15 juillet 1926

CONSTANTINE-GUELMA

Commission du prix du pain

La commission du prix du pain s'est réunie à la mairie sous la présidence de M.BOURCERET premier adjoint.
M. Bourceret fait un clair exposé de la question de la grève des ouvriers boulangers. Il rend hommage à l'attitude paisible qu'ont eue les grévistes pendant la grève, mais je ne les félicite pas dit-il, de s'être mis en grève comme ils l'ont fait.
Il donne ensuite lecture d'un rapport substantiel dans lequel les minotiers font ressortir que la commission consultative a tenue à la préfecture en juillet 1925, à arrêtée nettement le principe qu'il ne serait plus questions du prix des stocks, mais bien au cours du jour.
Ce principe admis, ils établissent, chiffres à l'appui que la farine de blé dur peut aujourd'hui, être également vendue à 236 F le quintal alors qu'elle est cédée à Constantine à 201 F.
Le rapport répond aux critiques acerbes dont la corporation des minotiers est trop souvent l'objet et il conclut ainsi :
Il faut que tout le monde sache, une fois pour toutes, que le prix du blé et partant celui des farines et du pain, ne dépend pas plus , du minotier que du producteur. Il ne fait que subir le cours mondial en raison de celui des changes, il serait bien mal aisé aux critiques si nombreuses de prouver le contraire. Sous peu du reste, par suite de l'épuisement des stocks anciens, il ne sera plus possible à l'entrepôt des minoteries, de fournir des farines de blé dur au prix fixé plus haut, ce moment n'étant pas éloigné, nous proposons d'ores et déjà à la municipalité d'opérer elle-même ses achats de blé, comme le fait l'intendance militaire, est de nous confier la trituration que nous établirons au prix le plus réduit dans le même esprit de conciliation qu'anime notre corporation qui, a enfin le droit au respect dont elle est digne.
Aucune loi n'oblige les minotiers à garder leurs farines, qu'arrivera-t-il si on continue à les accuser injustement ? Ils la vendront à Philippeville d'où on l'expédiera à Alger, et à Oran, département où la récolte est déficitaire.
Lorsqu'on voudra de la farine, il faudra la faire venir et on la paiera à un prix excessif. Ce n'est, alors, qu'il faudra augmenter le pain, mais de 8 à 10 sous.
M. Bourceret confirme que la farine de blé tendre ayant manqué récemment, on a été obligé d'en faire venir d'Alger au prix de 245 F, soit une différence brutale de 27 F par quintal.
Personne n'apporte de contradiction au chiffre des minotiers.
On passe à la question du pain.
M. Bourceret résume ses discussions avec les patrons boulangers ; elles ont abouti à ce résultat de permettre aux riches de manger du pain blanc au prix où il doit être payé et de rien changer en ce qui concerne le prix du pain de farine de blé dur.
Il s'agit de savoir, ajoute-t-il, si on veut reconnaître que les minotiers, en ce qui concerne les Constantinois font un réel sacrifice concernant le prix de la farine et si leurs allégations à ce sujet sont bien exactes. Je vais leur demandé de se retirer et nous en discuterons.
Plusieurs membres de la commission déclarent que cela est inutile.
M.SASSO estime qu'on ne peut trancher dès maintenant la question concernant les minotiers. Il voudrait que les documents qui ont été soumis à la commission soient publiés afin que la population puisse en discuter.
MM. Bourceret, Barcaiz et Kaouki s'associent à cette proposition.
M. Pélissier donne sa démission de membre de la commission. Il refuse de revenir sur sa décision malgré l'aimable insistance de M. Bourceret.
M. Bourceret déclare que la commission se prononcera à la prochaine réunion qui on aura lieu lundi, sur la question de l'ordre du jour, dans le vote est demandé par les minotiers pour se laver d'accusations, qu'ils considèrent comme injurieuses.
On passe alors à la revendication des ouvriers.
M. Léon Cuttoli donne l'assurance que le prix du pain de blé dur restera ce qu'il est jusqu'à lundi.
Les minotiers répondent qu'en ce qui les concerne, ils donnent l'assurance que jusqu'à lundi le prix de la farine ne variera pas, elle restera à 201 F.
Une discussion entraîne MM. Délaye, Bourceret, Gurriot et diversement de la commission sur le prix de la farine de tutelle aboutie à cette conclusion qu'il y a lieu -- en raison de l'augmentation du prix de la farine -- d'accorder jusqu'à lundi la tolérance d'augmentation pour le prix du pain blanc.
On revient aux salaires des ouvriers boulangers.
Une discussion s'engage par MM. Sasso, Fidon; Stranco, Henner, Delay, Leon Cuttoli, Bourceret. Les patrons boulangers demandant qu'on leur laisse une marge plus grande ; les représentants de la classe ouvrière disent que les ouvriers ne sont pas augmentés sur le prix du pain.
M. Léon Cuttoli constat que chaque fois que le prix de la farine augmente de 6 francs les boulangers augmentent le pain d'un sou. De ce fait, ils touchent 7 f 50 alors qu'ils ne dépensent que 6 francs.
Divers membres de la commission font remarquer que le prix de 2,45 F serait suffisant pour le pain de l'Uzelle et de 2 francs 30 pour le pain Jacquot, sous la réserve que satisfaction soit donnée aux ouvriers jusqu'à lundi.
Cette proposition est adoptée.
Il est ensuite décidé une sous-commission chargée d'examiner la question de la marge accordée aux boulangers. Cette sous-commission composée de MM Barkatz, Cuttoli, Sasso,Stranco,Sicard, Delay, Fidon, Richard, Kaouki, Diamante, et Cardini s'est réunie hier soir.
Le rapport de cette sous-commission sera soumis lundi prochain à la commission du prix du pain qui prendra une décision.

AU CONCOURS DE BÔNE
En lisant le palmarès paru dans la " Dépêche de l'Est " du 13 juillet, nous remarquons parmi les musiciens connus à Guelma, M.Malignon, directeur du " groupe musical des cheminots de Constantine, prix de direction avec félicitations du jury "
D'autres sociétés et solistes qui figurent au palmarès sont inconnus de notre population.
Et pourtant nous avons vu la " Philharmonique de Guelma " revenir mardi par le train de Bône, défilant en ville, escorté de MM. Cotoni; Fiorini et Chevance, et se faisant précéder d'une pancarte dans le texte ainsi était conçu.
Premier prix d'Exécution
Premier prix de Direction : Trois Médailles.
Quelle audace ! Quelle inconscience !
Nous savions M. Gaspérini très audacieux, mais nous, nous ignorions sa force et ses moyens !.
Nous posons cette question à MM. Cotoni, Fiorini et Chevance, que la philharmonique n'ayant pas pris part au concours mais seulement au festival, ne figure pas palmarès (?) C'est plus que de l'audace d'afficher un succès inexistant.
Cela dépasse tout ce que les Guelmois pouvaient connaître de fort et de peu scrupuleux.
Quant à nous, nous serions heureux qu'à l'occasion de son premier prix de direction M.Gaspérini soit décoré officier du Nichan Iftikar !.
Bravo, Les PHILARMOS, vous connaissez enfin le moyen de réussir dans la vie.
Charly.

LA FÊTE NATIONALE
Ce matin les troupes de la garnison commandée par M. le capitaine Leborgne, commandant d'armes défilaient dans la rue Sadi-Carnot, après quoi, il fut procédé à la remise solennelle des croix de guerre de T O E au lieutenant Benlarbi, au major Chevallier et au caporal Ferry.
L'après-midi, contrairement à la tradition des jeux ne furent pas offerts à la population. Nous savons de sources officieuses que la municipalité réserve ces réjouissances pour rehausser l'éclat de la fête de Jeanne-d'Arc.
Le soir un concert par la philharmonique et un bal populaire clôturèrent notre fête nationale.

M. CHARLES DANAN.
Directeur de " l'Avenir de Guelma" et de l'imprimerie commerciale, prie toutes les personnes en relation avec lui, de bien vouloir spécifier sur leur correspondance, l'adresse suivante :
M. Charles Danan.
" Avenir de Guelma "
Guelma
Et ce, afin d'éviter toute erreur en raison d'homonyme et du nouvel organe qu'il imprime en remplacement du " Petit Guelma ".

LES MARÉCHAUX FERRANTS
Étant donné la hausse constante des matières premières et de la main-d'œuvre les maréchaux ferrant de Guelma, ont augmenté leurs prix d'un commun accord.
Les tarifs sont exposés dans les ateliers : signé Maraval, Dabézies, Serra

À VENDRE.
Un générateur acétylène pour moto, parfait état, s'adresser au bureau du journal.

REMERCIEMENTS.
Les familles POGGI est alliées remercient sincèrement toutes les personnes qui leur ont témoigné des marques de sympathie à l'occasion du décès de leurs regrettée Madame EMMA POGGI.

REMERCIEMENTS.
Les familles JOVINE et alliées remercient sincèrement toutes les personnes qui leur ont témoignées des marques de sympathie à l'occasion du décès de leurs regretté JEAN JOVINE.

NOUVELLES LOCALES
Nécrologie.
Nous avons appris avec douleur le décès de Mme veuve Emma Poggi, à l'âge de 62 ans. Cette douloureuse nouvelle a semé la consternation dans notre ville où Mme Poggi était particulièrement estimée.
Une foule imposante et compacte assistait aux obsèques qui ont eu lieu samedi.
Nous nous inclinons respectueusement devant la tombe de cette femme de bien et exprimons à nos amis Jean et François Poggi, ainsi qu'aux familles que ce deuil plonge dans l'affliction, nos sincères condoléances.

Mercredi dernier disparaissait à l'âge de 74 ans, une vieille figure Guelmoise M. Jean Jovine.
Ces obsèques ont eu lieu au milieu d'une nombreuse affluence.
Nous prions les familles que ce deuil afflige de trouver ici l'expression de nos condoléances attristées.

SUCCES.
Nous apprenons avec plaisir le succès remporté aux examens de la deuxième partie du baccalauréat (philosophie) par M. Ali Sihilli, fils de notre sympathique concitoyen M.Sihilli, cadi de Guelma.
Nous adressons nos sincères félicitations au jeune lauréat ainsi qu'à sa famille.

FIANCÉS !
Songez à vos lettres de mariage, allez les choisir dans tous les styles, dans tous les goûts, à l'imprimerie Charles Danan

AVIS DE VENTE.
Monsieur Raymond Jasse, ferblantier a vendu à MM. Croce frères le fonds de commerce de ferblanterie et plomberie, qu'il exploitait à Guelma, rue Saint-Augustin.
Le dit fonds de commerce comprenant la clientèle, l'achalandage, le matériel et les marchandises servant à son exploitation.
Les oppositions devront être faites à peine de forclusion dans lesquelles, le jour de la présente insertion chez MM. Croce frères à Guelma.

AVIS DE MESSE.
Les familles Lacroix, Blandin, parents est alliés, amis et connaissances informent, de bien vouloir assister au service funèbre qui sera célébré samedi 17 juillet à sept heures du matin en église cathédrale de Guelma pour le repos de l'âme de leurs regretté Jean-Baptiste Lacroix.
Ils remercient à l'avance les personnes qui voudront bien y assister.

LE COIN DU GRINCHEUX

LES DÉMARCHES DE NOS ÉLUS
        Nous apprenions par un exposé qui ne manquait pas de clarté : les démarches de nos élus.
Et alors nous remarquions que : " notre distingué délégué financier M. Lavie soucieux d'être utile et agréable à nos "Philarmos" avait demandé pour eux une subvention au gouvernement général ".
Mais être utile et agréable à nos "Philarmos" ne constitue pas la phrase complète, et M. Lavie aurait dû ajouter qu'il peine également à produire une aussi bonne impression aux " philarmos " de Jemmapes. Châteaudun, Constantine, Tébessa, Kouif, Mondovi et du .....19 éme tirailleur de Guelma.
Nous remarquions à Bône les nombreux musiciens venus de toutes les villes et qui véritablement avaient relevé l'aspect pitoyable de notre pauvre philharmonique.
Nos élus sont en effet très dévoués lorsqu'il s'agit de leurs électeurs.
Aujourd'hui, nous traversons une période grave, très grave.
Le prix du pain est sans cesse croissant sans compter toutes les autres denrées qui font la même ascension.
Nos ménagères se lamentent, les ouvriers ne gagnent plus assez, les malheureux voient grossir leur misère.
Puisque nos élus possèdent tant de facilité pour obtenir des subventions, nous serions très heureux qu'ils daignent s'occuper de créer une coopérative.
Là alors la population saura apprécier le geste et surtout la raison d'être de nos élus, car combattre la vie chère c'est accomplir la plus belle œuvre sociale.

Nous vous prions de nous excuser si quelques coquilles, qui nous échappent faute de temps, et à cause de l'illisibilité du texte du journal, ne sont pas corrigées

Site Internet GUELMA-FRANCE