LUNDI 28 MARS 1927

La gauche radicale
. Nous avons déjà dans un précédent article examiné la situation, occupée dans la Chambre par la Gauche. Radicale au point de vue de l'importance de ce groupe et de sa position par rapport aux autres. Elle occupait autrefois la gauche de l'Alliance démocratique et en 1924, elle fit partie du Cartel qui soutint le ministère; Berriot : mais elle s'en sépara au sujet de l'ambassade du Vatican et contribua de même que les socialistes à l'affaiblissement, puis à la rupture du Cartel- Celui-ci 'd'ailleurs n'avait été à l'origine qu'une association électorale .entre radicaux et socialistes contre la droite républicaine et la réaction, conservatrice. Dès qu'on pénétrait dans les programmes dès qu'on tentait des réalisations on était en présence de dissensions, chacun cherchant à modeler les principes et les résolutions, selon ses vues doctrinales.
M. Thomson, notre député, appartient à ce groupe parlementaire alors que M. Morinaud est dans le groupe républicain socialiste ; seulement nous avons déjà plusieurs fois signalé que M. Morinaud ne s'engage pas à fond sur les principes formant le programme socialiste et que plutôt il - s'affirme dans le sens d'un' radicalisme bourgeois". " - De même' que nous avons indiqué dans ce journal aussi clairement que possible les questions sur lesquelles nous nous, écartions ou nous nous, rapprochions des socialistes il nous faut montrer quels sont les- points communs du différents qui existent entre nous et la gauche radicale qui se trouve à notre droite.' Ce groupe parlementaire est partisan de la collaboration des classes, de l'amélioration ' continue de la situation des populations ouvrières; des assurances sociales. il préconise une politique de hauts rendements industriels et.de salaires élevés la régie intéressée des monopoles de l'Etat même quand il s'agit de chemins de fer, de postes, télégraphes et téléphones. La révision de la constitution, le' régionalisme, les lois laïques ont son adhésion .; mais il n'accepte pas, en général, le monopole de renseignement et par suite il s'oppose, à l'école unique.
Eiï politique extérieure, il réclame le rapprochement des peuples et soutien), en con- J séquences, la politique de Locarno.
Ce programme nous montre 1.aspect général qui- dicte les décisions, les votes' de ce groupe. Il est partisan de la formation des' capitaux et désorganisation scientifique du travail comme en Amérique, mais il hésite à réclamer la participation aux bénéfices, : ' dans les grandes, firmes, dans les cartels pour les travailleurs' comme pour l'Etat II ( admet, les lois laïques avec la liberté de 1 l'enseignement, ce qui lui fait écarter l'école ^ unique que nous défendons.' Il est donc bien ^ situé quand on le place à la droite du parti T radical et on ne peut s'étonner que. M Thomson ait combattu l'anti sémitisme puis qu'il est toujours resté constant dans ses opinions modérément radicales. .s
Ce qui a permis de dégager la véritable ' c opinion des autres élus de Guelma, qui cependant ont toujours donné leurs voix à M. Thomson, ce fut l'altitude qu'ils inspirèrent à la DEPECHE DE L'EST lorsqu'elle devint l'organe attitré de la Ligue Castelnau, nettement conservatrice', catholique et antisémite.
Nous avons pu alors constater que les opinions de nos élus si changeantes a la surface puisqu'ils étaient devant les électeurs républicains de gauche et dans les comités dirigeant les journaux conservateurs, droitiers et antisémites étaient au fond très uniformes: il s'agissait de détenir l'influence et ie pouvoir quel que soit le drapeau à arborer pour se couvrir.
Confirmation très précise de ce l'ait fut faite ensuite par l'attitude de-là DEPECHE vis-à-vis de M. Thomson et par celle, au Conseil Général de nos élus voulant blâmer le ministère Herriot dès qu'il fut constitué.
On avait par ces faits la certitude que le régime instauré par la Chambre du Bloc National avait donné aux conservateurs Guelmois une telle assurance, une telle confiance qu'ils ne croyaient plus possible d'envisager une politique d'avantage démocratique et que le succès était certain dorénavant pour leur drapeau si peu rose.
Ils fournirent à ce moment aux républicains plus avancés la preuve manifeste du danger que couraient les principes radicaux ! s'ils continuaient à détenir le pouvoir cette preuve devint surabondante quand ils refusèrent, lors des élections municipales de faire avec nous, radicaux, démocrates, ouvriers, une coalition locale, eu abandonnant la . mairie, en gardant le Conseil Général. Ces poinls.de vue exclusivement politiques n'avaient pas échappé à ceux qui dirigeaient le mouvement, qui dans la coulisse inspiraient la DEPECHE DE L'EST et tout le monde suit que leur victoire fut celle de l'argent.
Et voilà pourquoi notre journal,- notre comité, loin de se considérer comme terrassés, continuent depuis leur œuvre de propagande républicaine, démocratique et sociale eu soulignant aussi bien les bonnes choses qu'en critiquant celles qui le méritent à nos yeux. Il est nécessaire qu'il y ait partout des journaux qui ne craignent pas d'exprimer une opinion contraire à celle des élus elle Gouverneur -Général M. Violette n'a. pas craint de le dire, ici, à ceux-là mêmes que contrariait notre indépendance.
CORASIA

Question du Transsaharien
Pour défendre les fortifications de l'Est, il faut des. soldats'. Ces soldats devront venir pour une notable partie de nos possessions africaines.
Ceux en procenan.ee du Soudan lia pourront être transportés en toute sécurité que s'ils sont amenés par la voie de terre jusqu' à la Méditerranée.
IL est donc indispensable pour la défense nationale de construire sans retard le Transsaharien.
Le projet de ce chemin de fer est à l'étude depuis 4o ans, c'est-à-dire depuis la mission Flatter
Mais il n'a pu être élaboré d'une manière sérieuse qu'après la prisé d'InSalah et le succès delà mission Foureau Lamy en 1900 suivie de nombreuses reconnaissances militaires, d'explorations scientifiques et d'un premier inventaire du désert.
Ces travaux méthodiques ont préparé le réveil du Transsaharien.
En 1912, une société d'études organisa la mission du Capitaine Niéger qui revint avec le projet d'une voie ferrée de la Méditerranée au Tchad, avec- prolongement jusqu'au Congo Belge et embranchement vers le, Niger. Ce projet qui procédait de l'idée du Transafricain, n'était.pat destine à faire l'objet d'une demandé en concession. Dans l'esprit de ses auteurs, c'était à l'Etal de construire le Transsaharien, dont une compagnie fermière assurerait ensuite l'exploitation, sans aucune garantie.
A noter en passant, qu'en 1912 on considéra déjà ce chemin de fer comme étant susceptible de faire ses frais.
La guerre mondiale fut cause que la question resta en suspens. Cependant, cette même guerre qui allait démontrer la nécessité du Transsaharien, tant pour les mouvements des troupes que pour le transport des matières premières des régions de Niger et du Tchad.
Aussi bien, au printemps de 1923, le Conseil Supérieur de la Défense Nationale se prononçât -il pour la prompte réalisation du Transsaharien, et recommanda-t-il l'adoption, sous la réserve de 'quelques variantes, du projet Niégcr, le seul, d'ailleurs existant alors.
Mais on fit observer que la décision finale au sujet d'une œuvre nationale de celle importance ne saurait intervenir qu'après l'examen contradictoire du projet Nièger avec d'autres projets proposés et après consultation des corps élus intéressés, notamment ceux de l Algérie.
En outre, de nouvelles missions au Sahara fournirent une documentation, qui modifiait sensiblement l'aspect du problème.
Voulant tenir compte de ces considérations la Commission d'Etude du Conseil Supérieur de la Défense Nationale, dans sa séance du 27 octobre I927, a marqué son désir de l'assurer la plus stricte impartialité aux c lu-dés définitives qu'il y a lieu d'effectuer en -vue du choix final pour le Transsaharien.

Questions Algériennes
Main d'oeuvre
On se rappelle de la visite du Gouverneur Général à la Station; Expérimentale et le discours de M, Lavie, délégué Financier. Président du Conseil d'Administration de l'Ecole considérant l'Algérie comme un réservoir inépuisable de main d'œuvre; Depuis nous avons du modifier considérablement cette version en entendant M. Moritiaud, député, de notre région affirmer contraire ment que la Main d œuvre était raréfiée dans la colonie, qu'il, fallait rapatrier de France en Algérie les indigènes travaillant dans les exportations de la métropole afin d'atténuer le chômage des ouvriers francais.
Dans une séance de la Réunion d'études algériennes, M. le Commandant Monnet
S'occupant de la construction Transsaharien considère également la question de main d'œuvre comme grave mais il constate que ce n'est pas le manque de main-d'œuvre qui est surtout à redouter, mais surtout la façon de s'en servir. Il s'en faut. Que les populations de l'Afrique équatoriale soient très denses car la mortalité infantile est effroyable et si le Transsaharien venait à se construire ce seraient surtout des cadres algériens qu'il faudrait employer tant pour cette construction que pour la colonisation du Niger et du centre africain
Déjà la Tunisie et le Maroc ont causé L'essaimage d'un nombre important de fils de colons et d'indigènes algériens qui sont devenus les principaux facteurs du développement de l'agriculture dans tout le Nord Africain. On ne saurait donc trop le répéter les causes sont nombreuses et durables qui tendant de longues années rendront la main d'œuvre de plus en plus rare et coûteuse en Algérie et il importe alors de perfectionner celles dont nous pouvons disposer et d'outiller
ces exploitations en forces motrices et en machines pour assurer un jour leur développement sans compter sur un développement de la main d'œuvre disponible malgré l'accroissement de la population
Ce perfectionnement de main d'oeuvre ne se développe guère en ce moment que par les écoles d'agriculture, mais on doit malheureusement constater qu'elles ferment surtout des sujets désireux de commander plutôt qu'une main d'œuvre proprement dite. A ce propos citons un exemple :
Un élève provenant d'une école que nous ne nommerons pas fut demandé pour tailler greffer des oliviers, dans un centre du voisinage, et aussi pour enseigner le greffage à quelques indigènes du bled devant l'aider dans, son travail. Le salaire qu'il, réclama fut de 450 fr. par mois avec logement, pas de travail pendant le ramadan et autres jours de fête.
Ces prétentions chez un jeune indigène montrent bien qu'il ne se considérait point comme une sorte de fonctionnaire et c'est bien là 1'écueil sur lequel vient heurter l'enseignement des écoles quand il est trop livresque.
D'autres exemples sont .malheureusement semblables, fréquents, nombreux, montrant que le but atteint n'est pas celui qu'il faut viser.

On renouvelle en Algérie, et cela est plus grave, les fautes commises autrefois en France quand en a confondu l'apprentissage, l'enseignement professionnel et l'enseignement technique, et c'est surtout en matière agricole là ou il faut plutôt des demi ouvriers que des ouvriers qualifiés que l'on doit redouter de dépasser les limites et de faire des cadres, encore des cadres, toujours des cadres, sans améliorer la main-d'œuvre.
Mais dira-t-on les cadres sont destinés à perfectionner la main d'œuvre. Ceci est vrai théoriquement, seulement, car en pratique les cadres indigènes agricoles ne se soucient pas d'enseigner.
P COLONA

. MEDAILLE DES EVADES
La loi du 20 août 1926 a institué une médaille dite " Médaille des Evadés " en faveur des militaires faits prisonniers et qui se sont évadés par la suite.
Les intéressés sont invités a adresser leur demande le plus tôt possible a leur chef de corps dans la .réserve ou au commandant du bureau de recrutement, s'ils sont réformés ou affectés spéciaux.

TRIBUNE LIBRE
Nous accueillons ici toutes communications intéressantes sous la signature on le pseudonyme de leur auteur et sans que celle publication engage la politique ou la responsabilité de notre journal.

MOTION CONTRE L IMPERIALISME ITALIEN
La section Guelmois du Parti Socialiste (S. F.I. 0)
Emue par les nouveaux dangers de guerre provoqués pas l impérialisme italien.
Constate avec réconfort que celle fois encore le Parti Socialiste a été l'animateur de la Démocratie en dressant contre le fascisme belliqueux l'opinion publique tout entière. Félicite les citoyens Léon Blum, Fontainier, pour leurs belles interventions à la Chambre et Renaudel qui a demandé la convocation immédiate de l'Internationale Socialiste.
Fait confiance aux élus du Parti pour amener le gouvernement à saisir de toute urgence le Conseil de la Société des Nations du différend Italo- Yougoslave.
Le secrétaire
Raoul BORRA.

On demande ce que sont devenus les 280.000 frs d'économies célébrées par la municipalité démocratique en 1925.

COURSES DE COTE
Le MOTO CLUB-GUELMOIS organise de Grandes COURSES motocyclistes qui auront lieu très prochainement à Guelma. Les dirigeants. Du M. C. G. sont actuellement en relation avec de sérieux concurrents, aussi nous prédisons le gros succès de cette belle manifestation sportive. Les épreuves consistent en une course de côte qui se disputera sur la fameuse COTE DE LA MAHOUNA et, sur route plate, le KILOMÈTRE EN ÉPNGLE A CHEVEUX: Nous donnerons de plus amples détails dans notre prochain numéro.

PRIX DE GROS DES LEGUMES ET FRUITS AU MARCHE DE LA LYRE
Mercuriale du 14 mars 1927 Légumes. La douzaine. Artichauts violets. gros, 7,0 à .10 : moyens, 0 à 7 : choux-fleurs : gros, 12 à 22 ; moyens, 8 à 12 ; choux bacs, 12 20, salades : laitues, 3 à 5 ; romaines, 3 à C ; frisées 3 à 15 ; cresson, 1, 0 à 2; céleris blancs, 14 à 25 ; fenouils gros, 3 à 6 : blettes, 3à6 ; épinards, 3 à 6 ; œilletons d'artichauts, 1.50 à 3, 50 ; carottes. 3 à 6 ; navets, 2 à .5 ; poireaux, 14 à 20 oignons verts, 4 à 6 ; radis

LE PROGRÈS CIVIQUE
Nouvelles locales
Hyménée
Nous avons appris avec plaisir le prochain mariage de Mademoiselle Valentine Cohen, fille de Mme et notre concitoyen M. Moise Cohen; commis, principal des Hypothèques, avec M. Isaac Boukobza , fils de Mme et notre concitoyen M. Boukobza, propriétaire.
Nous adressons nos meilleurs vœux aux futurs époux et adressons nos-sincères compliments à leurs familles.
Nous enregistrons avec plaisir le prochain mariage de Mademoiselle Charlotte' Saint-Joannet, employée des P. T. T. fille de Mme et notre concitoyen M; Eugène Saint-Joannet, avec M.François More Chevalier, sergent-major au 19e Tirailleurs.
Nous adressons nos sincères compliments aux futurs époux ainsi qu'aux familles que cette union va rapprocher.

UNE ECOLE DE MUSIQUE A GUELMA
M. Japavaire, Violoncelle, du Conservatoire de Paris, 1 prix du Conservatoire de Nîmes, membre du Jury de l'école de musique de Paris, Violoncelle solo des concerts classiques de Paris, ouvrira prochainement à Guelma une école de musique qui comprendra ; Solfège élémentaire, et supérieur,violon, violoncelle, contrebasse à cordes, accompagnement et musique de chambre. Classe d'orchestre ; Se faire inscrire au bureau de " L'Avenir de Guelma".

NOMINATION
Nôtre sympathique concitoyen M. Ollivier, agent a la Brigade mobile de Guelma est nommé en la même qualité à Bône.
Nos meilleurs vœux l'accompagnent à sa nouvelle résidence;

FOOT BALL
Le Match de Foot-Ball qui devait être disputé aujourd'hui entre l'"Association Sportie Constantinoise " et la " Jeunesse Sportive Guelmoise " est renvoyé à une date ultérieure pour des raisons majeures.

HYGIENE
Nous signalons au service compétent l'état lamentable des latrines situées face au théatre. C'est une véritable infection.

THEATRE
Jeudi 31 Mars prochain, une nouvelle troupe de comédie, sous là direction de M. Georges Telly, arrivant de Tunis où elle vient de remporter un succès retentissant, nous donnera en représentation la merveilleuse comédie dramatique de Ryvel
TERRE D'ISRAËL Ce drame d'une puissance remarquable mérite d être vu par tout le monde.

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