LES JUIFS SOUS LES TURCS EN 1724

          Les juifs sont en très grand nombre à Alger. Ils sont, selon un historien, des descendants de ceux qui se réfugièrent en Afrique après la destruction de Jérusalem par Vespasien, ou qui abandonnèrent la Judée pendant les persécutions qu'ils eurent à essuyer de la part des Romains, des Persans, des Sarrasins et des chrétiens. Mais le plus grand nombre vient de ceux qui ont été chassés de l'Europe et de l'Italie en 1342, des Pays-Bas en 1350, de France en 1403, de l'Angleterre en 1422, et d'Espagne en 1462.

Jeune juive sur une terrasse


          Chaque nation a ses tribus et ses synagogues. Ils sont réputés Maures réduits dans une grande pauvreté, et dans la servitude, méprisés et maltraités de toutes les autres ethnies. Dans chaque ville, ils ont des juges pour leurs affaires particulières et de peu de conséquence. Mais lorsque les parties ne sont pas contentes des décisions de leur juge, elles portent leurs causes devant la justice turque, qui décide souverainement et fait exécuter les jugements.

          Le supplice ordinaire des juifs, lorsqu'ils sont condamnés à mort, est le feu, pour mettre une différence entre les Turcs, les Maures et les chrétiens et eux, par un genre de châtiment particulier à la nation juive. Ils y sont condamnés sur le moindre préjugé ou soupçon s'ils ont agi contre l'intérêt du gouvernement. Ils sont aussi brûlés, lorsqu'ils sont jugés avoir fait une banqueroute frauduleuse, qui est regardée telle lorsqu'ils ont négocié par spéculation, et entrepris au-delà de leurs forces, et qu'ils se trouvent hors d'état de payer entièrement leurs créanciers.

          Un juif doit, dans la rue, s'effacer pour laisser passage. Si, il vend un produit et que cet achat est considéré comme prohibitif, il devra rembourser et quelques coups de bâtons lui seront donnés.

          Ils sont obligés d'être habillés de noir depuis les pieds jusqu'à la tel pour les distinguer par une couleur que les Turcs méprisent. Ils porte une robe longue à mi-jambe et un turban noir, ou tout au plus autour de leur bonnet noir un turban d'une couleur obscure rayée.

          C'est un usage de ne recevoir aucun juif dans la religion mahométan. Ils ne peuvent sortir du royaume qu'ils n'aient donné caution pécuniaire de leur retour, aucun ne voulant courir le risque d'être brûlé sur foi d'autrui.

         Il y a dans toutes les villes du Royaume d'Alger des juifs d'Italie qu'on appelle juifs francs, et particulièrement ceux de Livourne. Ils font le principal commerce de ce royaume, tant en marchandises que pour rachat des esclaves, où ils font valoir leur industrie ou leur friponner comme il sera dit en parlant du rachat des esclaves. Ils peuvent s' en aller quand ils veulent, pourvu qu'ils ne laissent aucune dette, de même que les autres étrangers turcs, maures et chrétiens. Les juifs étrangers se mettent en arrivant sous la protection du consul de France ; et lorsqu ' ils ont quelque chose à démêler avec les Français ou entre eux, ils portent leur cause devant le consul. Les juifs maures ont un quartier assigné pour leur demeure, et il ne le est pas permis de se mêler parmi les mahométans, comme il est libre dans les autres nations. Mais les juifs européens peuvent se loger où ils veulent aussi se distinguent-ils des autres, et ne demeurent-ils jamais dans le quartier juif maure . Il leur est aussi permis des s'habiller à leur manière, et on les nomme ordinairement les juifs francs. Le peuple les appelle communément les juifs chrétiens, à cause de la conformité de leurs habits.

        Les femmes juives vont habillées comme les femmes maures des villes, et aussi proprement qu'elles veulent. Mais elles doivent aller à visage à découvert pour les distinguer des mahométanes, dont on ne voit que les yeux comme il sera expliqué dans la suite.

Extrait de :Histoire du royaume d'Alger, Laugier de Tassy

LES JUIFS AU MAGHREB

          En 1837, l'antique Calama (Guelma) n'était que ruines. Les arabo berbères bloqués l'hiver par l'oued Seybouse remontaient la rive gauche pour rejoindre les monts et col du Ras el Akba. Les animaux sauvages les ronces et autres épineux peuplaient ces magnifiques et somptueux vestiges du passé. Une poignée d'arabes occupait les citernes romaines. Aucun commerçant juif ne s'aventurait sur une terre inculte et abandonnée de Dieu.

         Un petit nombre de juifs s'attachait à Bône et faisait du commerce. Ils recommencèrent à se déplacer après la prise de Constantine quand les routes furent sures, gardées par l'armée française et les tribus ralliées.

ACQUISITION DE LA CITOYENNETE FRANÇAISE PAR LES ISRAELITES DANS LE DEPARTEMENT DE CONSTANTINE

         Senatus consulte de 1865 il y eut 879 qui demandèrent la citoyenneté française. Par le décret Crémieux on compte 22.447 juifs indigènes. Par naturalisation ils furent 843, par option 181 et par la loi du 7 octobre 10. GUELMA ne paraît pas dans cet inventaire. Par contre en 1865 on recense à Constantine 16 juifs devenus français par Senatus Consulte, 495 par le décret Crémieux, 73 par naturalisation et 31 par option. Ces renseignements sont extraits d'une enquête faite sur le recensement de 1940.

EVOLUTION DU PEUPLEMENT JUIF.

          A Constantine en 1843 on en compte 3105. En 1881 ils sont 5213, en 1901 on dénombre 7196, puis 9889 en 1921, 13110 en 1931, 13037 en 1941.A Bône en 1838 ils étaient 283, en 1881 ils étaient 625, puis en 1901 leur nombre était de 1733, en 1931 on compte 2390 enfin 3127 en 1941.Centre ayant moins de 1000 juifs et plus de 600. GUELMA, en 1843 compte 49 juifs, en 1881 ils étaient 471, en 1901 on en recensait 715, puis 788 en 1921, puis 769 en 1931 enfin en 1940 ils étaient 884.

L
'Contrairement aux musulmans qui réfusèrent de dénoncer la Charia pour épouser les lois de la République Française l'histoire retiendra que pour obtenir la citoyenneté Française, ils durent renoncer aux lois mosaiques

         Les juifs sont arrivés bien avant les arabes en Afrique du Nord, la paix régnait avec les indigènes du pays : les berbères. Voilà en quelques lignes leur histoire bien avant Jésus Christ jusqu'à leur nouvel exode en 1962.

AU TEMPS DE CARTHAGE (813-146 AV. J.-C.)

         Les Hébreux empruntent les navires phéniciens pour sillonner la Méditerranée, en découvrir les rivages et éventuellement commercer dans ses principaux comptoirs. L'installation de communautés juives dans les pays du Maghreb date probablement de ce temps, sans que l'on puisse donner de plus grandes précisions dans l'état actuel de nos connaissances. De l'Egypte et de la Cyrénaïque fortement hellénisées les Hébreux émigrent, dès cette époque aussi, vers le Maghreb sémitique depuis l'invasion phénicienne.

LES SIECLES DE L'AFRIQUE ROMAINE (146 AV. ]. -C. 430 APRES. ].-C.)

         Le cadre élargi de l'Empire romain facilite la dispersion des Hébreux, dépossédés en fait de leur pays depuis leur écrasement par les Babyloniens en 587-586. Dans leurs exils, ils s'installent de préférence sur les routes caravanières qui unissent l'Asie à l'Afrique, de l'est à l'ouest, et l'Afrique à l'Europe, du sud au nord : De cette époque date la présence attestée de communautés juives sur le littoral méditerranéen en Cyrénaïque et au Maghreb. Les déportations ordonnées par Ptolémée Soter accroissent le nombre des communautés et celui des Juifs qui vivent sur les rivages méditerranéens. La deuxième guerre punique confirme la suprématie romaine en Méditerranée tandis que la troisième guerre punique anéantit Carthage, ses Phéniciens et ses Juifs (149-143).

         L'écrasement de Jérusalem (66-134) entraîne un nouvel afflux au Maghreb de Juifs déportés par les Romains ou fuyant leur répression. Ils s'installent non seulement dans les ports mais de l'est à l'ouest et du nord au sud, de préférence le long des grandes voies caravanières. Strabon (58 av. J.-C. - 25 après. J.-C.) note l'existence d'une " quatrième classe " en Cyrénaïque, celle des Juifs venant après les citoyens romains, les paysans et les métèques. Cette nation, dit-il, sait trouver le chemin de chaque ville, il n'est pas de lieu habité où elle ne soit représentée et où sa force ne se manifeste. " Jonathan le Tisserand, prophète du désert, prêche la révolte de la Cyrénaïque contre Rome dès 73. A partir de 115, les Juifs de Cyrénaïque, appuyant leurs frères de Judée, se révoltent. Ils sont écrasés par Marcius Turbon, de 117 à 138. Leurs combats sont les derniers auxquels des Juifs seront mêlés. On ne les retrouvera les armes à la main qu'au début du XX' siècle. Vaincus, ils mobilisent toutes leurs ressources et tous leurs efforts pour tenter de survivre aux épreuves de leurs exils dans l'espoir de leur rédemption. Les Chrétiens, qui ont le même Dieu et les mêmes écritures, aspirent de leur côté à convertir toutes les nations de la Terre à leur religion. L'affrontement entre l'Église et la Synagogue était fatal.. Leur conflit se manifeste dans les écrits de Tertullien (vers 155-220), et plus tard de saint Augustin (354-430). Des Juifs sont ensevelis au Maroc près de Mekhnès. Leurs pierres tombales sont gravées en hébreu au cimetière de Volubilis et en grec à Salé près de Rabat : ces premières évidences épigraphiques datent du II siècle.

VANDALES ET BYZANTINS (429-641)

          On ne sait à peu près rien de précis sur les événements qui surviennent sous le règne des Vandales qui, après avoir conquis Carthage, s'emparent d'une grande partie de l'Afrique du Nord. On suppose, sans preuve, que les Juifs préfèrent leur domination à celle des Romains christianisés depuis l'édit de Milan promulgué en 313 par Constantin. On suppose que le prosélytisme juif s'active dans toute l'étendue du Maghreb aboutissant, au dire de Ibn Khaldoun, à la judaïsation de plusieurs tribus berbères. En 534, Bélisaire (vers 494-565), général de Justinien I, empereur romain d'Orient. conquiert la Tunisie. Des Juifs semblent avoir combattu alors aux côtés des Vandales, les Novellae de Justinien aggravent leur situation sous l'Empire romain. Encore une fois, ce que nous ignorons de cette période est plus important que ce que nous croyons en savoir. Il semble que l'empire décadent se soit fait oppressif : Héraclius I et son fils Héraclius II, entreprennent de convertir de force les Juifs au christianisme.

LE REGNE DE L'ISLAM (642.1830-1882-1912) 622 :

         Mohamed, prophète de l'Islam, quitte La Mecque pour Médine. Cet exode l'Hégire, amorce le processus de la diffusion rapide d'une nouvelle religion révèle l'Islam. En 641, Les Arabes envahissent l'Egypte et s'engagent dans la conquête de la Cyrénaïque de la Tripolitaine (642) puis du Maghreb (647). Kairouan, fondée en 669, devient un centre intellectuel et commercial qui attire arrivent en nombre important des Juifs d'Orient. Cette capitale sert aussi de place forte d'où les armées de l'Islam panent pour parachever la conquête de l'Ifriqiya (710). Il leur faudra écraser la résistance de Berbères (épisode de la Kahéna, vers 688 (1). La pacification permet aux juifs de commercer dans les immenses étendues du nouvel empire islamique et de participer à la vie intellectuelle des centres d'Israël, de Babylonie, d'Egypte et par la suite d'Espagne. Les IX et X* siècles marquent une période d'expansion pour les Juifs du Maghreb dont les communautés sont alors parmi les plus brillantes de la Diaspora. Du XI au XII siècle la symbiose hispano-maghrébine permet une renaissance intellectuelle et spirituelle, l'" âge d'or " du judaïsme Sépharade. Mais sous les déférentes dynasties qui se succèdent à la tête de la Maison de l'Islam les Juifs connaissent des fortunes diverses, bonnes quand le souverain est éclairé, souvent tragique dans le cas contraire. En cela, et davantage qu'en Europe, ils partagent le sort des concitoyens avec lesquels, le plus souvent ils vivent en étroite symbiose. Almoravides numides, Almohades hostiles aux minorités, Hilaliens sortis du désert et y faisant retourner des régions tombées sous leur domination, tous ne savent trop comment se situer en face du Juif énigme sans solution à leur yeux. Aux heures de crise, la tentation est grande de les éliminer eux et leurs problèmes. La tentative des Almohades d'unifier le Maghreb sous leur loi de fer ayant échoué celui-ci s'effrite en maintes souverainetés locales, des cités plutôt que des royaumes. AUX HEURES de paix, les Juifs se partagent entre leur négoce et leur vie spirituelle certains d'usure. Certains d'entre eux l'illustrent dans des œuvres théologiques et politiques qui réhabilitent la culture hébraïque et, à vrai dire, permettent sa survie. A partir de 1391, l'Espagne redevenue chrétienne expulse ses Juifs que le Maghreb s'apprête à accueillir. Avec leur arrivée, le judaïsme maghrébin s'ouvre à l'influence européenne, au seuil d'une Renaissance annonciatrice du monde moderne. Les Sephardim donnent une empreinte ineffaçable au judaïsme maghrébin, lui transmettant l'héritage intellectuel et spirituel des Juifs d'Espagne. Au XVI siècle, la faiblesse des pouvoirs locaux encourage des incursions espagnoles et portugaises de plus en plus menaçantes pour le Maghreb. Les Juifs font front commun avec les Musulmans pour empêcher une mainmise chrétienne : les souvenirs des expulsions de 1391 et de 1492 demeurent brûlants en eux. Apparaît alors une souveraineté nouvelle, celle de l'Empire ottoman, alors à son apogée, sous le règne de Soliman le Magnifique. Les Espagnols et les Portugais écartés, la Tunisie (1534) puis la Tripolitaine et l'Algérie passent sous la souveraineté ottomane, tandis que le Maroc résiste victorieusement à l'Empire ottoman. Le judaïsme maghrébin revêt alors ses caractères mystiques et intellectuels que lui forge le brassage d'influences hébraïques, arabes, berbères et espagnoles. Son visage nouveau devient unique parmi les dispersions d'Israël. Le Maghreb est alors partagé entre la puissance chérifienne et la domination ottomane. La décadence de l'Empire ottoman, puis celle du Maroc à la tête duquel règnent les Saadiens puis les Alaouites (à partir de 1664) semblent avoir été consécutives à la découverte de l'Amérique : L'Europe se détourne de l'Asie et de l'Afrique pour s'investir dans le Nouveau Monde et y trouver le surcroît de puissance qui lui permettra, pour un temps, d'imposer sa loi au reste du monde.

L'EXPANSION EUROPEENNE :

        La Révolution française a des visées asiatiques et africaines : l'expédition de Bonaparte en Egypte constitue l'une des expressions de ce fait. Elle ouvre à la France son ère coloniale marquée, en 1830, par la conquête de l'Algérie, en 1882 et en 1912 par l'établissement de protectorats sur la Tunisie puis sur le Maroc. Ces faits ont des conséquences révolutionnaires sur les communautés juives de ces pays désormais livrées aux influences occidentales. Le Juif nord-africain devient alors le plus occidental des Juifs d'Orient, le plus oriental des Juifs d'Occident. Cette fois les Juifs sont aux côtés des Français pour faciliter leur entreprise de colonisation. Ils en sont les premiers bénéficiaires lorsqu'ils reçoivent, par une mesure globale, la citoyenneté française en Algérie (décret Crémieux du 24 octobre 1870). Ces nouveaux citoyens participent pour la première fois à une guerre moderne dans les rangs de l'armée française en guerre contre l'Allemagne (1870-1871). L'école française forme non seulement des soldats juifs qui s'illustreront dans les conflits mondiaux ou proche orientaux ultérieurs, mais de nouvelles générations d'hommes arrachés aux clôtures du mellah pour être lancés à leurs risques et périls dans les grandes tragédies du monde moderne. En Tunisie et au Maroc, les écoles de l'Alliance Israélite universelle sont les agents d'une occidentalisation rapide des populations juives.

DISPERSIONS ET RETOUR EN ISRAËL:

        Ébranlé par les conséquences du nazisme et celles de la Seconde Guerre Mondiale, le judaïsme maghrébin, disparaît presque totalement en moins d'une génération. La création de l'État d'Israël, suivie par la fin de la colonisation française, découvre les ambiguïtés de la Mutation des Juifs bientôt poussés à partir, irrésistiblement. La France, l'Espagne, le Canada, les Amériques leur offrent d'accueillantes terres de refuge. La majorité des Juifs marocains et tunisiens, une importante minorité des Juifs algériens, à l'exil d'un exil, préfèrent cependant le retour au pays dont jadis leurs lointains étaient partis. Tandis que le judaïsme meurt en Afrique du Nord, la vie de ses fils s'épanouit ailleurs dans les pays de leurs nouvelles diasporas, ou, plus puissamment, sur la terre de leurs ancêtres et de leurs retours en Israël. Ainsi se boucle un périple plus de deux fois millénaire, en ses origines mêmes.

(1) La première princesse ZENETE signalée par l'histoire porte un nom juif KAHENA la prêtresse, racine conservée dans le nom si répandue de COHEN, d'autres tribus juives étaient les NEFOUCA berbères de l'AFRIKIA. Mais voici qui est encore plus net au GOURARA dans l'extrême nord du TOUAT, dans ce pays même, où le nom la langue et la race des ZENATAS se sont conservés intact jusqu'à nous, un petit état juif indépendant s'est conservé jusqu'à la fin du XV siècle et se fit massacrer en 1492 à cause de la recrudescence du sentiment religieux musulman après le triomphe définitif du christianisme en ESPAGNE

ETUDE DE QUELQUES NOMS ISRAELITES D'AFRIQUE DU NORD

         Cette recherche, due à Madame E SPORTISSE, née ZERBIB, Constantinoise de vieille souche, intéressera plus particulièrement nos compatriotes Israélites rapatriés. Ces patronymes, en effet, dans la diversité de leurs origines, témoignent de l'histoire passionnante', mouvementée, si souvent tragique et combien riche d'enseignements et d'humanité, de ce "peuple de la Bible" dont Chrétiens et Musulmans sont pour une large part des héritiers. Mais elle intéressera encore de nombreuses personnes, notamment certains de nos "Maltais" qui y découvriront peut-être l'origine hébraïque, berbère ou arabe de leurs noms2, d'autres aussi, et même quelques Auvergnats ignorants d'une lointaine et obscure ascendance SEFARADE, du temps où les MARANES, persécutés par l'inquisition se réfugiaient parfois chez nous.3 A noter que la ville de CONSTANTINE, où était établie, jusqu'en 1962, une des plus importantes communautés juives d'Afrique du Nord, garde des archives fort bien entretenues et d'un grand intérêt généalogique, datant de l'époque où - sous administration française - les communautés religieuses Juive, Musulmane et Chrétienne avaient chacune son cimetière et son propre état-civil. C'est ce que nous avons constaté, en avril 1987, lors de nos recherches à la mairie et au cimetière européen où il nous a été dit - et répété... - que "les Israélites qui voudraient les consulter seraient les bienvenus." La liste qui suit, bien incomplète et sans doute parfois erronée, a surtout pour intérêt d'inciter à une recherche plus exhaustive et plus approfondie qui, partant d'un large inventaire des noms juifs d'Afrique du Nord conduirait à la découverte plus précise de leurs origines géographiques et étymologiques et se prolongerait, par exemple, dans une investigation sur les patronymes chrétiens d'origine juive, plus ou moins déformés, qui sont plus nombreux qu'on ne le croit, à Malte, en Espagne, au Portugal, mais aussi en France, notamment dans le Midi. Tout ceci sans préjudice d'un travail aussi important et intéressant dans le milieu arabo-berbère du Maghreb.

         Et qui mieux que des "Pieds-Noirs" pourraient s'intéresser à un tel sujet, conjuguant efforts et connaissances dans cette recherche qui suppose échanges et coopération entre hébraïsants, hispanisants, arabisants...

LISTE DES NOMS

A- Origine hébraïque : Noms bibliques et non bibliques : ABRAHANI, ABIB, MIMOUN, ICHAI, BENJAMIN, BENSIMON, NATHAN..
Noms provenant d'une particularité : ELGUIR, TEMAME, HANNOUN, DANA, DANAN, DARMON, COHEN, SOLAL, ATTIA, LALOUM...
Noms de métiers : AZAN, AYOUN, DIAN, CHEMLA, SEBBAN, ROFFI..
. Noms de plantes ou de produits de plantes : CHOUCHANE, CHOUCHANA, NATAF...
Noms divers : BEREBI, BRAKA, CHALTEIL...

Quelques noms d'origine arabe :
1) Noms indiquant une particularité : ABOULKER, ABECASSIS,ABDELLA, ELKAIM, BELAICHE, BENSAID, BENZINA, BOUDJENAH, BOUSKILA, BOUCHOUCHA, BOUTEBOUL, GANA, TABET, HADJADJ, HASSAN, SOUID, SEBBAH, CHEKROUN, ATTIAS, ALLOUCHE, GHOZLAN, MOATTI. ZARA ZAHRA.ZORA.
2) Noms de métiers : BARANES, BERDA, BITAINE, ADIDA, DAHAN, DOKHAN, ZARKA, ZAFFRAN, ZITOUN, SAFAR, TORDJMAN, TAYEB, ATTAL, ATTALI, AMAR, NAKACHE, NEDJAR, OUZAN...
3) Noms divers : ELBAZ, BARKATZ, KALIFA, KHALIF, ZAOUCHE, SULTAN, OUALID...
D'Origine espagnole : AZOULAY, BAJADA, BARBARO, BENSENIOR, BENAGLIA, DJIAN, MARCIANO, JAIS, FEREZ, VALENSI,VECINA.. ET SPORTISSE qui dériverait de l'espagnol "zapato" (soulier) ou de "sas portes" (quartier des six portes).
D' Origine portugaise : LOPES, MENDES, MENDEZ MIGUERES. MARTINES., SANANES.,
D' Origine berbère : BENTATA, BEDOUCHA, JANY, LERDOUN, AKNINE, SFEDJ, CHEMAMA, FITOUSSI, GUEZ, GOETA, LELLOUCHE, MELOUL, KTORZA, TIMESTIT...
D'Origine étrangère : BENABU, BENMOUSSA, ZANA, ABBOU...
D'origine géographique : CHERQUI (oriental), TENOUDJI (de Tanger), GARBI, FASSI, MEDEONI, KESPI, SARFATI, ASTRUC (France du Sud), NARBONI (de Livourne), OUFRANI, VIDAL, WEILL (d'Alsace)...
De sens perdu et d'origine douteuse : ABOUCAYA, ASSOULINE, ASSERAF, ELKOUBY, BACRI, BEDOCK, BENTOLIL, BENAMOUR, BENISTI, BITOUN, TOUITOU, AZIZA, ASSOUN, HASSOUN, ZERMATI, SARBIB, ZERBIB, ZENOUDA, SPORTES, SPORTIS, SPORTISSE, SMADJA, CHICHEPORTICHE, STORA, ADDA, RENASSIA, KARSENTY, MAMANE, MORALI, NABET, IFRAH, JOURNAU, MESGUICHE, METOUDI, SIARI, SONIGO...

Voir André CHOURAQU1 : "Histoire des Juifs d'Afrique du Nord", et Maurice EISENBETH : "Le judaïsme Nord-Africain" (1931). Voir aussi Lucette VALENSI : "Le Maghreb avant la prise d'Alger" (Flammarion) - Jacques ATTALI : "1492" (Livre de poche n° 9563) - Marek HALTER : "La mémoire d'Abraham", etc...
Par exemple, ELLUL (origine phénicienne ou hébraïque, comme le nom d'un des mois du calendrier Israélite), CAMENZULI (de l'hébreu KAMEN = exilé, et ZUL = au loin)...
Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE