AVENIR DU 26 AOUT 1926
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L'éducation de la femme indigène
. Une circulaire du recteur aux inspecteurs d'académie d'Algérie, signalée par le gouverneur général aux préfets, par dépêche du 25 juin 1926, appel enfin, l'attention des membres de l'enseignement et des municipalités sur la nécessité d'instruire la fillette indigène. C'est peut-être, probablement même, la première suggestion du genre.
Non que les prédécesseurs de M.ARDAILLON, recteur actuel de l'académie n'aient pas été capable de comprendre le rôle prépondérant de la femme, dans la formation des sociétés anciennes et modernes. Mais il leur manquait l'animateur indispensable, un chef de la colonie qui oserait leur imposer l'exécution du programme par le si naturellement et si facilement conçu.
Point de civilisation sans la femme disait l'histoire de tous les temps, en axiome catégorique. Mais en Algérie se posait hélas et se pose encore dans la masse, la question de savoir s'il est bien utile à la cause française d'arracher le monde arabe à la lamentable situation morale où il se trouve.
La petite fatma pouvait rester au gourbi.

M. Violette crut devoir résoudre le problème, simplement, conformément aux traditions françaises : nous n'avons pas conquis l'Algérie pour l'exploiter jusqu'à la fin des siècles, mais pour en faire un pays digne du nôtre. C'est la femme qui civilise : éduquons la jeune fille indigène. Le recteur, énonçant ce qu'il a toujours pensé, écrit :
Qu'il s'agisse de classes mixtes ou spéciale, ou de cours en dehors des heures de classes normales, les institutrices devront toujours faire une large place aux travaux pratiques, couture raccommodage et lavage notamment, tenue de la maison, soins d'hygiène . Si l'on veut que l'hygiène, et plus simplement la propreté, règne dans les intérieures indigènes, même les plus modestes, ils font en bon hésitez et l'habitude au futur maîtresse de maison. Et il ajoute, justement « il est à souhaiter dans l' intérêt et des populations indigènes et dans l'intérêt général que ces essais d'organisation se multiplient »..
J'aurais volontiers parlé de nécessité inéluctable d'obligations nationales de sortir rapidement un peuple de cinq (5) millions âmes de la bout où il se complaît.
M. Ardaillon qualifie plus loin l'oeuvre d'urgente, et M. violette écrit :
J'attacherais le plus grand prix à ce que les instructions préconisées par M. le recteur soient activement secondées par les maires et administrateurs d'idée est lancé.
Que ce qui conçoivent la colonisation autrement que sous la forme d'une mine à exploiter ou d'une vache à traire - que les vrais français -daignent se pencher sur le taudis ou souffre la femme arabe ou kabyle.

Pour elle, d'abord - car notre devise est avant tout justice et générosité - afin de soustraire à son sort misérable qui en fait, depuis bien avant Mahomet, une chose qu'on achète, qu'on revend, qu'on maltraite est qu'on tue..
Pour nous, ensuite, parce que l'élémentaire instruction donnée à la fillette arabe, surtout pratique et ménagère, épargnera à nos fils la variole., le typhus, la tuberculose la syphilis, toute maladie dont nous devons le développement intense à la promiscuité indigène. Et l'enfant étant ce que le fait sa mère grande éduquatrice, par la fillette vous instruiront le fellah, bonne ne pas de paysans qui ne demandent qu'à vivre dans un bonheur relatif il s'imagine très bien conciliable avec les procédés de culture agricole moderne et une chemise propre, sans poux ni punaises.
Si l'indigène de la Terre demeure encore si éloigné de l'européen des villes, il est surtout notre frère dans les champs de bataille, la raison principale en est dans son manque absolu de tenue, de savoir-vivre de propreté.

Rustre qui peut aimer sa crasse, mais pauvre de nous qui consentons à le laisser ainsi, huileux et malodorants, depuis 96 ans, à nos côtés ! Sa mère ne lui a pas appris faute de l'avoir sû elle-même, à changer souvent de gandoura ; nous avons appris, nous à respirer sans incommodités, ses relents, au passage.
Le plus sale des deux -- -- -- aurait dit Lafontaine !

Le jour où l'indigène, considérera comme une incorrection de se moucher entre son pouce et son index, sans mouchoir, en pleine rue, un pas de géant sera fait vers la fraternité des deux peuples.

Voilà pourquoi Monsieur Violette veut sortir la petite Fatma du gourbi à fin de la jeter dans l'école voisine, où elle apprendra à se laver d'abord, à lire, écrire, tricoter et broder ensuite. Mais faut-il que les parents acceptent l'éducation française ?

Faut-il tout d'abord que les parents concentent de la laisser en classe après la puberté, et non pas la marier comme il en est coutume?
Y réussira-t-il et dans quelle mesure ?.

UNE REGLEMENTATION NOUVELLE DE L INTRODUCTION EN FRANCE DES INDIGENES ALGERIENS
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M. Albert Sarraut ministre de l'intérieur a soumis à la signature du chef de l'État un décret qui a pour objet de réformer les dispositions réglementaires sur l'introduction en France, des indigènes algériens.
Ce nouveau décret maintient l'obligations pour les indigènes de produire, lors de leur embarquement, une carte d'identité, ainsi qu'un certificat médical établissant qu'ils ne sont atteints d'aucune maladie contagieuse.
Mais il les dispense de fournir un certificat d'embauchage, car il est apparu à distance qu'il était difficile de se procurer cette pièce.
Il a semblé préférable de remplacer cette formalité par, l'existence d'un certain pécule que doivent posséder les indigènes, afin de pouvoir subsister en attendant d'avoir trouvé du travail en France
Enfin, les indigènes doivent présenter un extrait de leur casier judiciaire établissant qu'ils n'ont pas été frappés de condamnations graves.

TRIBUNE LIBRE

Vie chère

Monsieur le directeur.
Vous nous reprochez d'avoir approuvé la proclamation de M. le maire disant que la municipalité « avait fait tout ce qu'elle devait » en ce qui regarde la vie chère ; mais je vous demande de tenir compte de la confiance que nous avons dans les magistrats et dans les fonctionnaires de la commune et du gouvernement quand ils nous affirment que la loi française interdit notre intervention.
Si, ce magistrat est un homme de loi et qu'il est appuyé par d'autres hommes de loi, nous croyons ne pas pouvoir élever la voix, montrant ainsi, que la loi française est acceptée, par nous en toute circonstance, même quand nous n'en comprenons pas bien les détails.
Notre soumission ne nous empêche pas de réfléchir ni de chercher à comprendre ce qui nous a d'abord étonné, et je vois que votre journal nous aide à mieux saisir les causes et les effets de certaines choses.
Vous comprenez bien que si nous avions su que cet proclamation allait soulever des discussions et des protestations, nous l'aurions étudiée davantage avant de nous y associer.
Nous voulons être en bon terne avec tout le monde et vous savez que le pauvre 'bicot', n'a jamais raison quand il y ose invoquer l'égalité. Il faut beaucoup de patience et de résiliation et il a besoin de sympathie et d'indulgence car il ne demande qu'à apprendre ce qu'il ne sait pas.
Je suis bien votre ami j'espère que votre justice voudra toujours soutenir les Arabes dévoués à la France et je vous écrirai souvent.
Larbi ben Mektoub.
La lettre de notre correspondant dont nous respectons l'incognito est sage et nous n'insisterons pas sur les causes qui ont fait éclore ces discussions sur la vie chère.
D'ailleurs notre but est atteint si la municipalité s'occupe de cette question autrement qu'en publiant des discours dilatoires. Le public est mis en garde et il saura discerner ceux de ses mandataires qui ont conscience et souci de ses intérêts ; il saura inspirer les mesures qui conviennent à la situation.
Cependant nos colonnes sont toujours ouvertes aux réclamations et protestations pourvu qu'elles s'expriment sans haine et sans mots déplacés.
La vérité n'est pas toujours aimable, mais il faut lui enlever autant que possible tout ce qui pourrait la faire accuser de n'être qu'une attaque contre les personnes, lorsqu'elle veut seulement le bien du public.
C'est pourquoi nous ne publions pas un article qui nous fut adressés sur " le bourricot malmené ". Il nous paraît dépasser notre mesure. Que notre correspondant GOZZO veuille bien nous excuser.
La rédaction

QUESTIONS ALGERIENNES
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Notre confrère le cheminot publie l'article ci-dessous.
Chez nos camarades indigènes.
L'émotion causée par le refus des délégations financières d'accorder le quart colonial à nos camarades indigènes, est loin d'être calmée.
Après les protestations de nos camarades du réseau de l'Est algérien et du Bône-Guelma, ce sont nos camarades de la région de Tlemcen qui nous ont fait part de leur légitime mécontentement.
Le temps est loin des belles promesses qu'on nous faisait sur le fond, au moment où on avait besoin de notre peau, nous écrivent-ils. Hé oui ! Camarades, envolée les belles promesses, celle qu'on vous fit et qu'on nous fit à nous aussi.
Comme quoi il faut être fou pour croire aux promesses d'une bourgeoisie incapable d'en tenir une.
Ce n'est que par force qu'on pourra lui arracher un peu de bien-être et, pour être fort, il faut être uni
Un cheminot

TRIBUNE LIBRE DE NOS LECTEURS.
M. le Rédacteur
Bravo, votre article sur la vie chère et pour votre geste, faisant connaître à la population guelmoise les prix des denrées de première nécessité, pratiquées à Constantine.
Pour parachever une oeuvre si bien commencée,faites connaître dans votre prochain numéro, les mercuriales de Bône, pour la même date.
Vous y trouverez : café 21 et 22 F. Sucre 4,10 F et 4,20 F :
Soit une différence avec Guelma de : 10 et 12 F par kilo de café et 1,10 F par kilo de sucre
une paille !, heureux guelmois, quand verrons-nous ces prix ?
Hachis.
Réponse à une lettre anonyme : vous désirez une réponse dans « l'avenir de Guelma » il me serait agréable de la faire, si vous vouliez bien vous faire connaître. Signé; Jean Labianca.

NOUVELLES LOCALES
Nomination.
M.Hallot vient d'être nommé notaire à Bône et nous sommes heureux de le féliciter bien sincèrement de cette nomination. Excellent homme, toujours serviable et excellent conseiller M.Hallot était un notaire modèle est un ami des plus sûrs.
Nous lui exprimons tous nos regrets amicaux en le voyant nous quitter et tous nos voeux de prospérité dans son nouveau poste.

HYMENEE
Nous apprenons avec plaisir le prochain mariage de Mlle Claire Hadjadj, fille de Mme et M.Hadjadj, notaire à Constantine, avec M. Léon Adda, commerçant à Constantine.
Nouveau formons nos meilleurs voeux pour les futurs époux et adressons nos sincères compliments à leurs honorables familles.

LES SPORTS.
La maison sportive va bientôt s'ouvrir à tous les fervents du ballon rond. Aussi, escomptant de nouveau succès, la Jeunesse Sportive Guelmoise va, dés dimanche, se remettre à l'entraînement.
L'équipe que nous avons connu l'an dernier, qui fut particulièrement appréciée dans le département, ne ressemblera en rien à celle que doit présenter le sympathique sportif M. François Poggi.
Renforcé d'excellentes recrues, nous verrons bientôt, le "onze" guelmois défendre brillamment les couleurs du club.
Nous adressons nos meilleurs voeux aux vaillants sportmen de la J.S.G.

FETE DE KELERMANN.
Dimanche et lundi de grandes réjouissances attireront à Kelermann toute la population guelmoise et celle des environs.
Un programme de bon goût a été élaboré par les dévoués organisateurs. Aussi nous ne doutons pas d'un franc succès. Les repas et casse-croûte seront servis sur commande chez M. Zara.

ACCIDENT DE VOITURE.
Le 21 août 1926, UNE voiture de place revenant de Kelermann a été renversée dans le talus de la route près du pont de Kelermann par un chariot transportant du bois. Aucun accident de personne est à déplorer. Les dégâts subis par la voiture s'élèvent à 600 f .

INCENDIE.
Le 21 août 1926, un incendie dévorait environ cinq hectares de terrain couvert de chaume dans la propriété Melnotte et Raveli louée par Monsieur Gauci. Le feu se communiqua à plusieurs meules de céréales et de fourrage. L'incendie a commencé vers 14 h et ne s'est arrêté dans les meules que le lendemain. Les causes sont encore mal connues, mais on pense qu'elles sont dues à un accident. Les dégâts s'élèvent à 150 000 F.

HYGIENNE
L'attention des services hygiène vienne d'être appelée sur la pullulation des rats, particulièrement importante en ce moment dans de nombreux points du département et notamment dans les agglomérations.
L'époque actuelle est spécialement favorable à la destruction de ces rongeurs. Outre les dégâts qu'ils occasionnent, des rats peuvent être porteurs de diverses maladies épidémiques.
L'administration invite toute la population à les détruire partout et par tous les moyens dans l'intérêt de chacun et dans l'intérêt général de l'hygiène.
Tous les repères où peuvent se réfugier des rats seront supprimés. Les trous seront obstrués ; les planchers remis en état. On procédera à l'enlèvement et à l'éloignement des immondices et de toutes substances pouvant servir de nourriture aux rongeurs. Des appâts empoisonnés (pâté de ségle ou au phosphore, biscuits au carbonate de baryte) ou imprégnés de vivres raticides seront placés dans les endroits fréquentés par les rongeurs.
Il ne faut jamais toucher au rat mort ou vivant avec les mains. Tout cadavre de rongeurs devra être arrosé d'eau bouillante ou à défaut flambé.
Du virus partout spécialement préparé pour la destruction des rats seront mis à la disposition des personnes qui en feront la demande aux municipalités.

ARRETE.
Le préfet du département de Constantine officier de la Légion d'honneur.
Vu l'arrêté gouvernementale du 17 décembre 1924.
Arrête.
Article 1 : à compter de ce jour et jusqu'à nouvel ordre la liberté de sortie de charbon de chauvettes est interdite sur toute destination sauf pour la métropole et les départements algériens
article 2 : Le présent arrêté ne s'appliquera pas aux expéditions en cours pour lesquelles les expéditeurs justifieront d'engagements antérieurs au 31 juillet 1926.

À VENDRE :
Un générateur acétylène pour moto. Parfait état. S'adresser au bureau du journal.

En demande, en location, un appartement. S'adresser au bureau du journal.

Nous vous prions de nous excuser si quelques coquilles, qui nous échappent faute de temps, et à cause de l'illisibilité du texte du journal, ne sont pas corrigées

Site Internet GUELMA-FRANCE