AVENIR 2 JANVIER 1928 TRIBUNE LIBRE - 'Nous accueillons ici toutes communications intéressantes sous la signature ou le pseudonyme de leur auteur sans que cette publication engage la politique ou la responsabilité de-notre journal AU CINEMA J'ai lu avec surprise l'article paru Lundi damier dans le Progrès. En effet si le Cinéma n'est pas indispensable il a du moins son utilité récréative Je ne crois pas que ce soit le moment de demander l'augmentation du prix des places. La vie est suffisamment chère actuellement. De plus il est loin d'être prouvé que la majoration demandée empêche les cireurs d'entrer au Cinéma. Et même si cela arrivait il n'est pas certain que cela fasse l'affaire de MM. les propriétaires du Cinéma. Il est certain que plus d'une personne a trouvé que les prix actuels étaient plus que suffisamment élevés: Les protestations contres la majoration actuelle (minime et temporal ne manquent pas à chaque représentation. Quand à la musique je 'ne .vois pas la chose possible un essai a été tenté il a quelque temps. Trois musiciens ont couté 180 f. cela se passe de commentaires, Et pour terminer je doute fort que l'auteur de celle demande paie sa place, s'il a des billets de faveur il peut toujours demander l'augmentation.. .... pour les autres. Si le vacarme, lui gâte son plaisir il n'a qu'à faire comme moi, je ne vais jamais au Cinéma. M. Maubert dont il a été question a toujours fait l'impossible pour réduire le prix des places . INFORMATIONS L'APPEL DES RESERVISTES Lo question concernant l'appel des réservistes a été posée à nouveau devant le Sénat par M. Soulié, Sénateur de la Loire. Le Général Deboney, chef d'Etat-major de l'Année, a fourni la justification des appels dé réservistes et indiqué que ces appels étaient indispensables en vue même des améliorations à apporter à l'instruction des réservistes. C'est ainsi qu'après la première expérience du printemps, on a pu réaliser certaines de ces améliorations, et notamment déterminer les rapports exacts qui doivent exister entré les hommes de troupes elle cadre qui leur est affecté. Le Sénat s'est rendu immédiatement à ces observations et l'amendement lui même a été abandonné devant l'opinion acquise de l'Assemblée, ..'".. LA DISPERSION DU MOBILIER NATIONAL Le débat qui a eu lieu au Sénat à propos de la discussion- du budget des Beaux-arts a permis des constatations fâcheuses sur la disparition et la perte de nombreux objets appartenant, au mobilier National. II serait grand temps de procéder à un inventaire sérieux et ^'exercer un contrôle effectif sur la richesse do ce mobilier. Il est résulté des observations et explications apportées à la Tribune que, notamment pendant la guerre des prêt considérables avaient été consentis à des formations multiples dont on n'avait pas obtenu restitution ou qui n'avait remis que des objets gravement détériorés- Le Ministre de l'instruction Publique et des Beaux-arts a d'ailleurs protesté contre l'abus des emprunts faits au mobilier National par les Ministères et autres Etablissement Publics sans nécessité absolue et sans qu'on fournisse les garanties indispensables pour assurer la conservation des objets empruntés. GIBRALTAR Gibraltar il y ait des Fonds considérables qu'on retrouve entre la côte Espagnole et la côte Africaine un relèvement du sous-sol correspondant à la ligne montagneuse de Gibraltar. Du point de vue International ainsi que le fait ressortir la Presse Espagnole, ce deviendrait une grande ligne de communication présentant le plus grand intérêt pour le trafic commercial de l'Espagne. LE MOUVEMENT NAVAL JAPONAIS Le Gouvernement Japonais a décidé d'ouvrir une ligne de navigation sur le Levant avec escales a Beyrouth. Constantinople, Smyrne, Salonique, à raison de huit voyages par an. ' D'autre part, le programme des constructions Navales pour 1923 comprend 8 croiseurs de 10 000 tonnes 5 destroyers et 10 sous-marins. CONTRE LES CATHOLIQUES DU |MEXIQUE ' MEXICO. - La campagne contre l'esprit religieux continue. Deux colonnes, militaires composées chacune de 500 hommes ont déclenché une offensive contre les catholiques dans la région d Aguas Calientès A Ameca ceux qui ont refusé la bataille et qui ont cherché refuge dans les montagnes sont bombardés par des aéroplanes. PRODUITS NEO HEBRIDAIS POUVANT ENTRER EN FRANCE AU REGIME, DE FAVEURS - ' Les produis originaires d'exploitations françaises aux Nouvelles Hébrides pouvant entrer en France ou dans les colonies françaises avec le bénéfice de la détaxe jusqu'au 30 Juin 1928 sont les suivantes : 1- France cl Nouvelle Calédonie Café 330 tonnes, cacao 1900 tonnes : noix-' muscades 9OO kilogrammes " 2- Nouvelle Calédonie ; maïs 500 tonnes . LES FOIRES INDOCHINOISES Après la Foire d'Hanoi qui s est tenu le mois dernier et a réuni 128 exposants avec plein succès va s'ouvrir ce mois-ci celle de Saigon qui parait devoir obtenir celle année de l'an dernier une brillante réussite. Tous les industriels, européens, chinois et )t annamites tiennent à cœur d'y apporter une participation de plus en plus active. TUNNEL SOUS LE DETROIT DE GIBRALTAR Le Ministère des Travaux Publics Espagnol serait assure-t on sur le point de préparer un grand projet qui ne serait autre que le percement d'un tunnel sous le détroit de Gibraltar. Le roi serait personnellement favorable à. ce projet qui mettrait directement en rapport le Sud de l'Espagne avec la zone Espagnole du Maroc. L'exécution des travaux, d'après les évaluations faites coûteraient de 200 à 250 millions de pesetas. Du point de vue technique le projet serait réalisable puisque bien que dans le détroit MEXIQUE les dépêches de Guadalajara disent que les troupes du Gouvernement sont à la recherche-de l'Archevêque Francisco Orezco Y Jininiiez, célèbre prélat Mexicain, près de Les Altos. Il est déclaré que.les troupes-du Général Ferriera ont reçu l'ordre de prendre vivant ou mort l'Archevêque. . L'EXPOSITION COLONIALE APPRECIEE PAR UN ANNAMITE L'OPINION de Saigon reproduit les idées d'un Annamite, M. Le Van Duc chargé d'organiser une troupe Théâtrale indigène pour l'exposition coloniale de Paris, sur ce que devraient y être les divertissements. M. Le Van Duc estime qu'il faut non seulement multiplier les attractions indigènes, mais aussi les varier en les accompagnants de conférences pour les mieux faire apprécier du public, présenter quelques, bonnes pièces de théâtre Annamites bien traduites en Français, organiser des concerts de musique indigène, etc. On pourrait même monter des tournées de troupes d'Artistes dans plusieurs villes de province Il appartiendra aux organisateurs de l'exposition d'apprécier ce qui pourrait être retenu de ces suggestions comme les cultures indigènes en Cochinchine ETRENNES DE BELLE MERE Qui dira l'origine de celte antipathie immémoriale qui existe entre le gendre et la belle mère ? Tous les ans, l'Académie cherche des sujets à mettre au concours et il paraît que l'Institut est parfois embarrassé : je lui signale celui ci ; il ne perdrait rien de sa gravité à être traité par un philosophe qui citerait du grec et du latin ; un peu d'hébreu et même sans critique ne ferait pas mal dans le tableau. Quoi qu'il en soit et sans connaître, ni le grec ni le latin, sans entendre goutte au sanscrit ni à I hébreu, Mme veuve Plumar exécrait son gendre Baptiste Graveleux sous chef de bureau au Ministère des Travaux publics. Madame veuve Plumar avait été mariée â un honorable négociant en rouennerie de la rue Saint-Denis ; le bonhomie adorait sa femme qui avait des qualités sérieuses d'ordre, de travail et d'économie. La première levée, la dernière couchée, elle avait participé pour une bonne part à la prospérité du commerce. Aussi, quand M. Plumar, comme mari c'était le modèle des époux,; il adorait sa femme, il ne manquait jamais de ;lui acheter un bijoux nouveau, de lui procurer une capote à la mode ou de l'emmener aux spectacles à succès. Mme Ravelêux ne lui adressait aucun reproche. ..." Le ménage aurait été le plus heureux de la banlieue s'il n'y avait pas Mme Plumar que le sous-chef avait eu la funeste complaisance, de le laisser venir habiter avec lui. A partir de ce (moment la vie était devenue un enfer. Tout ce que ce pauvre Graveleux disait, tout ce' qu'il faisait était commenté, critiqué et servait de prétexte aux récriminations de la bonne dame. Quand il sortait seul avec sa femme, sans inviter Mme Plumar, l'irascible belle-mère s^emportait en jérémiades sans fin. - Sacrifiez-vous pour vos enfants, disait-elle travaillez trente ans de votre vie -derrière un comptoir pour qu'un étranger vienne vous enlever votre fille et vous méprise au point de voua séquestrer, dans un appartement du quatrième étage sans jamais sortir : on voulait la faire mourir d isolement. Si fatigué de ces antiennes, Baptiste- priait sa belle-mère de les accompagner à la promenade^ Mme Plumar commençait un autre refrain. - Ces gendres étaient barbares : sous prétexter de l'emmener promener, on la traînait â travers Paris, on voulait la crèvera force de la faire courir, l'air lui faisait mal et elle prendrait une fluxion de poitrine, pour sûr; c'est ce qu'on voulait, un gendre ne cherchant jamais qu' a se débarrasser de: sa belle-mère. Du reste, Graveleux était capable de/ tout, même d'attenter à ses jours, mais elle se défendrait. On devine aisément que la vie était infernale'"' Pour se consoler Graveleux se di.ait qu'il n était pas le seul et que tous les gendres qu' il connaissait étaient logés â la même enseigne. | -'Oh ! les belles-mères répétait-il souvent en se rendant à son bureau, en voilà une espèce d'animaux rongeurs et carnassiers que Buffon a oublié d'étudier et d'analyser. j Graveleux ne désirait qu'une chose : se venger, de son ennemi Oui, comment ? Le point d'interrogation était un des soucis du sous chef de bureau. Mme- veuve Plumar ne s'apprivoisait guère qu'au moment du jour de l'an . Quinze jours avant la Saint-Sylvestre, elle changeait de ton, d allure et de manières ; elle savait que Graveleux -avait l'habitude de lui faire un cadeau et de lui offrir en guise d'étrennes-un objet de prix dont elle pouvait S avoir envie. I L'année précédente elle avait désiré une belle robe de velours vert et son gendre la lui avait offerte trop heureux d'acheter une paix de deux semaines au prix de quelques billets bleus. Sa gratification du ministère y avait passé mais il ne la regrettait pas. Cette année après onze trois d'une vie diabolique, arrivée au 15 décembre veuve Plumar commençait â se calmer : elle attendait le 1 janvier, faisait même la .gracieuse avec son gendre quelle se surprenait appelant : " Mon petit Baptiste ! Celui-ci l'aurait mordue s'il avait osé. - Que vat- il -me donner cette année, se disait la belle mère, que vat-il m'offrir ? Elle avait essayé .de faire parler sa fille, mais celle-ci lui avait juré les grands dieux qu'elle 1 ignorait absolument. - 11.-faut le savoir, d/t Mme Plumar. : - Mais comment ?, --En le lui demandant, tiens ; une femme qui veut bien sait toujours un moyen de faire, parler son mari ; le tout est de savoir s y prendre,- et-tu ne serais pas ma fille si tu ignorais l'art de pénétrer les secrets du ménage. - Zélie écouta les conseils de sa mère mit en batterie toute sa diplomatie féminine mais ne put obtenir que ceci : . - Je prépare pour ta mère les plus belles étrennes qu'elle ait reçues de sa vie ; je ne doute pas qu'elle soit étonnée. Zélie rapporta cette réponse à sa mère qui ne; se tint pas de joie et en rêva toute la nuit Elle était I devenue du reste charmante avec son gendre et, comme il était un peu enrhumé- elle 1 accablait de laits de-poule et de pastilles à la gomme. .. Mme veuve Plumar s'attendait d'autant mieux à des étrennes superbes, que Graveleux allait toucher un gros supplément d appointements ; le ministre lui avait confié la correction d un grand ouvrage sur' les antiquités architecturales de la ville de Paris et, afin que le texte fût irréprochable, Baptiste y passait la plus grande partie de ses nuits. Seulement quand il partait, il emportait la clef de son cabinet de travail, ne voulant que personne y pénétrer Le mystère dont s'entourait son gendre exaspérait la curiosité de Mme Plumai". ' - Que peut-bien contenir cet ouvrage si intéressant que vous le cachiez à tous les yeux ? demanda, un matin, la belle mère. o ' - Un secret. - Un secret ? - Oui, belle-maman, et si quelqu'un le connaissait, il serait millionnaire demain, - Mais, que n en usez-vous, mon " petit " Baptiste ", que n'en usez-vous ? - Vous n'y songez pas, ce secret ne m'appartient pas, il appartient au gouvernement qui l'a confié. . e" - Ce pendant puisqu' on va publier le volume ? - .les épreuves sont tirées en ce moment; .il est dés renseignements qui ne seront imprimés qu' â un seul et unique exemplaire .et on l'enferme dans les' coffres secrets du ministère. - Et vous dites qu'on pourrai être millionnaire ? - Absolument. - Quel dommage. Précisément ce jour-ci, en partant, Graveleux oublie la clef.de son cabinet de travail,.'On devine que Mme Plumar se précipita vers le bureau du sous-chef, cherchant le bienheureux secret . Mme, Plumar tomba sur des feuillets qui parlaient de l'Eglise St-Eustaçhe et au bas se | trouvait imprimée en gros caractères rouges la note suivante ; Note confidentielle ENGAGEZ VOUS. Jeunes gens qui hésitez sur le choix d'une profession engagez-vous choisissez dans les troupes métropolitaines, selon-vos goûts et vos aptitudes,, ( l'Infanterie, la Cavalerie*. 'Artillerie, le Génie, les Chars de Combat, 'Aéronautique, ou le train des Equipages. Par" la pratique des sports, vous deviendrez un homme vigoureux. - Dans le courant de votre première année, le service vous pourrez devenir sous officier, assurer honorablement votre existence et celle des vôtres, bénéficier en fin de arrière d'une retraite et d'un emploi en rapport avec vos capacités. ' Tous toucherez eu outre un mois après vôtre engagement. - , - Pour 2 ans de service - 650 .r 3 - ' 1950 fr 4 . ' 8250 fs 5 , 4550 ïr Pour tous renseignements , primes; soldes autres payes, emplois réservés adressez vous aux bureaux de la Police des Garnisons ou au bureau de recrutement, aux brigades de Gendarmerie au Régiment au centre mobilisateur le plus proche. o Demandez-leur la notice concernant les engagements.