Lundi 17 janvier 1927.

PARIS Le chômage séance du 18 décembre 1926

Pour faire face aux chômeurs, dit M. MORINAUD, faites rentrer en Algérie nos indigènes.

Monsieur le président la parole est à M. MORINAUD

M MORINAUD : ce désir signalé au gouvernement et à la chambre à propos du chômage une situation tout à fait paradoxale.
L'Algérie manque de main-d'œuvre et 100000 de ses travailleurs se trouvent en France, où les ouvriers sont menacés de chômage, cette situation est inadmissible.

Le président du conseil. : Vous avez raison.

M.MORINAUD : le gouvernement doit rapatrier les travailleurs d'Afrique du Nord qui se trouve EN FRANCE (très bien ! Très bien !)

M. le président du conseil, il n'y manquera pas

M.MORINAUD il peut être assuré qu'en Algérie ces indigènes ne manqueront pas de travail ni de bons salaires, puisque partout les colons cherchent des travailleurs pour les exploitations agricoles et que d'autre part, l'Algérie manque d'ouvriers pour ses chantiers publics. (Très bien ! Très bien !)
Il serait nécessaire, me semble-t-il de donner au gouvernement le droit de prendre par décret des mesures pour assurer le retour des indigènes dans leur pays pour limiter exactement l'importance de la même main-d'œuvre étrangère aux besoins de chaque région.
Il y a lieu de prendre des mesures énergiques en présence d'une crise qui pour le moment n'est pas très grave, mais qui peut devenir menaçante et causer la misère des populations ouvrières. (Applaudissements).Il serait nécessaire, me semble-t-il de donner au gouvernement le droit de prendre par décret des mesures pour assurer le retour des indigènes dans leur pays et pour limiter exactement l'importance de la main-d'œuvre étrangère aux besoins de chaque région.

M. le Président du conseil : le gouvernement remercie M. MORINAUD avec lequel il est complètement d'accord.

M.MORINAUD le ministre intérieur déclare que le nombre des indigènes algériens travaillant à Paris dans le reste de la France dépasse le chiffre de 100 000, et qu'il ne faudrait en aucun cas dépasser ce nombre.

École des filles
La troisième classe ouverte le 30 janvier 1869 fut confiée à Mme Paulo, en religion, sœur Saint Symphorose. En 1870, madame Demange Ernestine, sœur Anna, né à Bruley, fut nommée directrice de l'asile publique en remplacement de Mme. Robin, sœur Ludgarde, trop épuisée de fatigue pour continuer son office.
La commune, reconnaissante des bons services rendus par cette institutrice tint à la conserver et la nomma hospitalière à domicile en lui continuant son traitement.
Le nombre des enfants de l'asile public exigeant une deuxième adjoint, et Mme Barmich, sœur Gertrude fut nommée la même année en 1870 (à suivre)

ELECTION
La proclamation de la république avait donné à notre cité Guelmoise un nouveau conseil municipal et son nouveau maire M. Chautard.
C'etait bien l'homme nécessaire à la tête de la ville, pour concilier tous les partis et maintenir l'ordre et la tranquillité parmi eux. Républicain dans toute la force du terme, il appliquait à tous les trois grands mots : Liberté, Egalité, Fraternité.
Ces premières visites aux écoles firent connaître le prix qu'il attachait à l'inscription des enfants et son désir de seconder de tout son pouvoir les maîtres à et maîtresses dans cette œuvre alors peu rémunérée et qui était une véritable œuvre du dévouement.
Il songea d'abord à agrandir l'école afin de réunir tous les enfants dans le même établissement. Ce ne fut qu'en 1872 qu'il put réaliser ce désir.
Le nouveau conseil municipal était uni par les mêmes inspirations et l'on fit dresser un plan très bien conçu par M. ingénieur Vidalain.
Le bâtiment ainsi reçu quelques modifications puis on ajouta à l'édifice existant trois grandes salles, à droite, destinées à l'école publique, et une très grande, à gauche en prévision de l'avenir, avec la possibilité de la diviser plus tard, si le besoin s'en faisait sentir.
La partie affectée à l'école publique devint, plus tard, l'école laïque ; son entrée était sur la rue ; elle y est encore. On y pénétrait par un large corridor dans lequel s'ouvraient d'abord les deux premières classes de 48 m², ensuite un long promenoir couvert percé de trois fenêtres qui servait de salle de travail aux élèves.
Dans ce promenoir on pénétrait d'abord dans la troisième salle de classe de 15 m², ensuite on descendait un escalier conduisant au sous-sol, puis à la cour.
Les trois classes reposaient sur des fers à T et des colonnes, laissant libre au sous-sol un grand espace qui servait aux élèves aux maîtresses de préau couvert.
Cette construction hardie pour l'époque prouvait que les fondations de ces colonnes étaient solides et bien faites quoi qu'on en ait dit, depuis.
La cour conservait en réalité sa superficie ancienne, seulement une partie devenait un préau 298 m² 75 ce qui était d'une grande ressource pendant les pluies d'hiver aussi bien que dans les jours ensoleillés de l'été.
La grande salle du côté gauche eût bientôt sa destination, car il restait à loger l'école privée. Les deux salles qu'elle occupait avaient été assombries par les nouveaux bâtiments. Il leur fallait alors, soit quitter l'établissement communal, soit obtenir l'autorisation d'occuper provisoirement la grande salle de gauche réservée pour l'avenir.
La directrice comprenait la nécessité d'offrir un loyer compensateur et elle écrivit en ce sens au maire de la ville en le priant de bien vouloir communiquer sa lettre au conseil.
Les conseillers qui jusqu'alors n'avait jamais envisagé le paiement d'une location pour l'école privée, résolurent de pénétrer les raisons réelles de cet ordre. La directrice ne fit aucune difficulté pour exposer que l'autorité municipale pouvait passer plus tard en d'autres mains moins bien disposées à l'égard de l' école libre et congréganiste, et que la situation du locataire lui donnerait certaines garanties contre des mesures brusquées toujours à prévoir.
Elle fut comprise, et après délibération, le conseil ne voulut accepter que la modique somme de 60 fr. pour les deux premières classes, par an, pour les deux premières années et 120 fr. à partir de la troisième année.
(À suivre)
P d'Agog

La vie chère.
Boucherie municipale.
Tandis qu'à Guelma la municipalité homogène augmente les taxes d'abattage les droits de marché, la municipalité de Constantine promet l'alimentation carnée à portée de toutes les bourses en hiver vient de décider la viande frigorifiée.
Les pourparlers engagés avec une importante maison d'importation d'Alger qui a un dépôt à Constantine, ayant abouti, les Constantinois pourront se procurer au marché dés mardis courant, de la "frigo" de tout premier choix au prix suivant.
Bœuf avec os : 6,50 fr. le kilo.
Bœuf sans os : 8,50 fr. le kilo.
Filet: 10 fr. le kilo.
Il va sans dire qu'uniquement soucieux de rendre service à la population, la municipalité ne veut retirer aucun bénéfice de la création d'une boucherie communale.
La différence entre les prix de vente et de revient représente strictement la juste rétribution du gérant et de son aide.
Il est bon d'ajouter que les prix ci dessus seront réduits à si l'importance de l'écoulement le permet.
Les habitants ont donc tout avantage à s'adonner à la consommation de la viande frigorifiée dont la qualité et la saveur ne sont pas contestables.

.Le maire... Veille !
Mercredi dernier à 1:00 du matin deux caporaux de la garnison passant devant le magasin de M. Slouche épicier aperçurent des flammes dans le local et de la fumée s'échappant par les interstices des portes.
Ils appelaient aussitôt la garde et la pompe de la garnison fut rapidement mise en batterie. Au bout d'une demi-heure tout péril était conjuré et chacun rentra chez soi.
C'est alors que se présenta la pompe municipale avec son personnel et son capitaine.
Tous les remerciements de la population lui sont dûs accompagnés de quelques gorges chaudes.
M. le sous-préfet et M. le maire étaient sur les lieux

Tribune libre.
Monsieur le directeur.
Ayant lu votre journal paru cette semaine, je prends connaissance de l'article intitulé " de la lumière ".
Voulez-vous me permettre, à titre personnel de vous en donner un peu, et d'en faire profiter vos lecteurs.
L'éclairage de l'usine paraît défectueux et coûteux, je vous invite à passer à l'usine pour y constater la qualité du combustible, son prix et sa rareté, vous ne devez sans aucun doute pas ignorer qu'à la suite des grèves des mineurs anglais, l'anthracite seul combustible donnant de bons résultats pour les moteurs à gaz pauvre, est devenu introuvable : je puis vous en donner des preuves si vous le désirez.
Malgré cela nous continuons à assurer le service, d'une façon assez normale, et bons nombres de lecteurs du département sont encore plus mal logés.
Voilà pour la qualité et le prix.
En ce qui concerne le cahier des charges, nous allons si vous le voulez bien examiner ensemble quelques articles.
Article 13 bis.
En ce qui concerne l'usage de la force motrice, il est stipulé que le concessionnaire devra fournir cette force motrice dans le cas où, soit la commune, soit un ou plusieurs abonnés pourraient assurer pendant au moins deux ans, un minimum de consommation quotidienne de 80 kWh.
Article 20.
Pour l'usage des particuliers la lumière doit être fournie 2:h 00 avant le coucher du soleil et pourra être éteinte qu'une heure après son lever.
Une fois remplie les clauses de consommation de force motrice stipulée à l'article 13 bis le concessionnaire sera tenu de mettre la force à la disposition des abonnés tous les jours ouvrables ; étant entendu qu'entre 16:00 et 21:00 h, les tarifs de la force motrice seront ceux de l'éclairage.
Prenons donc l'article 13 bis, nous avons comme puissance chez les clients, environ 40 cv. Il faudrait donc que l'on assure au concessionnaire un minimum de consommation de 2 kW par cv et par jour pour que nous soyons obligés de donner le courant toute la journée, c'est-à-dire que la personne qui possède un moteur de trois cv, boulanger par exemple, devrait garantir 600 kW par mois, en outre ces kilowatts seraient payés au tarif lumière de 16:00 à 21:00 h.
Si comme le cas est, l'on ne nous garanti pas cette consommation, nous devons alors fournir le courant, en hiver à 3:00 du soir et éteindre à 7:00 du matin ; En été, nous donnerions le courant à 1:00 du soir et il faudrait l'arrêter à 5:00 du matin.
Il est d'autres articles assez intéressants également mais je pense que l'application des deux que je vous cite, ne donnerait pas une trop grande satisfaction au public.
Nous arrêtons le courant à 11 heure le matin et le remettons à 1:00 parce que nous croyons à ce moment, gêner personne, nous n'avons nulle obligation de le faire.
Vous pouvez donc reconnaître que nous mettons notre bonne volonté, et cela seulement à satisfaire le mieux possible notre clientèle.
Veuillez agréer :
M. Artus directeur de l'usine électrique.
Cette lettre de M. Artus prouve donc que si l'éclairage n'a pas toujours l'intensité réglementaire, c'est aux Anglais que nous devons nous en prendre ! C'est trop loin.
En revanche si le courant n'est pas donné de 11:00 à 13:00 c'est que le cahier des charges conçue par la municipalité Panisse ne s'est pas inspiré des besoins du public tout le monde le sait...
Signé CRS

Nouvelles locales
Nécrologie.
Nous avons eu la douleur d'apprendre la mort subite à BÖNE de M. Fernand Euzet, à l'âge de 52 ans.
Dans cette douloureuse circonstance, nous prions les familles atteintes par ce deuil cruel de recevoir nos condoléances attristées.

Les obsèques de notre concitoyen M. Dominique Thomas, décédé à l'âge de 75 ans, ont eu lieu samedi au milieu d'une nombreuse influence.
Nous prions les familles éprouvées par ce deuil cruel de recevoir nos sincères condoléances.

Hyménée
Nous apprenons avec plaisir le prochain mariage de notre concitoyenne Mlle Claire Telouk, fille de Mme veuve Telouk, négociante, avec George Chemama coiffeur.
Nous formons nos meilleurs vœux pour les futurs époux et adressons nos compliments à leur famille.

Théâtre.
"Peg ....de mon coeur" a obtenu, mercredi un succès particulièrement brillant.
La nouvelle troupe de comédies de Charles Malinconi composée d'artistes dont le renom et retentissant, a conquit les suffrages d'un important auditoire.
Ce soir la troupe d'opérettes donnera les petits chefs-d'œuvre d'Audran "La Mascotte"
Nous remarquons avec plaisir que la saison théâtrale se déroule avec brio, aussi nous adressons nos félicitations à M. Maubert pour son inlassable dévouement aux arts.

Incendie.
Un grave incendie s'est déclaré mercredi vers minuit chez M. Slouah, épicier. Des passant parmi lesquels nous avons pu apprécier le courage le dévouement de M. Djerbona Rabah, Politano Michel, Dressi Ali, Achouch Souilah, ainsi qu'un piquet de tirailleurs, se sont rendus maîtres de la situation évitant ainsi un important sinistre.
Les dégâts sont couverts par l'assurance.

Grands événements sportifs.
Une manifestation sportive se prépare qui enthousiasmera les sportifs et procurera à la population Guelmoise l'occasion de voir évoluer sur le terrain des sports, les " vétérans " du ballon rond d'un match contre la Jeunesse Sportive Guelmoise.
Le " 11 " vétérans à en juger par sa composition suscite un léger sourire, mais il n'en est plus ainsi lorsqu'il s'agit de ses moyens.
Hier participant à un match d'entraînement les " vétérans " ont battu la Jeunesse Sportive Guelmoise par deux buts à un.
Nous donnerons dans notre prochain numéro les derniers détails de cet événement qui comptera dans les annales sportives.

La peste.
De nombreuses mortalités de pestiférés ont été signalées à Bône
Nous espérons que notre municipalité n'attendra pas que ce terrible fléau vienne s'abattre à Guelma, pour s'approvisionner en vaccin et désaffecter d'urgence des égouts.

Ballets Jimmy-Tellis.
Jeudi 20 janvier courant, la grande tournée des ballets Jimmy Tellis donnera un spectacle qui constitue une manifestation unique qui éblouit les yeux et charme les oreilles.
Avec le concours de M. Jimmy Davis, maître de ballet, Mlle Renée Fostelli célèbre danseuse étoile, Mlle -Laurens première danseuse rythmique, Mademoiselle Gay première danseuse classique, Mme Belly D'arville, première danseuse, M. Ange de Luca compositeur.

Les sports.
Dimanche prochain la " Jeunesse Sportive Guelmoise " et l'Etendard Club Musulman continueront la série des matchs officiels en rencontrant respectivement l'Association Sportive Constantinoise, à Constantine et la Jeunesse Sportive d'Ain Beida à Ain Beida
Nous adressons nos meilleurs souhaits à nos clubs locaux

A vendre :
Moto FNM 60 350 cm³ moteur poussé. Garanti 115 km à l'heure. S'adresser au journal

Avis communication.
Souscription publique pour commémorer le cinquantenaire de représentation au parlement de M. Thomson.
Le comité d'organisation de la manifestation en faveur de notre député fait appel à la population légalement et de la région de la prise de prendre part à la souscription ouverte à cet effet dans tous les départements, souscriptions à laquelle ont déjà répondu de nombreuses personnes et collectivités.
Il est rappelé que M. Marcel Lavie de Guelma, président de la commission départementale a reçu mission de recevoir et de centraliser les souscriptions.
Les membres du comité d'organisation Cuttoli sénateur, Morinaud député, Deyron président du conseil général.
Sujets non développés : La Chambre des députés. Sarre et Syrie. Réprobation de la lutte des classes. Au lieu de nous laisser hypnotiser par le Rhin. Docks et céréales. Avis de concours interprètes. Réclames

Site Internet GUELMA-FRANCE