MISSION CIVILISATRICE DE LA FRANCE
Halim Cherfa
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La mission civilisatrice de la France durant sa présence

(Extrait, essai historique, écrit par Halim Cherfa, dit Leguelmois, ex-Cadre dirigeant d'une Société Publique, à la retraite.
Il a publié son premier livre : "Comment fonder et gérer avec succès une Société", en 2006 ;
le deuxième, "Le Leader Pouvoir et Charisme",
la même année. "L'héroïque bataille de Zaatcha", en 2007.)

- Introduction
- La mission civilisatrice de la France
- L'indépendance de l'Algérie
- Conclusion
- Bibliographie et Référence

Introduction

Au nom d'Allah miséricordieux et clément !........ Grâce à Lui, nous écrivons de nos mains, selon notre pensée, l'histoire de notre cher pays, sans être obligé de recourir aux chroniques tendancieuses et colorées des politiciens, en quête de réélection....

Je suis Algérien et fais de mon mieux pour donner l'exemple à mes enfants en leur semant de bonnes actions pour leur permettre de récolter une habitude, former leur caractère et tracer leur destin.

Les Algérien trouveront-ils un jour la sérénité nécessaire pour pouvoir regarder un jour leur longue histoire bien en face ? On racontait jadis qu'une personne non satisfaite de l'image que lui renvoie tous les jours son miroir, l'a brisé par un beau matin pour ne plus avoir à souffrir du mauvais tour que lui a joué la Nature. Peut-être que finalement notre passionnante histoire n'est pas assez enthousiasmante pour qu'elle puisse être écrite par des historiens d'une manière objective, sans haine ni démagogie.

La vraie richesse d'une nation se mesure à celle de son niveau de savoir. Ce savoir passe par sa mémoire. La connaissance de l'histoire nous permet de méditer, d'accéder à la vérité et d'expliquer avec finesse les causes et les origines des faits et à connaître le pourquoi et le comment des événements.

L'oubli, volontaire ou non, la mystification, pour plusieurs raisons, s'introduisent naturellement dans l'information historique. La science de l'histoire doit surmonter ces alias, par l'application d'une conception matérialiste qui explique la conscience sociale par l'être social et non l'inverse.

Etonnant destin de notre Algérie, tout au long de sa longue histoire, jusqu'à la fin de l'occupation Française, en 1962, ce n'était que guerres ! Incursions ! Colonisation ! Complots ! Fratricides ! Expéditions ! Meurtres ! Massacre ! Quant on parcourt les 2.800 ans de notre histoire, on constate que très peu de nos Aïeux légendaires sont morts dans leur lit de mort naturelle.

Pourtant, l'histoire de l'Algérie Méditerranéenne, une terre multiculturelle, riche de sa diversité ethnique, où noirs, blancs et métis, langues et religions diverses se côtoyaient, est assez enthousiasmante, riche en évènements passionnants et que les historiens devraient la relire, la réécrire d'une manière objective, sans haine ni démagogie et la mettre en face de leurs peuples.

Bien que la civilisation Algérienne s'enracine dans le début de l'Antiquité qui nous renvoi à la protohistoire, nous nous limitons à l'analyse de la mission civilisatrice de la France durant ses 132 ans d'occupation et qui, à travers l'Algérie, a projeté le Maghreb dans l'ère de la mondialisation. Sachant que très peu de chose, pour ne pas dire rien, ont été enregistré à actif du protectorat Ottomans durant 316 ans (1514-1830), et à celui de l'occupation partielle Espagnole durant 287 ans (1505-1792).

La mission civilisatrice de la France

Il faut rappeler qu'en 1830, l'Algérie était un Etat en déliquescence qui ne tenait pas debout, un pays avec des frontières complètement arbitraires, sans monnaie nationale, un peuple sous administré, éparpillé, non pourvu d'esprit de corps, toutes les tribus se battaient entre elles. Cependant, toute la durée d'occupation Française a été affrontement de contraintes et de développement social.

Les nouveaux conquérants avaient trouvé un pays vacant, ils entreprennent l'exploration, le cadastre, la délimitation des frontières, l'organisation de l'administration des régions, l'urbanisation et le développement sectoriel. La mise en place d'une infrastructure durable, et le désarmement des tribus a été capital pour la gestion de l'Etat naissant de l'Algérie.

Les investissements en Algérie, réalisés durant la présence Française, s'appuient sur des éléments statistiques d'une série enquêtes établies au cours des années cinquante, dont l'étude a été établie, en 1953, par la Région Economique d'Algérie (R.E.A.).

Les réalisations, hors Biens immobiliers urbains publics et privés, s'élevaient à environ 4.000 milliards de francs courants 1953. Dans une étude précédente identique, établie en 1940 par le même organisme, la même rubrique a été estimée à 33% du total des sommes investies et évaluée à 167 milliards de francs or. Les économistes peuvent procéder à une réévaluation de ce total de 4.000 milliards.

La délimitation des Frontières

L'expression Algérie, appellation géographique, a été décidée, le 14 Octobre 1839, par le Ministère de la guerre, et qui a remplacé l'expression "Régence ou Royaume d'Alger". La politique du "diviser pour régner" fait son chemin, le peuple Algérien fut divisé et appelé : Arabe, Maure, Kabyle, Chaoui….etc.

Du côté du Maroc, la bataille d'Isly fut suivie, en 1844, du traité de Tanger, dont l'article 5 énonçait que "la délimitation des frontières entre l'Algérie et le Maroc ferait l'objet d'une convention spéciale négociée et conclue sur les lieux".

Du côté de la Tunisie, la France trouve et adopte l'accord de paix Turc, conclue en 1821, sous les auspices du Sultan de Constantinople, entre le Bey de Tunis et le Dey d'Alger, fixant sommairement les frontières et clôturant une période d'hostilité.

En 1848, l'Algérie fut proclamée territoire Français et divisée en trois départements. La population Algérienne fut administrée militairement par des bureaux Arabes, créés en 1844 par le gouverneur général Bugeaud, fonctionnant selon la stratégie de "gouverner l'indigène par l'indigène et diviser pour régner".

Vers la fin du XIXe siècle, lancement de l'opération cadastrale des biens immobiliers du pays pour attribuer les terres aux colons, suivie de l'organisation, selon le modèle Français, de l'administration régionale, du recensement et de l'établissement de l'état civil de la population. L'arabe a servi de modèle de référence permanent dans les nominations de l'identité.

La loi Française, du 24 décembre 1902, fixe les limites de l'Algérie du Nord et des Territoires du Sud d'Aïn-Sefra, de Ghardaia, de Touggourt et des Oasis. En 1947, les Territoires du Sud sont supprimés et intégrés, en tout ou en partie, dans les départements existants ou à créer.

Ces actions ont permis aux institutions de passer, progressivement, de l'état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. La France, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l'Algérie, dans l'ère de la mondialisation.

Le domaine agricole

Dés leur installation, les colons français ont défriché et mis en valeur des terre agricoles. Ils ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d'Algérie, un grenier à fruits et légumes.

Au cours des siècles passés l'élevage des ovins et des caprins et leur transhumance avaient provoqué-une véritable désertification, sauf dans les rares plaines fertiles de la côte où se pratiquait un peu l'irrigation. Les méthodes de culture étaient archaïques et la loi coranique des successions conduisaient à un morcellement dramatique de la partie arable du pays. Les colons Français travaillèrent à restaurer les sols, assécher les marais, forer des puits et à construire des barrages (en 1955 : 12 barrages, 801.700.000 M3 de retenue, 197.000 hectares d'irrigation dont 40.000 pour les agrumes). Enfin, la grande richesse agricole d'origine Française était la vigne (450.000 hectares). L'Algérie était capable, à la veille de son indépendance, de couvrir ses besoins en céréales et fourrage et d'exporter ses vins et ses agrumes.

L'éducation

L'Arabe, en 1830, savait lire et écrire. Après un demi-siècle de colonisation, il croupit dans l'ignorance" (cité par M. Lacheraf dans L'Algérie, nation et société, (1978).

L'idéologie de l'époque coloniale trouvait en partie sa justification dans la présumée supériorité de la race Française sur la race Algérienne. Jules Ferry (1832-1893), l'un des fondateurs de l'éducation moderne Française à l'origine des grandes lois scolaires républicaines instituant la gratuité, l'obligation et la laïcité de l'école, avait déclaré à ce sujet, le 28 juillet 1885, lors d'un débat à la Chambre des députés :

"Messieurs, il y a un second point, un second ordre d'idées que je dois également aborder [...] : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question. [...] Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. [...] Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. [...]".

C'est sous l'autorité de Jules Ferry que le fameux Code de l'indigénat fut promulgué, le 12 juin 1881 ! Pendant que la France adoptait des lois anti-arabes, elle se préparait à donner le nom de Jules Ferry à des centaines d'écoles et de rues. L'école préconisée par Jules Ferry, c'était aussi celle du "racisme d'État" au nom d'un certain credo républicain qui obéissait aux intérêts de la bourgeoisie industrielle et financière Française.

Au moment de la promulgation des lois scolaires de 1881 et 1882, Jules Ferry, qui désirait en réalité l'assimilation des musulmans par l'école, tenta en vain de généraliser leur scolarisation, mais les colons européens lui opposèrent un refus catégorique en criant : "Autant abandonner l'Algérie !"

À l'encontre de ce qui s'est passé en Tunisie et en Égypte, les Algériens ne cherchent pas, pendant plus d'un demi-siècle, à s'approprier les secrets du vainqueur. Les rares éléments qui prennent le chemin des écoles Françaises sont considérés par la grande masse comme des renégats, tombés dans le ''piège tendu à leur ethnie et à leur religion''.

En dehors de quelques écoles coraniques, il n'y avait rien. Avec un taux record d'analphabétisme, sans locaux et sans personnel enseignant, il fallait tout faire. De plus, la majorité des Algériens s'opposèrent systématiquement à la scolarisation de leurs enfants.

Enseignement primaire et secondaire : il était urgent de former des maîtres. En 1865, création d'une Ecole Normale d'Instituteurs et, en 1874, d'une Ecole Normale d'Institutrices. A l'indépendance, il y avait dans le secondaire vingt-quatre collèges et vingt-cinq lycées, l'enseignement était le même pour tous, sans distinction d'origine. Enseignement supérieur : dès 1859 fut créée une école préparatoire de Médecine et de Pharmacie. En 1879, trois facultés s'ouvrirent à Alger pour le Droit, les Lettres et les Sciences.

Les autorités finissent par capituler et renonçaient à la scolarisation massive des algériens, mais créaient pour eux les "écoles gourbis" avec un programme spécial, un instituteur spécial et un diplôme également spécial.

La seule innovation : l'introduction de la langue française. Mais le français ne s'est pas répandu beaucoup chez les petites gens, car ce sont les Français de souche et les étrangers assimilés qui ont profité de l'enseignement public en français.

La santé publique

En 1830, les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de Hakim (docteur), suivaient les recettes du grand savant "Bou Krat" (Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans. Alors que la médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !

L'état sanitaire des populations était désastreux ! Le pays souffrait de dysenterie, de paludisme, de variole, de trachome et de syphilis à l'étant endémique et, de temps à autre d'épidémie de peste et de choléra. Ainsi, la mortalité infantile était égale pratiquement à la moitié des naissances. Les médecins militaires furent rapidement épaulés par des médecins de colonisation, avant que les civils ne puissent assurer un service suffisant. L'effort se porta, à la fois, sur l'équipement hospitalier et sur des campagnes prophylactiques (vaccinations, distribution de quinine, cuti-réactions, gouttes,... etc.) en ville et en rural avec des soins gratuits.

Les équipements sanitaires

En 1953, l'Algérie offrait 24.284 lits, répartis entre 138 hôpitaux. Ces lits étaient occupés à 83% par les Algériens. C'était de loin la structure la plus importante de toute l'Afrique. Il convient d'y ajouter l'Institut Pasteur d'Alger (1894), un centre de transfusion sanguine (1940) et l'École Préparatoire devenue Faculté de Médecine dès 1907. Lucien Baudens créa la première Ecole de médecine d'Alger en 1832 et insistait pour y recevoir des élèves autochtones.

Le corps médical se distingua par : le médecin militaire Maillot pour sa lutte contre la malaria ; le médecin militaire Laveran, prix Nobel de médecine en 1907, sut découvrir l'agent hématozoaire responsable du paludisme et sa neutralisation ; le docteur H. Vincent pour l'angine qui porte son nom ; le docteur Ch. Nicolle pour ses recherches contre le typhus ; le professeur Vérain de la faculté des sciences d'Alger pour l'invention générale du scialytique...

L'œuvre médicale française

Grâce aux médecins, aux infirmiers et infirmières, grâce aux dons de généreux mécènes et à une politique dynamique des responsables gouvernementaux Français, la population autochtone est passée "de deux millions en 1830, à plus de huit millions en 1954". La France considère que ce quadruplement de la population ne peut être considéré comme un "génocide". A titre de comparaisons, signalons que les Peaux-rouges d'Amérique sont tombés depuis l'arrivée des Blancs au XVIe siècle de près de deux millions d'âmes à 237.000 aujourd'hui et que les aborigènes Australiens ne sont plus que 300.000 environ.

L'habitat

La France a laissé 3 cimenteries, 43 briqueteries et de nombreux fours à chaux assurant une certaine autonomie. L'habitat urbain fut une des premières préoccupations des responsables : un vaste programme de maisons individuelles et de grands ensembles se mirent progressivement en place. L'équipement sportif ne fut pas négligé : 274 stades, des piscines, des terrains de sport dans chaque municipalité en témoignent. Il y avait même un Centre Régional d'Education Physique et Sportive, doté d'une piscine olympique à Alger, pour la formation des moniteurs. Parallèlement on développa un habitat rural adapté aux habitudes locales : 90.000 logements par an en I960, selon le plan de Constantine.

L'aménagement du territoire

Ce fut un effort continu, une volonté opiniâtre, une belle ambition, tels furent les caractéristiques de l'œuvre Française en Algérie dans le domaine des activités humaines, économiques et sociales, à savoir :

- Communications terrestres modernes : des routes avec des ponts et des ouvrages d'art. Un bilan établi en 1950, fait état d'un ensemble de 54.000 km (80.000 avec les pistes sahariennes) dont 34 routes nationales. Ce réseau routier était complété par 4.420 km de voies ferrées pour 500 voitures de voyageurs et plus de 10.000 wagons de marchandises.

- Communications maritimes : sur une façade maritime de 1.000 km, on ne trouvait en 1830 que de rares anses bien abritées. En 1958, il y avait 23 ports dont 10 accessibles aux gros cargos. Alger avec 4 millions de tonnes de marchandises et 45.000 passagers se classait 3e port de France. L'exploitation du pétrole saharien intensifia le trafic populaire de façon spectaculaire. Enfin à Mers el-Kébir, la France construisit le plus grand port militaire de toute la Méditerranée.

- Communications aériennes : la traversée de la Méditerranée fut réalisée le 23 septembre 1913 par Roland Garros. En 1924, le courrier régulier de l'Aérospatiale fonctionna d'Oran à Toulouse. Alger devint une plaque tournante de l'aviation civile entre l'Afrique, l'Europe et l'Amérique. L'après-guerre vit aussi un remarquable développement de l'aviation sportive : 53 aéroclubs et 460 avions.

- Télécommunications : la France a doté l'Algérie de six câbles sous-marins, quatre voies radioélectriques à faisceaux hertziens et 15 centraux téléphoniques desservaient 120.000 postes en I960.

- Mines et métallurgie : du plomb et du zinc furent découverts et exploités dans l'Ouarsenis, du marbre à Fil fila, du fer à El Halia et à Ouenza. Mais ce sont les phosphates qui donnèrent, à partir de 1954, la 3e place dans l'extraction mondiale à l'Algérie et permirent la création d'une industrie chimique. L'industrie métallurgique employait de son côté environ 25.000 ouvriers.

- Energie : Tout d'abord on créa quatre grandes centrales thermiques, fonctionnant au charbon, et une ligne de 450 kV ramifiée sur 21.800 km. La découverte de l'or noir (pétrole) allait changer les données du problème et laissait entrevoir des perspectives meilleures pour l'avenir des populations Algériennes. C'est en 1956 seulement que l'on put se rendre compte de la richesse et de la facilité d'exploitation du gisement pétrolier saharien.

Le plan de développement de Constantine

Avec l'avènement de la Ve République et le lancement du plan de Constantine, par le Général de Gaule, l'accélération du rythme de croissance du développement économique intersectoriels fut maintenue jusqu'en Juillet 1962. Plusieurs projets achevés à la dernière année, furent donnés en cadeau à l'Algérie qui avait acquit, par référendum du 8 Janvier 1961, le droit de choisir son destin politique par rapport à la République française

Cependant, tout le développement de l'Algérie a été le fruit, parfois malsain, mais inévitable, des conflits que les hommes se créent pour leur liberté. Toute la durée d'occupation Française a été développement et affrontement de contraintes, et cela, jusqu'au 05 Juillet 1962, jour de son indépendance.

La France considère, même si certaines opérations ont souvent connu des débuts très précaires, qu'elle a laissé un pays riche, qu'elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées.

L'œuvre culturelle et littéraire

Le brouillard se lèvera, un jour ou l'autre, entre les deux rives, et l'on se reconnaîtra. De l'aveu de tous et bien avant l'immigration, les Algériens ont eu une parenté ethnique avec les Français qui a donné un métissage de bonne qualité, au double point de vue intellectuel et physique.

La langue Française s'implanta en Algérie au 19e siècle et fut répandue largement par son enseignement dans les écoles. Des hommes issus de ce terroir, nourris, formés par lui, ont apporté à la littérature Française une contribution nouvelle, importante en qualité et en quantité.

Des personnalités françaises, d'origine algérienne, ont marqué le cours d'histoire de l'Algérie française. Ils ont écrie des chapitres de science et de liberté, dont certains ont obtenu, même, le prix Nobel, (Albert Camus, Docteur Laveran….).

Des dizaines de personnalités littéraires, nés en Algérie ou d'origine algérienne, ont excellé en tant qu'Ecrivain, Acteur, Artiste, Chanteur, Réalisateur, Modéliste, Sportif….Pout les cités nominativement, la liste serait bien longue.

En évoquant ces littéraires écrivains cela nous aidera à mieux nous connaître, avec nos valeurs communes et nos différences. L'histoire d'Algérie se rapproche tellement de celle de la France ; elle explique en elle bien des choses que la France méprise et n'entend pas.

L'élève studieux indigène de l'école coloniale Française se rappelle de toutes ces belles réalisations vitales pour tout un chacun, mais d'abord pour les coloniaux eux-mêmes. Il se rappelle aussi que plusieurs de ces chantiers furent réalisés par des forçats, ces fameux prisonniers de droit commun déportés sur ses terres ; ces émigrants Alsaciens, puis ces Italiens et Espagnols fuyant fascisme et franquisme, et devenus français par la force de l'histoire.

En Algérie, avant l'occupation Française, il y vivait des juifs, mêlés aux musulmans et formant une population Algérienne plurielle ; mais, en 1870, le décret Crémieux (N°136) fait disparaître à tout jamais les 37.000 juifs de l'histoire Algérienne en les naturalisant Français ; à la même année, un autre décret Blum-Viollette (N°137), naturalisera Français tout indigène qui répudiera la religion musulmane, deux décrets qui ont provoqué les premières réactions religieuses et antisémites. La loi Warnier de 1873, visant à franciser les terres musulmanes par le déplacement et le cantonnement des tribus Algériennes, donna lieu à divers abus. Cette loi ne sera révisée qu'en 1887, une fois que le mal a été accompli.

L'Algérie Française, c'est cette lettre écrite en 1865 par l'Empereur Napoléon III adressée au Gouverneur Général Mac Mahon dénonçant le traitement fait aux Arabes en leur infligeant des impôts pour cultiver leurs propres terres. Ces terres, gérées jusqu'alors par des tribus ancestrales, spoliées et vendues à des aventuriers qui devinrent vite de gros propriétaires terriens.

L'histoire de l'Algérie Française, ce sont les épidémies de 1849-1851, ce sont aussi les famines de 1870 et 1948, les massacres de la conquête des années 1830-40 et ce sont les révoltes de 1871 qui seront suivis de la déportation des insurgés à Nouméa en Nouvelle Calédonie.

C'est aussi les reportages d'Albert Camus, publiés dans les années 1940, dans lesquels il dénonce la famine en Algérie grenier à blé. Il affirmait que 50% au moins de la population se nourrissent d'herbes et de racines.

Mais que chacun sache que Français et Algérien sont tous deux des Méditerranéens et qu'ils ont tellement de choses en commun. Oui, nous pourrions en écrire des milliers de pages de cette fameuse Algérie Française et raviver ainsi des faits et des événements qui blessent certains et en contentent d'autres.

L'indépendance de l'Algérie

Le 05 Juillet 1962 sonna le glas de la "Civilisation Française", c'est l'indépendance, l'Algérie. A cette date, l'Algérie comptait, environ, dix millions d'habitants, et la fête ne fut pas pour tous, surtout pour les Harkis (algériens) supplétifs de l'armée française et le million de Français (Européen), pourtant nés en Algérie, avaient vécus et travaillés sur cette terre qu'ils ont tant aimés, et à laquelle ils ont été arrachés, un jour brutalement, comme une dent à leur pays d'origine.

"Et le regard des survivants de cette époque brillait d'une amère étincelle : celle de la comparaison qui leur prouvait que ces temps étaient révolus....."
Jean-Pierre Millecam, La quête sauvage

En 1962, un million d'algériens, d'origine européenne, ont dû quitter l'Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone méprisés et brimés. Il en est de même de quelques cent mille Israélites dont nombre d'ancêtres s'étaient pourtant installés, là, en Algérie, 1000 ans avant l'avènement de l'Islam.

Cette tragédie reste une douloureuse plaie qui ne se cicatrisera que lorsque les acteurs de cette tragédie auront disparus et que, sans passion, les Historiens analyseront objectivement la colonisation de l'Algérie.

Conclusion

Puisse l'Algérie reconnaître que la France, en 1962, lui a laissé, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, trop pauvre certes, mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d'Essais, des usines, des barrages, des mines, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferroviaire, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux, une université....... Citer l'ensemble des réalisations, la liste serait longue.

Puisse la France sentir à temps que son échec en Algérie tient surtout à la méconnaisse du génie des peuples. Rien ne sert de rester toujours à distance, sans rien faire pour dissiper l'ignorance mutuelle, les malentendus causés. Le passé est lointain où les hommes se combattaient mutuellement que parce qu'ils croyaient que l'autre était l'ennemi de leur religion, qui, est l'Unité de Dieu.

Le brouillard se lèvera, un jour ou l'autre, entre les deux rives de la Méditerranée, et l'on se reconnaîtra. Pour se rencontrer et se reconnaître, la France doit faire sa part de chemin, la plus grande, sans aucun doute, car c'est elle qui détenait l'autorité dans la période coloniale. L'Allemagne, qui fut nazie, à eu le courage de présenter ses excuses au peuple Juif !!

Aujourd'hui il est question d'un traité d'amitié entre la France et l'Algérie, et d'une Union pour la Méditerranée (UPM). Toux ceux qui ont passionnément aimé ce beau pays sont d'accord pour construire le futur de nos deux générations. Ce qui a été réussi en Europe peut l'être aussi en Méditerranée. Il revient aux générations actuelles d'achever la réconciliation entre ceux qui se sont battus hier pour ouvrir aux plus jeunes un avenir de partage et de prospérité.

Mais l'amitié ne peut exister sans vérité, sans dignité et sans droit de savoir pour tous. Autrement, tout, ne serait qu'un marché de dupes au profit des politiciens, en quête de réélection. Que pourraient en penser tous ceux qui ont travaillé pour une vraie amitié entre la France et l'Algérie ? A l'exemple du Chrétien professeur André Mandouze, résistant français et pour qui l'insoumission était un acte de foi ; il avait soutenu la cause Algérienne au péril de sa vie et n'a jamais quitté l'Algérie ni dans sa tête ni dans son cœur.

Dieu, qui comme l'affirmait péremptoirement Albert Einstein "ne décide pas à coups de dés", il ne faut pas perdre espoir, il a fallu plus de 150 ans pour que l'esclavage soit reconnu comme un crime contre l'humanité. Alors, espérons qu'il en faudra moins pour qu'on reconnaisse que la colonisation était un crime contre l'humanité.

Leguelmois

Bibliographie et Référence

-
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Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE