MUSIQUE ET CHANTS RELIGIEUX

Est-il religion au monde qui se conçoive sans musique ni chant?
Psalmodies qui accompagnent le jour et rassurent la nuit, monodies intercalées aux poèmes épiques, polyphonies de toutes latitudes, vocalises maillées aux marches de l'exil, raffinements d'espérance, cris déchirés d'incompréhension ...

Avant même d'être un puissant vecteur culturel, le chant est un acte profondément culturel .Élever sa voix après avoir relevé son regard cette nécessité a plus sûrement créé les noms de dieu, que les armes supposées le défendre, toujours! Chaque aire (ére) liturgique trace son chant dans la diversité des terroirs de la foi. Diverse, multiple et profusion des formes, reliées pourtant par un fil solide et, semble-t-il, essentiel. Portées par traditions orales autant qu'écrites, les appartenances ne parviennent pas toujours à définir des nationalités, si marquées qu'elles soient. Les frontières sont poreuses et les géographies Interdépendantes donnent aux chants des influences mutuelles où la musique se joue de l'arbitre.

Ces coupes transversales sont des chemins de halage où se joignent ceux dont le désir de paix ne saurait s'affirmer sans le besoin de dieu. Ceux-là tirent du fond des consciences des cantilènes d'espoir qui nous aident à sortir de la gangue des jours. D'où que nous soyons Au Moyen Âge, le mot hébreu Séfarade désignait la péninsule ibérique. La culture des juifs séfarades connut son âge d'or pendant l'ère musulmane; elle vit naitre des érudits comme Maïmoni et Ibn Ezra, et survécut à l'expulsion des juifs hors d'Espagne par l'Inquisition chrétienne, en 1492. Les descendants des exilés espagnols et portugais, établis dans de nombreuses régions du globe, ont en effet conservé jusqu'à nos jours la culture et les traditions intellectuelles, liturgiques et linguistiques des Sèfarades.

Bien qu'il ait existé des imprimeries juives en Espagne et au Portugal au XV siècle, un grand nombre d'incunables produits dans ces pays ne nous sont parvenus qu'en un seul exemplaire ou en exemplaires incomplets, en raison des persécutions et des expulsions des juifs. L'imprimé fut introduit dans l'Empire ottoman et en Afrique du Nord par des réfugiés juifs d'Espagne et du Portugal. Au cours des siècles qui suivirent, des livres en hébreu et en d'autre langues furent imprimés dans toute la diaspora séfarade. De nos jours, il n'existe plus qu'un seul journal - "alom - en 'ladino' ou judéo-espagnol et turc ;comme tous les autres volumes, les livres de prières juifs furent diffusés pendant des siècles , sous forme de manuscrits, jusqu'à ce que les incunables imprimés remplacent graduellement ces derniers. L'intérêt des intellectuels pour la liturgie juive èta~ tel qu'un des premiers livres publiés au Portugal. Des recueils de prières récitées dans les différents rites, par exemple chez les Ashkénazes et les Séfarades, et pour des occasions particulières, comme les grâces, reflètent souvent le caractère hétérogène des collectivités juives des divers pays (ainsi, la secte juive des caraïtes publia ses propres textes liturgiques, fondés en grande partie sur la Bible). Bien que la plupart des livres de prières ait été publiée en hébreu, langue traditionnelle de la prière juive, certains parurent dans d'autres langues juives, par exemple en yiddish, ou accompagnés de traductions dans ces langues. Au XIX' siècle, des versions modernes firent leur apparition en Europe occidentale et en Amérique du Nord, parallèlement à des textes hébreux souvent révisés.

CHANTS ARAMÉENS Les chants évoquent la miséricorde de Jésus, la déploration de Marie debout au pied de la Croix, l'Ame du Christ. Le nom d'araméen désigne plusieurs langues et dialectes proches appartenant à la famille des langues chamito-sémitiques. On estime que Jésus a prêché en araméen.

L'araméen se distingue du groupe cananéen, entre autres, par le passage de la voyelle 'à" à la voyelle 'O' L'araméen règne en maitre dans le domaine sémitique du VIII' siècle avant Jésus-Christ au VII" siècle après Jésus-Christ. Il était en effet en usage sous diverses formes dialectales dans tout le Proche-Orient. C'est la langue du commerce puis de l'administration de l'Empire perse mais aussi au V' siècle avant notre ère, celle de la petite colonie juive de l'ile d'Éléphantine en Egypte. C'est, enfin, la langue d'une partie du Livre d'Esdras et de celui de Daniel et des phrases sémitiques du Nouveau Testament.
L'araméen de Galilée se distingua, semble-t-il de celui de Judée. Toutefois, les deux dialectes étaient très proches et appartenaient au groupe araméen occidental. Curiosité de l'histoire, malgré son monopole, l'araméen ne fut jamais la langue d'un quelconque empire araméen, celui-ci n'ayant pas existé.

L'araméen biblique fut longtemps appelé 'chaldéen', avant la découverte de l'akkadien auquel ce nom correspond réellement, d'où l'utilisation de ce vocable dans certains dictionnaires d'hébreu biblique du XIX' siècle, réédités de nos jours .
Mis à part la langue araméenne ancienne, on distingue, au sein de l'araméen récent (1" Siècle après Jésus-Christ) l'araméen occidental de l'araméen oriental.

L'araméen occidental est celui de Palestine. C'est la langue des Targoums, de la Mishna (recueil de traités rabbiniques), de la Guemara du Talmud de Jérusalem (école de Tibériade du IV" siècle), de quelques textes découverts à Qumran. C'est enfin la langue de la littérature religieuse des chrétiens melkites L'araméen occidental comprend aussi le Nabatéen (la ville principale de Nabatéens état Pétra).
Ce sont les Nabatéens qui transformèrent l'alphabet araméen et qui le transmirent aux Arabes. L'araméen oriental est celui de la Guemara du Talmud de Babylone (académie juive de Babylonie du IV" au VI" Siècle). Cette branche araméenne orientale comprend le néo-araméen mais aussi et surtout le Syriaque, langue de la ville d'Edesse future métropole intellectuelle de l'Orient chrétien qui n'était pas de langue grecque, langue de la Peshitto (traduction du X" siècle de la Bible et des Évangiles), langue des écrits de saint Ephrem et de saint Aphraate, langue liturgique des Syriens, Maronites, Chaldéens, Nestoriens, Jacobites, Mandéens (dialecte purement araméen, influencé ni par l'hébreu, ni par les dialectes judéo-araméens, ni par le grec).


Ya dinkhité min rawma d'rabbta
Va dénkhétié mén rawma d'rabbuta
Shrélé bkasa d'Maryam Tuwwanta
Mén génsan shqéllé nashuta
Mkhulésié l'Adam m"awduta
Hat Stadi tad khahokh, brokha d'makkikhutal

celui qui est descendu des cieux glorieux
celui qui est descendu des cieux de gloire
A habité les entrailles de Marie la Vierge
Parmi nous il est devenu être humain
Il a sauvé Adam de l'esclavage
Accepte seigneur que nous vivions dans la bonté

LA MUSIQUE ARABO ANDAlOUSE
Le XX" siècle est par excellence le siècle de la musique arabo-andalouse: Jamais ce répertoire n'a été autant Joué, enregistré, sondé, discuté, analysé. Ses ramifications avec l'Europe médiévale ont été examinées repoussées par les uns, justifiées par les autres.

C'est dire que la musique arabo-andalouse intéresse un très grand nombre de publics. qu'elle soulève une problématique loin d'être épuisée, qu'elle se présente comme un fer de lance rêvé du dialogue Nord-Sud, qu'elle pose l'une des questions fondamentale quant au développement de la musique en Espagne. ( ... ] Cette musique fait partie de la conscience arabe, elle se résume en un seul mot Andalus.

Aujourd'hui la résonance de ce terme a pris des proportions mythiques. Tout se passe comme si al-Andalous et la nouba étaient des legs extraordinaires qui magnifient le passé, et valorisent le présent. Il faut pourtant admettre que cet héritage n'a cessé de s'enrichir au cour du temps; ce que l'on entend aujourd'hui n'est pas comparable avec la musique écoutée à la veille de la chute de Grenade en 1842. [ ... )il est difficile de se faire une Idée de la fonction que remplissait cette musique en al Andalous: était-elle destinée au simple divertissement ou à l'écoule pure? Quoi qu'il en soit, sa fonction est clairement établie pour les siècles derniers: musique de mariage ou de divertissement dans les cafés. Ce n'est qu'à notre époque et en raison du réveil national et de l'intérêt suscité, qu'il devient possible de parler d'art à part entière. Il en constitue désormais la force et la raison d'être.

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