20 JUIN 1927
DÉMOCRATIE
Les principes servant de base en dernières analyse à la conception d'un gouvernement démocratique peuvent se résumer en quelques lignes.

Les hommes doivent être libres et égaux nul ne peut, exercer sur eux de contrainte que celle qu'ils ont consentie librement dans l'état social, la liberté, l'égalité ont pour conséquence le droit pour les hommes de se gouverner eux-mêmes.
Toute démocratie engendre donc, nécessairement la souveraineté populaire et a pour base conséquemment la loi du nombre. A ces principes on oppose sans difficulté les inégalités naturelles, les circonstances dues au hasard, la sélection des espèces qui favorise la durée des forts. Mais nous-sommes bien peu fondés à faire argument de notre soi disant connaissance des lois de la nature et à moins d être bien convaincus de notre origine divine considérée comme une postula tune; il reste prudent d'envisager ' surtout notre ignorance des lois naturelles et la puissance de nos instincts devant la faiblesse de notre, raison. Le hasard étant une nouvelle source où s'alimente notre ignorance ne peut d'avantage être retenue comme, un argument sans réplique et la sélection des espèces, si elle oppose les forts aux faibles doit obligatoirement tenir compte de la force du nombre en regard de celle de l'individu.

Et au lieu de nous perdre dans le brouillard d'une stérile discussion métaphysique nous nous contenterons de constater que partout au monde dès qu'ils sont arrivés à un certain développement de puissance ou de besoins, les foules humaines constituent une force supérieure à celle de l'individu malgré que souvent le nombre de ces derniers s'évertuent avec une réussite plus ou moins grande à exploiter cette force générale au profit de leur personnalité et de ses appétits.
La souveraineté populaire, la force du nombre aura donc continuellement pour but de faire disparaître les inégalités dues à la nature, au hasard, à la force de l'individu et c'est là son instinct naturel.

Mais dans l'État actuel des démocraties, peut-on dire que les citoyens y soient réellement libres et égaux. Peut-on dire que la souveraineté populaire s'exerce d'une manière continue. Ces buts de la démocratie sont ils atteints grâce aux institutions existantes. Nous aurions mauvaise grâce à l'affirmer d'autant plus que l'on peut admettre que ce besoin que cet instinct de liberté et d'égalité a pour cause le désir inné d'améliorer les conditions de l'existence, de diminuer la quantité de peines et de fatigues d'augmenter la somme des joies et des loisirs et que les directions changent nécessairement aussitôt qu'un degré se trouvant franchi, l'autre se dessine qu'auparavant l'on n'apercevait que confusément.
Cette souveraineté populaire en dehors de la force tumultueuse des foules, n'a trouvé qu'un moyen pacifique pour s'exprimer dans l'ordre et la tranquillité : c'est le suffrage universel qui d'ailleurs n'est pas encore complet en France puisque les femmes ne votent pas. Et déjà ici, nous voyons notre démocratie en retard malgré sou gouvernement Républicain, sur certaines monarchies d'Europe ce qui d'ailleurs ne peut que nous montrer combien nos institutions vont laisser prise à la critique si on les examine au point de vue de la démocratie.

Peut-on dire d'autre part que tous les citoyens sont libres et égaux qu'ils jouissent de la liberté politique ? Il faudrait pour cela qu'ils aient la liberté économique Or dans l'acte politique par excellence, à savoir ; l'élection, la liberté d'un grand nombre de citoyens est entravée et ils sont obligés de voler : fermiers comme le veut le propriétaire ouvriers comme le veut le patron, besogneux comme le veut le puissant, pauvre comme l'exige le riche.
L'égalité politique a contre elle l'inégalité naturelle et les hommes ne naissent pas individuellement avec des dons physiques, intellectuels et moraux identiques, maïs tous naissent avec la nécessité de vivre en société et celle-ci tend toujours à atténuer les effets de ces inégalités naturelles à corriger les anomalies crées par le hasard, a s'opposer à l'exagération des forces de l'individu par ce que toutes ces inégalités s'exercent contre elle,

C'est non seulement par le suffrage universel mais aussi par l'école que la société cherche à égaliser les individus et à faire d'un enfant de pauvre privé d'éducation l'égal d'un riche entouré de toute la sollicitude familiale que peut apporter la fortune. Et de même que les privilégiés de la vie se sont attachés à empêcher d'abord la naissance du suffrage universel puis ensuite à le corrompre , ne pouvant résister au besoin de s'instruire que manifeste la masse humaine; ils ont tenu essentiellement à avoir leurs écoles à part, à soustraire leurs enfants à l'enseignement commun, à ne pas les mélanger avec la masse populaire pour mieux lui enseigner les moyens de la gouverner pour l'asservir ensuite.
L'école est donc aussi une institution qui demande des modifications pour être véritablement démocratique. Bornons-nous aujourd'hui à conclure. La démocratie est une force qui engendre la souveraineté populaire, qui lutte contre les inégalités naturelles, économiques et sociales, contre les individualités qui tendent à lui ravir ses forces pour la domestiquer et pour l'exploiter. C'est la loi naturelle exprimée par les sociétés modernes.
CORASIA

A quand la création des docks coopératifs à Guelma ?


DÉLÉGATIONS FINANCIÈRES
SEANCE DU 9 JUIN 1927
Il s'agissait d'établir en Algérie des logements pour les officiers dans les garnisons algériennes et une cartoucherie à Alger.
Le Gouverneur général demandait un crédit de 6 millions. ' ?
Le président de Commission des finances. M. Bordères donne lecture de la motion ci après, signée par 37 membres de l'Assemblée :
" Considérant que la loi du 19 décembre 1900 établissant l'autonomie financière de l'Algérie laissait à la charge de l'ETAT Démocratie

Les principes servant de base en dernière analyse à la conception d'un gouvernement démocratique peuvent se résumer en quelques lignes.
Les hommes doivent être libres et égaux nul ne peut, exercer sur eux de contraintes qui celles qu'ils ont consentie librement dans l'état social, la liberté l'égalité ont pour conséquence le droit pour les hommes de se gouverner eux-mêmes.

Toute démocratie engendre donc, nécessairement la souveraineté populaire et a pour base conséquemment la loi du nombre. A ces principes on oppose sans difficulté les inégalités naturelles, les circonstances dues au hasard, la sélection des espèces qui favorise la durée des forts.
Mais nous-sommes bien peu fondés à faire argument de notre soi disant connaissance des lois de la nature et à moins d être bien convaincus de notre origine divine considérée comme une postulalune; il reste prudent d'envisager ' surtout notre ignorance des lois naturelles et la puissance de nos instincts devant la faiblesse de notre, raison. Le hasard étant une nouvelle source où s'alimente notre ignorance ne peut d'avantage être retenue comme, un argument sans réplique et la sélection des espèces, si elle oppose les forts au faible doit obligatoirement tenir compte de la force du nombre en regard de celle de l'individu.

Et au lieu de nous perdre dans le brouillard d'une stérile discussion métaphysique nous nous contenterons de constater que partout au monde dès qu'ils sont arrivés à un certain développement de puissance ou de besoins, les foules humaines constituent une force supérieure à celle de l'individu malgré que souvent le nombre de ces derniers s évertuent avec une réussite plus ou moins grande à exploiter cette force générale au profit de leur personnalité et de ses appétits.
La souveraineté populaire, la force du nombre aura donc continuellement pour but de faire disparaître les inégalités dues à la nature, au hasard, à la force de l'individu et c'est là son instinct naturel.

Mais dans l'État actuel des démocraties, peut-on dire que les citoyens y soient réellement libres et égaux. Peut-on dire que la souveraineté populaire s'exerce d'une manière continue. Ces buts de la démocratie sont-ils atteints grâce aux institutions existantes

Nous aurions mauvaise grâce à l'affirmer d'autant plus que l'on peut admettre que ce besoin que cet instinct de liberté et d'égalité a pour cause le désir inné d'améliorer les conditions de l'existence, de diminuer la quantité des peines et de fatigues d'augmenter la somme des joies et des loisirs et que les directions changent nécessairement aussitôt qu'un degré se trouvant franchi, l'autre se dessine qu'auparavant l'on n'apercevait que confusément.

Cette souveraineté populaire en dehors de la force tumultueuse des foules, n'a trouvé qu'un moyen pacifique pour s'exprimer dans l'ordre et la tranquillité : c'est le suffrage universel qui d'ailleurs n'est pas encore complet en France puisque les femmes ne votent pas. Et déjà ici, nous voyons notre démocratie en retard malgré sou gouvernement Républicain, sur certaines monarchies d'Europe ce qui d'ailleurs ne peut que nous montrer combien nos institutions vont laisser prise à la critique si on les examine au point de vue de la démocratie.
Peut-on dire d'autre part que tous les citoyens sont libres et égaux qu' ils jouissent de la liberté politique ? Il faudrait pour cela qu'ils aient la liberté économique. Or dans l'acte politique par excellence, à savoir ; l'élection, la liberté d'un grand nombre de citoyens est entravée et ils sont obligés de voter :

Fermiers comme le veut le propriétaire ouvriers comme le veut le patron, besogneux comme le veut le puissant, pauvre comme l'exige le riche.
L'égalité politique a contre elle l'inégalité naturelle elles hommes ne naissent pas individuellement avec des dons physiques, intellectuels et moraux identiques, maïs tous naissent avec la nécessité de vivre en société et celle-ci tend toujours à atténuer les effets de ces inégalités naturelles à corriger les anomalies crées par le hasard, a s'opposer à l'exagération des forces de l'individu parce que toutes ces inégalités s'exercent contre elle,

C'est non seulement par le suffrage universel mais aussi par l'école que la société cherche à égaliser les individus et à faire d'un enfant de pauvre privé d'éducation l'égal d'un riche entouré de toute la sollicitude familiale que peut apporter la fortune. Et de même que les privilégiés de la vie se sont attachés à empêcher d'abord la naissance du suffrage universel puis ensuite à le corrompre ne pouvant résister au besoin de s'instruire que manifeste la masse humaine; ils ont tenu essentiellement à avoir leurs écoles à part, à soustraire leurs enfants à l'enseignement commun, à ne pas les mélanger avec la masse populaire pour mieux lui enseigner les moyens de la gouverner pour l'asservir ensuite.
L'école est donc aussi une institution qui demande des modifications pour être véritablement démocratique. Bornons-nous aujourd'hui à conclure.
La démocratie est une force qui engendre la souveraineté populaire, qui lutte contre les inégalités naturelles, économiques et sociales, contre les individualités qui tendent à lui ravir ses forces pour la domestiquer et pour l'exploiter. C'est la loi naturelle exprimée par les sociétés modernes.
CORASIA

A quand la création des docks coopératifs à Guelma ?

; DÉLÉGATIONS FINANCIÈRES
SEANCE DU 9 JUIN (suite) Il s'agissait d'établir en Algérie des logements pour les officiers dans les garnisons algériennes et une cartoucherie à Alger.
Le Gouverneur général demandait un crédit de 6 millions.

Le président de Commission des finances. M. Bordères donne lecture de la motion ci après, signée par 37 membres de l'Assemblée :
" Considérant que la loi du 19 décembre 1900 établissant l'autonomie financière de l'Algérie laissait à la charge de l'état la totalité des dépenses militaires, ainsi que le précisent l'exposé des motifs, le rapport à la Chambre des Députés et le l'apport au Sénat.

I, - Exposé des motifs du projet de loi du 10 décembre 1000 . Les dépenses de la guerre et de la marine devaient nécessairement être exclues, à raison de leur nature tout à fait particulière. Aussi, le projet ne prévoit-il aucune participation aux dépenses .militaires, exception étant faite pour les dépenses de gendarmerie. "
IL - Rapport fait à la Chambre des Députés au nom.de la Commission du budget par M. Berthelot.

Les dépenses de défense nationale sont de leur nature, à peu près indivisibles. Le 10' corps d'armée, stationné en Algérie, est une fraction de l'armée française appelée en cas de guerre à concourir à la défense de n'importe quelle frontière. Ce n'est pas pour un objet spécialement algérien qu'il est créé et organisé.
-Rapport au Sénat fait au nom de la Commission des Finances chargée d'examiner le projet de loi adopté par la Chambre des Députés et portant création d'un budget spécial de l Algérie par M. de Verninac, sénateur.

La Métropole garde à son compte la totalité des dépenses militaires. C'est là une conséquence nécessaire du droit de souveraineté. La France doit en effet, assurer seule la sécurité du territoire national métropolitain ou colonial ; le 19' corps d'armée fait, au même titre que les autres, partie de l'armée française et il est bien évident qu'en raison surtout de la situation géographique de l'Algérie l'importance du corps d'armée qui y tient garnison, les travaux de défense à exécuter sur son territoire doivent être déterminés par des considérations absolument en dehors de l'intérêt algérien considéré en soi et du développement économique de l'Algérie. Il est donc naturel qu'elle n'ait à supporter aucune partie des dépenses militaires, sauf toutefois celles de la gendarmerie dont la mission principale est de servir d'auxiliaire à l'administration civile. "
" Considérant que quelques années après l'institution du budget spécial il est apparu, sous la pression d'événements extérieurs graves, qu'il y avait, lieu de demander à l'Algérie de concourir aux dépenses militaires de la Métropole, mais que la nécessité s'est bientôt révélée de donner à cette participation une forme fixe en la mesurant d'une façon précise aux possibilités financières de la Colonie:
" Considérant que la loi du 31 décembre 1921 établissant la contribution militaire est ainsi libellée :

"Art. 48. - Pour chacun des exercices 1924 à1937, la contribution ci-dessus sera fixée à 6 % du montant des prévisions du budget ordinaire de l'Algérie, tel qu'il aura été arrêté dans les conditions fixées par la loi du 19 décembre 1900, ce pourcentage ne devant pas se calculer toutefois sur le montant de la contribution elle-même. En aucun cas, celle-ci ne pourra être inférieure, à 25 millions de francs.
Que celle loi a fixé l'étendue de l'effort à faire pour la contribution militaire et permis, par son calcul mathématique, la prévision exacte pour les budgets des exercices futurs :
" Considérant que celte contribution s'élève pour 1928 à 46 millions-,
" Considérant que l'Algérie a, depuis 1903, développe avec un courage fiscal qu'on ne saurait trop louer l'œuvre de colonisation d'instruction publique, d'assistance, de travaux publics dans l'intérêt des populations tant européennes qu'indigènes ; que le budget extraordinaire s'élève cette année à 276 millions 718.622 francs, dont 145.648.622 francs d'emprunt - ce qui marque l'effort fait par le pays :
" Considérant que cet effort fiscal a été fait dans le but de développer l'essor économique de l'Algérie et parlant de contribuer à la prospérité de notre Mère- Patrie ; que les charges qu'elle nous impose entraînent une augmentation automatique de la contribution militaire :
" Considérant que l'Algérie n'a pas à intervenir dans la détermination des mesures à prendre au point de vue militaire sur son territoire ;

" Convaincues que ce n'est que par suite un malentendu que l'Administration algérienne paraît mettre comme condition primordiale à l'organisation de la défense de Algérie une participation spéciale de son budget à certaines dépensés militaires ;
Font confiance au Gouvernement de la république pour assurer la défense de l'Algérie, partie intégrante du territoire national et l'assurent de leur volonté de poursuivre la réalisation de la tâche nationale qui leur a confiée par là mise en valeur du pays et l'amélioration matérielle et sociale de populations françaises et indigènes.

- Après une discussion dans laquelle M Viollette intervint énergiquement.
M. Cuttoli, président, met aux voix la motion de la Commission des Finances.
Le Gouverneur Général demande le vote par division.
M. Bordères demande que le vote ait lieu sur l'assemblée.

La motion déposée par M. Bordères, est mise aux voix par appel nominal, et adoptée par 35 voix contre 30. Ont voté pour :
MM. Dromigny Luciani, Deshaires, Froger Zéyaco, Lorion, Vagnon, Pélissié, Jaillet, Azam, Soufflet, Enjaibsrl, Bordères, Havard, Raoux, Thomas, Vallet, Gueit, Bel, Dussaix, Laffont, Morard Aboulker, Mé.îsance, Boniface, Robert, Guastavino, Martinen, Caries, Cuttoli, Galle, Mercier, LA VIE, Pantaloni, Lévy.
Ont voté contre :
MM. Renaud, Bonnefoy, SERDA, Muselli, Lemoine, Mace, Descours, Lisbonne, Abeilhé, Marchis, Zerrouk Mahiéddine, Moulay Mustapha, Salah, Ben Siam, Benbadis. Sishane, Beuchemane, Heguieg, Latrèche, Ghlamallah, Ben Abdallah, Ghoreb. Kolii, Ben Yacoub, Hacène, Çhcrfa, Si Salah, Smail, Ben Ali Chérif, Ourabah.
Il est également procédé à l'appel nominal pour le vote des crédits demandés par l'Administration. Ces crédits sont rejetés par 34 voix contre 30. o ..

LE JUBILE DE MONSIEUR THOMSON
A la cérémonie qui s'est déroulé hier à la présidence de la Chambre à l'occasion du cinquantenaire politique de M. G. Thomson M. Raymond Poincaré, président du conseil, a prononcé le discours suivant :

" Mon cher ami.
Déjà, dans votre chère province de Constantine, M. Albert Sarraut vous à exprimé, à l'occasion du cinquantenaire de votre vie politique, les félicitations et les vœux du gouvernement. Il était naturel que cet heureux anniversaire fût d'abord célébré au milieu des populations qui, pendant un
Demi-siècle, vous sont restées fidèles et que vous avez représentées à la Chambre avec un dévouement ininterrompu. Mais vos collègues, eux aussi, ont le droit de s'associer à une commémoration qui leur permet a eux plus qu'à tous autres, de glorifier votre consciencieuse et infatigable activité.
" Sans doute, vous avez aujourd'hui au Parlement plus de disciples que de contemporains, mais en cherchant bien et en mêlant aux députés quelques sénateurs, ou trouverait néanmoins le moyen de faire la chaîne entre votre génération et les nouveaux venus, Je crois bien, d'ailleurs, qu'aux deux extrémités, les anneaux auraient la même solidité.
" Pour moi, qui suis un de ceux qui vous suivent à la plus courte distance, par l'âge et par la durée du mandat, je ne puis oublier cette époque lointaine où je débutais au Palais-Bourbon et où j'y étais accueilli avec tant de bonne grâce par les Brisson, les Floquet, les Ferry, les Jules Develle, les Waldeck-Rousseau, les Freycinel, les René Goblet par tant d'autres qui ne sont plus ici et par vous mon cher ami: qui êtes encore pour longtemps. Depuis lors, il m'a toujours semblé que sans vous, la Chambre ne serait plus la Chambre. Vous avez été ministre, vous avez rendu de grands services à l'État, je vous ai vu au gouvernement avant la guerre, je vous y ai retrouvé, auprès de moi, pendant les hostilités, et je sais de quel patriotisme inébranlable vous avez fait preuve. Mais j vous n'avez jamais recherché le pouvoir. Vous avez toujours donné loyalement votre concours aux républicains qui l'exerçaient vous avez été vraiment lé député dans la plus noble acception de ce mot, celui qui ne : consulte jamais que les grands intérêts du pays, celui qui ne se prête ni aux intrigues, ni aux petits calculs, celui qui accomplit son mandat sans arrières pensées personnelles, celui qui n'intervient à la tribune que lorsque il y est poussé par sa conscience et au moment des scrutins, ne songe qu'à la France et à la République.
Puisque notre ami, M. Paul Morel, m'a fait le grand plaisir de m'inviter à cette réunion, laissez-moi vous redire avec moins d'éloquence, certes, qu'Albert Sarraut, mais avec autant d'émotion et avec le privilège d'une très ancienne amitié, - combien le gouvernement se réjouit d'assister aux noces d'or de Gaston Thomson et de la politique. Mme Thomson me pardonnera, j'en suis sûr, une expression qui ne peut lui porter ombrage ; nous savons tous quelle admirable compagne et quelle précieuse collaboratrice elle a toujours été pour vous. Elle me permettra donc de l'associer à vous dans l'hommage que nous vous rendons.

M. Gaston Thomson, après avoir remercié avec émotion les orateurs et toute 1 assistance, a ajouté :
Des paroles trop louangeuses prononcées à mon endroit par Fernand Bouisson, par Paul Morel et par le président du conseil, je ne veux retenir que ce qu'ils ont dit au sujet des amis survivants de Gambetta et de ses disciples qui, n'ayant jamais oublié les enseignements de ce grand serviteur de la République, s'efforcent de persévérer dans la voie où il les a lui-même engagés. Ils pensent, ils proclament que Gambetta était au cœur même de la doctrine démocratique lorsqu'il s'attachait à grouper en un solide faisceau tous les hommes de bonne volonté décidés à placer l'intérêt supérieur de nos institutions républicaines au dessus de toutes les controverses, de toutes les divisions, de toutes les disputes systématiques : lorsqu'il affirmait que la politique de fermeté et de raison qui avait assuré la défense du nouveau régime pouvait également favoriser l'action sociale ; lorsque, par des efforts continus des progrès pacifiques, des réformes, des améliorations successives, il se préparait à mettre plus d'harmonie dans les relations du capital et du travail. Après lui, un de ses meilleurs disciples,
Waldeck-Rouseau usant de ses méthodes pouvait apporter au prolétariat des réalisations vainement attendues depuis des années ; en attachant son nom aux lois de prévoyance sociale, octale, il montrait que la politique préconisée était bien celle des résultats. C'est pour cela qu'un grand nombre de républicains y sont demeurées fidèles et vous me permettrez de signaler parmi eux les travailleurs algériens.
J'ajouterai que si un hommage doit être rendu pour la constance, pour la persévérance dans une même pensée directrice, c'est, en particulier, à ces derniers que cet hommage doit être adressé. C'est à eux mes chers collègues, que doivent aller vos témoignages de sympathie.
Dans quelques années, au centenaire de la date qui marqua les débuts de notre action civilisatrice dans l'Afrique du Nord, on saluera le monument que notre reconnaissance veut élever au " colon inconnu " Ce sera justice d'un beau rêve ce colon a su faire une radieuse réalité.
LE TEMPS

COURSES HYPPIQUES
Les courses de Guelma qui ont eu lieu les 12 et 13 Juin ont été particulièrement réussies au point de vue hippique. Elles ont réuni de nombreux partants et ont été bien disputées.
le temps fut superbe, mais l'affluence du public étranger nous a paru moins importante que les années précédentes. .

Toutes nos félicitations vont au Comité et particulièrement à M. Xerri de Bône qui assista très efficacement M. le Président Thomas en l'absence de M. Gouharou qui avait été obligé de s'absenter pour des raisons de santé et de famille.
Cette absence a été regrettée par les fervents du Cheval. Un pénible incident a encore eu lieu malheureusement comme en bien d'autres circonstances. L'agent rural pris d'un beau zèle voulut intervenir on ne sait pourquoi dans une discussion entre deux indigènes, et en sautant maladroitement une haie il lui arriva de déchirer sa culotte, petit incident, causa une grande colère. Inversions, noms d'oiseaux furent prodigués par notre garde champêtre à des indigènes notables qui s'en sont émues et l'un d'eux nous a priés de publier la plainte ci-dessous.
Guelma Le 13 Juin 1927.
Monsieur le Préfet du Département de Constantine
CONSTANTINE
J'ai 1'honneur et le très grand regret de porter à votre connaissance ce qui suit :
Cet après midi vers trois heures environ, je venais de quitter M Marcel Champ qui assurait le contrôle des courses de Guelma à la porte d'entrée, lorsque je rencontrais M. Michel Saïd garde champêtre qui gesticulait et criait ;
Que Dieu maudisse la religion des arabes et le meilleur d'entre eux.
De crainte d'un incident grave ne se produisit, car de nombreux indigènes étaient à cet endroit, je le priais de se calmer. Il me répondit textuellement :
Que Dieu maudisse la religion des meilleurs des Arabes et ces chiens d'Arabes se sont rassasiés (sic).
Je protestais alors et le priais de cesser ces insultes ; d'où sa riposte. Je te considère comme une quantité négligeable, ton conseiller général ou toi, c'est pour moi un zéro, tu n'es qu'un sale kabyle.
Une heure environ après, je me promenais du côté du pesage, lorsque je le rencontrai à nouveau, mais cette fois en compagnie - de M. Champ qui tentait toujours de le calmer et de MM. Varet et Sehili Abdelhamid propriétaires à Guelma et d'autres européens et indigènes. Je l'entendis dire :
Je n'ai aucune considération, ni pour lui ni pour son grade (sic,) ni pour son honneur (resic) que je mets sous la semelle de mes souliers. J'ai alors pris à témoins ces messieurs, ce qui m'attira une nouvelle bordée d'injures, mais je n'ai pas voulu insister craignant un incident grave, ce qui ne l'empêcha pas de continuer des propos grossiers pendant une demi-heure environ.
| J'ajoute que ce n'est pas la première fois que M. Michel Saïd crée des incidents de la sorte ayant chaque fois pour cause une appréciation désobligeante sur la religion et 1 honneur dos indigènes.
Dans cette dernière affaire c'est grâce à mon sang froid qu'un malheur a été évité. Je porte à votre connaissance cet incident que personnellement je ne peux que qualifier de lamentable pour ne pas dire plus afin que toute suite juste et utile soit donnée à cette affaire. "
Veuillez agréer Monsieur le Préfet l'assurance de ma haute considération.
DAHEL Mohamed Lakhdar
Conseiller Général à Guelma
xxxx
Nous adressons nos sincères félicitations à M. Dahel pour le sang-froid qu'il a su conserver au cours de cette discussion.
Si vraiment la municipalité veut faire preuve de calme et de bienveillance vis à vis de ses administrés, elle fera sagement de confier l'autorité rurale à un esprit plus calme et plus pondéré.


DISCOURS DE MONSIEUR MORINAUD
M. Morinaud, Constantine déclare qu'il intervient dans le débat pour répondre, à M. Cachin, qui a décrié l'œuvre admirable accomplie par la France dans l'Afrique du nord.
Ce n'est pas par esprit de lucre ni de conquête que nous nous y sommes établis, mais pour faire respecter nos droits. Partout nous avons respecté les coutumes, les religions, le droit de propriété. Nous avons amélioré la situation matérielle des indigènes en créant, des routes, des canaux, des chemins de fer et des ports. Nous leur avons apporté une organisation judiciaire et administrative.
Nous avons pour 1928 inscrit 105 millions au budget algérien de l'enseignement, et les écoles françaises sont ouvertes aux indigènes. De nombreux hôpitaux ont été créés qui profitent, pour les quatre cinquièmes à la population algérienne.

Les indigènes rachètent des maisons dans les villes et des terres dans les campagnes, on prétend que nous avons décimé la population en quelques années elle a passé de 2,5 millions.
On assure que nous l'écrasons d'impôts : 3 Français paye, 479 francs par tête, l'indigène 20 francs.

Les indigènes occupent le tiers des postes dans les assemblées algériennes, où jamais ne se produit le moindre incident.
Je sais bien, il y a les lois d'exception, la mise en surveillance des agitateurs et l'indigénat, Mais ces lois ne sont plus au jour d'hui ce qu'elles étaient..il y a vingt ans. Il n'y a plus que cinq cas d'indigénat et l'an dernier il n'y a pas eu plus de 2.000 condamnations de ce chef. (Interruptions à l'extrême gauche communiste.) ]
il n'y a eu, d'autre part, en 1925, que 12 condamnations contre des agitateurs qui poussaient les populations à la révolte ! (Applaudissements à gauche, au centre et à droite.) - Interruptions à l'extrême gauche communiste)

Les salaires dit-on, sont moins élevés qu'en France : la vie est beaucoup moins chère en Algérie. Cependant, il faut encore faire un effort sur ce point.
M. Morinaud, très applaudi à gauche, au centre et à droite, étudie ensuite la propagande communiste en Afrique du nord.

Vous vous rappelez la trop fameuse dépêche envoyée par M. Doriot à Abd el Krime, et qui laissa croire à ce dernier qu'il aurait facilement raison de nos forces militaires.
Abd el Krim, dont les félicitations communistes avivèrent à l'extrême les espérances, marcha sur nos postes.
L'attaque, soutenue avec le plus grand héroïsme, devait nous coûter 7.000 morts.

Aujourd'hui Abd el Krim est en exil et M. Doriot est en voyage. Il fait aujourd'hui en Indochine ce qu'il a fait hier au Maroc. Je pense qu'il voudra sans doute revenir le plus rapidement possible en France, afin de répondre de ses actes devant la justice de son pays. " .
Vous vous souvenez également de la mission Arrighi que les communistes envoyèrent en Algérie. Vous savez comment elle se heurta à la froide résolution de M. Viollette, qui fit arrêter Arrighi, et dans ses bagages on a trouvé tout le plan de la campagne dirigée contre la France : les titres de chapitres en sont significatifs :'

" Avant tout, désorganiser l'armée.
Provoquer l'insurrection révolutionnaire.
Organiser la révolte contre l'impérialisme assassin.
Utiliser Abd el- Krim et Kaled,
Un autre document saisi au domicile de Spielman porte :
" Refus de payer les impôts,
Retour, au banditisme.
Vols et crimes d'où, naîtra la désobéissance.
Séquestration des gendarmes.
Organisation d'une république algérienne à l'abri d'un mouvement kalediste.

Quand M. Viollette a lu ces documents à la commission de l'Algérie - où il a produit l'émotion que vous savez - il m'en a affirmé l'authenticité et il vient encore de me la confirmer par dépêche.
Ainsi le communisme fait appel au vol et à l'assassinat pour faire perdre à la France son empire colonial. Je n'insisterai pas sur la condamnation d'Arrighi,.,
M André Berthon - Et la contrainte par corps ?
M. Morinaud. -- La contrainte par corps ? Le pari communiste ne manque pas de fonds de propagande. Il pourrait en prélever une partie pour payer la contrainte d'Arrighi !
Vous savez qu'après. Je dernier incident celui du déjeuner sur l'herbe, l'ère de mission à été close. Alors commença la campagne antifrançaise par la voie des tracts, Voici un extrait de l'Humanité du 19 septembre:

Les indigènes d'Algérie reconquerront son sol sur les bandits qui viennent d'Europe,
La 'Lutte sociale', d'Alger, du 4 septembre 1920, signale un journal révolutionnaire qui dit à la veille d'une- manifestation communiste !.
" Prions le bon Dieu des vaches que les galonnés gueulent plus fort encore et les soldats pourront leur chanter une autre chanson. "
Plus loin :
" La République française vous opprime et, dans un autre document

.- " Il nous faut des militants avertis pour ne pas faire mentir Lénine qui disait.: - L'Algérie, c'est le rempart de la révolution !"
Voici le bouquet. Un journal arabe. El rayat, fait ouvertement appel à l'insurrection. ('Exclamations au centre et à droite.)
Sur l'élite de la population indigène, la propagande communiste n'a encore eu aucun effet. L'orateur cite de nombreux témoignages de loyalisme de notables indigènes.

M. Morinaud termine son beau discours en réclamant du gouvernement une politique énergique et descend de la tribune au milieu des vifs applaudissements de la grande majorité de l'Assemblée.
La suite du débat est renvoyée à vendredi prochain. ,
La Chambre s'ajourne à jeudi prochain ; à la séance de matin suite du monopole des allumettes à la séance de l'après-midi, suite de l'organisation de l'armée. ;

TRIBUNE LIBRE
UN ALIENE

Monsieur le Directeur |
Vous avez eu par deux fois soulignés le misérable sort fait par les édiles de Guelma au pauvre A... ancien agent communal qui avait consacré 28 années de son existence au service de la ville.
Et voici que j'apprends que la situation lamentable de ce pauvre homme vient encore de s'aggraver. Devant le triste sort réservé à ses dernières années, devant l'indigence à laquelle sa vieillesse fut condamnée malgré toute une existence de labeur et d'honnêteté, la folie s'est emparée de son cerveau et l'on a dû l'interner. Sa femme terrassée également par ces malheurs immérités est sn traitement dans une des salles de l'hôpital. I
Comment de pareilles injustices pourraient-elles ne pas soulever l'indignation et les rancunes populaires ? Gomment une si grande inhumanité n'entrainerait-elle point des adhésions au communisme et au socialisme qui réclame la confiscation des biens détenus par l'égoïsme de la bourgeoisie à l'encontre de la masse prolétarienne ? ,
Et, d'ans l'espèce, il ne s'agissait pas pour les bourgeois locaux de faire un sacrifice personnel quelconque ; il s'agissait seulement de donner à ce malheureux retraité qui est en traitement dans une des salles de l'hôpital, sur les fonds communaux, sur le bien de tout le monde, les mensualités nécessaires pour mourir tranquille, sans craindre la faim qui affaiblit, sans obliger aux emprunts aux dettes pitoyables qui font chavirer le cerveau des braves gens en les désespérant.

Ceux qui par leur tenace malveillance ont obligé ce pauvre A... à quitter son emploi, n'ont pas compris qu'il apportait a sa tache un autre dévouement que celui dont ils témoignent pour la leur, ont assumé une responsabilité morale qui pèsera toujours sur leur personne et sur leur famille.
Ceux.qui chargés des deniers public ont préféré les employer en fêtes, en Représentation théâtrales ou somptuaires bien moins utiles que n'est exigible le devoir de solidarité sociale, ont pour toujours démontré leur inconscience républicaine.

Et je ne veux pas dramatiser à pousser au noir un malheur dont ils n'avaient pas conscience, qu'ils n'entrevoyaient même pas et dont ils se persuadent encore que la malchance est seule responsable.
Je veux seulement dire que cette ignorance des misères sociales, cette indifférence en face des problèmes que pour la vieillesse des anciens serviteurs, des ouvriers honnêtes qui se sont privés pour élever leurs enfants mieux qu'ils ne le furent eux mêmes, prouvent qu'il ne faut pas espérer en la justice des conservateurs sociaux même quand ils s'intitulent démocrates, même quand ils se figurent qu'ils le sont, par| ce qu'ils envoient vingt enfants à la montagne, parce qu'ils dépensent la succession de Maudemain à quatre ou cinq familles ou qu'ils donnent parcimonieusement une ou deux bourses scolaires à des enfants intéressants, avec l'argent des autres.
Ils ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre, leur cœur est fermé à tout ce qu'il ne les touche pas dans leur égoïsme personnel ou familial. Ils n'ont plus aucune religion et ne ressentent pas les douleurs d'autrui.

Vous voudriez arrêter les progrès de ces religions nouvelles préciser le moment où la propriété cesse d'être un droit individuel pour devenir collective, mais il faut d'abord conquérir l'au delà pour assurer la disparition des abus cruels comme celui dont le pauvre A... et sa femme sont les victimes.
Quand cet au delà, sera conquis nous pourrons alors revenir en arrière pour vous donner satisfaction. Mais d'ici là, l'eau passera sous les ponts et les miséreux continueront à peupler les asiles d'aliénés ouverts par l'égoïste indifférence de ceux qui sont satisfaits de leur sort.
UN SOCIALISTE IRREDUCTIBLE -
N. D. L. R. - Nous n'entendons pas dans ce journal accuser personne de noirceurs et nous espérons que la publicité que nous accordons à nos correspondants quelle que que soit leur opinion politique contribue a finalement à assurer quelques progrès dans là situation des ouvriers, des journaliers. Il ne faut pas oublier que que la journée de huit heures aux agents communaux et la majoration de leurs appointements furent le résultat de l'opposition électorale de 1925, et nous espérons que dorénavant les retraits faits aux agents communaux seront estimés avec plus de discernement

CONSOLIDATION
Les résultats de l'emprunt de consolidation dont l'émission a pris fin mercredi dernier dépassent les prévisions les plus optimistes. Plus de 15 milliards de bons, et d'obligations à court terme ont été convertis en nouvelles rentes. Aucune des opérations de crédit réalisées par l'État depuis 1920 n'a rencontré, au même degré, la faveur du public-…/… LE TEMPS

La totalité des dépenses militaires, ainsi que le précisent l'exposé des motifs, le rapport à la Chambre des Députés et de l'apport au Sénat. I, - Exposé des motifs du projet de loi du 10 décembre 1900 ". Les dépenses de la guerre et de la marine devaient nécessairement être exclues, à raison de leur nature tout à fait particulière. Aussi, le projet ne prévoit-il aucune participation aux dépenses militaires, exception étant faite pour les dépenses de gendarmerie. " IL - Rapport fait à la Chambre des Députés au nom de la Commission du budget par M. Berlhelot.

Les dépenses de défense nationale sont de leur nature, à peu près indivisibles le 10' corps d'armée, stationné en Algérie, est une fraction de l'armée française appelée en cas de guerre à concourir à la défense de n'importe quelle frontière. Ce n'est pas pour un objet spécialement algérien qu'il est créé et organisé. " -Rapport au Sénat fait au nom de la Commission des Finances chargée d'examiner le projet de loi adopté par la Chambre des Députés et portant création d'un budget spécial de l Algérie par M. de Verninac, sénateur.
" La Métropole garde à son compte la totalité des dépenses militaires. C'est là une conséquence nécessaire du droit de souveraineté. La France doit en effet, assurer seule la sécurité du territoire national métropolitain ou colonial ;
le 19' corps d'armée fait, au même titre que les autres, partie de l'armée française et il est bien évident qu'en raison surtout de la situation géographique de l'Algérie l'importance du corps d'armée qui y tient garnison, les travaux de défense à exécuter sur son territoire doivent être déterminés par des considérations absolument en dehors de l'intérêt algérien considéré en soi et du développement économique de l'Algérie. Il est donc naturel qu'elle n'ait à supporter aucune partie des dépenses militaires, sauf toutefois celles de la gendarmerie dont la mission principale est de servir d'auxiliaire à l'administration civile. "
" Considérant que quelques années après l'institution du budget spécial il est apparu, sous la pression d'événements extérieurs graves, qu'il avait, lieu de demander à l Algérie de concourir aux dépenses militaires de la Métropole, mais que la nécessité s'est bientôt révélée de donner à cette participation une forme fixe en la mesurant d'une façon précise aux possibilités financières de la Colonie:
" Considérant que la loi du 31 décembre 1921 établissant la contribution militaire est ainsi libellée

"Art. 48.
- Pour chacun des exercices 1924 à 1937, la contribution ci-dessus sera fixée à 6 % du montant des prévisions du budget ordinaire de l'Algérie, tel qu'il aura été arrêté dans les conditions fixées par la loi du 19 décembre 1900, ce pourcentage ne devant pas se calculer toutefois sur le montant de la contribution elle-même. En aucun cas, celle-ci ne pourra être inférieure, à 25 millions de francs.
" Que celle loi a fixé l'étendue de l'effort à faire pour la contribution militaire et permis, par son calcul mathématique, la prévision exacte pour les budgets des exercices futurs :
" Considérant que cette contribution s'élève pour 1928 à 68 millions-,
" Considérant que l'Algérie a, depuis 1903, développé avec un courage fiscal qu'on ne saurait trop louer l'œuvre de colonisation d'instruction publique, d'assistance, de travaux publics dans l'intérêt des populations tant européennes qu'indigènes ; que le budget extraordinaire s'élève cette année à 276 millions 718.622 francs, dont 145.648.622 francs d'emprunt - ce qui marque l'effort fait par le pays :
" Considérant que cet effort fiscal a été fait dans le but de développer l'essor économique de l'Algérie et parlant de contribuer à la prospérité de notre Mère- Patrie ; que les charges qu'elle nous impose entraînent une augmentation automatique de la contribution militaire :
" Considérant que l'Algérie n'a pas à intervenir dans la détermination des mesures de prendre au point de vue militaire sur son territoire ;
" Les Délégations Financières. : " Convaincues que ce n'est que par suite d'un malentendu que l'Administration algérienne paraît mettre comme condition primordiale à l'organisation de la défense de Algérie une participation spéciale de son budget à certaines dépensés militaires ;
" Font confiance au Gouvernement 'de la république pour assurer la défense de l'Algérie, partie intégrante du territoire national, la réalisation de la tâche nationale qui leur a confiée par là mise en valeur du pays et l'amélioration matérielle et sociale de populations françaises et indigènes. "
- Après une discussion dans laquelle M Viollette intervint énergiquement.
M. Cuttoli, président, met aux voix la motion de la Commission des Finances.
Le Gouverneur Général demande le vote par division.
M. Bordères demande que le vote ait lieu sur l'assemblée.

La motion déposée par M. Bordères, est mise aux voix par appel nominal et adoptée par 35 voix contre 30. Ont voté pour :
MM. Dromigny Luciani, Deshaires, Froger Zéyaco, Lorion, Vagnon, Pélissié, Jaillet, Azam, Soufflet, Enjaibsrl, Bordères, Havard, Raoux, Thomas, Vallet, Gueit, Bel, Dussaix, Laffont, Morard Aboulker, Mé.îsance, Boniface, Robert, Guastavinq, Martinen, Caries, Cultoli, Galle, Mercier, LA VIE, Panlaloni, Lévy. Ont volé contre :
MM. Renaud, Bonnefoy, SERDA, Muselli, Lemoine, Maee, Descours, Lisbonne, Abeilhé, Marchis, Zerrouk Mahiéddine, Moulay Mustapha, Saiah, Ben Siam, Benbadis. Sishane, Beuchemane,llcguiog, Latrèche, Ghlamallah, Ben Abdallah, Ghorob. Kolii, Ben Yacoub, j Hacène. Çhcrfa, Si Salah, Smail, Ben Ali Chérif, Ourabah.
Il est également procédé à l'appel nominal pour le vote des crédits demandés par l'Administration. Ces crédits sont rejetés par 34 voix contre 30. o ..

JUBILÉ DE MONSIEUR THOMSON
A la cérémonie qui s'est déroulé hier à la présidence de la Chambre à l'occasion du cinquantenaire politique de M. G._ Thomson M. Raymond Poincaré, président du conseil, a prononcé le discours suivant : " Mon cher ami. " Déjà, dans votre chère province de Constantine, M. Albert Sarraut vous à exprimé, à l'occasion du cinquantenaire de votre vie politique, les félicitations et les vœux du gouvernement. Il était naturel que |cet heureux anniversaire fut d'abord célébrer au milieu des populations qui, pendant un demi siècle, vous sont restées fidèles et que vous avez représentées à la Chambre avec un dévouement ininterrompu. Mais vos collègues, eux aussi, ont le droit de s'associer à une commémoration qui leur permet a eux plus qu'à tous autres, de glorifier votre consciencieuse et infatigable activité.
" Sans doute, vous avez aujourd'hui au Parlement plus de disciples que de contemporains, mais en cherchant bien et en mêlant aux députés quelques sénateurs, ou trouverait néanmoins le moyen de faire la chaîne entre votre génération et les nouveaux venus, Je crois bien, d'ailleurs, qu'aux deux extrémités, les anneaux auraient la même solidité.

" Pour moi, qui suis un de ceux qui vous suivent à la plus courte distance, par l'âge et par la durée du mandat, je ne puis oublier cette époque lointaine où je débutais au Palais-Bourbon et où j'y étais accueilli avec tant de bonne grâce par les Brisson, les Floquei, les Ferry, les Jules Develh, les Waldelc-Rousseau, les Freycinel, les Goblet, par tant d'autres qui ne sont plus ici et par vous mon cher ami: qui y êtes encore pour longtemps,
"Depuis lors, il m'a toujours semblé que sans vous, la Chambre ne serait plus la Chambre.
Vous avez été ministre, vous avez rendu de grands services à l'État, je vous ai vu au gouvernement avant la guerre, je vous y ai retrouvé, auprès de moi, pendant les hostilités, et je sais de quel patriotisme inébranlable vous avez fait preuve. Mais vous n'avez jamais recherché le pouvoir.
Vous avez toujours donné loyalement votre concours aux républicains qui l'exerçaient vous avez été vraiment lé député dans la plus noble acception de ce mot. Celui qui ne consulte jamais que les grands intérêts du , pays, celui qui ne se prête ni aux intrigues, ni aux petits calculs, celui qui accomplit son mandat sans arrières pensées personnelles, celui qui n'intervient à la tribune que lorsqu'il y est poussé par sa conscience et au moment des scrutins, ne songe qu'à la , France et à la République.

Puisque notre ami, M. Paul Morel, m'a fait le grand plaisir de m'inviter à cette réunion, laissez-moi vous redire avec moins d'éloquence, certes, qu'Albert Sarraut, mais avec autant d'émotion et avec le privilège d'une très ancienne amitié, - combien le gouvernement se réjouit d'assister aux noces d'or de Gaston Thomson et de la politique. Mme Thomson me pardonnera, j'en suis sûr, une expression qui ne peut lui porter ombrage ; nous savons tous quelle admirable campagne cl quelle précieuse collaboratrice elle a toujours été pour vous. Elle me permettra donc de l'associer à vous dans l'hommage que nous vous rendons "

M. Gaston Thomson, après avoir remercié avec émotion les orateurs et toute 1 assistance, a ajouté : . .
Des paroles trop louangeuses prononcées à mon endroit par Fernand Bouisson, par Paul Morel et par le président du conseil, je ne veux retenir que ce qu'ils ont dit au sujet dés amis survivants de Gambetta et de ses disciples qui, n'ayant jamais oublié les enseignements de ce grand serviteur de la République, s'efforcent de persévérer dans la voie où il les a lui-même engagés. Ils pensent, ils proclament que Gambetta était lu, cœur même de la doctrine démocratique lorsqu'il s'attachait à grouper en un solide ruisseau tous les hommes de bonne volonté décidés à placer l'intérêt supérieur de nos institutions républicaines au dessus de tout; s es controverses, de toutes les divisions, …/…
LE TEMPS

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