L'Avenir du 14 octobre 1926.

Chronique locale.
À quand la réfection de la clôture du marché aux bestiaux ?
Les colons se plaignent que fréquemment une fois sur deux marchés, disent les uns, deux fois sur trois disent les autres, des bestiaux disparaissent du marché dans la nuit du dimanche à lundi.
La faute en est, affirment-t-ils au mauvais état de la grille ; à l'insuffisance des gardiens. Les bestiaux sont en effet facilement volés par ceux qui espèrent en tirer profit et ils trouvent un abri passager, mais rempli de sécurité dans le djebel hallouf. Celui-ci ne fut-il pas incendié pour des raisons qui se rattachent à ce droit d'asile affecté au domaine communal ?
Ce qui importe, c'est de rappeler à la municipalité qu'elle s'est engagée à achever la clôture du marché aux bestiaux dans son programme électoral. Nous sommes donc en droit de demander l'exécution de ce travail qui comblerait ceux qui, payant des droits d'entrée aux bestiaux ne peuvent même pas obtenir la restitution de ces droits quand leurs bêtes ont disparu, volées pendant la nuit, pendant le profond sommeil des gardiens municipaux.
Il est certain que ces gardiens, ayant veillé tout le jour, ont le droit de dormir la nuit et leur maigre salaire explique en partie le sommeil profond des gardiens municipaux.
On ne peut demander non plus au garde rurale qui passe toutes ses journées à cheval à parcourir et surveiller les propriétés des colons ou les siennes, empêcher les incendies, à les combattre, on ne peut raisonnablement lui demander encore ce travail supplémentaire, surtout au jour du repos dominical.
Monsieur le garde rural a évidemment trop à faire ; comme il a exposé lui-même, il gérait le djebel hallouf pour le compte du locataire, il surveillait le locataire pour le compte de la commune, il était agent électoral pour le compte de M. le maire et quelque soit sa bonne volonté, l'activité d'un homme ne peut faire face à tant de responsabilités sans en négliger quelques-unes.
Rien que pour le djebel Hallouf seul, peut-on raisonnablement demander au même homme de diriger son exploitation, d'empêcher l'enlèvement des oliviers, le refuge des bestiaux sans asile, l'incendie par les intéressés ou les malveillants ?.
Nous convenons volontiers que ce serait excessif, mais alors pourquoi ne pas nommer un deuxième garde rurale choisit parmi les mutilés de guerre ? Il y en a qui remplirait ce rôle aussi bien que celui de conservateurs au cimetière, et puisqu'il est dans le programme que les agents communaux s'offraient également ene agents électoraux, la municipalité aurait ainsi un nouveau défenseur payé par le fond commun.
Ce n'est pas un procédé que nous considérons comme foncièrement républicain, exception faite de la république des camarades, opportuniste et bourgeoisiste, nous croyons bien sincèrement, au contraire, que les agents communaux se doivent de voter selon leur conscience, sans se transformer en agents électoraux, ce rôle touchant de près ou de loin, plus ou moins, à l'immorale vénalité, qui écarte tout respect de l'autorité même municipale.
Mais nous ne nous montrons pas trop exigeants avec les élus ; demandons leur seulement de ne pas consacrer tous leurs efforts à la nomination des avoués qui est du ressort du gouvernement, d'en réserver pour réparer la grille du marché aux bestiaux selon leurs promesses (il y a toujours, espérons-le, 280 000 fr. d'économies ?) Et de nommer un second garde pour empêcher l'"enlèvement" des oliviers communaux dans ceux qui nous restent, ceux-ci est de leur obédience, et surtout qu'il ne soit ni gérant, ni propriétaire, car il en faudrait alors un troisième !
C R S

Djebel Hallouf.
Je ne sais si c'est le garde rurale où le propriétaire qui prétend qu'un conseiller municipal s'était laissé influencé par les instances pressantes de son associé (on assure même que c'était son frère) instance si pressante qu'il n'avait pas eu le temps d'en vérifier, de visu l'origine, ni la portée.
Mais cette confusion n'aurait certainement pas eu lieu, si le garde rurale chargée de surveiller le locataire djebel Hallouf, avait fait son devoir en verbalisant lors de l'enlèvement de ces oliviers.
Le maire en fut prévenu alors que charrettes et attelages étaient en train de procéder à l'enlèvement. Il ne peut pas appeler le garde rurale ; il ne pourra pas aller vérifier personnellement, comme je lui ai proposé et il me renvoya à M. L conseiller municipal. Ne comprenant pas ce renvoi, je ne poussais pas plus loin mes démarches.
La question étant venue par ma voix devant le conseil, une enquête fut décidée ; mais c'est un article de journal, auquel je fais allusion, que j'ai appris qu'une commission s'était rendue sur place et je trouve moins surprenant de ne pas avoir été convoqué pour justifier mes affirmations.
J'aurais sans doute plus éclairer la situation en empêchant que la lumière fut dissimulée sous un boisseau complaisant.
Signé Henri sauvage.

Tribune libre.
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Monsieur le directeur
J'ai réclamé auprès de la municipalité, parce que le marché aux bestiaux est insuffisamment clos, et que j'ai été avec bien d'autres, victimes de vols dans la nuit qui précède le marché alors que j'ai payé pour faire entrer mes bêtes.
La municipalité m'a répondue qu'il m'appartenait de les faire garder ; mais d'abord !, la commune doit nous donner un marché convenablement clos, ou bien autoriser les bestiaux à circuler dans la ville pour loger en fourrière.
Bien entendu dans ce cas, les ventes auront lieu en grande partie hors du marché et échapperont ainsi au droit d'entrée au grand détriment de la commune (revenu 180 000 fr. par an environ).
Si, il y avait la moindre surveillance efficace, l'ouverture, des barrières, ne serait pas réparée d'avance avec des fils de fer commodes à détacher, on ne pourrait pas faire sortir les bêtes à volonté et non plus les faire rentrer sans payer des droits.
La commune est responsable des fautes, mauvais entretien des barrières, surveillance insuffisante du marché et je demande aux colons français et indigènes victimes de cet état de chose qui est devenue perpétuelle de s'associer à ma protestation et de se regrouper pour assigner la commune en réparation du préjudice causé malgré l'élévation des droits que nous payons.
Un franc par mouton, deux francs par bêtes à cornes ou âne, cinq francs par vache et mulet
Signé Ed Genisson

Nouvelles locales.
Carnet blanc.
Nous avons appris avec plaisir les fiançailles de Mlle Léonie el-Kaïn fille de M. Chaloum El Kaïn avec M. Alexandre Guez, négociant à Sédrata.
Samedi ont été célébrés les fiançailles de Mlle Berthe Cohen, fille de Mme et M. Cohen, avec M. Moïse Draï voyageur de commerce à Constantine. Nous adressons nos félicitations aux heureux fiancés et nos sincères compliments à leur famille.

Les Sports.
Dimanche dernier la Jeunesse Sportive Guelmoise rencontrait le Stade Olympique Sétifien sur le terrain de Constantine pour un match de football comptant aux championnats 1926-1927.
Les équipes en présence, ont été tour à tour aussi menaçantes. La partie comporta de superbes phases particulièrement appréciées du nombreux public.
Un incident remarquable diminua cependant l'intérêt de ce beau match. L'arbitre, un Sétifien, oubliant son devoir fut manifestement partial et employa toute son activité pour empêcher les Guelmois de marquer.
Ces derniers découragés n'ont pu continuer la partie et se retirèrent du terrain.
Les réserves ont été faites par la J.S.G et nous espérons que la ligue de la F.F.F.A saura infliger une leçon à cet impertinent arbitre, sans pour cela feindre d'oublier les intérêts lésés de la Jeunesse Sportive Guelmoise

Dimanche 17 octobre, à 14:00 h, au parc des sports, un grand match de football (championnat 1926 1927) mettra aux prises l'Avant-Garde Souk Ahrassienne et la Jeunesse Sportive Guelmoise.
Cette partie s'annonce très intéressantE. Les deux équipes composées d'éléments de catégorie supérieure aspirent à la division d'honneur aussi il va sans dire que le match sera mené avec acharnement. Nous espérons que le nombre public ira encourager ces vaillants sportmen.

Étendard Musulman. Les équipiers de première et de deuxième équipe sont instamment priés d'assister à l'entraînement général, qui aura lieu dimanche à 6:00 du matin au stade militaire présence indispensable.

Naissances : Monsieur et Madame Goëta viennent de voir grossir leur famille d'un cinquième enfant.Toutes nos félicitations..

Théâtre.
La troupe Malinconi a interprété hier l'oeuvre puissante de Kistemaker " La Flambée ".
Une salle comble à assisté à cette soirée de gala. Le public manifestait ses encouragements et sa sympathie aux excellents artistes, par des tonnerres d'applaudissements.
Mercredi 27 octobre prochain, nous aurons le plaisir d'assister à la représentation de " Ma cousine de Varsovie " délicieuse comédie de Louis Verneuil.
Nous sommes persuadés que le même succès sera remporté par la troupe Malinconi.

Grandes épreuves cyclistes.
Le Grand prix de la ville de BONE organisé par le Vélo Club Bônois, sous les auspices du V.C.F, sera disputé le 31 octobre et le 1er novembre prochain.
Le circuit à couvrir est Bône Philippeville Constantine Guelma Bône.
L'horaire probable est le suivant :
Première étape Bône-Philippeville (départ de Bône à 5:00 du matin arrivée à Philippeville à 9:00)
Deuxième étape (31 octobre) Philippeville Constantine (départ de Philippeville à 13:00, arrivée à Constantine vers 16:30.
Troisième étape (1er novembre) Constantine Guelma Bône (départ de Constantine à 6:00 du matin, neutralisation pour ravitaillement à Guelma vers 10:30, arrivée probable à Bône vers 14 heures.
Guelma rendra sans doute hommage à ces vaillants routiers au moment de leur passage.

Avis
Le préfet du département informe ses administrés que la suppression du visa des passeports entre l'Italie et la France ne s'applique qu'au territoire métropolitain des pays. Par suite le visa continu à être exigé pour les Français et dans une possession coloniale italienne et pour les Italiens se rendant dans les colonies et les protectorats Français.

Site Internet GUELMA-FRANCE