AVENIR DU 23 SEPTEMBRE 1926

CHRONIQUE LOCALE

TRANSPLANTATION
L'incendie du djebel Hallouf a ravivé une vieille affaire qui remonte à plusieurs mois, mais que la municipalité avait laissé dormir soigneusement en espérant l'oubli pour elle.
Un conseiller municipal M.S avait signalé, qu'une centaine au moins d'oliviers, avaient été déracinés du communal et transplantés dans une propriété voisine.
Le garde rural entendu, avait justifié le locataire en disant que la plantation d'oliviers du djebel Hallouf était trop serrés et que c'était une bonne exploitation que de les éclaircir.
Locataire s'en était rapporté au garde rural pour des raisons de famille, et la municipalité qui n'ignorait pas ces raisons avait cru devoir tenter d'étouffer l'affaire afin de ne pas contrarier son actif et zélé agent..... Électoral.
Cependant soutenue par quelques collègues, M.S avait décidé une enquête qui ne fut jamais poussée sérieusement vu la difficulté des sanctions vis-à-vis de membres de la famille homogène.
Maintenant que tout est brûlé dans le djebel Hallouf on ne pourra compter sur place le nombre d'oliviers enlevés contre tout droit à la propriété commune, ni constater s'ils étaient trop serrés ou non, mais on peut encore rechercher
1 combien d'oliviers ont été plantés dans la propriété incriminée
2 si le propriétaire actuel de ces oliviers avait le droit de les acheter au locataire du djebel Hallouf étant donné qu'il avait pour mission de faire respecter la propriété communale et de dresser procès-verbal du délit en laissant à la municipalité le soin d'en apprécier la gravité.
3 Si l'ancien locataire du djebel Hallouf a donné ou vendu contrairement à son bail des oliviers appartenant à la commune.
Ceux qui connaissent le djebel Hallouf affirment que nulle part les oliviers y étaient trop serrés.
Il est regrettable que l'incendie survenu faute de mesures municipales préventives vienne en surplus faire disparaître les témoignages matériels d'un délit dans lequel la municipalité ou ses agents ont apporté toutes les lenteurs voulues pour qu'on puisse encore une fois invoquer comme excuse la négligence ou la bienveillance électorale.
P D

LE DUEL VIOLETTE-DUROUX
(ou la vendetta Duroux)
Il se poursuit, féroce et méthodique en trois grands quotidiens algérois dont le sénateur Duroux et le maître ou le propriétaire ; l'ECHO D'ALGER, l'ALGERIE, LES NOUVELLES. L'ECHO D'ALGER, donne le ton :
Les annales africaines, hebdomadairement, suivent bientôt ce sera de mode, et ce modeste journal ouvert à toutes les critiques, sous la responsabilité de leurs auteurs fera sans doute comme les autres. Je me hâte d'y passer ma manière de voir que j'ai voulue impartiale.
Dans cette lutte donc, M. Duroux tente de briser M. Violette, celui-ci ne répond pas. Y a-t-il bien duel lorsque l'adversaire " encaisse " sans riposter ? Les annales de Malebay, se pose la question et n'osent la résoudre..
En réalité M. Duroux a le premier reçu des coups, qui lui fussent s'adressés incidemment, il les ait cueillis au passage. Il les rend après s'être organisé pour la contre-attaque. C'est la vendetta Duroux.
L'origine du conflit n'est pas des mieux connus - nous l'ignorons toutefois - et il est plus sûr de se borner à constater que la désignation de M. Violette pour la colonie fut vivement combattue, à Paris, par le richissime et puissant sénateur. La presse métropolitaine le relata.
À Alger le nouveau gouverneur, sans perdre une minute, se voua, corps et âme, à la réalisation de sa politique. Elle voulait beaucoup plus que ne concevaient ses bureaux stéréotypés dans une statu-quo presque centenaire pour la question indigène, un effort décidément marqué, vers l'assimilation, ou tout au moins vers la civilisation :
Au point de vue administratif, un peu plus de justice, et dès lors, par suite d'une réglementation sévère de l'accession aux emplois, le rejet à l'arrière-plan des délégués financiers et des conseillers généraux pour qui les charges judiciaires ou les fonctions publiques étaient la monnaie courante électorale.
Une révolution sans plus, pour qui connaît l'Algérie.

Je ne sais si M. Violette résistera victorieusement à la vendetta Duroux. Si il succombe, il aurait été pour ce pays ce que fut le président Wilson pour le monde.
Le premier il aura touché la vérité nord-africaine.... Pour s'y brûler les mains. D'autres après lui, réussiront.
Comment demander aux fonctionnaires du gouvernement général, d'origine algérienne pour la plupart, dévoués aux hommes politiques dont ils avaient été autrefois les protégés, de seconder un programme, si contraire à leurs principes de colonisation, à leurs habitudes, à leurs intérêts ?.
Aux premières résistances, ce furent des coupes sombres. Ce qui au lieu du gouverneur, représentait la fossilisation algérienne, furent remplacés par des Français de France.
Disgrâce entière, demi-disgrâce?. Les Causseret, les Frieux et d'autres vinrent, imbus des idées nouvelles, remplir les postes vacants. Il est juste de remarquer que l'éloignement de M. Maury du cabinet particulier où toute l'Algérie avait apprécié sa grande loyauté et son intelligence claire et souple capable de s'adapter à la nouvelle manière, est le prétexte officieux recherché, mais non dépourvu de popularité, invoqué par M. Duroux, son ami, pour cette entrée en campagne sans merci.

Je dis le prétexte, car la raison paraît autre. Il faut la trouver, d'abord, dans les faits antérieurs à l'arrivée du gouverneur en Algérie et ensuite dans les incidents derniers, au cours desquelles des manifestants vinrent conspuer l'opulent sénateur, qu'ils accusaient d'avoir créé, à Alger, la vie chère. Celui-ci soupçonne M. violette d'avoir fomenté ou permis ce mouvement local.
Ainsi M. Duroux " encaisse " dans ses amis brimés, dans sa popularité d'effleurer par des vociférations de la rue ; il est réellement touché, en tant que chef de la politique algéroise, dans les prérogatives que perdent les politiciens de sa clientèle par la réglementation des offices ministériels. Il fonce à son tour pour la vendetta, armé des meilleurs journalistes algériens..

En somme, lutte de deux écoles, la vieille et la nouvelle, provoquée par des incidents d'ordre particulier, hélas, bien étranger à l'intérêt supérieur de l'Algérie.
Dans ces journaux et pour arriver à ses fins que reproche M. Duroux au gouverneur ?.
D'être à Janville, dans l'Eure-et-Loir, pendant que les gardes forestiers et les gardes champêtres, les administrateurs et les sous-préfets sont retenus en Afrique pour surveiller les forêts, sujettes à cette époque de l'année aux incendies.
Il est piquant de constater que les feux ont été plus rares, cet été, que précédemment !

D'avoir songé au cours d'une conversation privée, à naturaliser en masse tous les indigènes de l'Algérie, projet réduit à 20 000 naturalisations par département, au cours de la même conversation, mais non apparue encore officiellement !.
D'avoir doublé le nombre des fonctionnaires de son cabinet particulier et de rêver à Mustapha Supérieur d'une résidence princière aux frais de la colonie, pour lui et ses successeurs.
Dès le début, mais la curiosité de l'Algérie attend quelque chose de mieux.
À tout cela, et pour l'heure, le gouverneur ne répond rien.
Guelma ;
J-B de Peretti (avocat)

NOUVELLES LOCALES NECROLOGIE Nous avons appris avec peine le décès à La Calle, de Paulette Oufrani, âgé de deux mois.
Nous adressons nos sincères condoléances à Mme et M. Joseph Oufrani ainsi qu'aux familles que ce deuil plonge dans l'affliction.

SOIREE DE FAMILLE La " VIOLETTE " longtemps oubliée dans un état de léthargie réapparaît, et cause dans les divers milieux la plus agréable surprise.
La population Guelmoise est conviée à une soirée dansante qui aura lieu samedi à la salle des fêtes.
L'excellent orchestre à cordes de la " Violette " grisera jusqu'au matin les amis de la danse et de la gaieté.
Nous espérons que cette phalange artistique continuera dans cette voie. Nous lui adressons nos compliments.

LES CONCERTS. Alors que partout ailleurs, les sociétés musicales s'emploient à fond pour organiser des concerts pendant la saison chaude, dont les soirées semblent interminables, à Guelma notre société philharmonique se repose. Cet hiver, par les exceptionnelles journées clémentes nous verrons évoluer cette société, au milieu d'une dizaine d'auditeurs.
Il n'y a rien d'étonnant d'ailleurs que cette organisation soit faite à dessein.

LES SPORTS Parmi les prochaines manifestations sportives auxquelles la Jeunesse Sportive Guelmoise prendra part, nous citons avec plaisir le match de football contre le Stade Olympique Sétifien.
Cette intéressante partie se jouera, le 10 octobre, à Constantine et décidera l'accession division d'honneur de l'équipe vainqueur. Nous adressons nos meilleurs souhaits à notre excellent club local.
Dimanche, au parc des sports, entraînement général des équipes premières et secondes. Présence absolument indispensable.

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TRIBUNE LIBRE Nous accueillons ici toute communication intéressante sous la signature ou le pseudonyme de leur auteur et sans que cette publicité engage la politique ou la responsabilité de journal.

CHASSE RESERVEE. M. Ménard rappelle à messieurs les chasseurs, que la chasse lui est réservée sur les propriétés Varet, Cheymol, Ménard, y compris l'ancienne ferme Kemerer. Sise sur la commune de Guelma. Aucune autorisation sera accordée à un garde verbalisera .

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