Avenir lundi 21 mars 1927
LES MODÉRÉS
Au lendemain de la guerre, les républicains modérés furent les maitres de l'heure ce qu'on appela 1e Bloc National était une coalition formée pour la plus large part de cléricaux, de nationalistes, de progressistes, de républicains de l'Alliance démocratique et dé radicaux nationaux. Mais il ne sortit rien de la Chambre de1919 qu'un atermoiement continu des difficultés à résoudre. Jamais les modérés ne purent s'astreindre à une attitude énergique devant nos formidables dettes, devant les impôts à subir, devant la question sociale, 4t là législation nouvelle de réformes et de progrès qu'elle exige. Sur cette dernière question ils font encore figure de réactionnaires.
Ils ne s'opposent pas absolument à la réalisation du magnifique programme de lois sociales qu'on retrouvera dans le discours par lequel M. Maurice Sarraut a inauguré sa présidence du parti radical-socialiste, maïs ils ajournent continuellement sa réalisation.
Leur opinion diffère plus complètement de celle des radicaux quand il s'agit des lois laïques, et le groupe Marin a dans son programme l'abrogation d" ces lois, de même que la ligue Castelnau: cependant, une partie des modérés, les républicains du fauche, groupe Dariac ou alliance démocratique veulent leur maintien. L'opinion radicale est connue et M: Herriot l'exprima à Nîmes en forts bons termes :
Les religions sont respectables, disait-il, et ce n'est pas moi qui prononcerai des paroles de haine envers ceux qui, à travers les siècles, ont essaye de répandre parmi les hommes des idées de justice et de paix notre laïcité n est pas un dogme qui lutte contre d'autres dogmes. Elle est l'expression de la vraie tolérance. La lutte pour la laïcité est lune des formes de notre lutte pour la liberté.
On peut maintenant comprendre qu'au Conseil Général de Constantine, une minorité composée de modérés favorables au groupe Castelnau Marin ait protesté contre l'arrivée au Ministère de M.Herriot soutenu cependant par M. Thomson de la gauche radicale et M. Morinaud républicain socialiste.
Le vocable, lois laïques, comprend trois questions :
- La séparation de l Eglise et de l'état réalisée en 1902 M Thomson était ministre.
- L'enseignement congréganiste qui S'est reconstitué sous des formes diverses et que les uns veulent contrôler, les autres supprimer.
- Et enfin l école unique, fusion de l'enseignement primaire avec le secondaire de telle sorte que les enfants des ouvriers reçoivent jusqu'à un moment déterminé la même instruction que ceux des bourgeois.
- Mais cette école unique impliqué le monopole de l'Etat et ni le groupe 'Marin', ni l'alliance démocratique, ni le groupe a Dariac ne l'admettent. D'ailleurs les radicaux sont également divisés en ce qui concerne le monopole.
Dans notre ville on a pu constater qu'aucune démarche n'avait été faite par la municipalité pour obtenir l'école primaire supérieure acheminement vers l'école unique et là encore nous avons eu un élément de fait pour caractériser avec précision le parti et les opinions dominantes de la politique locale.
Sur les questions de politique extérieure, le désaccord est complet entre modérés et radicaux. Ces derniers sont pour la pacification générale qui suppose nécessairement un rapprochement plus ou moins marqué avec l'Allemagne, alors que les premiers sont partisans de l'utilisation intégrale de la victoire, M. Poincaré, s'est montré jusqu'en ces temps derniers partisan de l'exécution rigoureuse du contrat de victoire alors que M Briand est l'homme d'une Europe nouvelle qui exige des tempéraments, des accommodements avec les conditions fixés dans les traités. ; Ce ne sont pas dans toutes ces questions les doctrines qui s'opposent irrémédiablement entre elles, mais ce sont surtout leurs conséquences économiques et financière et le parti modéré n'a pas à proprement par? 1er de programme, mais il s'oppose à la' réalisation un programme radical par toutes les formules, tous les expédients inspirés par l'esprit conservateur.
Et cela donne plus de force électorale à la propagande socialiste qui a beau jeu pour montrer aux classes laborieuses l'égoïsme des capitalistes, des parvenus, des profiteurs.
Le parti radical se trouve ainsi placé entre deux dangers, la démagogie, et le bourgeoisisme et cela explique qu'il ait cherché la solution des besoins légitimes delà démocratie d'abord avec les socialistes. Cette expérience n'a pas brillamment réussi et la chute du franc en fût la démonstration malheureuse.
Actuellement, sous la direction de M. M. Sarraut, le parti radical-socialiste se reprend vigoureusement : il a défini les limites de sa collaboration avec les socialistes unifiés d'une part et lia précisé le program me de ses revendications sociales, laïques et nationales. Il accueillera nécessairement le concours des républicains modérés qui \ pourront se rallier à ses conceptions, mais il restera fidèle à la démocratie et ne la sacrifiera pas sur l'autel bourgeois d'un capitalisme arriéré.
CORASIA
C. F. Revue de Paris du 15 février. Le modéré dans la République

" BICOTS"
C'est un mot, un simple mot, qui suffit à définir certaines mentalisés. En Algérie, cette appellation, qui est une offense demeure familière chez beaucoup de citoyens s'imaginant bien élevés. On dit, hélas ! trop couramment ; " bicots ", " juifs ", comme si cela était difficile de prononcer les mots suivants : israélites, indigènes.
Délicat, n'est-ce pas ?

Cependant, tel qu'il est et quel qu' il soit, un indigène est un homme qui mérite les mêmes égards que tout être humain.
Ou s'avilit soi-même en méprisant, parle langage seulement, son prochain. Et l'indigène, qui, en Algérie, a sa vie intime liée à celle de tous les autres habitants de là colonie, doit être traité et comme un ami respecté. Souvent, on vous harcèle le tympan, en racontant que l'arabe " n'est pas comme nous ".
Et en quoi, braves gens, n'est-il pas comme nous ! Chaque race a, certes, ses qualités et ses défauts. L'indigène n'échappe pas à la règle. Mais il est, en général, généreux, fidèle et courageux, s'il n'est peut-être pas encore arrivé au même degré de civilisation que l'européen.
Eh bien nous nous appliquerons à l'instruire, à l'éduquer, à atténuer ses travers et ses faiblesses. C'est notre devoir, c'est le devoir des gouvernants.
Quelqu'un me disait, un jour, ceci :
" l'arabe ne peut pas habiter une maison, il ne peut habiter qu'un gourbi ". Cette hérésie est authentique,
Je demeure persuadé que si on logeait le serf du dit gourbi dans une jolie villa, il ne s'en plaindrait pas. Au contraire.
Ce qu'il faut, c'est, non pas tant songer à lui apprendre les règles de grammaire et la géométrie, mais lui faire gagner librement et largement s'a vie. C est une honte sociale que celle de constater que les indigènes qui sont attachés à la terre travaillent encore pour les salaires moyens de 5 francs par jour.
Et il ya encore des colons prétentieux, les parvenus surtout, pour affirmer que l'arabe est paresseux. C'est faux, Messieurs les négriers, les indigènes qui travaillent sur les quais, dans l'industrie, fournissent la même besogne que leurs camarades européens parce qu'ils sont mieux rétribués.
Comment peut vivre une famille avec 4 ou 5 francs par jour ? N'est-elle pas fatalement destinée à la misère et à l'ignorance perpétuelle !
Payez-les comme ils le méritent, en tenant compte de leurs besoins. Ils s'affineront davantage, vivront mieux, ils mettront plus de cœur à l'ouvrage, contribueront alors plus efficacement à la prospérité générale de la colonie.
Pour mieux les assimiler à une civilisation meilleure, il faut les aimer et leur assurer plus de bien-être. Il faut commencer par ce bannir de notre vocabulaire ce mot trivial et l'injuste de " bicot ".

Que le citoyen qui dit " bicot " se rende enfin compte lui-même qu'il n'est pas encore bien civilisé, car un homme poli prend au moins le soin d'être correct dans toutes ses expressions.
Nous sommes en cela, d'accord avec M. Violette. " L'indigène ne doit plus être considéré comme un esclave ".
Qu'on n'ait pas pour lui, d'égards privilégiés, soit !.
Mais qu'on soit juste, bon, qu'on le traite en homme. C'est tout. La thèse coloniale communiste n'est pas nôtre.
Expliquée de Paris ou de Moscou, elle ne petit être sujette qu'à des erreurs.

L'Algérie, est aujourd'hui un prolongement de la France elle-même. Dirigées par les Français, les populations indigènes ne peuvent avoir que plus de bien être et de sécurité. Prétendre le contraire est une absurdité.
Il n'y a plus de vainqueurs et de vaincus ici. Il n'y a que des hommes collaborant à la même œuvre ; les plus aptes - et ce sont les Français- doivent garder en mains les destinées de notre belle-colonie.
Que l'on fasse des écoles pour les indigènes, qu'on augmente leurs salaires, qu'on les aime beaucoup plus, ils deviendront meilleurs.
Et surtout, que le mot "bicot" soit définitivement remisé au musée des grossièretés.
D. GIOVACCHIKI

LE PETIT JOURNAL (M. de La Palisse)
La Situation Financière
Les capitalistes étrangers contre les sociétés françaises
Afin d'éviter le contrôle des capitalistes étrangers qui par des achats massifs de titres s'étaient assuré ou allaient s'assurer de la majorité de leurs assemblées générales un certain nombre de sociétés ont été récemment amenées à prendre des mesures urgentes. Elles ont créé des actions à vote multiple dont la cession doit être autorisée par le conseil d'administration. Ainsi la majorité se trouve " bloquée * par le conseil. On ne peut guère douter que ces sociétés en défendant leur nationalité aient rendu un véritable service à l'économie nationale.
Il y a en effet, de bonnes raisons de croire que les capitalistes étrangers : cherchaient à s'emparer de quelques industries françaises non pas dans le dessein de participer, plus largement à leur gestion ou à leurs bénéfices mais dans le but de les supprimer.
Mais, diriez-vous, quel intérêt peut-on avoir de la suppression, d'une affaire qu'on vient d'acheter ?
Oh c'est bien simple : avec une affaire on supprime la concurrence et la concurrence supprimée on est libre de fixer les prix. Les grands trusts allemands ou anglo-saxons ont l'habitude de semblables opérations qu'ils savent, productives.

TRIBUNE LIBRE
Nous accueillons ici toutes communications intéressantes sous la signature ou le pseudonyme de leur auteur et sans que cette publication engage la politique ou la responsabilité de notre journal

Réponse à Corasia
Les propagandistes socialistes exposent-ils tout leur programme ?
Ce qui caractérise nos réunions socialistes c'est qu'elles sont toujours publiques et contradictoires. Toutes explications; tous renseignements utiles, peuvent-être demandés à nos orateurs. Mais sauf exceptions rarissimes, on ne leur demande jamais rien. Nous en concluons, les applaudissements chaleureux de l'auditoire aidant, que nos idées sont approuvées par la majorité des auditeurs, que personne en tout cas ne se soucie de venir les combattre publiquement.'
Si nous manquons de contradicteurs publics nous avons toujours hélas ! des Contradicteurs privés et nous nous étonnons de trouver aujourd'hui parmi eux Corasia.
Corasia dont la vive intelligence, le subtil esprit critique, nous avaient habitué à plus d'objectivité, accuse tout simplement nos propagandistes.
Cianfarani et Giovacchini d'avoir mis à Guelma leur drapeau dans la poche. Nos amis auraient présenté ici un socialisme édulcoré atténué un socialisme à l'eau de rose. Redoutables Guelmois qui obligeraient ainsi à des reniements des hommes qui ont consacré leur vie à l'affirmation de leurs idées..,. Il fallait, Corasia, dire cela en réunion publique, et nous ne manquerons pas à l'issue de nos prochaines conférences, de vous demander tout spécialement votre point de vue.
Masquer quelque chose de son programme et présenter sous une forme atténuée, c'est, n'est-ce.pas rougir de ses idées, avoir peur, en tout cas de les affirmer. En vérité cet argument n'est pas sérieux. Si les socialistes se distinguent par leur dévouement passionné à l'intérêt général, ils ne se distinguent pas moins par leur courage, leur crânerie allègre à proclamer leurs idées en toute occasion. Nous n'avons rien à renier du glo programme de Jaurès et de Guesde qui défendent au-Parlement nos cent députés, nos sénateurs et dans le pays les millions de citoyens qui se réclament du socialisme, de gi notre programme à qui les faits viennent apporter chaque jour des justifications nouvelles.
La vérité, Corasia, c'est qu'on ne peut aborder dans une conférence que quelques points précis.
Vous en concluez que les points qui ne sont pas traités sont éludés. Nous vous prouverons qu'il n'en est rien en multipliant nos réunions de propagande, en abordant tour à tour toutes les questions qui relèvent du socialisme.
Nous avons l'ambition de faire aimer le socialisme à Guelma. La prospérité de notre jeune section socialiste, la sympathie que sa, nous sentons autour de nous nous font augurer le succès.
Raoul Borra
N. de la R.- De ce qu'une conférence est déclarée. " Contradictoire " par ses organisateurs, cela n'oblige nullement à contredire ceux qui sont d'un avis différent du conférencier, et chacun conserve son droit d'exprimer, dans notre .journal, ce qu'il pense de la thèse exposée devant le public.
La lettre de M. Boura n'indique pas non plus les buts poursuivis par le socialisme ni les moyens que les conférenciers entendent employer pour nous procurer le paradis sur terre, et elle ne modifie en rien l'esprit de prudence que nous avons constaté lors des conférences Cianjarani et Giovacchini.

La nouvelle Loi Militaire
Plus de Bénéfices de Guerre
" S'il s'agit de services personnels, l'indemnité de réquisition ne pourra représenter que des traitements ou salaires ;
" S'il s'agit d'acquisition d'animaux, de matériel, de denrées, etc., l'Etat ne paiera que le prix de revient ;
S'il s'agit seulement de matériel, usines, entreprises, il ne pourra être réclamé quel 'intérêt des capitaux investis dans l'entreprise et utilisés par l'Etat, augmenté dune somme correspondante à l'usure ou à la destruction des bâtiments et des machines pendant le temps qu'aura duré la réquisition ;
" Quanta l'évaluation des capitaux réquisitionné elle sera faite, pour chaque catégorie d'établissements, par le ministre du commerce, sur la proposition d'une commission paritaire. "Texte de la nouvelle Loi Militaire
Si un tel texte avait été voté par la Chambre en temps utile, que de spectacles révoltants d'enrichis de la guerre nous eussent été épargnés
LE RÉPUBLICAIN

CHRONIQUE LOCALE
Habitations à Bon Marché
Quelques personnes nous ont demandé des renseignements sur les Habitations à Bon Marché que l'un construit à Guelma voici ceux qui nous furent communiqués.
Pour obtenir une concession, il faut être actionnaire de la Société et ceci représente un capital de mille francs que l'on verse en plusieurs termes .1,00
Le terrain d'une contenance de 800 m environ est payé 1.600
Ce paiement fut fait en 1924 ; on ne pourra emménager que fin 1927, cela fera donc 3 années d'intérêt à 8 0/0 qu'il convient d'ajouter au principal. Cependant les fonds versés rapportent 4 % et l'intérêt perdu pendant 3 années se réduit à 4 % au lieu de 8 %
L'adjudication des travaux sans peinture ni vitrerie pour un pavillon de 3 pièces, comprenant en sus cuisine, débarras, W, C, une seule cheminée dans la salle, à manger a été faite moyennant 35.000 f. Mais comme il faudra ajouter une buanderie, un abri pour le bois, le vin etc., un entourage de jardins, on doit compter sur une dépense totale, pour la construction de 42.000 frs
Sur cette somme il a fallu verser 4.360 en 1924 et nous devons en compter l'intérêt à 4% pendant 3 ans comme pour le terrain =520 frs
C'est donc au total une dépense capital de = 45.310 frs
Soit 45.600 frs en chiffres ronds.
Les rues, égouts canalisations d'eau et d'électricité sont à la charge de la municipalité qui reçoit en atténuation une subvention du Gouvernement Général la dépense sera de 260.000 fr au minimum.
Si l'acquéreur devait emprunter à 8 % pour payer son acquisition il n'aurait à se préoccuper que du paiement de 27.50'' fr car l'état avance 17.500 fr. dont les intérêts et l'amortissement sont calculés suivant une rente variant avec l'âge de l'acquéreur. Un souscripteur payant 150 fr par mois devra verser pendant 32 ans et cela représente par an... . 1.800 frs
Pour les 27.500 restant à emprunter l'intérêt de 8¨% sera de = 200frs
, Soit ensemble par an 4:% ou 335 frs par mois.
Au bout de 32 ans le prêt de l'Etat étant amorti les intérêts annuels seront seulement 2.200 ou 185 frs par mois.
Des faveurs particulières sont accordées aux mutilés : Un prêt de 2.400 frs remboursable en 10 ans sans intérêt leur est consenti par l'Etat.
Un prêt de 2.200 fr remboursable en 10 ans avec 1% d'intérêt leur est consenti par l'Office National des Mutilés,
Il y avait à l'origine 22 adhérents qui devaient faire bâtir, il n'y en a plus que 14 après divers remboursements.
Cela vient de ce fait que certains ont demandé à construire eux-mêmes, leurs maisons ou à la faire construire par un entrepreneur de leur choix au fur el à mesure de leurs disponibilités. Cette liberté leur fut refusée : mais il faudra que de ce côté des atténuations soient apportées à celte rigueur sans quoi on ne saurait admettre la loi rance qui permet à deux ou trois adhérents déjà propriétaires ailleurs de profiter des avantages qu'accordent les différents budgets de la Colonie

Colonie les habitations à bon marché.
En tous cas on comprend que des immobilisations aussi importantes que celles que nous indiquons ne sont pas abordables pour la classe ouvrière mais seulement pour quelques personnes ayant déjà une épargne notable ou un crédit assuré. Ce sont donc pas des " Habitations ouvrières " et ce n'est pas ce que l'on peut appeler une œuvre démocratique malgré la valeur incontestable qu'elle présente au point de vue des aises et de l'hygiène des familles appelées à en profiter.
On reproche aux pièces de ces pavillons d'être trop exiguës.
A. un autre point de vice on constate que tes subventions données par la commune ou par la Colonie proviennent principalement des taxes sur la consommation qui sont payées pour la plus grande part par la population ouvrière.
' Ce sont donc les ouvriers qui paient en par lie ces habitations à bon marché dont ils.ne ne profiteront pas.
Des habitations ouvrières sont nécessaires a Guelma, mais le problème n'est même pas posé.
On a dit pointant que lorsque l'école des filles aura pris la place de celle des garçons ; la municipalité se propose d'exhausser les actuelles constructions de la rue d'Announa pour en faire des logements en location à bon marché.
Mais se serait alors reconnaître que les fondations du bâtiment sont solides et peuvent supporter une plus lourde charge et là nouvelle construction de l'Ecole des garçons n'aurait été qu'un moyen ingénieux pour donner gratuitement à la commune la disposition des locaux de l'école des filles. Ce serait là un procédé habile mais blâmable puisque la base en serait une allégation fictive sur la solidité des fondations.
Nous écartons donc cette hypothèse tendancieuse en nous bornant à répéter que l'œuvre des Habitations a bon marché ne peut être confondue avec le problème qui reste à résoudre à Guelma, des logements ouvriers loués à bon marché.
LEMASSON

CYCLISME
60 Kilomètres sur route le 24 avril
La société des Pneumatiques " Dunlop " organise pour la 5 eme année l'épreuve du "PREMIER P S " ouverte aux jeunes gens n ayant encore jamais couru et ne possédant pas de licence de coureur cycliste.
Comme les années précédentes, l'organisation de l'éliminatoire en a été confiée au Comité Départemental de l'U.'V.-F. siégeant à Bône sous l'habile direction de son Chef Délégué Sportif Monsieur Henry Sultana
Pour permettre à tous les jeunes gens de 16 à 25 ans du département de Constantine de participer a cette importante épreuve la Sociétés Dunlop paiera, aux coureurs venant à Bône de disputer cette éliminatoire le voyage en 3 éme classe, aller et retour, quel que soit l'éloignement de leur localité. Cette indemnité sera payée, au moment du départ de la course à tous les engagés.
Rappelons que cette course se disputera sur un parcours de 60 kilomètres absolument plat et qu'en outre du remboursement des frais de voyage dont il est parlé ci-dessus les premiers classés seront envoyés à Algérie 15 Mai pour disputer la Finale de l'Algérie.; Ils bénéficieront eux des frais de voyage en 2- classe aller et retour et des indemnités du séjour qui seront fixés par la société Dunlop
Voilà de quoi, satisfaire ceux qui aiment le sport et le tourisme à la fois.
Les engagements sont reçus des à présent chez M. Sultana Henry chef délégué sportif de l'U V. F, à Bône accompagnés de 5 fr coût de licence, une année Débutant le Comité U V F

LA CRISE ECONOMIQUE
LE QUOTIDIEN
(Pierre BETRAND)
UNE HAUSSE INEXPLICABLE
Dans un certain nombre d'industries, parmi lesquels l'industrie du textile, le patronat, très éprouvé, dit qu'il se propose de reprendre sur la main d'œuvre ce que la crise lui a fait perdre. Il envisage une diminution de 13 pour cent dans la rétribution de ses ouvriers, mais les ouvriers répondent en déclarant que si on donne suite à ce projet ils se mettront en grève.
Certes, compliquer le chômage par la grève n'est pas une solution. Cependant les pouvoirs publics eux mêmes doivent reconnaître que les travailleurs ne peuvent en aucune ! Manière, dans les circonstances actuelles, accepter celte réduction;-Si la vie avait diminué, 'il' y aurait 'un sujet 'de débat. Ce n'est pas le cas elle n'a jamais, été plus chère. Certains prix de gros ont baissé, 'les prix' de détails n'ont-pas suivi.. Toutes, les mesures que l'on a prises ont été vaines. D'autres, telles que la répression des bénéfices excessifs, c'est-à-dire illicites, sont encore à l'état de projet. Seront-elles votées dans quelques semaines ou seulement- dans quelques mois ? En attendant, s'imagine-t-on que le budget d'une famille, ouvrière est compressible . Ne discutons pas pour le moment la détermination du patronat. .Nous admettions, si on veut qu'elle lui soit imposée, en tout ou en partie. Mais nous-appelons la plus sérieuse attention sur l'impossibilité où, est le monde ouvrier se résigner à une diminution qui l'atteindrait dans ses besoins vitaux.

En Russie soviétique
" "RIGA.
-.'Service spécialde l'Algérie:
La " Pravda" des Jeunesses Communistes; du 7:février, a publié une' lettre très symptomatique d'un jeune communiste déçu ' On a fait la révolution,- versé du sang, combattu, sur tous les fronts ; on espère que la vie sera meilleure et que voyons-nous? Un grand chômage, dès milliers d'affamés prêts au crime du à la prostitution pour une bouchée; de pain et. Qui donc a sa tartine de beurre ? C'est la bourgeoisie, les différents ".'spetsi " " techniciens; qualifiés sans parti; tous ceux qui s'embusquaient durant la guerre civile et maintenant ce sont eux qui commandent.
" Nous avons.des milliers d'enfants perdus où se recrute la prostitution " à la campagne les aloki (paysans aisés) " vivent bien, à côté, un journalier crève de faim dans une crique. -'Eh bien ! Quand dans une République, dite -socialiste", on crève de faim et de froid le doute commence à ronger l'âme. On sont donc les résultats de la révolution ? Ou est l'égalité ? Cela me tourmente beaucoup. " Ce qui est à souligner aussi c'est le fait que la " Pravda" publie cette lettre et qu'elle se borne à constater que l'auteur n'a pas lu Lénine.

L'Union nationale pour le vote des femmes
L'Union nationale pour le vote des femmes, dont la présidente fondatrice est Mme Le Vert Chotard avait organisé hier soir à la salle Wagram un grand meeting présidé par M. Maurice Harvey. vice-président du Sénat. Dès 20-h. 30, la vaste salle était comble. De nombreuses Dames seules, des jeunes filles de tout âge, beaucoup de ménages aussi et les maris n'ont pas été les moins attentifs aux professions de foi, déclarations, ou simples discours courtois des orateurs. M. André François-Poncet, député de Paris a pris le premier la parole. Il a rappelé les pérégrinations du suffrage des femmes depuis la guerre, quittant victorieux la Chambre des députés et se heurtant à la sévérité du sénat. En 1925, les députés ont adopté un-texte qui accorde aux femmes 'l'électoral et l'égibilité pour les conseils municipaux et départementaux. Le Sénat est encore resté inflexible il s agit donc de reprendre toute la question à l'occasion des nouveaux débats qui vont s'ouvrir. Tour à tour, MM. François-Saint-Maur sénateur ; Petitfils, Michel Missoffe, Bonnefous, Taittinger, députés, ont plaidé éloquemment la cause du suffrage des femmes Leurs arguments sont voisins. Le plus probant est 'le rôle joué par les femmes pendant la guerre, au foyer, aux champs, à l'usine, à l'ambulance. Prenant le dernier la parole/ M. Maurice Hervey a résumé les conclusions des orateurs et a l'ait appel à l'union de toutes les Françaises dont l'action est si heureusement groupée dans 1'Union nationale pour le vote des femmes. Un ordre du jour a été adopté qui dit notamment que les membres de l'union pour le vote des femmes comptent sur tous leurs amis du parlement, appartenant aux différents partis d'ordre, pour hâter l'avènement de l'œuvre de justice que constitue le suffrage des femmes ; qu'ils font un pressant appel à toutes les bonnes françaises voulant défendre notre patrimoine national, leurs foyers, leurs croyances, les intérêts des travailleurs et lutter contre les fléaux sociaux et leur demandent de se grouper dans l'Union nationale pour le vote des femmes afin de pouvoir collaborer efficacement avec les hommes.au relèvement national…./…. L'OEUVRE (Gustave Téry)

LA BALLE
Sans doute, si les socialistes ne tenaient guère à partager les responsabilités des radicaux, ils ns tenaient pas beaucoup plus à partager les portefeuilles, et c'est peut-être que les délégués officiel du côté radical et les simples camarades du côté socialiste étaient pareillement des hommes.
Mais pourquoi, dans la conversation du 2 juin au matin, l'idée de participation fut-elle presque aussitôt écartée d'un commun accord, alors que le congrès socialiste extraordinaire, où la participation, dit M. L. Blum comptait tant de partisans, ne devait se prononcer que le lendemain ? Les délégués officieux du parti socialiste avaient donc pleins pouvoirs peur devancer et préjuger la décision du congrès.

A QUAND LA CRÉATION DES DOCKS COOPÉRATIFS A GUELMA , ?

La situation Politique
Le renouvellement par tiers tempérerait le mouvement de surenchère. De l'Observateur :
En résumé, le mandat de six ans et le renouvellement de la Chambre par tiers augmenteront, dans une proportion considérable le rendement utile du travail parlementaire et en conséquence, amélioreront lé régime parlementaire.
Ils assureront un fonctionnement normal à ce régime qui passe, à l'heure actuelle, par des périodes successives d'inaction, de production hâtive pu d'inertie dangereuse et assureront le jeu régulier des institutions nécessaires à la continuité du pouvoir, diminueront les tentations que peuvent avoir quelques esprits à céder à l'appel de la surenchère à l' approche des élections et limiteront en tous cas, au maximum du tiers sortant cette tentation de surenchère. Ils permettront aux électeurs, au nom desquels les députés agissent, de faire entendre plus souvent leur voix, et ces consultations populaires partielles, qui sont infiniment plus paisibles que les consultations générales, donneront au pays, nous en avons la certitude l'ordre et le progrès.
Le nouveau parti de la gauche radicale
De là Revue de Paris : Pourquoi avons-nous fondé le parti de la gauche radicale Non pour entrer dans une majorité dont nous connaissions, la précarité mais pour obéir à une- idée précise.
Nous étions quelques députés résolus à défendre les lois de la laïcité, mais également décidés à repousser tout sectarisme de droite ou de gauche. Ce qui nous distingue encore de beaucoup des modérés si durement traités par M; Iguolus dans son dernier article, c'est l'intérêt primordial que nous portons aui questions sociales. Sur ce point, nous rejoignons les radicaux-socialistes et leur chef respecté, M. Maurice Sarraut. Mais nous n'acceptons point, par ailleurs, la discipline de la rue de Valois, pas plus, du reste., que toute autre règle. ?

NOUVELLES LOCALES
Mardi dernier une nombreuse affluence assistait, aux obsèques de notre regretté concitoyen M. Honoré Bougeois, décédé à l'âge de 84 ans.
Nous adressons aux familles frappées par ce deuil, cruel nos sincères condoléances.

AVANCEMENT
Toutes nos félicitations à M.Godry, du 19' Régiments de Tirailleurs pour sa récente promotion au grade d'adjudant.

UN GRAND ÉVENEENT MONDAIN
Nous n'exagérons rien en qualifiant ainsi la soirée qu'a réservée la " Jeunesse Sportive Guelmoise " à ses invités.
Dans une salle rutilante un décor de style qu'harmonisait un flot de lumières multicolores, un public de la plus belle élégance prenait place autour de tables luxueusement parées et gardait ainsi l'impression d'un véritable dancing montmartrois.
Un concert d'une haute portée artistique est exécuté par Mlle Lèvèque. (piano) MM. Fiorini, Andreu violoncelliste du conservatoire de Paris, Danan. (clarinette), Fine (contre basse)
De chaleureux applaudissements saluent les artistes, après quoi, un orchestre de JAZZ des plus réputés prend place et jette le feu dans la salle.
Toutes les danses du nouveau répertoire sont ébauchées. La foule de danseurs disparait par instant sous une pluie de confettis, de serpentins. Et cette frénésie dure jusqu'à l'aube.
De joyeuses apparitions carnavalesques donnent à cette fêle le cachet le plus troublant et le décor devient alors plus séduisant. Un gracieux cotillon obtient le plus vif succès.
Des flots de champagne se mêlent aux flots d'harmonie, la gaité, règne, la foule rend justement hommage aux dévoués organisateurs de la " Jeunesse Sportive; Guelmoise ".
A notre tour nous disons bravo.

THÉATRE
" On a trouvé une femme nue " tel est le titre de la délicieuse comédie de Birabeau que le public Guelmois aura l'agréable occasion d'entendre lundi 21 Mars
Ce spectacle est absolument, réservé aux familles quoique le titre dénote une certaine galanterie.
La troupe qui interprétera cet ouvrage est celle qui vient de remporter sur notre scène un éclatant succès dans ' La Fleur d'Orange', également de Birabeau.

LES SPORTS
Dimanche 27 Mars prochain, la " Jeunesse Sportive Guelmoise " rencontrera au parc des sports, route de la Mahouna; l'Association Sportive Constantinoise.
Ce match a une grande importance dans les championnats en cours, le vainqueur étant qualifié en demi-finale.
Nous adressons nos meilleurs souhaits à notre club local et espérons qu'un nombreux public ira encourager les vaillants footballers.

REMERCIEMENTS
Les familles BOUGEOIS, LACASSAGNE, RICHARDOT, et alliées remercient sincèrement les personnes leur ayant témoigné leur sympathie à l'occasion du décès d'Honoré BOUGEOIS, décédé à Guelma le 15 mars1927, dans sa 84 e année.

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le web-master Gilles Martinez

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