LA FIN DES ETATS-NATIONS ARABES
Shmuel Trlgano

Le Nouveau Moyen Orient, qui est en train d'apparaître sous nos yeux n'est pas exactement celui que l'utopie de Shimon Peres nous promettait. Des ruine de la structure géopolitique qui était née du retrait de pouvoirs coloniaux. européen - qui, eux mêmes s'étaient substitués à un autre cadre impérial, celui de l'Empire ottoman -, est en train de se former un pouvoir monstrueux, celui de "l'Etat Islamique en Irak et au Levant", en fait une engeance d'El Qaida qui se nourrit de la décomposition de la Syrie et de l'Irak, tandis qu'au nord se constitue un Etat kurde qui va devenir le pivot de la région et qui l'est déjà avec le succès de on armée de peshmerga capables de tenir à distance les djihadistes. La menace sur Bagdad est tout un symbole.L'effondrement d'un monde

Cette situation est quand on la regarde de plus près, le lot de tous les Etats arabes entre l'Algérie et l'Iran, deux pays qui, eux mêmes, connaissent une cassure certaine entre les régime qui les dominent et leurs populations. La Libye a sombré dans le chao et une partition de fait du pays est à l'œuvre, la Syrie et l'Irak n'existent plu dans la réalité. Le Liban va connaître le même sort les lignes de fracture passent déjà dans ses rangs.
La Jordanie est bien fragile dans ce Maelstrom, suscitant déjà l'envie de l'EEIL, tandis que le Etat de la péninsule arabique se retrouvent en très mauvaise posture, abandonnée de fait par les USA d'Obama et sous la menace des appétits de domination de l'Iran sur toute la région, déjà puissance dominante dan le sud de l'Irak (et peut-être alliée en sous main de l'EEIL, selon certaines sources). L'Egypte, quant à elle, s 'accroche au bord de l'abîme pour ne pas tomber dan le néant La Tunisie est branlante.

Entre le Maroc et l'Iran, il n'y a qu'un seul véritable Etat, table et florissant, Israël et sans doute, plus au nord, la Turquie malgré la fragilité d'Erdogan mais l'irruption d'un Etat kurde aura sur elle (et l'Iran) un fort retentissement parce qu'une partie du peuple kurde y vit et qu'il nourrit une certaine rébellion. Sacrifié dan le partage bureaucratique de ce territoires par les puissance coloniales, Grande Bretagne et France (accord Sykes -Picot), le surgissement d'un Etat kurde en devenir est le premier signe de la fin d'un ordre international séculaire.

L'islam derrière la nation. Ce que nous découvrons, en fait, c'est que ces Etats n'avaient pas de consistance intrinsèque:
il étaient le produit des calculs coloniaux..
Ils rassemblaient de groupes tribaux, de religions et n'ont jamais créé de nation. Il n'y eut jamais d'expérience de l'Etat-nation capable de forger une unité nationale. Sans nation, sans Etat véritable sinon des dictatures militaires, ils furent incapables de créer une véritable citoyenneté, capable de fédérer ces populations différentes.

L'expulsion ou l'exclusion, c'est selon, d'environ un million de Juifs entre 1940 et 1970 en fut le premier témoignage. Aujourd'hui, la persécution et l'expulsion générale de chrétiens arabes comme la guerre intra-islamique entre confessions chiite et sunnite montrent qu'ils ne furent jamais les Etats nations que les Etats coloniaux avaient cru créer.

Et ce n'est pas un hasard que l'alternative à ce qui n'était qu'un décor creux soit l'islamisme, c'est à dire non pas le demos démocratique mais la massification de la Oumma. Contrairement aux attentes erronée des Occidentaux, le "printemps arabe" a vu, en effet, la levée en masse de la Oumma islamique qui balaya les structure étatique, ce que montrait le fait étonnant que cette levée se produisee en même temps dans de lieux fort éloignés.

Un conglomérat de tribus ne fait pas une nation. Les empires ottomans puis européens, n'avaient pas dominé en effet des nations déjà établies mais les restes de pouvoirs impériaux islamiques.
Leur retrait n'ouvrait de fait que sur un néant antérieur que seul l'islam pouvait gérer, sauf que l'islam est aussi en guerre avec lui même.

Le retrait colonial créait donc des nations qui n'avaient jamais existé et qui aujourd'hui s'effritent comme dunes au vent.

Derrière la façade in titutionnel1e, il n'y avait pas de nation ni de peuple mais des peuples. Contrairement à ce que les journalistes croient, Bashar El Asad par exemple, "ne tue pas son peuple", mais un autre peuple que le sien qui est le peuple alaouite.
De même que les insurgés syrien ont moins des "patriotes" qu'un peuple en lutte contre un autre. L'Etat que les Assad incarnaient était l'Etat d'un clan d'une religion et pas de tous les Syriens.

Et c'est vrai pour tous les Etat arabe: la connotation tribale religieuse ou ethnique du pouvoir est la règle.

La restructuration de toute une région
Une restructuration géopolitique considérable est ainsi à l'œuvre qui verra naître de nouveaux Etats et de nouveaux centres de pouvoir, peut être de formes impériales. L'lran est le grand candidat à un destin impérial. La Turquie "ottoman "d'Erdogan est sur les rangs . Que fera-t-elle face à la décomposition de la Syrie et sans doute du Liban?

La décomposition de la Libye entraîne avec elle la décomposition de l'Afrique sub-saharienne et l'expansion du djihad en Afrique noire musulmane. Le lien de ces régions avec l'Egypte, le Soudan et la Somalie est évident.
Nui ne sait encore sur quoi ouvrira la décomposition du monde arabo-musulman. Parmi les raisons de cet effondrement à la manière d'un château de carte il faut sans aucun doute compter les erreurs occidentales. Le projet naïf des conservateurs américains d'instaurer à marche forcée la "démocratie", la naïveté perverse de choisir le camp des islamistes pour maitriser la situation de la supposée "démocratie" des printemps arabe le renversement de alliances autant de l'Europe que d USA par rapport aux anciens alliés de l'Occident (Israël autant que l'Arabie saoudite) la politique défaitiste d'Obama sur tout le plans et notamment le nucléaire iranien, ont autant de causes efficiente de cet effondrement.

Et qui sait si demain, par un suprême renversement d'alliances, les USA ne se retrouveront pas aux côtés de l'Iran dans l'affaire irakienne? Il ne faut pas non plus négliger le poids délétère que pèse l'UE sur les région alentour d'autant que des frontières semblent ne pas être définitive (accession à l'Union de la Turquie, du Maroc, de l'Ukraine, de la Biélorussie? .. )et notamment avec ses ambitions en Méditerranée. La dynamique (éventée) du Traité de Barcelone visant à l'harmonisation du fonctionnement des pays riverains de la Méditerranée, à l'uni son des normes européenne, n'a-t-elle pas été une forme d'intrusion intempestive dans ces pays ?

La nouvelle donne dans le conflit du monde arabe et d'Israël. Cette nouvelle donne change complètement la réalité du conflit arabo-israélien. Le cadre dans lequel les Accord d'Oslo ont été pensé et mis en œuvre s'est irrémédiablement effondré.
Sa finalité devient caduque. Que signifierait, en effet, de contribuer à créer un Etat-nation palestinien alors que les Etats nation arabe s'effondrent de toutes parts?

Le "peuple" palestinien est lui même une invention récente, effet d'un tournant stratégique de l'O.L.P des années 1970. Dans, les faits il n'existe pas: les Palestiniens sont traversés par des fractures tribales importantes et leur partage entre Gaza et la Cisjordanie leurs revendications irrédentistes sur les Arabes d'Israël et les Palestiniens de Jordanie promettent un avenir de troubles régionaux sans fin.
L'alliance du Fatah et du Hama montre également que le Harnas est le fond du paysage palestinien en décor-cadre. Si, demain, un accord était passé avec l'Autorité Palestinienne, Israël se retrouverait inéluctablement face au Hamas, réduisant à néant toute promesse contractuelle: un cas de figure déjà vu en Algérie avec les accords d'Evian passés avec le G.P.R.A mais jamais respectés avec le F.L.N qui l'a suivi.
Ce serait bien l'expression, dans le cadre palestinien cette fois-ci de ce qui se passe actuellement dans le monde arabe où l'on voit l'islamisme poindre derrière ce que l'on croyait être les Etats-nations arabe.

Le conflit redevient ce qu'il a toujours été, malgré l'illusion "nationale" palestinienne: un conflit mu par l'hostilité du fondamentalisme islamique envers la souveraineté d'un peuple qui selon lui, a vocation à être dominé (dhimmi).

C'est un bouleversement considérable de la situation et les pacifistes israélien. les Etat occidentaux doivent revoir leur slogan de" deux peuples deux Etats". Il n'a plus aucun sens et les choses ne se jouent plus dans cette arène.

Du point de vue d'Israël la mutation dramatique du monde arabe est très positive. L'apparition d'un Etat kurde est une très bonne nouvelle, jusqu'à nouvel ordre. La décomposition de la Syrie et de l'Irak allège la menace à l'est et promet d'être un facteur de trouble en Turquie et d'échec pour le bloc sunnite arabique (Arabie et émirats).
Les Palestiniens quant à eux ont tout intérêt à rester dans la dépendance d'Israël dans un monde aussi incertain et où eux même appartiennent à un passé révolu (nationalisme arabe, entité forgée avec l'aide de l'URSS ). Le maillon le plus important maintenant est la Jordanie qui pourrait sauter ...

Reste à surveiller l'Iran, à moins que on régime ne subisse aussi le coup d'une révolution de la société civile contre la dictature islamique.
C'est un vieux principe de la prophétie biblique "Du nord s'étendra le mal" (Jr l, 14).
L'assaut contre l'Etat d'Israël antique est presque toujours venu des empires de l'est, Assyrie et Perse d'ailleurs des empires au destin extrêmement mouvant. c'est le sort géopolitique de la Mésopotamie.

Texte envoyé par J-P LLEDO

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