Jeudi 1 juillet 1926
Présenté dans son intégralité

Discours de M.Caillaux;
Les Délégations Financières Algériennes pourront en tirer profit
M Joseph Caillaux a présidé en présence de MM Rouillet, Joly, et du Comité républicain du canton a prononcé le discours suivant :
La situation financière est grave, très grave même; nous devons cependant la surmonter si nous la regardons en face, sans nous payer de mots.; Avant tout figurons-nous bien que la crise financière est le signe du mal et non le mal même dont souffre notre pays.
" Traiter ce mal par de simples solutions fiscales, c'est faire œuvre analogue à celle d'un médecin improvisé qui, au chevet d'un patient, s'appliquerait uniquement à réduire la fièvre, sans en rechercher les causes, sans essayer de soigner les organes atteints.

La véritable maladie dont nous souffrons voyez-vous, c'est le laisser aller, c'est la facilité, c'est l'égoïsme pour tout dire, qui nous empreint tous plus ou moins, qui nous éloigne de l'esprit de sacrifice et de discipline dont j'ai à maintes reprises proclamai la nécessité.
Que chacun doit se rendre en lui-même que sommes-nous les uns et les autres tentés de réclamer des avantages particuliers pour nos collectivités, pour ceux qui nous touchent, sans avoir cure de l'intérêt national, sans songer que la guerre a passé ?

Pour la gestion de l'économie privée n'agissons-nous pas avec une forte déraison, avec cette déraison qui méconnaît les réalités pour n'envisager que ses désirs ?
Les agriculteurs qui m'entourent me démentiront-ils si j'avance que, vaguement préoccupés de la situation générale, ils sont bien attentifs aux prix auxquels ils vendent leurs produits ? Ils se disent que jamais leurs pères n'auraient rêvé semblable fortune
Alors pourquoi se priver? Pourquoi ne pas dépenser de l'argent ? On n'en mettra pas moins de côté, en fin d'année de beaux billets de banque de 1928, dont on ne se pose pas la question de savoir s'ils suffiraient, au cas où le cheptel viendrait à disparaître, à pourvoir à son remplacement comme ils l'eussent fait avec les billets de 1914.
Les commerçants que je vois autour de, moi ne sont-ils pas, de leur côté, enclins à croire que faisant facilement des affaires ils n'ont pas besoin d'apporter la même sévérité que leurs pères dans la dépense de tous les jours ? L'inventaire est favorable et combien ont le souci de rechercher là qualité du bénéfice qui se dégage ; combien se demandent si les billets à valeur appauvrie ... ce qui figurent dans leur caisse permettraient de reconstituer le stock en magasin

La situation de bon nombre va de la sorte, en s'effritant sans même qu'il s'en doutent du petit au grand. Partout, même habitude pas d'explication de ces errements ?
Pendant plus de dix "ans lès gouvernements ont nourri le pays d'illusions.
Une partie seule du problème sera résolue. A coté des affaires de l'Etat, il y a les affaires de la nation. Je m'explique en prenant la comparaison dont j'ai déjà tissé :.

La Nation, est une grande maison de commerce, une grande firme, pour s'approcher davantage des réalités, qui vend, qui achète qui a des frais généraux correspondant au budget de 'l'Etat ; qui doit couvrir aisément les dits frais, aidé d'un minime pourcentage sur ses bénéfices, mais, qui doit surtout réaliser un profit.
Tous les ans, avant la guerre, la France était au-dessus de ses affaires, chacun le sait;. Mais le cataclysme est survenu. Nous y avons perdu un tiers au moins de notre richesse acquise, Nous avons, notamment ! vu s'effondrer ce qu'on a justement appelé notre magnifique portefeuille étranger de 45 milliards de franc-or, au minimum. Voilà ce que représentaient nos créances sur les peuples jeunes ou en voie de développement, qui avaient fait appel à notre concours. Ces placements nous valaient une rente de 2 ou 3 milliards or, qui a presque complètement disparue. Pareille somme manque ainsi à notre actif annuel.

Pou remédier à cet état de choses, il ne faut pas avoir recours à des emprunts. Des emprunts ? C'est la victoire du Mont de-Piété Mais comment notre volonté de redressement pourra-t-elle, devra-t-elle se manifester Il faut nous discipliner nous-mêmes, il faut faire confiance à l'Etat, il faut l'aider dans les opérations de crédit qu'il devra entreprendre, mieux que nous ne l'avons aidé l'en dernier. J'ajouterai qu'il faut essayer, chacun dans notre sphère, de rendre plus efficiente la production de la nation en même ; temps que de modérer notre dépense.
Nos devoirs maintenant, à nous autres parlementaires : il faut transformer nettement nos méthodes de travail, collaborer sans arrière-pensée à l'œuvre entreprise par ceux qui gouverneront demain ou après-demain, à condition qu'ils apportent un programme positif réfléchi, adapté aux exigences de la réalité ; à condition aussi que les gouvernements disciplinent notre finance Il est intolérable que s'ébauchent des féodalités , il est inadmissible que se constituent des Etats dans l'état prétendant à dominer à régenter la nation, à dicter leurs volontés aux pouvoirs publics.

C'est un programme limité qui n'implique, pas les réformes souhaitées, appelées parle peuple, Qui parie ainsi ? Ce n'est pas moi.
Dans l'ordre des lois militaires dans l'ordre de l'instruction, dans l'ordre de notre législation civil et pénale, est-il rien de plus désuet que nos codes, que de refontes à entreprendre ?

J'entends qu'a ces rénovations, auxquelles s'ajoute la transformation des habitations ouvrières la lutte contre l'alcoolisme, que j'aurais du placer eu tête, comme elles devraient figurer au premier rang de tout programme démocratique et.il va de soi, les assurances sociales complètent le réseau des lois ouvrières .
J'entends, dis-je, que toutes ces réformes sont exclusives de l'esprit de passion et que s'il faut en croire Saint-Evremond : " Les affairés se font par dos hommes que la passion emporte plus souvent que la politique les conduit.
Mais un grand; pays comme le nôtre se doit à lui-même d'infliger un démenti à la parole de 1 écrivain du, 17è siècle. Il lui faut apprendre à se dominer lui; il faut comprendre qu'à certains moments il court le risque de perdre les leviers de commande.
Quel dommage en Résulterait pour la France pour l'Europe, pour la Civilisation. ;
LA DÉPÊCHE ALGERIENNE

QUESTIONS ALGERIENNES
LE TIERS COLONIAL
Le budget de la colonie; pour 1927 comprend 200 millions do travaux mais à exécuté sur emprunts et particulièrement sur un emprunt de 34 millions à effectuer en 1926 ; si les plus values escomptées grâce à la baisse du franc ne sont pas réalisées Ou bien le franc se relèvera et l'emprunt est une opération onéreuse puisqu'il faudra rembourser davantage en valeur or qu'on n'aura louché ; ou bien si le franc continuait à baisser, ce sera une spéculation peu louable pour des assemblées qui proclament leur sagesse et leur habileté au lieu de laisser ce soin à des juges plus impartiaux. M le Gouverneur Général dans son discours à l'ouverture du Conseil supérieur a approuvé cette politique financière en disant :
Sans, doute la dépréciation du franc nous donne actuellement un avantage parfois "considérable, mais si nous ne profitons pas de cet " avantage " industriel momentané pour nous outiller ce n'est pas lorsque nous serons revenus à des conditions économiques, qui obligeront à compter au centime près que nous pourrons lutter. Faisons donc dès maintenant l'effort pour pouvoir réaliser d'importantes économies le jour où il nous faudra opposer à des concurrents offrant une valeur or des produits qui eux mêmes devront s'exprimer en valeur or. Cet avantage de l'emprunt s'il existe pour l'emprunteur, c'est au détriment du prêteur. Les Allemands en ont usé et abusé, qui étaient résolus à la faillite du mark; Et qui ont ainsi fait payer leurs travaux par les gogos étrangers. Mais quand le prêteur est citoyen français, quand l'emprunteur est l'État algérien, il ya une question de moralité, financière qui se dresse et qui doit se traduire par une sage prudence en matière de dépenses.

Les importantes économies doivent se réaliser de suite et non pas le jour où la concurrence sera devenue dangereuse.
Si le Gouverneur Général et les délégations se sont accordées dans le désir commua de faire d'importants travaux il n'en fut pas de même quant aux moyens de réalisation puisque M. Violette préconisait l'impôt sur les mutations et que les assemblées ont préféré l'emprunt.
Cette divergence de vues entre l'administration et les élus s'est surtout manifestée en ce qui concerne les œuvres intéressant les indigènes, assistance aux femmes en couches, primes pour la culture du blé et c'est ce conflit qui constitue la partie la plus délicate; même la plus dangereuse de la situation..
Les colons et l'administration; sont divisés non seulement sur ces points mais aussi au sujet du tiers colonial à attribuer aux fonctionnaires et ce sont les délégations indigènes qui arbitrent le conflit, c' est le danger Le rapporteur général du budget M Pantaloni a souligné que les indigènes payaient moins qu'ils ne recevaient et l'augmentation mais par des atténuation sur les tarifs de transports M, Pantaloni a rétabli quelque peu l'Equilibre au profit dés colons et des propriétaires indigènes en même temps: qu'il obtint des concours pour laisser indemnes les transports de phosphates.
M. Serda qui avait obtenu, la suppression des primes à la culture des céréales, a soutenu leur rétablissement aux plénières lorsqu'intervint M Brunel pour les réclamer et M. Lavie après avoir signé la protestation contre le développement du service de l'assistance aux mères indigènes a soutenu de son vote le crédit amendé. Ces hésitations montrent l'incertitude de l'heure en matière financière et le peu de convictions inspirées par les questions à résoudre.

L'atermoiement jusqu'à la session de décembre de l'attribution du tiers colonial aux fonctionnaires a été adopté.
Avec effet rétroactif le tiers colonial capitalisera des économies que chacun sera heureui de recevoir au moment du premier jour de l'an 1927.
P. COLONA

CES CHERS DELEGUES FINANCIERS
Abonné du journal socialiste LA FRONDE, j'ai envoyé la semaine passée à L AVENIR DE GUELMA, un article de démontrant que les délégués financiers se sont discrètement attribués un salaire quotidien de 100 francs avec les voyages gratuits sur les chemins de fer en déficit. Merci de l'avoir inséré et merci au " Progrès de Guelma " d'avoir affirmé par erreur que les socialistes approuvaient cette pieuse rémunération de services excessivement discutables.

Mais, rectifions, le public soit être détrompé afin de ne pas prendre les socialistes pour des fumistes…pardon je veux être régence, pour des opportunistes La doctrine socialiste ne permet pas de payer un politicien plus cher qu'un autre fonctionnaire et elle a en ce moment, moins de considération pour le premier que pour le second .
Quand les délégués feront payer les impôts dans la même proportion aux propriétaires comme aux ouvriers et aux fonctionnaires : quand ils appliqueront les lois sociales aux populations algériennes ; quand ils ne confondront plus la charité électorale avec la solidarité sociale.
Les socialistes ne regarderont pas à les payer les 100 francs par jour.
Nous n'en sommes pas encore là et pour y arriver, il faudra que disparaissent le veau d'or et la vénalité électorale.
Les idées marchant ?

UNE MANIFESTATION A ALGER
MOTION ADOPTÉE PAR ACCLAMATIONS

Les citoyennes et citoyens d'Alger réunis au kursnal d'Alger en nombre de QUATRE MILLE;
Considérant :
Que la hausse constante du prix de la vie et en particulier du pain constitue pour les travailleurs une chargé écrasante et qu'elle affecte le plus douloureusement les familles chargées d'enfants .
Que cette hausse en Algérie, n'est imputable ni à l'action des commissions officielles, ni à celles des Pouvoirs Publics, ni exclusivement, comme le prétendent les journaux bourgeois, à la hausse de la Livre et du Dollar, laquelle ne devrait avoir d'effet que sur les blés exotiques importés en Algérie ;
Qu'il est, en effet, notoire et indéniable que les minotiers algériens, qui effectuent leurs achats à la conclusion de leurs marchés au moment de la recolle poursuivent la rafle, des céréales à des prix rendus .avantageux par l'abondance des marchandises les entreposent et bénéficient ainsi, du prix mondial. Que cette organisation assure aux intermédiaires et à la minoterie des bénéfices énormes, procurés par une évidente spéculation et que tel est le résultat effectif si on en croit les bilans de certaines sociétés meunières
PROTESTENT avec la dernière énergie contre une situation intolérable, causée par la seule indifférence des Pouvoirs publics;
DEMANDENT au Gouvernement de hâter la création d'un OFFICE NATIONAL DU BLÉ, qui contrôlera, en achetant seul le commerce d'une denrée indispensable à la vie.
DEMANDENT à tous les représentants ouvriers de stimuler le bon vouloir des gouvernants pour activer le fonctionnement d'un tel office
Et, en attendant l'application de cette mesure générale.
INVITENT; les représentants ouvriers, dans les Conseils généraux et municipaux à arracher aux dirigeants bourgeois des bons de réductions du prix du pain; pour les familles nécessiteuses.
FLETRISSENT tous ceux qui spéculent sur le pain
SOUHAITENT l'avènement prochain d'une République où celui qui travail puisse manger sans inquiétude un pain gagné sans humiliation
Et les manifestants sortent et se groupent en cortège, pour aller porter au préfet cette motion

TRIBUNE LIBRE
Monsieur le rédacteur en chef,
Je constate que grâce aux nouveaux impôts votés par les délégués financiers, le sucre et le café viennent d'augmenter leurs prix ouvrant la porte à une nouvelle crise de vie chère.
Ces nouveaux impôts je tiens à le souligner, ne furent pas, exigés, par l'attribution du quart colonial aux cheminots puisque ceux-ci ont un budget spécial dont les déficits sont couverts par l'impôt sur les transports et l'augmentation des tarifs. Le nouvel impôt sur le sucre, sur le café et l'emprunt de 34 millions (à quel taux) ont pour but de permettre l'exécution partielle du programme des travaux. Le gouvernement général avait proposé d'augmenter les droits de mutation sur les propriétés, mais comme les délégués sont de gros propriétaires ils ont écarté cet impôt sur le mouvement des capitaux, pour frapper davantage les consommateurs- Exigences des cheminots qui en sont cause. Alors que tous les fonctionnaires du cadre métropolitain ou du cadre algérien touchaient depuis longtemps le quart colonial, les cheminots n'en touchaient qu'une partie. C'est donc un droit qu'ils revendiquaient et non une faveur qu'ils réclamaient. Les délégués ont réparé l'injustice commise à l'égard des cheminots et celle-ci avait disparu depuis longtemps si les élus avaient imposé aux -céréales, vins et phosphates le tarif de transport qui correspond au cours des produits
Les blés, les farines, les vins ne paient que 8 fois le prix du transport d'avant guerre et se vendent 5 fois plus cher qu'en 1918. La main-d'œuvre indigène n'a pas augmenté dans la proportion de 3, il y a donc bénéfice pour les propriétaires.
Et cependant le consommateur paie le pain et le vin 5 fois plus cher qu'autrefois - Il était donc excessif d augmenter encore les droits du sucre et du café comme il serait inexact de dire, que c'est le quart colonial des cheminots qui en fut cause.
Un cheminot

DISCOURS
Extrait d'un discours prononcé à la séance, de la Chambre du mardi 13 Juin courant à l'accélération injustifiée du blé, et par suite de farine et du pain, inspire les plus vives inquiétudes au gouvernement. Le moment est venu de brider la spéculation.
" Si le prix du pain devait doubler, d'ici l'hiver prochain, je ne tolérerais pas ce scandale. Dès maintenant, je tiens à dire que j'envisage la déclaration des récoltes et, s'il le faut, la TAXATION ET LA REQUISITION. Pour l'importation, on examinera la création d'un office.
"AUX CIRCONSTANCES GRAVES DOIVENT CORRESPONDRE DÈS MOYENS EXCEPTIONNELS.
Vous pensez certainement que ce discours est de compère-Morel ?
Erreur, ces paroles sont de M. François Binet, ministre de l'agriculture du cabinet J.Briand.
Est-ce que la peur de la faillite serait le commencement de la sagesse ?

UNE LIGUE CONTRE LA VIE CHERE.
Ces scandales fariniers ne doivent pas nous faire perdre de vue la spéculation éhontée sur les autres denrées. La viande monte tous les jours. Connaissez-vous dés bouchers qui se ruinent ? Les épiceries atteignent des prix fous. L'huile en 15 jours a augmenté de 3 francs, le savon de 15 sous au kilo, les pâtes alimentaires de 0.60au kilo. L'inventaire détaillé se ferait aisément au bruit des récriminations éperdues des ménagères. Il n'est pas jusqu'à la pomme de terre, la tomate, le chou, la figue fraîche, la salade, qui n'atteignent les prix glorieux des primeurs d'avant guerre
A cette offensive audacieuse de la mercanti opposons une digue, constituons sans désemparer une "Ligue contre la vie chère" dont la tâche consistera, à dépister les stockeurs, à préciser les spéculations à énoncer lés ennemis du peuple et à obtenir contre eux les sanctions qu'ils justifient, TOUTES les sanctions.
Extrait du journal : " DEMAIN "
UN CHEMINOT

M. BRIAND ET LE POUVOIR
M. Aristide Briand est parti une fois de plus en beauté pour mieux revenir. C'est assez son habitude. Neuf fois président du Conseil, il n'a été renversé que trois fois, les six antres, il a quitté le pouvoir volontairement : sinon à son heure, car il n'en fut pas toujours le maître du moins à son gré, car il pouvait rester. Et trois fois il n'a fait qu'une fausse sortie, donnant aussitôt un nouveau cabinet Briand pour successeur au cabinet Briand démissionnaire. I' Curieuse carrière d'un chef du Gouvernement, unique même dans les annales de la la politique française, mais qui s'explique par l'homme, par son caractère ou plutôt, par son tempérament, par son infinie souplesse, par son génie de manœuvre politique, par celle sorte de prédestination pour le pouvoir que personne ne pourrait lui contester. Et cette carrière bien que remplie, puisque M. Briand a exercé le pouvoir pendant plus de 5 ans, n'est que d'un vieux relativement neuf puisque l'étoile qui la demande ne s'est levée qu'il y a tout juste 20 ans, quand, au printemps de 1900, M. Sarrien fit pour la première fois de M. Briand un ministre
Après la dislocation du Bloc des gauches par la défection des socialistes respectueuses des décisions désastreuses du congrès d'Amsterdam, l'opportunisme louvoyant de M. Bouvier avait vite lassé les républicains. Le 14 mars-1906. M. Sarrien. formait.une première équipe de concentration des gauches et 'elle' était fameuse ; MM Bourgeois. Poincaré: Clemenceau, Doumergue, Leygues ,- ! C'étaient les chefs mêmes des différents groupes parlementaires. Et M. Briand était l'auteur de la loi de séparation. , ! . A la vérité, M. Briand venait de loin. Il ; venait de la gauche du parti socialiste dont il avait été l'orateur fougueux dans maints i congrès il venait de la grève générale et de la revendication syndicaliste la plus formelle ; Mais il avait montré a la Chambre le plus remarquable des dons de compréhension - et d'adaptation et il s'était révélé, dans la discussion de la loi de-séparation, comme un politique avisé, comme' un véritable homme d'Etat.
L'exercice du pouvoir à l'Instruction Publique et aux Cultes avec M. Sarrien, puis à là Justice avec M Clemenceau, le murirent-t-il si bien que trois ans suffirent pour qu'il devint président du Conseil à son tour.

C'est le 24 juillet 1900 que M. Briand forma son premier cabinet M.Clemenceau venait d'être renversé par M. Delcassé interpellant sur la Marine.
La manière assez brutale dont avait usé le président du Conseil vis-à-vis de la classe ouvrière avait d'autre part mécontenté les gauches. On vit arriver avec plaisir M. Briand. Il choisit comme collaborateurs MM. Bairthou, Piclion, Cochery, Doumergue, Millerand, Viviani, Jean Dupuy, Ruan, Trouillot, le général Brun et l'amiral Roué de Lapeyrère.
Ce fut un ministère d'apaisement. Dans son discours de Périgueux, le président du Conseil dénonça, on s'en souvient, les " mares stagnantes " et les scrutins d'arrondissement.
Un an après, il se heurta aux difficultés considérables de la grève générale des cheminots. Quand, à ce sujet, M. Briand déclara à la Chambre qu'il n hésiterait pas le cas échéant, à recourir à l'illégalité, il souleva une telle tempête qu'il jugea prudent de se retirer en octobre 1910
...Mais pour revenir aussitôt avec de nouveaux ministres : MM. Girard, Klolz, Puech, Raynaud, Maurice Faure, Jean Morel, Morel, Lafferre. Ce second ministère que les gauches saluèrent du nom de "cabinet de gens de maison ", ne tint que trois mois. M. Malvi le renversa en février 1911 en interpellant sur les congrégations. On revint avec moins à la politique radicale quand Poincaré devint président de la République en janvier 1913, M.. Briand qui était son Garde des Sceaux le remplaça au Gouvernement

Ce troisième cabinet, qui compte en fait pour deux puisque, constitué le 21 janvier 1913 après l'élection présidentiel est confirmé dans ses pouvoirs lors de la prise de possession de Elysée par le nouveau Président le 18 février, dure juste deux mois.
Le 18 mars 1913, il est renversé au Sénat sur une rude intervention de M. Clemenceau sur la représentation proportionnelle.

La situation du Gouvernement, était difficile. Il hésitait d'une part à réclamer un service militaire de 3 ans et il réclamait d'autre part l'abolition du scrutin d'arrondissement. Les gauches eussent à la rigueur accepté la loi militaire que M. Barthou devait faire voter.
Presque aussitôt après, elles ne consentaient à aucun prix à se rallier à la représentation proportionnelle, et â l'expérience du système en 1919 devait si bien leur donner raison que M. Briand lui-même est revenu depuis lors de son erreur.
L'histoire depuis la guerre, même l' histoire politique est trop gravée dans toutes les mémoires, pour qu'il soit nécessaire de s'entendre beaucoup sur les derniers gouvernernents Briand.

Le 30 octobre 1918, il succède à M. René Viviani qu'il conserve d'ailleurs comme Garde des Sceaux et il forme un cabinet d'union sacrée dans lequel il réunit MM. Ribot, Delcassé, Malvy, Painlevé, Sembat, Clémentel, Mélino, Doumergue, Métin, le général Galliéni et l'amical Lacaze, et comme ministres d Etat ceux; que l'on a appelés le chœur des vieillards MM de Freycinet, Combes, Guesde, Léon Bourgeois et Denys Cochin.
Le 13 décembre 1916, il réforme son cabinet sans avoir été renversé mais sur les bases exactement contraires à celles exactement contraire sur lequel il avait assis son précédent ministère au lieu de multiplier les portes feuilles il en réduit le nombre. Ainsi M. Viviani dirigera la fois la Justice de l'instruction Publique, M Clémentet, le commerce l'Agriculture et le Travail, M. Edouard Herriot, le Ravitaillement, les Travaux publics et les Transports.,' Il est vrai qu'ils sont secondés de nombreux sous secrétaires d'Etat.

Démissionnaire en mars 1917; M. Briand ne revient aux affaires que le 16 janvier 1924 avec les hommes du 'Bloc National' : Bonevray, Lefévre, du Prey, Puis, Dior, Colrat, Léon Berard, Leredu, Maginot, ce qui n'empêche pas d'être violemment attaqué à propos de la conférence de Cannes, si bien même qu'en dépit de l'ordre du jour de confiance de la Chambre, il se retire 12 janvier 1922, pour faire place à M; Poincaré.
Les deux derniers ministères Briand sont d'hier ramené vers les gauches aux élections de 1924, il a soutenu le premier cabinet Herriot, il a pris le portefeuille des Affaires étrangères dans le cabinet Painlevé et il a remplacé celui du 25 novembre 1925, Le problème financier qui avait provoqué la chute de son prédécesseur l'a obligé à changer deux fois de ministre des Finances, puis de reformer, le 6 mars dernier, un autre cabinet, celui qu' il a lui-même dissous mardi 15 juin

Le propre de M. Briand c'est d'avoir gouverné avec tous les partis. Les grands changements politiques ne l'on pas affecté. Il s'est successivement adapte à tous. Il forma des ministères de toutes sortes et même contraires.. Lui-même s est comparé au pendule qui bat tantôt à droite tantôt à gauche pour conserver l'équilibre. On comprend que, comme pendule, il ait beaucoup oscille.
L'Algérie

AU CONSEIL SUPERIEUR
M. Serda a soulevé uns question intéressante à propos du commerce des tabacs avec l'Espagne; Depuis de nombreuses années, l'Espagne se plaignait de la contrebande des tabacs qui partaient d'Algérie sur des navires de petit tonnage et pénétraient sur le territoire espagnol. Ces plaintes furent reconnues fondées, et l'on rechercha un moyen d'empêcher la contrebande, qui portait à un pays voisin un réel préjudice. On le trouva dans un modus vivendi en vertu duquel les tabacs, algériens fabriqués à destination de l'étranger, ne .pourraient plus être transportés que sur des navires de 1.300 tonnes au moins. En échange de cette sujétion, maritime, la Compagnie fermière des tabacs espagnols s'engagea d'acheter annuellement, à l'Algérie des tabacs en feuilles, pour une somme de 3 millions de francs. Cet engagement n'a été tenu que dans une proportion bien inférieure à celle qui avait été fixée, tandis que l'Algérie a rigoureusement maintenu l'interdiction d'exporter sur des navires d'un tonnage n'atteignant, pas 1500 tonnes au moins.
M Serda a demandé au gouverneur général de dire ce qu' il pensait de cette situation. Dans sa réponse, M. Violette a fait remarquer que l' accord visé par les observations de M, Serda, et sanctionné par un décret, allait devenir caduc, du fait que les accords commerciaux existant entré, là France et l'Espagne prenaient fin le 1 juillet prochain.
Désireux de seconder les vœux des groupements de l'agriculture, et du commerce qui, sur l'initiative de M Serda, ont insisté pour que l'Algérie ne soit pas écartée des pourparlers devant aboutir a de nouveaux accords. Violette à reçu l'assurance du ministre du commerce que la colonie sera représentée par deux délégués dans la compagnie qui sera chargée d'élaborer ce projet, ce n'est pas seulement la question des tabacs qui y sera examiné, mais toutes 'celles touchant aux intérêts de l'Algérie. On appréciera toute l'importance de cette mesure.

ECHOS
Comment vint le tabac
Une légende arabe rattache l'origine du tabac à là vie de Mahomet.
Dans la campagne, où il se promenait le prophète faillit écraser un serpent engourdit par le froid, il en eut pitié, le prit dans ses mains et le réchauffa
Ranimé le serpent dit a Mahomet.
- Tu es le Prophète ; sais-tu que je vais te mordre ?
Et pourquoi? demanda le Prophète.
Parce que ta race est l'ennemi de ma race, et qu'elle s'efforce de là détruire.
Mais toi-même et tes pareils, vous êtes ennemis des hommes et, chaque jour, vous tuez des miens. Je t'ai sauvé la vie pourtant. Comment peux, tu ne m'en avoir aucune reconnaissance ?
- La reconnaissance n'existe pas dans le monde, réplique le serpent. Si je t'épargnais toi-même ou l'un des tiens me tueriez un jour. Par Allah ! Je vais te mordre.
Puisque tu as juré par Allah, je ne veux pas te pousser, à faire un parjure, mords-moi donc, dit Mahomet, en tendant sa main au serpent.
Et le serpent le mordit.
Le Prophète suça la morsure et cracha le venin à terre. A la place ou le venin du serpent et la salive du Prophète étaient tombée une plante poussa qui réunit en elle le poison du serpent et la miséricorde du prophète.
C'est cette plante que les hommes ont appelé TABAC.
Mahomet pour notre bourse et notre santé, eut aussi bien fait de s'épargner de miracle
Encore qu'une bonne pipe..,

LE COIN DU GRICHEUX
Festival du 14 juillet.
En ville le bruit retentit la Société philharmonique prend part au Festival qui a lieu à Bône le 11 Juillet prochain.
Au conseil municipal la somme clé 1.200 francs est votée pour permettre le déplacement de soixante-dix (!'...?. . ) musiciens. (La Philarmonique ne comprend que 35 musiciens clique comprise.)
Et cependant-nous savons de source bien informée que la Philarmonique ne concourra pas. Cette vieille société à été classée au dernier Festival d'Hyères, avec M. Lejus comme directeur en 1° Division et ne peut donc figurer en division inférieure.
Mais soixante-dix (..?..?) musiciens se déplaceront pourtant, prendront part sans doute au défilé, et feront la fête avec l'argent de nos contribuables.
C'est cynique ! et c'est vrai !
Le chef de musique actuel M. Gaspérini veut aller à Bône cueillir les lauriers.
Autrement dit c'est ce qu'il veut faire croire à quelques-profanes, ses admirateurs !
C'est de la politique, me répondit, l'autre jour; Bouras,
Contribuables payez vos impôts et si Vous faites votre devoir en excellents citoyens l'année prochaine au lieu de soixante-dix musiciens il y en aura cent quarante qui s'offriront le prochain "Concours "

LE SQUARE
.
En cette agréable saison il est vraiment regrettable que le public Guelmois ne puisse se promener dans le Square; au delà de 7 heures du soir.
L'accès, dans-le square n'est permis qu'aux heures où le soleil darde ses rayons brûlants.
Puisqu'un gardien est subventionné pourquoi; ne lui donner pas l'ordre, de laisser le square ouvert jusqu'à 8 heures du soir.
Tel est le désir de la population que nous nous faisons un devoir d'exprimer ici.
CHARLY

CONTRIBUTIONS VOLONTAIRES. HELIOPOLIS FORMATION DE SON COMITE
Pour le relèvement du franc; ont été désignés ; Messieurs Génisson, François Maire,'' Président; Bùey François. Adjoint.: Guiraud André, Propriétaire; Çostes Capitaine en retraite, Gros Joseph Ingénieur Chiheb Mebrouk, Miboubi Mohamed , Maghadehia Salah, Propriétaires, Kahalerras Mohamed, garde Champêtre ainsi que Mesdames les Institutrices et monsieur l'Instituteur exerçant au village.
Dés le premier jour chacun d'eux imbu , de l'idée patriotique pour laquelle il agissait sût trouver des termes appropriés à la circonstance, pour faire délier sans, trop d'effort, le cordon de la bourse de celui qu'il sollicitait.
Aussi, après avoir jeté un regard sur le total encaissé 18.769 fr 40 parmi la population de ce centre qui n'est que de 2972 habitants, ils eurent la joie d'éprouver la douce satisfaction du devoir accompli.
Tous nos remerciements vont à ces dévoués quêteurs ainsi qu'aux généreux donateurs.
Liste de souscription communale.
En francs
MM Génisson François 2.OOO, Buey François:250,Giraud André 150O. Famille Rongier Pierre 2 500, Rongier Charles Emile 4oo, Boujol Paul 1000, Galdès Jean, propriétaire 2000, Gremmo Celestin entrepreneur I64 ,Galdès Jean 50 Morrachini Facteur-receveur l00, Cros Ingénieur 50, Lameur 5, Séréno Pierre 10, Mmes Séréno Pierre 10, Vve Goiran 10, Vve Puech Joseph 2O. MM. Sélogue Edouard 10, Tobiana Instituteur 30, Hébrard Jph et Vve Combes. 40, Ferrari Fçois 20, Ferrari Louis René (fils) 5, Bodiot Paul 10, Pouydebat. Conseiller municipal 50, Rongier Alexandre 150, Goiran Louis 20, Roux Gabriel 20, Caréné Augustin 50, Bouveret Emile 150, Costes Alfred 100, Vve Grat 10 Claustres Léon Chef meunier 10. Saurat Emile conseiller municipal 200, Vve Schneider 5 Séréno Charles agriculteur 100, Fernandès Emile 10, Gaucci Joseph 20, Teuma Salvador 25, Farris Rosalie 10, Vve Houillon Nicolas 10, Roux Yvon 20 Vve Vella 5. Vve Berbach Emile 50, Morot Adolphe 10, Famille Azzopardi Francois 100, Lechevanton Nicolas 5, Houllion Julien 20. Pages Joseph 5, Monge Joseph 20, Coti Horace 20, Buey Benjamin 100, Thomas Elysée 500, Marroseddu Antoine 5, Missd Charles 20.
Mecheta Bouguergar MM Maguadela Sala 20, Dahmoun Boudijma 5, Boubeker Belkacem 5, Toubi 'Mebarei. 5. . Drici Larbi 5. Abid Ayèché 5 Aidoui Ammar 5, Dithiallah 2,:Sp Addioui Ammar.5 Mica 5. Belloala Mohamed 5, Alluipud .. Sallah ?' 'Rentri Amar 10, Hanza Moktar 5, Hamida ! Bëlkacem 5 Bédri Salah.2. Harmaehi Embarak 10. Saaïda Àmmar' 10, Saaïda Ali 10,! Hiineur Mouloud i5. Geurroui ,amar 5, Abid 10, Addoui Amed 2, Boucheren Boudjema 150 (à-suivre).

NOUVELLES LOCALES
NECROLOGIE
La mort implacable vient de ravir à l'affection des siens notre très regretté concitoyen M. Jean-Baptiste Lacroix âgé de 57 ans
Les obsèques ont eu lieu mardi au milieu d'une affluence considérable qui s'était fait un devoir d'accompagner à sa dernière demeure l'homme de bien qui disparait.
En cette douloureuse circonstance, nous prions les familles affligées par ce deuil cruel de recevoir nos condoléances attristées

Une vieille figure Guelmoise vient de s'éteindre Mme Vve Emile Rousselle, âgée de 72 ans est décédée à Bône
Nous adressons aux familles en deuil nos sincères condoléances.

SUCCES UNIVERSITAIRES
Nous sommes heureux d'enregistrer1e brillant succès remporté par; M Yves Prunetti, fils de Mme et de notre sympathique ami . M. A. P Prunetti à la 2e année dé licence en droit.
M. Ben Bahmed Mustapha est reçu â la 3eme année de licence en droit, M. René Rodière est reçu à la première année de licence en droit.
Nous félicitons sincèrement les jeunes lauréats ainsi que leurs familles.

SUCCES SCOLAIRES.
Ont été reçu au Brevet Elémentaire Mlles Richardot, Séréno Abela, Krièf, MM Richardot, Médour et Mimouni.
Mlle Paule Durand est reçue au concours d'admission à l'Ecole normale.
Mlle Antoinette Durand est reçue au Brevet supérieur de fin d'études à l'école normale.
Nous adressons nos chaleureuses félicitations aux lauréats ainsi qu'a leurs parents.

HYMENEE
Nous apprenons avec plaisir le prochain mariage de M. Joseph Giudice, tailleur avec Mademoiselle Adélaïde Marius.
Nous adressons nos meilleurs vœux aux futurs époux et nos sincères compliments aux honorables familles que cette union va rapprocher.

GRANDE KERMESSE. La Ligue des familles nombreuses présidée par notre sympathique ami M. Dutheil organise une grande Kermesse qui aura lieu Samedi 3 juillet à 21 heures à la Halle aux Grains et dimanche après midi au square, à 15 heures.
Grâce à une organisation impeccable cette Kermesse promet d'obtenir un éclatant succès.
Nous convions instamment la population Guelmoise et des environs à assister en foule à ces superbes réjouissances.;

A VENDRE
Un générateur acétylène (4 heures) Nickelé. Parfait état.
-S'adresser au bureau du journal
L'Imprimeur Gérant. Charles DANAN.

UNE HEUREUSE INITIATIVE
Nos colons se réjouissent en apprenant que Jean Labianca est dépositaire à Guelma de sacs et de bâches de la maison st Frère.
Pour la vente et la location s'adresser angles des rues négriers et Sadi Carnot.

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