les autres sont au même degré, influencés par des préjuges absurdes.
C'est à cette œuvre qu'en entend se consacrer le Comité France-Islam de Guelma. On ne saurait trop féliciter ses fondateurs.
Nous savons qu'ils ont déjà reçu de précieux encouragements de la part du Gouverneur Général... Nous avons la conviction que Français et Musulmans de Guelma se feront un devoir d'appuyer leurs efforts et un honneur de participer à une entreprise généreuse qui est une bonne initiative. Une fois de plus, Guelma aura donné un bel exemple d'initiative hardie. Nous le constatons sans aucun étonnement, et nous crions aux fondateurs du Comité France-Islam : Bravo et courage
Mous voudrions terminer par un vœu : c'est que le Comité France-Islam fournit à la population de la ville voisine aujourd'hui divisée par des dissensions politique un terrain sur lequel ions les hommes de bonne foi et de bonne volonté puissent se rencontrer, se rapprocher et travailler en commun à l'œuvre de la plus grande FRANCE
André SERVIÈR

Une école primaire supérieure est indispensable aux enfants de la population laborieuse de Guelma.

LIGUE
La Ligue va fêter son centième adhèrent
Nous ne dirons pas que les adhésions affluentes à la Ligue. Nos effectifs grossissent lentement; mais ils grossissent régulièrement. Chaque dimanche notre dévoué trésorier nous apporte son bulletin de victoire :
" Cette semaine... cinq adhérents nouveaux ...Cette semaine deux..Cette semaine dix !..
Nous trouvons que c'est très bien ainsi. Nous nous méfions en effet, des mouvements d enthousiasme, d'emballement : Ils n'ont qu'un temps La fièvre des débats dissipée Les dévouements faiblissent la tâche est si rude, si ingrate !
Puis chacun rentre dans sa coquille. Notre recrutement méthodique au contraire, qui bâtit sur du solide, qui n'amène à la Ligne que des adhérents sûrs, venus à nous en toute conscience, ne peut que réconforter les militants, ne peut le succès récompensant chaque jour leurs efforts que les engager à faire toujours mieux.
La Section comptait soixante ligueurs lors de notre dernière Assemblée Générale il y a deux mois : demain nous seront cent.
Cent! Chiffre prestigieux que nous rêvions d'atteindre après beaucoup de temps, après beaucoup d'efforts !.
Les résultats ont dépassé nos espérances et nous voudrions marquer la centième adhésion par un apéritif fraternel que nous offririons Mercredi exemple si... si le centième ligueur voulait venir à nous... Car pour atteindre le chiffre magique une dizaine de cartes restent à placer. Ligueurs, Ligueuses (nous comptons en effet des ligueuses et qui nous donne le bon exemple) nous demandons un petit effort.
On aime la Ligue des qu'on la connait ; faites la connaître. Si nous nous mettons dans l'idée de faire dans les 2 jours qui vont suivre un effort de propagande, ce n'est pas dix mais vingt cartes que nous placerons.
A l'ouvre donc et à Mercredi ! Notre apéritif sera la très joyeuse entrée en vacances de la Ligue, la consécration des résultats acquis l'affirmation de notre vitalité,
RAOUL BORRA

La condamnation du Communisme
Les débats sur les communistes et les votes qui les ont conclu montrent la réprobation que soulève dans la quasi unanimité de la Chambre l'attitude du parti bolcheviste.

NOUVELLES LOCALES
La soirée du Cercle Musical
Le 13 Juillet, les nombreux membres du Cercle Musical iront à la Halle aux grains somptueusement parée pour la circonstance, assister à une délicieuse audition exécutée par l'orchestre symphonique dirigé par le maestro Lucien Japavaire.
Après quoi, aux sons d un Jazz frénétique les couples joyeux entreront dans la danse.
Tous les amis de la franche gaité sont admis, les adhésions comme membre honoraire sont reçues à toute heure.
Nous prédisons le plus gros succès pour la soirée du 13 Juillet prochain.

ECOLE DE MUSIQUE
(Cours de vacances)
M. Lucien Japavaire directeur de l'Ecole de Musique fait savoir aux intéressés que les cours de Violon. Violoncelle, Solfèges, accompagnement etc.... seront donnés pendant les trois mois de vacances scolaires. M. Japavaire recommandé aux parents cette époque plus féconde en progrès musical en raison de nombreuses journées de liberté de l'enfant et du travail soutenu que peut fournir l'élève;
Se faire inscrire chez M. Japavaire, Rue des Lauriers.

AVIS
M. Antoine Zuretti vient d'être nommé agent général de la Compagnie d'assurances " LA PAIX " en remplacement de M. Mas appelé à d'autres fonctions.

On demande personne sérieuse pour gérance de la Bibliothèque de la gare.

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Site Internet GUELMA-FRANCE