4 novembre 1926

L'ECOLE DES FILLES
En 1836, lors de la première expédition de Constantine, le maréchal Clauzel, jugeant qu'il serait facile de se retrancher dans les ruines de l'antique Calama y laissa provisoirement une garnison.
Mais à son retour, en examinant plus attentivement la position avantageuse de cette ancienne cité de la région, riante et fertile qui encadrait les ruines, il se résolut d'y établir, tout de suite, un campement permanent. Aussitôt il en confia le commandement au colonel de Duvivier qui était l'homme le plus capable de mener à bien cette entreprise hérissée de mille difficultés.
Duvivier sut les sauver toutes, par son énergie, son habilité et les moyens qu'il employa envers toutes les tribus de son territoire, et à l'égard de toutes les personnes avec lesquelles il fut en rapport, et cela pendant toute la durée de son administration.

Son premier soin de pourvoir le nouveau poste des constructions les plus urgentes ; il avait sous la main de nombreux est considérable débris de l'ancienne opulente Calama ; sarcophages, de futs, de colonnes, chapiteaux, pierres de taille lui fournirent des matériaux de choix ; la main d'œuvre militaire et indigène peu coûteuse, et bientôt on vit s'élever des fontaines, de spacieuses casernes, un hôpital qui existe encore aujourd'hui ; des plantations contribuaient à aussi embellir la cité renaissante et en faire un nid de verdure qui tempéra la chaleur estivale. La création du jardin public, de la pépinière date de cette époque.

Les émigrants qui avaient suivi la garnison pour l'approvisionner optèrent du colonel terrain et les matériaux nécessaires à la construction de quelques maisons ; des rez-de-chaussée s'élevaient bientôt où se trouve la rue d'Announa, et le bien-être commença à se faire sentir dans ce petit coin de terre qui peu à peu se développa d'une manière assez importante.

Pour mettre la ville naissante à l'abri d'un coup de mains des arabes dissidents, les colonels Herbillon et de Mirbeck du 26e de ligne qui succédèrent à Duvivier sous le titre de commandant des Cercles de la Calle et de Guelma, firent restaurer en 1842 l'enceinte byzantine de la casbah élevée autrefois par le général Salomon.
Elle avait encore sur certains points de son pourtour 4,5 et même 6 m de hauteur, mais elle présentait partout de nombreuses dégradations provoquées par l'homme, par la marche du temps et des tremblements de terre.

La population enfantine devint vite assez nombreuse pour que l'on songe à ouvrir une école mixte. Messieurs d'Herbillon et de Méribelk en confièrent la direction à un soldat de la légion étrangère Fritz, qui se vit obligé, vu le manque d'un local, de recevoir les élèves dans les gourbis d'abord, ensuite sous des tentes préparées à cet effet.
Cet état de choses n'était guère confortable, cependant il dura jusqu'en 1843.

Le commandant supérieur, M. de Tourville, qui vint succéder à M. M Herbillon et de Mirbeck comprit la nécessité d'affecter un établissement spécial à cette école naissante et le génie militaire fut chargé de la construction dans la rue d'Announa, là où il se trouve encore actuellement.
Sous tous les rapports l'emplacement était bien choisi, sol calcaire, élevé suffisamment, situation permettant l'écoulement facile des eaux, aération très bonne quand la prédominance des vents d'ouest.

La ville encadrée par ces hauteurs assez élevées supporte parfois des températures estivales pénibles et elle n'a que la trouée de la Seybouse et d'Aïn Touta pour recevoir des brises susceptibles de la rafraîchir. Vous ne pouvez donc mieux placer la maison d'école et l'autorité l'avait toujours si bien compris que jamais on n'avait cherché, à détourner ces bâtiments de leur destination primitive.
Une seule chose, qui probablement n'existait pas en 1845 et que l'on peut regretter en partie comme gênante pour l'école, c'est le bruit, la situation continuelle des indigènes et de leurs montures venus pour le marché ; elle cause un bruit troublant ce jour-là, pour les classes et peut causer des accidents aux jeunes enfants lors de l'entrée et de la sortie.

Cette circulation exige de la part des maîtres et des parents une surveillance qui heureusement n'a jamais fait défaut, car malgré les inconvénients que nous signalons sur la fondation de l'école aucun accident n'est survenu aux élèves, de ce fait.

(À suivre). ETUDE DE M. VIOLLET ET L'ISLAMISME.

La diffusion de l'islamisme est peut-être l'événement le plus étonnant de l'histoire humaine. Sorti d'un pays et d'un peuple qui étaient tous deux négligeables auparavant, l'islamisme s'est répandu dans l'espace d'un siècle à la moitié de la terre, mettant en pièce des empires, renversant des religions établies depuis longtemps, coulant dans son moule l'âme des races y construisant un " Nouveau Monde ", le monde de l'islam.
Plus on examine cette expansion avec soin, plus elle paraît extraordinaire.

Les autres grandes religions ont fait leur chemin lentement au cours d'une lutte pénible et ont triomphé finalement grâce à l'appui du monarque puissants convertis à la nouvelle fois

Le christianisme a eu son Constentie, le bouddhisme son Asoka et la doctrine de Zoroastre son cyrius , chacun apportant à son culte d'élections la puissance d'une autorité séculaire. Il n'en a pas été de même de l'islam.
Né dans un pays désertique, peuplé d'une race nomade dispersée, qui ne s'était pas encore distinguée dans les annales de l'humanité, l'islamisme , est parti pour sa grande aventure avec le plus faible appui moral possible et en ayant à lutter contre les plus lourdes difficultés matérielles. Cependant, l'islam a triomphé avec une facilité quasi-miraculeuse, et en deux ou trois générations ont vu le croissant de feu porté victorieusement des Pyrénées à l'Himalaya et des déserts de l'Asie centrale à ceux du cœur de l'Afrique.

Déjà mise, à l'instar du sirocco s'éleva de l'Arabie il ne rencontra devant lui que le vide spirituel
Les empires voisins de Byzance et de perse, si imposant pour l'observateur de passage, n'étaient que des gousses desséchées sans vitalité aucune. Leur religion n'était qu'une dérision ou une imposture. Le culte traditionnel de la perse qui était celui du Zoroastre, était tombé dans le magisme, sacerdotal pompeux, tyrannique, enclin à la persécution, haï et méprisé en secret.

Quant au christianisme oriental gratifié les colifichets du paganisme, et corrompue par les spéculations théologiques insensées de l'esprit grec en décadence, il était devenu une caricature repoussante des enseignements de Jésus-Christ
Le magisme et le christianisme byzantin étaient tous deux divisés par les grandes hérésies qui donnaient naissance à des persécutions barbares et des haines furieuses. En outre les empires de Byzance et de perse étaient l'un comme l'autre, de brutaux despotismes, qui réduisaient leurs sujets en poussière et tuaient d'avance l'amour de la patrie et toute loyauté envers l'État.

Enfin ces deux empires venaient juste de soutenir une guerre terrible dont ils étaient sortis saigné à blanc et complètement épuisés.
Le résultat était inévitable. Une fois que la force disciplinée des légions de la Rome orientale et des cuirassés de la Perse était brisé par l'assaut brûlant des fils fanatiques du désert, ce fut la fin de tout. Ils n'ont pas de résistance patriotique. Les populations foulées aux pieds acceptèrent passivement le nouveau maître. Les nombreux hérétiques firent bon accueil au renversement de coreligionnaires qui les persécutaient et qu'ils haïssaient beaucoup plus que les concurrents étrangers En peu de temps la plupart des peuples eurent embrassé la foi nouvelle d'une simplicité si rafraîchissante par comparaison avec leurs propres cultes dégénérés.

De leur côté les arabes savaient consolider leur domination. Ce n'étaient pas des sauvages assoiffés de sang et avides seulement du butins et de destructions.
Au contraire c'était, une race douée de qualités héréditaires, aimant à s'instruire et respectueuse de l'héritage des civilisations plus anciennes.

Par des mariages entre eux, par la foi commune, vainqueurs et vaincus fusionnèrent rapidement et il sortit de cette fusion une nouvelle civilisation, la civilisation sarrasine, dans laquelle les anciennes cultures, grecques, romaine et persane, furent revivifiées par la vigueur arabes et synthétisée par le génie arabe et l'esprit de l'islam.
Au cours des trois premiers siécles de son existence de (650 à 1000 après Jésus-Christ) le royaume de l'islam fut la partie du monde la plus civilisée, et la plus avancée sur le voie du progrès

Enrichi de villes splendides, de mosquées gracieuses et d'universités paisibles, où l'on conservait, en l'appréciant, la sagesse du Vieux monde, L'orient musulmans offrait un contraste frappant avec l'Occident chrétien qui était alors plongé dans les ténèbres
Lothorp Stoddard B, de la société de Géographie

NOUVELLES LOCALES
Fête Nationale du 11 novembre.
À l'occasion de la fête nationale, la société philharmonique donnera un concert de 17 à 18:00 h sur la place Saint Augustin.
Le soir à 21:00 grand bal, à la salle des fêtes organisée par la ligue des familles nombreuses de Guelma, au profit de leur caisse maladie.

LA VIANDE DE BOUCHERIE.
La municipalité de Bône a pris un arrêté fixant le prix du kilo de viande sans os (épaule, entrecôte, poitrine etc.) à 8,50 fr.
Cette même viande écoulée à Guelma 12 fr. le kilo.Et Guelma est l'un des plus importants marchés aux bestiaux du département.
Qu'attendent donc nos élites pour remédier à cette fâcheuse situation.

LES OEUFS ET LES VOLAILLES
Des accapareurs font à Guelma, ouvertement leurs achats d'œufs et de volailles.
Les portes de la ville sont fermées à tous les indigènes qui chaque semaine venaient vendre des œufs et des volailles.
Les accapareurs sont là qui veillent et font largement leurs profits des denrées de première nécessité dont la population se trouve absolument privée
La classe laborieuse ne peut plus consommer ni œufs, ni volailles en raison de leur prix exorbitants.
Alors messieurs les officiers dignitaires de notre grande et belle municipalité, faites un noble geste, et songez un instant seulement à défendre les intérêts de vos administrés. Bientôt, au prochain scrutin, tous les électeurs s'en souviendront !.

LES CONCERTS
La population Guelmoise parmi laquelle les membres honoraires de la philharmonique s'étonnent avec juste raison que les concerts donnés par la société municipale aient lieu, à 3:00 de l'après-midi.
Il serait désirable que ceux-ci soient exécutés à 17:00 H..
Il est un fait certain, c'est que le conseil d'administration se rend compte de cette lacune puisque à l'occasion du 11 novembre il fixe l'heure du concert à 17:00 ?????

HYMENEE.
Nous apprenons avec plaisir le prochain mariage Mlle Émilie Tellouk, fille de Mme veuve Tellouk, négociante à Guelma, avec M. Nabeth, commerçant à Souk Ahras.
Meilleurs voeux aux futurs époux et sincères compliments à leurs honorables familles

LA FLEUR BLEUE<br> Une indiscrétion nous permet d'annoncer que la phalange artistique de la fleur bleue dont les nombreux amis se souviennent des succès retentissants , donnera cet hiver ses soirées de famille. Nous en reparlerons.

THEATRE.
La représentation théâtrale d'hier a obtenu un éclatant succès.
La délicieuse revue parisienne interprétée par des vedettes réputées, a produit sur l'auditoire, la meilleure impression.
La saison théâtrale s'écoule très agréablement.

CONSEIL GENERAL
La présidence du conseil général,d'après les journaux socialistes.
Autour de la table.Séance du 18 octobre chez les conciliés.
Le conseil général qui siège non loin du boulevard de l'abîme - coïncidence symbolique - a ouvert ses séances en fermant ses portes. L'huissier a veillé à la solidité des verrous.
Ces messieurs répandirent tous présents à l'appel sympathique régisseur qui de l'assemblée, Gassiot, seul Panisse manquait. C'était un grand vide. La figure pouponne et rondelette du maire de " tous les Guelmois " ne suffisait-t-elle pas à mettre un rayon de folle gaieté, dans cette enceinte où malgré " chers amis " distribués à profusion, plane souvent le remords et l'ambition dissimulée.
Dès le matin, un nuage assombrissait Constantine et menaçait la préfecture. Rassurez-vous. Il ne s'agissait pas de la hausse du prix du pain ni les accords de Washington et de Thoiry. Il s'agissait que d'un siège de président.
Des bruits horribles circulaient aux terrasses des cafés… Pas sérieux, loquace et grave allait-il heurter la candidature officieuse du maire de souk Ahras se, pimpants et élégamment cravatés, déjà prêt à sortir son discours, gentiment ordonné, que les grands maîtres Thomson et Maniquet ne désavoueront pas.
Et nous voici en séance secrète !

Les Dieux vont délibérer.
Morinaud vaincu par une extinction de voix gagnée en pleine bataille contre le socialisme est là, toujours vigilant, l'oeil fixé sur ses lieutenants.
Le Dr Lora a déjà son couteau sous la barbe ; Lavie paternel, ne veut pas laisser paraître ses inquiétudes ; Quintard pense beaucoup et réserve ses " mines " ; Jules Cuttoli, vous énervez, cherche la formule d'apaisement et prépare en sourdine le rameau d'olivier, excellente qualité de Kabylie.
Perrin Gassiot et Talabot, frères siamois et touchants… de gaieté, arrivent en retard - d'où peuvent-ils venir ! Vallet et Dussaix fourbissent des baïonnettes toutes neuves
Je ne m'illusionne point,sachant que ces messieurs, très attentifs aux soins que nécessitent leur digestion politique, s'entendront.…
Les loups ne se dévorent jamais entre eux. Et les " moutons " feraient bien de profiter de leur exemple !

Mais voici Cuttoli (Paul) ! Ces yeux si finement expressifs, ont déjà tout vu, tout compris.. C'est un indéfinissable, qui incarne le Bien et le Mal, homme complet, donc pas Dieu !, a trouvé le moyen de gagner le 'temps et l'espace'. Il vaincra donc l'orage qui menace de gronder au sein de ces " tous amis " qui ne doivent se faire "aucune peine, même légère '.
Il hêle Morino, de mener une conversation. Le tour est joué. Les amateurs de surprises, les hommes de discorde, Pétrolucci dixit - en seront pour leurs frais. Après une affirmation de candidature doucereuse et extra rapide de M. Passérieu, un coup de dents élégamment données par Vallet, et une déclaration caline et mélancolique de Deyron, les deux grands arbitres Paul Cuttoli et Moreno Émile - qui les a désignés ! - Accompagnés des deux velléitaires, plaquent sans élégance, l'assemblée et s'en vont trouver la formule d'entente dans une cellule voisine.
Coucou ! les revoilà !

" Messieurs, vous pouvez respirer, dit l'ineffable sénateur.. Amis, toujours amis, Deyron sera président cette année,, Passerieu le sera l'an prochain. Pour la conciliation, nous foulerons au pied règlement et principes démocratiques. La dictature de deux hommes accomplit des miracles. Elle réalise l'unanimité combien touchante et sincères. "

L'ETINCELLE.
L'établissement thermal d'Hammam meskoutine sera ouvert le 15 novembre prochain. Retenez dés aujourd'hui vos places

Site Internet GUELMA-FRANCE