AVENIR DU 2 SEPTEMBRE 1926

NOUVELLES LOCALES
La cérémonie nuptiale de notre gracieuse concitoyenne Mlle Suzanne Vidal, et de M. François Julia aura lieu en l'église paroissiale de Guelma, samedi 4 septembre prochain.
Nous adressons nos sincères félicitations aux heureux fiancés ainsi que leurs familles.

MARIAGE
Nous apprenons avec plaisir le prochain mariage de Mlle Anonciade Campanella, fille de Mme et M. Campanella maître tailleur, avec M. Albert André.
Nous ferons nos meilleurs vœux pour les futurs époux et adressons nos sincères compliments leurs familles.

LES SPORTS Dimanche entraînement général de la Jeunesse Sportive Guelmoise. Les équipiers sont instamment priés d'y assister.

FÊTE DE MILLÉSIMO
. La fête patronale de ce coquet village aura lieu le dimanche et lundi cinq et 6 septembre prochains. Le dévoué comité organisateur et sur la brèche, il réserve d'agréables surprises à la population Guelmoise et des environs qui voudra bien répondre à son appel.
Des casse-croûte seront servis à toute heure par M. Marchand.


ACCIDENT.

Dimanche dernier l'auto pilotée par M.Bezzina prenait le tournant de l'église Saint-Augustin lorsque à ce même moment une autre auto pilotée par M. Pion s'était engagée dans ce même virage, dans le sens opposé. Les deux machines entraient en collision et il n'y eut que des dégâts matériels.
Lundi 30 août l'indigène Djoudi Abdellah du douar Bouhamdam se rendait à la gare en compagnie d'amis indigènes. Survint une calèche derrière eux alors qu'ils étaient environ à 100 m du passage à niveau. Djoudi se rangea à gauche, sur le trottoir et les autres indigènes à droite.
Aussitôt Djoudi traversa la route pour rejoindre ses camarades. À ce même moment une autre automobile allant à Guelma happa avec le garde-boue gauche l'impudent qu'on releva blessé au visage.
L'état de la victime n'offre aucune inquiétude.
M.M Julien, maréchal des logis-chef et le gendarme Delay procède à une enquête.

NÉCROLOGIE Une vieille figure Guelmoise Mme Cialix, vient de s'éteindre. Ses obsèques ont eu lieu dimanche au milieu d'une nombreuse affluence.
Nous prions les familles en deuil de trouver ici l'expression de nos condoléances attristées.

CHASSE RESERVÉE.
La chasse est rigoureusement interdite dans les propriétés de M. Boukhacha Brahim et Zerguine El Hasnoui situées au douar Sellaoua Announa, comme mixte de l'oued Cherf à 33 km sur la route de Régnier un garde verbalisera.


AVIS DE VENTE

Suivant acte reçu par M. Gardet, notaire à Sédrata, le 26 août 1926, enregistré, M.Bonnin Claude Marcel, propriétaire et Mme Céard Celena son épouse demeurant ensemble à Sédrata ont vendu à M. Kieffer Valentin, demeurant à Sédrata un fonds de débit de boissons comprenant la licence, la clientèle et le matériel servant à son exploitation.
Les oppositions devront être faites, à peine forclusion, dans les 10 jours de la présente insertion et seront reçus en études de maître Gardet.

Les gens qui parlent en ont l'air profond. Ceux qui parlent trop sont souvent vides.

CHRONIQUE LOCALE
La vie chère
Après une agitation sans résultat la municipalité s'est contentée de ....ne rien faire ou si peu. .... Que personne ne peut l'accuser d'avoir fait quelque chose.
Tout le monde sait qu'elle n'est pas douée pour les initiatives démocratiques et que son homogénéité de même que ses engagements électoraux l'empêche de prendre aucune décision véritablement utile, dès qu'une occasion, si légère soit-elle doit s'exercer contre ses amis.
Il reste donc acquis, par ces petits événements que la municipalité républicaine et démocratique des intérêts de Guelma prélève 35 000 fr. d'impôt sur les légumes et fruits consommés par la classe ouvrière, sans compter huit à 9000 fr. par les producteurs auxiliaires aux crieurs communales
C'est un peu différent de ce qui se disait la profession de foi des conseillers municipaux lorsqu'ils écrivaient :
D'une façon générale nous nous inquiéterons du sort de tous dans un sentiment de justice et de sollicitude dévouée à tous les intérêts légitimes collectifs et privés.... .
Tout le monde sait... que la vie chère n'éveille aucune émotion dans l'administration municipale.... Mais lorsqu'il s'agit de trouver un permutant pour l'étude Négroni, un successeur pour l'étude Gaillard... Il est au besoin pour l'étude Panisse..... Toute la famille, socialistes compris, est en rumeur s'agite s'évertue pour mobiliser et faire intervenir toutes les influences et toutes les puissances... Républicaine.
Cette république n'est pas la nôtre....... nous en ont une, s'inquiétant au moins un des intérêts privés et plus les intérêts collectifs, moins décorant et plus sociale
CRS

LA MAHOUNA
Le journal " LE PROGRES " annonce que M. Lavie a obtenu du gouvernement général une subvention de 198 422 fr. pour la construction d'une maison à la Mahouna à l'usage des enfants de la montagne.
Nous sommes heureux de féliciter le délégué financier de Guelma.

L'EDUCATION DE LA FEMME INDIGENEsuite).
" Dans le dernier numéro de "l'AVENIR",j'exposais avec quelle force de volonté, M. Violette entendait s'intéresser à la fillette indigène, base de la civilisation musulmane dans l'Afrique du Nord. Y réussira-t-il ?
Le chef de la colonie, par dépêches du 25 juin 8 juillet 1926, prescrivait au préfet, aux municipalités et aux autorités académiques, de rechercher, d'urgence dans les parages ou l'école doit être située, des locaux susceptibles de services, après appropriation, de salles de classe et de logements.
Peu importe si le local est destiné à autre chose qu'à une école. Pourvu qu'après quelques réparations de fortune, on puisse y faire la classe.
Ce n'est du reste que du provisoire : dès que les temps meilleurs reviendront, on remplacera ces bâtiments par de vraies constructions scolaires, avec tout le confort désirable.
Ces bâtiments de fortune, cette urgence, étonne au premier abord. On n'y a donc pas pensé pendant un siècle ? Et serait-ce presque trop tard, aujourd'hui, pour qu'il n'y ait plus UNE minute à perdre.
En 1913, un soir d'avril lumineux et doux, un soir latin comme Tébessa sait en avoir, alors que nous devisions dans les ruines de la basilique, M. Charles Dumas, jeune député de Montluçon, s'écria comme passait devant nous une caravane de nomades, loqueteux, malpropres et misérables, " c'est la faillite, de notre civilisation" ; les romains ensevelis sous nos pieds doivent frémir d'indignation ".
Je partageais alors son avis, mais en 1918, la guerre finie, je peux constater avec le monde entier que de toutes les colonies musulmanes " anglaises, italienne ou française " seule l'Algérie n'avait pas bougé. Non seulement, point de révolte, mais un concours complet en hommes et argent à l'œuvre de guerre.

Ce n'est certes la faillite ?, même pas. La liquidation judiciaire ?, et si la France n'a pas le droit de se donner comme le peuple colonisateur par excellence, elle est encore celui qui fait le mieux.
Mais l'urgence à faire mieux encore n'en est pas moins réelle.
La guerre, en balkanisant l'Europe, suivant l'expression d'un État, a réveillé les nationalismes assoupis. L'Égypte, le Riff, la Syrie.
Il faut qu'à l'heure, peut-être prochaine, où l'Algérie musulmane pourrait prendre pleine conscience de sa nationalité, elle s'aperçoive qu'il est trop tard et qu'elle est déjà, de toutes ses fibres, de toute son âme, incorporée dans la grande famille française.
Pour cela, la femme indigène est la plus qualifiée.
Il ne suffit pas cependant de concevoir, il importe de réaliser, et selon toute apparence, l'idée se heurtera à deux obstacles puissants :
D'abord, le manque d'enthousiasme au sein des municipalités que d'autres préoccupations retiennent à cette heure, et dont les mandants français, comprenant mal leur intérêt, sont peu favorables ou indifférents à l'éducation des indigènes.
Ensuite la masse indigène de la campagne réfractaire, par ignorance, à l'éducation française. La fréquentation scolaire des garçons, le mal est au vif dans le département de Constantine, n'est guère obtenue et combien imparfaitement ! Que par des poursuites en simple police.
Celle des filles nécessitera des efforts persévérants et résolus face à l'adversité des écoles coraniques.

Deux moyens paraissent les plus appropriés. En premier lieu, il importe d'obliger tous fonctionnaires indigènes, candidat à l'avancement dans son emploi, de justifier de l'impossibilité absolue où il peut se trouver, d'envoyer ses enfants à l'école, et pour tout postulant à une fonction de l'état, les départements ou des communes, de prouver que réellement tous ses enfants, ou pupilles, ou mineurs de 13 ans vivant avec lui, suivent assidûment des cours français.
Ensuite, une mesure bien plus efficace que dans la première et qui, intéressant tous les indigènes, sans exception, à en outre le mérite de ne point toucher, même de loin, au statut des fonctionnaires.
Le retrait de l'autorisation de détenir une arme à ceux qui en sont titulaires et le refus de cette autorisation aux impétrants, s'il est démontré qu'ils résistent à l'obligation scolaire.
Chacun sait que, pour longtemps encore, il ne peut être question de libérer l'indigène de la servitude de l'autorisation, et par conséquent, combien il est vif chez lui le désir de détenir légalement une arme.
Rigoureusement appliquée par les préfets, cette mesure donnerait immédiatement des résultats.
Il nous semble, en somme, que l'œuvre entreprise et qui marquera, sans bruit une trace dans l'histoire de la civilisation algérienne, peut être poursuivie et réalisée avec succès, si les maires et les administrateurs qui ne peuvent en méconnaître l'immense portée, peuvent bien y voir sans émanation naturelle de l'esprit du cœur français.

Site internet GUELMA-FRANCE