UN HORRIBLE GUET-APENS.
Jeudi 28 octobre dernier un horrible assassinat a provoqué une profonde émotion dans notre ville.
Ce jour là, vers 2:00 , Boukhari Amar ben Ahmed, fils d'un notable indigène Broukhari Hamed chérif, chef de la confrérie Amaria, prenez paisiblement un thé dans un café maure . A la suite d'une discution qu'il eut avec Soussi Bachir et Bensouila Saïd, Boukhari fut malmené par ces derniers.
Des amis sont intervenus et ont mis un terme à cette fâcheuse situation. Après quoi Boukhari est resté jusqu'à 21:30 au café maure, ne paraissant nullement inquiet à la suite de sa mésaventure.
Son habitation était à 800 m environ ; Boukhari songea en raison du temps menaçant et de l'heure tardive à rentrer chez lui.
Au seuil de sa demeure, il reconnut Soussi Bachir et Bensouila Saïd. Surpris il leur demanda : que faites-vous là ? " Le malheureux Boukhari pas le temps de faire un geste, ni de dire un mot , Bachir bondit sur lui, le rouant de coups et le jeta à terre.
Bensouila Saïd souffrant d'une haine ancienne sentit le moment opportun d'assouvir sa vengeance. Il tira son bou Saadi et menaça sa victime : celle-ci leva les bras pour parer le coup, mais Bensouila Saïd le serrant dans ses bras, en même temps que son complice fit glisser dans sa chair le tranchant de son arme, avec un plaisir sauvage, répétant le mouvement jusqu'à ce que l'os l'eut arrêté.
Il crut à ce moment trancher la gorge mais ne fit qu'ouvrir affreusement l'avant-bras du malheureux.
Leur forfait terminé les misérables prirent la fuite.
Boukhari gisait dans une mare de sang, et ce jusqu'au matin
Aussitôt, prévenu, les parents s'empressèrent auprès de l'infortuné et lui prodiguèrent des soins dévoués.
Les gendarmes se rendirent à son chevet et entendirent le récit de ce drame épouvantable, après quoi Boukhari rendit son dernier soupir.
Soussi et Bensouila ont été arrêtés et mis sous mandat de dépôt
Ce crime longuement prémédité ne laisse aucun doute sur cette présomption
Saïd n'eut aucune attitude réfractaire au cours des altercations qui eurent lieu en ville et feignit de ne pas y prendre part.
Le complice Soussi se chargea de la mise en scène, tandis que le Bensouila Saïd réservait sa proie pour le supplice
La population très impressionné par cette horrible attentat, espère que le poteau d'exécution se dressera sur la place Saint Augustin pour châtier comme il convient les deux ignobles assassins.

NOUVELLES LOCALES Hyménée Nous apprenons avec le plus vif plaisir le prochain mariage de Mlle Bonan avec M. André Hauser industriel à Paris.
Nos meilleurs vœux de bonheur aux futurs époux et nos sincères compliments à leur famille.

SUCCES
Notre concitoyen M. Blaise Giudice vient de remporter avec succès le diplôme et la médaille d'or de l'école de coupe de Paris. Nous lui adressons nos sincères félicitations.

NAISSANCES.
Mme et M. Constant Saïd, propriétaire, sont les heureux parents d'un joli garçon, nous formons nos meilleurs vœux pour le nouveau-né est adressons nos compliments à ces heureux parents.

UN COURS INSALUBRE
Le coin situé au-dessus du square et en face de la place Saint Augustin aurait pu servir à d'autres usages à celui des latrines.. Mais puisque cela est, il serait convenable, sinon indispensable de modifier la construction
Ces latrines dégagent une odeur très forte et surtout de très désagréable. Le lundi c'est une infection parce que les nombreux indigènes venus au marché, donc sans abri, et dépourvus de commodités, viennent s'y soulager.
Un moyen fort simple pourrait parer à cette seule situation, remplacer ces ignobles latrines par un cabinet d'aisance où les entrées seraient payantes.
Un mutilé et y trouverait une situation, la commune du bénéfice, les étrangers un précieux endroit et le public ne se plaindrait plus de respirer cet air empesté qui se propage juste que sur la place.
Nous nous faisons l'écho de la population. Pour prier le service compétent de remédier sans retard à cet état d'insalubrité publique.

THEATRE.
" Ma cousine de Varsovie " a obtenu, hier sur notre scène un succès des plus brillants.
L'interprétation fut parfaite, les talentueux artistes chaleureusement applaudis
D'autres spectacles très intéressant nous seront annoncés, aussi convient-il de féliciter les dévoués organisateurs.

FIANCAILLES.
On nous annonce les fiançailles de Mlle Rose Quissac, de Marseille, avec notre concitoyen M. Pascal Politano, entrepreneur d'électricité et de ferblanterie.
Nous adressons nos sincères compliments aux heureux fiancés ainsi qu'à leurs familles

NAISSANCES.
Ifrah Yvonne Esther ; Gouitta Simon ; Bouhoure Claude Charlotte Émilie ; Palluel Lucien Marceau ; Noce Norbert Vincent ;

DECES.
Juvin Émile Lucien,

PUBLICATION DE MARIAGES
Calleïa Lucien Jean Laurent, Farrdjia Joséphine, Molins François Charles, Rosa rose Anna, Jannot Eugène Marie André. Fortier Charlotte Julienne-Marie, Nabeth Jules Pinhas, Nabeth Louise Embarka..

MARIAGES
Lacroix Jean-Pierre, Pautard Jeanne Marie, Mollins François Charles, Rosa rose Anna, Marchisio Pierre Mathieu, Franchi Adèle Henriette Émilie, Calleia Lucien Jean Laurent, Farrdjia Joséphine.

DIVORCES.
Kaemmerer Jules, Manca Marguerite Françoise, Morio Albert, Politano Lucie.

ETAT CIVIL.
Musulmans Naissances : 83.
Décès, 24. Mariages zéro, divorce, zéro

TRIBUNAL DE COMMERCE .
Vérification - Les créanciers de la faillite Barbaglia Eugène entrepreneur de transports à Tébessa sont invités à se réunir le 1er décembre 1926 à 3:00 du soir, dans la salle des créances, sise au palais de justice, dite ville pour la vérification et l'affirmation de leurs créances.
Déposez vos titres et bordereaux entre les mains de M. Trazzini syndic.
Le greffier Ricard

AVIS
Le samedi 18 décembre 1926 à 10:00 du matin, il sera procédé à la sous-préfecture de Guelma à l'adjudication au rabais sur soumission cachetée, des travaux de rechargement de la chaussée des kilomètres 3,9,15, 21, 23 vingt quatre du chemin de GC numéro 41 de Tébessa à Thala , communication des pièces la préfecture de Constantine et de 14:00 à 16:00 et dans les bureaux de l'ingénieur ordinaire bulletin numéro 10 à Guelma rue Jugurtha de 11:00 et de 13:00 à 16.00.

DELEGATION FINANCIERE.
La session s'est terminée sans grand fracas. Il n'y avait pas de quoi, d'ailleurs la conclusion de cette session étant 110 millions d'impôts nouveaux sans 'compter la sauce'.
Séance du matin agitée. On y a discuté surtout la question au fond secondaire, du crédit de 2 000 000 demandé par le gouvernement Français pour amortir les gouverneurs actuellement loués aux compagnies de navigation. Question secondaire, car, ce qui importait ce n'était pas la somme, mais ceux qui l'on oublie trop souvent en France la manière de faire.
Les Algériens, ont longtemps constaté une fois de plus, et ne veulent pas qu'on décide sans leur demander leur avis de la façon à laquelle ils seront accommodés.
Ils l'ont prouvé.
Ils ont manifesté une fois de plus que, malgré l'influence des grandes compagnies, il n'admet pas le monopole du pavillon, qui, chose extraordinaire, ne joue que pour notre seule colonie.
M. Pantaloni, au nom de la commission des finances, dépose la motion suivante qui combat les propositions gouvernementales Les délégations financières Algérienne, rappelant la motion votée par elle dans la séance du 11 juin 1926, et par laquelle elles se sont déclarées prêtes à s'inscrire au budget de l'Algérie un crédit annuel de 2 500 000 fr., représentant leur participation à une caisse particulière, à créer, pour le remplacement ultérieur des huit paquebots de l'État sous la double condition.

TRIBUNE LIBRE.
Savoir se taire
Monsieur le directeur.
Je suis un lecteur assidu de votre journal et surtout de la dépêche de l'Est ; et cela parce que je suis de votre pays, parce que je suis catholique et même antisémite. A mon âge on ne saurait changer et je crois que la France n n'avait rien à gagner à faire des colonies à franciser des métèques qui ne peuvent altérer son esprit national et sa moralité politique et religieuse.
Bref, c'est en lisant la dépêche de l'Est que j'ai connu le discours que M. Panisse a prononcé en quittant la mairie et en installant son successeur au tribunal, et cela a réveillé dans ma pensée de vieux souvenirs bien différents des doctrines du jour.
Le petit Panisse, comme nous disions alors sans intention désobligeante, mais par ce qu'il soit petit, grand, moyen, combattait de toutes ses forces les Rouyer, les Renier, derrière lesquels suivait lentement le jeune Cotoni.
Dans ces temps lointains monsieur Panisse ne prêchait pas l'union. Il n'entendait pas attendre. Il lui fallait la mairie tout de suite, la Légion d'honneur à brève échéance et les bons juifs parqués dans les magasins depuis la veille allaient au scrutin en voiture, encadrés par des costauds, le billet de vote à la main.
M. Panisse décrocha la mairie, le ruban avant son père qu'il sollicitait aussi, mais c'était insuffisant pour sa pétulante activité, il lui fallut le conseil général, le conseil supérieur toutes les étiquettes de pharmacopée politicienne.
Même il désirait être sénateurs, député ou trésorier général. M. Cotoni plus simple, plus timoré aspirait seulement au ruban violet, aux fonctions de sous-préfet et en fin de compte après avoir quitté l'antisémitisme pour l'opportunisme, d'un rendement meilleur, il réussit à décrocher une étude, puis la Légion d'honneur et la mairie de Guelma.
M. Maurinaud aussi était alors antisémite et député, mais le préfet à poigne dont le nom s'échappe à ma mémoire affaiblie Inventa la conciliation en laissant au député la mairie de Constantine et les chances d'avenir.
Cette accalmie était nécessaire car les antisémites étaient violents.
De puis on entendit plus parler que des bienfaits de la conciliation, de l'union jusqu'au jour où l'on s'aperçut que tout cela n'était qu'une convention pour laisser les hommes en place ou développer des situations acquises. Les caisses que monsieur Panisse entend pas l'une en ? Celle des catholiques et des protestants, des chrétiens et les musulmans, des arabes et les juifs, les communistes et des conservateurs, des ouvriers et des banquiers les Américains et les Japonais, d'Horiot avec le général Castelnau ? Mais non c'est beaucoup plus simple ; il demande à tranquillité pour ceux qui, autour de l'assiette au beurre se partagent les prébendes de la république.
Il y a des agents communaux qui pendant des années ont attendu une augmentation nécessaire et qui ne l'ont obtenue que parce que l'union était rompue. Il y a des plaideurs qui trouvent que la justice est inabordable vue l'élévation des prix et qui ne peuvent accepter l'union sans que le tribunal ait tranché entre leurs conceptions diverses. La conception politique de l'union est-elle au demeurant à sa place dans un tribunal qui consacre officiellement la désunion des divorcés et qui doit se placer au-dessus de la politique pour juger les différents ? Les avoués vivent-ils largement de ces différents que l'union empêcherait de se produire ? Si oui, l'union n'est qu'une une solution de circonstances et d'exceptions et l'opposition des idées des intérêts et la forme vitale des questions sociales tout cela n'empêche M. Cotoni, monsieur Panisse ni M. Maurinaud d'être d'excellents, d'avoir d'heureux caractère, d'être de bons avocats. Mais ce qui les a placés au ils sont c'est de savoir parler ou de savoir se taire plutôt que de savoir attendre. C'est d'obtenir la paix et non l'union, de la lassitude des combattants après avoir remporté une victoire qui s'indiquait comme capable d'être éphémère qu'il avait duré.
M. Maurinaud parlait beaucoup et vite mais sa phrase était concise pleine de faits et de pensées. C'est, avec sa puissance de travail ce qui fit son succès bien plus que la stabilité des ses opinions.
M. Panisse parlait trop et cela entrava à ses ambitions.
Quant à M. Cotoni c'est à sa prudence silencieuse qu'il a due ces nominations. Il a su se taire et cela lui permit de décrocher la timbale qui guignait depuis longtemps au mat de cocagne des honneurs locaux.
Pour le moment il est au comble de ses vœux. Il est heureux. Nous ne l'envions pas, sa fonction n'est pas sans épines et dans ces temps de misère il faut être bien généreux, ou bien habile, ou bien riche pour conserver l'approbation des électeurs.
Les mains de passent, Guelma reste et c'est heureux pour tout le monde.
Excusez Monsieur le directeur ces souvenir d'un autre âge, je suis maintenant de ceux qui savent attendre celle qui vient toujours, celle qui seul apporte l'union dans un commun destin ; je le regrette aussi de ne pas encore savoir me taire et je vous exprime tous mes vœux pour l'avenir de Guelma
Signé un vieux Guelmois

Site internet GUELMA-FRANCE