5 AOUT 1926

TENTATIVE DE MEURTRE
lundi soir monsieur Terrasse Louis, mineur de son métier âgé de 36 ans, se trouvait en compagnie d'amis, au café Damal, lorsque leur un individu aux yeux hagar, dont la présence intriguait des consommateurs, brusquement, sans réflexion, cet homme se dirigea vers Terrasse et lui porta un violent coup de couteau ou village.
Après quoi il prit la fuite. Le maréchal des logis-chef Juvin et le gendarme Feuilhes aussitôt prévenus, se mirent à la poursuite du meurtrier qu'ils trouvèrent souffrant d'une crise d'épilepsie.
Transporté à l'hôpital, il mourut sans avoir repris connaissance. Cette tentative de meurtre ne peut être attribué qu'à l'état maladif du sieur Raddusa Tomaso dont l'identité a plus être découverte grâce au passeport qui se trouvait dans la poche de sa veste
APINZZAPALU

LE COIN DU GRINCHEUX.
Au marché
nous avons constaté avec plaisir qu'à la suite de nos dernières réclamations, les maraîchers et les revendeurs de légumes ont été l'objet d'une réglementation spéciale. les prix des légumes sont affichés devant les boutiques, et ont tendances à la baisse.
Nos ménagères s'en réjouissent et les revendeurs eux-mêmes n'en sont pas fâchés. Enfin !.

LOI GRAMMONT.
Dans le but de fait respecter la loi GRAMMONT nous avons, dans notre dernier numéro signalé avec la plus grande discrétion l'histoire d'un bourricot et de son conducteur.
Certains conseillers municipaux se sont émus et deux d'entre eux sont venus nous sommer et de leur dévoiler, n'ont pas le nom du délinquant, mais celui de l'écrivain respectueux de la loi. Il prononcèrent des gros mots, des menaces, mais ce ne furent heureusement que des paroles. Nous lançons pas encore aux voies de fait, malgré que l'un de nos interlocuteurs aitdéclaré son indifférence pour le bagne.
Du calme ! Les journaux sont faits pour éclairer non seulement les électeurs mais encore les élus, est fidèle à notre ordinaire discrétion, nous ne désignerons même pas par leurs initiales ces conseillers impétueux.
CHARLY.

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CHRONIQUE LOCALE.
VOIRIE
Autrefois, la route nationale de BÔNE à Constantine traversée Guelma en suivant la rue Sadi Carnot, puis la rue Victor Bernes, la rue Saint-Louis et enfin la rue du Medjez-Amar et ce tracé un peu détourné permet à la commune d'obtenir le pavage d'une partie de ces rues. Ce tracé avait en outre l'avantage de laisser libre le passage devant le café Glacier, le Cercle est le Grand Hôtel.
Alors, les consommateurs pouvaient placer leurs tables jusque sur la chaussée et savourer la fraîcheur du soir dans la plus grande tranquillité.
Comme, la commune prélève un droit sur les tables occupant la voie publique, il y avait à la fois agrément et profit.

Mais une nouvelle idée germa certain jours dans le cerveau municipal - ce fut la modification du tracé de la route nationale - et il en décida que dans un but de simplification, ce tracé suivrait la rue Sadi Carnot et la rue de Medjez-Amar en tournant devant l'hôtel.
Cette modification mettait à la charge de la colonie l'entretien de ce tracé modifié tandis que la commune bénéficiait du pavage effectué dans les rues Victor Bernes et Saint-Louis devenues communales.
Mais alors les consommateurs du café Glacier, du Cercle et de l'Hôtel se trouvèrent encombrer la route nationale que l'on peut décemment interdire aux automobiles, ni aux voitures lourdement chargées.

Et il en résulte des inconvénients fréquents, qui durent encore. Pour y pallier?, la municipalité a supprimé aux automobiles le droit de s'arrêter sur la place.

Les voyageurs de passage arrêtent leur auto sur ce centre de la ville, afin de se rafraîchir, sont menacés d'un procès-verbal, et on les invite à s'arrêter plus loin.... Dans la rue Sadi Carnot.
La modification du tracé ne fut donc pas heureuse et entraîna plus d'inconvénients que davantages. Il ne faut point s'en étonner puisque l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Mais la route nationale n'est point pavée, elle est goudronnée, et là encore, il en résulte des inconvénients. Les routes goudronnées quand elles sont en pente, sont glissantes et dangereuses pour les chevaux qui traînent de lourdes charges. En revanche elles ne sont pas poussiéreuses comme les routes simplement macadamisées.
Le goudronnage de la route de la Gare et de la rue Sadi Carnot a donc été agréable pour les riverains et il a gêné les voituriers.

Ce qui ont des charrois un peu fort emprunte maintenant, la rue des Jardins qui prolonge la rue Zama ensuite de la "porte Escande". Mais cette rue n'a que trois mètres de largeur pour empierrement ; elle est défoncée et un rechargement de 40 cm au moins s'impose, si l'on ne veut pas que les chariots s'embourbent cet hiver.
Il serait nécessaire que l'empierrement fut chargé sur les bas-côtés. Là encore, il y a des inconvénients. Car la conduite d'eau est peu enfoncée dans le sol : 0 m 40 environ et l'égout n'est lui-même n'est qu'à 0 m 82 de profondeur.

Et tout cela se complique encore si pour agrandir la gare, on veut placer la Grande Vitesse du côté de la ville et la petite vitesse du côté des champs.
Alors, c'est la route actuelle de la gare qui sera le service de la PV non sans dommage pour les chevaux, si elle est pavée ou reste goudronnée.
Enfin, avant de transférer ou de transformer la gare, il convient de savoir si oui ou non on construira la ligne de Guelma-Gastu et cela apparaît bien incertain devant les documents publiés qui ne présentent aucune affirmation définitive.
LEMASSON.

DOCKS COOPERATIFS
Notre confrère le "PROGRES DE GUELMA" a publié un article très intéressant pour les colons de notre région, dans son numéro du 26 juillet.
Cet article, intitulé : la conservation du blé, dit que les petits producteurs, en effet, dépourvus de disponibilités sont obligés de vendre leur blé aussitôt après la récolte au moment où l'abondance de l'offre entraîne la dépression des prix.
Plusieurs mois après, les cours remontent d'un mouvement continu et ils dépassent souvent de plus de moitié les chiffres du début de la campagne.

Cette offre ce qui se produit régulièrement chaque année ne profite qu'aux intermédiaires et aux grands producteurs qui peuvent l'attendre.
L'article conclu que l'état, les départements et des communes doivent mettre à la disposition des coopératives, syndicats et autres associations agricoles, les locaux nécessaires pour emmagasiner et conserver les récoltes.

Cette proposition faite par notre confrère dont on connaît la situation officielle auprès de la municipalité et de celles que nous pouvons qu'approuver.
En Algérie, un crédit de 3 millions de francs, est ainsi au budget pour subventions partiellement remboursables, ayant pour but l'exécution de travaux par des coopératives ou autres organisations agricoles.

Sur les redevances de la banque de l'Algérie un crédit de 2 millions figurait en 1926 pour avance aux sociétés coopératives agricoles. Voilà par conséquent, deux sources de subventions auquelles la municipalité pourra puiser si elle entend véritablement créer à Guelma " DOCKS COOPERATIFS" pour l'emmagasinage des grains.
Ces crédits ont été l'objet d'un article du REPUBLICAIN au sujet d'une intervention de M.Morard aux délégations financières. M Morard demandait le rejet d'un crédit supplémentaire de un million prévu par l'administration.

M. Lavie s'opposa à ce rejet disant :
Que dans un pays neuf comme l'Algérie, on doit encourager par tous les moyens l'extension de la colonisation. Ce serait nié l'évidence, ajoute-t-il que de ne pas admettre les résultats obtenus par les sociétés coopératives agricoles.
Il estime, en conséquence, qu'on doit en favoriser la création.

D'un autre côté, M. Serda, sur le même sujet déposa une motion qui fut adopté par les colons et qui est conçu en ces termes :
- considérant que le mouvement coopératif agricole est en harmonie avec l'intérêt général du pays et qu'il est créateur de richesse ;
- considérant qu'il est demeuré dans le cadre légal assigné par le législateur ;
- considérant qu'il aboutit à la rémunération de la marchandise et, par conséquent, du travail nécessaire à sa production, et que ce résultat constitue l'encouragement le plus efficace au développement de la production et à la diminution du coût de la vie ;
- considérant que le législateur républicain a poursuivi, sur le même principe, l'extension du système coopératif dans différents domaines, consommateurs, commerçants, ouvriers, fonctionnaires et marins.
- considérant que ces différents systèmes sont dotés de ressources spéciales au budget algérien et que l'inertie des uns ne saurait fournir une justification pour critiquer l'action des autres ;
- considérant que la mutualité et la coopération agricole sont largement ouvertes aux indigènes et quelles sont les éléments le plus sûr de rapprochements et d'évolution économique à l'abri des idées malsaines ;
- considérant que les petits agriculteurs français et indigènes ont tous accès à cette organisation et que les gros agriculteurs, qui sont en très petit nombre, y joue le rôle d'initiateurs prétant leur appui et leurs responsabilités financières, constituant l'armature de défense du système..
- considérant que l'agriculture algérienne à donné au point de vue fiscal des preuves tangibles de bonne volonté, et que par ses représentants elle a accepté en Algérie, l'établissement d'un système fiscal dans lequel les impôts directs sont de beaucoup supérieurs aux impôts indirects (N. D. R. ceci est très discutable)
- considérant que les avantages apportés au budget algérien, et à l'approvisionnement de la régie française des tabacs, sont bien supérieures aux sommes affectées à la coopération, et sont en majeure partie remboursables.
- considérant que l'oeuvre de coopération du législateur a été en partie motivée par la nécessité d'une décentralisation bancaire pour soustraire la production agricole à l'emprise financière en la soumettant au contrôle de l'état.

Les délégations financières émettent le voeu de voir se développer en Algérie, le mouvement coopératif créateur de richesse, dans le cadre assigné par le législateur.
Signé Srda, Barris du Penher, Bordières, Vallet, Jaillet, Vagnon, Havard, Froger, Benand, Deshaires,Raoux, Enjalbert, Bel, Thomas Dussaix.

Voilà donc une question sur laquelle, à Guelma, tout le monde est d'accord et cependant lorsqu'une société a tenté de se former pour créer ces " docks coopératifs " n'a pu aboutir.
Est-ce que les appuis officiels auraient manqué ? Nous ne le croyons pas, et même divers intéressés nous ont exposé que l'obstacle venait surtout d'inerties locales.

Mais en admettant même qu'il en fut ainsi, ce qui resterait à prouver, il est maintenant facile de surmonter ces légers obstacles puisque toute la représentation locale est d'accord.
Un voeu motivé émis par le conseil municipal est donc tout indiqué. Il sera soutenu auprès du Gouvernement Général par nos délégués et bien qu'il n'ait point fait partie du programme électoral d'aucun de nos élus, nous croyons que cette création donnera satisfaction à nos agriculteurs.
P.COLONA

TRIBUNE LIBRE
Nous accueillons ici, toute communication intéressante sous la signature le pseudonyme de leur auteur, et, cela sans que cette publication engage la politique ou la responsabilité de notre journal.
Rectification :
Nous recevons la note suivante :
J'ai lu dans un des derniers numéros de la DÉPÊCHE DE CONSTANTINE un entrefilet annonçant le mariage de Mlle BACRIE avec M.H GUEZ, et, c'est avec surprise que je vis les félicitations adressées à M.KAYOUN, conseiller municipal, lesquel ne pouvait avoir, à mon avis, qu'un caractère ironique provenant d'un correspondant de la dépêche.
La réalité bien différente, M KAYOUN conseiller municipal, par suite de raisons personnelles n'a pas assisté au mariage de sa nièce, pas plus qu'aux obsèques de sa soeur, et par suite son désintéressement familial ne saurait permettre au correspondant de la dépêche d'utiliser l'ironie dans des questions qui ne le concernent pas.
M. Joseph KAYOUN n'a pas être félicité dans la circonstance et les étrangers n'ont pas à se mêler des affaires des familles qui ne les regardent pas.
Un parent.

MISE AU POINT. Nous avons pris la résolution de ne pas prendre part à une polémique, dont depuis quelques jours la presse Guelmoise faisait paraître des échos.
Notre patience fut soumise à une rude épreuve, car certains dirigeants de la Philharmonie Municipale de Guelma ne se sont plus contentés de la presse de leur localité ; il leur faut maintenant apporter jusque dans le quotidien du chef-lieu, les " ECHOS " de leurs affirmations fantaisistes, à propos du festival musical de Bône.
Nous sommes donc contraints de sortir de la réserve que nous nous étions imposée en disant tout simplement la vérité.

Excepté les aveugles et les sourds, tout le monde à Bône sait que le " Groupe Musical des Chemins de Fer de Constantine " composé de 57 musiciens " bien à lui " (tambours et clairons non compris), a été acclamé par un auditoire de plusieurs milliers de personnes pendant le concert donné le dimanche soir sur le kiosque du Cours Bertagna, en présence du jury au complet.

La qualité des morceaux joués et leurs exécutions, valurent à notre société, " La plus haute récompense décernée aux harmonies ", c'est-à-dire : une couronne de vermeil (remise solennellement dans une cour de l'hôtel de ville par le comité d'organisation) un premier prix d'exécution, et enfin pour notre ami et directeur M.Malignon, un prix de direction " avec félicitations du jury ".
D'autant qu'il n'y eut à Bône pour les harmonies qu'une seule couronne de vermeil, et un seul prix de direction avec félicitations du jury.
Notre groupe musical s'était rendu à Bône dans le seul but de satisfaire une population amie, qui l'a chaleureusement remerciée par ses bravos, et aussi de tenir dignement le rang qui fut assigné à 1914, par le jury au concours de musique de Blida, lorsqu'il classait en première division notre société à peine naissante.

Notre objet était pleinement réalisé, nous ne pensons pas rendre jaloux les dirigeants d'une petite société, qui, pour essayer de jouer " Poête Paysan " d'une façon désastreuse, surtout quant au mouvement, ont fait venir, de Duvivier, Tebessa, Mondovi et Bône même, les musiciens nécessaires au renforcement de leur faible effectif.
Pour cet incident, nous regrettons que l'orgueil ou le trop grand zèle de certains, ce soit exercé à nos dépens à nous, qui à Bône avons applaudi tous nos camarades musiciens sans exception, et cela conformément à nos traditions de bonne camaraderie.
Le groupe musical des chemins de fer de Constantine.

REMERCIEMENTS.
Les familles Lepori, Bovino, Rossi parents et alliés remercient sincèrement toutes les personnes qui leur ont témoigné des marques de sympathie à l'occasion du décès de leur regrettée Madame Rose Lepori .

CHASSE RESERVEE.
La chasse est rigoureusement interdite dans les propriétés de MM. Varet, Meynard, Cheymol, située à l'Oued Maïz.
Un garde-chasse assermenté verbalisera.
Monsieur Cheymol, ayant loué la chasse de ses propriétés à MM. Meynard sur la commune de Guelma et à M. Gerbaulet, pour la commune Héliopolis, aucune faveur ne pourra être consentie.

NOUVELLES LOCALES.
Un grand malheur vient de frapper les familles Lepori; Bonvino et Rossi, en ravissant de leur affection Madame Rose Lepori, âgé de 32 ans.
Les obsèques ont eu lieu mardi, au milieu d'une foule imposante et recueillie.
Nous prions les familles que ce deuil plonge dans l'affliction de croire à la grande part que nous prenons à leur douleur.

Nous avons appris avec peine le décès de M.Zerari Bachir, tailleur, à l'âge de 39 ans.
Nous adressons nos sincères condoléances aux familles en deuil.

FIANCAILLES : Ont nous fait part des fiançailles de Mlle Rachel Saffar, fille de M.Fradj Saffar, huissier à Constantine, avec M. Joseph Zerbib employé Chemins de Fer, à Guelma.
Nous adressons nos meilleurs voeux aux heureux fiancés et nos sincères compliments leur familles.

Nous vous prions de nous excuser si quelques coquilles, qui nous échappent faute de temps, et à cause de l'illisibilité du texte du journal, ne sont pas corrigées

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